dimanche 28 juillet 2013

L' anthroposophie comme chemin d' étude du spirituel ancré dans l'univers sensible

   
Mon âme sait qu'elle est immortelle. Mais vous taillez en pièces un cadavre et triomphalement vous clamez : "Où donc est votre âme et où votre immortalité ? 
On a beaucoup répété — mais à part quelques cas très peu compris — que c'est seulement le semblable qui peut connaître le semblable. Si l'on comprenait cela, il y aurait beaucoup d'ignorance qui disparaîtrait. C'est seulement l'âme qui peut connaître l'âme, et dans chaque degré de l'être c'est seulement le degré équivalent qui peut reconnaître l'autre. C'est seulement le Divin qui peut connaître le Divin. Et c'est parce que nous portons en nous le Divin que nous sommes capables de Le voir et de Le reconnaître. Mais si nous essayons de comprendre quelque chose à la vie intérieure en nous servant de nos sens et de nos procédés extérieurs, nous sommes sûrs de n'aboutir qu'à un échec total et, aussi, à nous tromper totalement nous-mêmes. Ainsi, quand on s'imagine pouvoir connaître les secrets de la Nature en restant dans une conscience purement physique, on se trompe tout à fait. Et cette habitude d'exiger des preuves concrètes et matérielles pour accepter la réalité de quelque chose est l'un des effets les plus évidents de l'ignorance; avec cette attitude-là, le premier sot venu s'imagine qu'il peut juger des choses les plus hautes, et il vient donner des démentis aux expériences les plus profondes. Ce n'est certainement pas en disséquant un corps qui est mort, parce que l'âme en est partie, qu'on peut trouver cette âme. Si l'âme n'était pas partie, le corps ne serait pas mort! Et c'est pour nous faire toucher du doigt l'absurdité de cette prétention que Sri Aurobindo a écrit cet aphorisme. Il s'applique à tous les jugements de l'esprit critique humain et à toutes les méthodes scientifiques quand elles veulent juger d'autre chose que des choses purement matérielles. La conclusion est toujours la même : la seule attitude vraie est une attitude d'humilité, de respect silencieux devant ce que l'on ne connaît pas et d'aspiration intérieure pour sortir de son ignorance. C'est l'une des choses qui ferait le plus progresser l'humanité : respecter ce qu'elle ne connaît pas, reconnaître de bon gré qu'on ne sait pas et que, par conséquent, on ne peut pas juger. On fait constamment le contraire. On prononce des jugements définitifs sur des choses que l'on ne sait pas du tout, on dit d'un air péremptoire : "Ça c'est possible, et ça c'est impossible", alors que l'on ne sait même pas de quoi il s'agit. Et on prend des airs supérieurs parce qu'on doute de choses que l'on n'a jamais sues. On croit que le doute est un signe de supériorité, alors que c'est un signe d'infériorité. Le scepticisme et le doute sont deux des plus grands obstacles au progrès. Cela ajoute l'outrecuidance à l'ignorance.

Shri Aurobindo,21 novembre 1958

                        

« Liberté ! nom accueillant, nom humain, toi qui contiens en toi tout ce qui est cher à la moralité, que mon humanité estime au plus haut point et qui ne fais de moi l'esclave de personne, toi qui ne te contentes pas de poser une loi, mais qui attends ce que mon amour moral reconnaîtra lui-même comme loi, parce qu'en face de toute loi qui ne lui est qu'imposée il se sent non-libre. » (1)



Ne crois rien parce qu'on t'aura montré
le témoignage écrit de quelque sage ancien.
Ne crois rien sur l'autorité
des Maîtres ou des Prêtres.
Mais ce qui s'accordera avec ton expérience
et après une étude approfondie
satisfera ta raison et tendra vers ton bien
cela tu pourras l'accepter comme vrai
et y conformer ta vie.(Bouddha Gautama)


L'anthroposophie, qu'est-ce donc ?

 

 On ne peut acquérir la faculté
de voir le monde spirituel
que dans le monde physique.

L'Homme est venu sur Terre
pour apprendre à voir le monde spirituel.
Il resterait aveugle au monde spirituel

s'il ne descendait pas sur Terre
pour y acquérir cette conscience de soi,
qu'il emmène
en remontant dans un monde spirituel
qui apparaît alors lumineux à son âme.


La science de l'esprit n'est pas
une simple conception du monde
mais un savoir sans lequel
ce qui est immortel en l'Homme ne saurait rien.


En cultivant la science de l'esprit,
nous ne faisons pas que nous instruire
nous nous transformons intérieurement

 

 ( Berlin le 22 mars 1909 (GA 107  Le Moi, son origine spirituelle )

http://www.anthromedia.net/fr/themes/anthroposophie/quest-ce-que-lanthroposophie/

Rudolf Steiner a fait l'objet d'une présentation par le philosophe Mohammed Taleb sur l'émission FRANCE CULTURE ce 23 octobre 2013 :

http://www.franceculture.fr/emission-les-racines-du-ciel-rudolf-steiner-et-l-anthroposophie-mohammed-taleb-2013-10-27


"L’anthroposophie se positionne entre anthropologie et théosophie. L’anthropologie englobe les
connaissances scientifiques sur l’être humain. La théosophie acquiert ses connaissances à partir de l’investigation de l’esprit. L’anthroposophie poursuit le projet de relier tout savoir « d’ici-bas du seuil » d’avec la conscience de l’omniprésence de l’esprit. Son but c’est d’empêcher que les deux directions de recherche, tout particulièrement à cause du développement rapide de la science et de la technologie modernes, ne tombent irrémédiablement en ruines
"
(François Lusseyran)

D'après son autobiographie, le Dr Steiner ne serait rentré en contact avec la pensée ésotérique que de trois façons :
  • La première découle des expériences spirituelles personnelles dans l'intimité de son âme avec le fait christique qui le plaça devant le mystère du Golgotha.
  • La seconde, provient des rencontres circonstanciées avec un petit groupe allemand de la société théosophique, au sein duquel, ses propres recherches clairvoyantes, trouvèrent un écho au sein de ce petit cercle et s'ancraient opportunément avec le corpus théosophique de la société basée à Adyar, et qui connaissaient une audience sans précédent depuis la fin du XIXème siècle en Europe et en Amérique.
  • La troisième s'intercalant entre les deux premières, fût la ou les rencontres physiques avec Christian Rose-Croix.
 Philosophe et pédagogue autrichien, Rudolf Steiner naît le 25 février 1861 à Kraljevié (partie de l'empire austro-hongrois, aujourd'hui en Croatie). Sa famille s'installe à Neudörfl (Autriche). À partir de 1879, il suit des études de philosophie à Vienne, s'intéressant notamment aux pensées d'Emmanuel Kant et de Johann Gottlieb Fichte. La philosophie de la nature de Johann Wolfgang von Goethe a sur lui une grande influence.

 En 1884, Rudolf Steiner interrompt ses études. Il devient précepteur des enfants de la famille Specht et publie parallèlement un premier livre consacré à Josef Kürschner. Il fréquente le salon de la poétesse Eugénie delle Grazie et collabore à l'édition complète de ses écrits scientifiques de Goethe dans la grande édition de Weimar. En 1886, il publie Fondements d'une épistémologie de la conception goethéenne du monde, où il analyse les travaux de Goethe et de Schiller.
En 1888, il collabore à l'hebdomadaire allemand Deutsche Wochenschrift. Il donne une conférence sur Goethe, lit Friedrich Nietzsche et fréquente le salon de Marie Lang où il rencontre de nombreux intellectuels, artistes, penseurs et théosophes. En 1891, il soutient une thèse de doctorat en philosophie à l'université de Rostock. Celle-ci est publiée l'année suivante sous le titre: La question fondamentale de la théorie de la connaissance, compte particulièrement tenu de la Doctrine de la Science de Fichte.

En 1894, il publie La Philosophie de la Liberté. Il fait la connaissance de la soeur de Nietzsche, Elisabeth Förster-Nietzsche et publie l'année suivante Nietzsche, un homme en lutte contre son temps. Il s'attèle en outre à 'édition des oeuvres d'Arthur Schopenhauer. En 1897, il publie Goethe et sa conception du Monde, tout en co-dirigeant la rédaction du Magazin für Litteratur. En 1898, il donne un cycle de conférences sur Les Grands courants de la littérature allemande de 1848 à nos jours puis donne des cours à l'Université Populaire de Berlin fondée par le socialiste allemand Wilhelm Liebknecht.

Rudolf Steiner épouse en 1899 Anna Eunike. Il publie successivement L'égoïsme en philosophie (1899), et deux volumes de Conceptions du monde et de la vie au dix-neuvième siècle (1900 et 1901; une version plus développée sera rééditée en 1914). Il s'installe à Berlin et commence à donner des conférences dans les cercles théosophiques portant notamment sur le mysticisme chrétien. En 1902, il adhère à la Société théosophique, dont il devient Secrétaire général pour l'Allemagne. Il rencontre à Londres Annie Besant, présidente de la Société théosophique.
En 1904, Rudolf Steiner publie une série d'articles dans la revue Lucifer-Gnosis, ainsi qu'un petit livre intitulé Théosophie. Il fréquente Franz Kafka, Vassily Kandinsky, Édouard Schuré. Côté vie privée, il se sépare de son épouse pour vivre avec sa principale collaboratrice, Marie von Sivers. Annie Besant le nomme responsable de l'École ésotérique allemande. Sous l'égide des occultistes John Yarker (successeur de Giuseppe Garibaldi) et Théodor Reuss, il intègre l'Ordre maçonnique de Memphis-Misraïm, dont il travaillera à restaurer le rite en créant des loges à Berlin, Cologne, Leipzig, Stuttgart et Munich. Pendant une décennie, il donne de nombreuses conférences dans toute l'Allemagne et au-delà à Paris, Rome, Oslo, Copenhague, Stockholm, Milan, Berne, Prague, etc. En 1910, il publie La Science de l'occulte.

En 1913, après un conflit avec Annie Besant à propos de Krishnamurti, il se détache de la Société théosophique pour élaborer sa propre doctrine. Il fonde la Société théosophique, dont il installe le siège à Dornach (Suisse), dans un centre construit à cette occasion et baptisé le Goetheanum. Le 24 décembre 1914, il épouse officiellement Marie von Sivers. En 1916, il publie Pensées du temps de guerre et La Tâche de la Science de l'Esprit, suivis en 1917 de Les Énigmes de l'Âme. Il continue ses conférences en Allemagne et en Suisse pendant toute la premère guerre mondiale.

En 1919, la première École Waldorf est fondée à Stuttgart; en 1922 la Communauté des Chrétiens; en 1924 la Société Anthroposophique Universelle et l'École libre de la Science de l'Esprit. En 1925, un cycle de conférences devant les agriculteurs consuit à la naissance de la technique de la Bio-dynamie.
Rudolf Steiner dessine les plans du second Goetheanum, termine avec Ita Wegman un ouvrage de médecine anthroposophique et rédige son Autobiographie. Il meurt à Dornach le 30 mars 1925, à l'âge de 64 ans.

L'Anthroposophie.
L'Anthroposophie se distingue de la Théosophie par l'importance majeure attribuée à la Nature et à la destinée de l'Homme. Le fondement de cette doctrine est la distinction dans l'être humain de sept principes, du corps physique au corps spirituel et astral, du moi au moi spirituel, à l'esprit vital et enfin à l'Homme-Esprit. Avec la mort, le corps physique se dissout, tandis que le corps spirituel et astral accompagne le moi dans une période de sommeil profond qui précède son incarnation. Le cycle des renaissances, en entraînant le Cosmos dans sa totalité à travers des milliers d'années d'évolution - dont l'incarnation du Logos en Jésus à sa trentième année (lors du Baptême dans le Jourdain) et son apparition sur Terre constituent l'évènement central --, est destiné à s'achever par l'universel retour au pur Esprit. Cette conception étayée est transmise aux élèves à travers une démarche de connaissance livrée au penser,à la méditation qui peut conduire à la perception intérieure des réalités suprasensibles décrites par Steiner.
L'histoire humaine est également intéressée par ce processus universel de libération spirituelle, d'où l'importance que Rudolf Steiner attribue aux activités en matière de réformes sociales, mises notamment en pratique dans le cénacle de Dornach.
Julien Poincarré / La République des Lettres, Paris, mardi 4 septembre 2018.(dernier paragraphe modifié par mes soins et qui correspond davantage à l'intention de cette démarche !)
L'anthroposophie comme courant de pensée est-elle une néo-gnose embellie du savoir scientifique moderne de son époque ? S'inscrit-elle dans le lit du courant théosophique du 19ème siècle qui voulait fédérer des disciplines antinomiques,comme la science (matérialiste) ,la philosophie, l'art et la religion ? Rétablir au grand-jour des sciences jusque-là dîtes occultes et étudiées discrètement dans des cénacles d'initiés ? Antoine Faivre tout comme Pierre Riffard, universitaires ont tenté d' apporter une réponse à travers leurs ouvrages sur la question de l' ésotérisme et de l'exotérisme,depuis les religions à Mystères avec sérieux et rigueur


La confusion entretenue par les détracteurs de cette démarche qui se propose d'étudier le spirituel phénoménologiquement parlant, s'appuie sur le caractère non-scientifique de l' anthroposophie en tant que pseudo-science ou méta-science ( art, science et religion au sens où l'entend l'étymologie latine religere ) . Les seuls outils cognitifs pour être prise au sérieux, devraient uniquement se baser sur l'épistémologie scientifique séculaire à savoir :  le caractère reproductible à souhait mesurable instrumentalement sans l'intervention d'un sujet, au travers du nombre, du poids et de la mesure .
Cependant,au XXe siècle, la physique quantique a brouillé les cartes, et nous a prouvée que l'expérimentateur était toujours influent sur l' expérience ! Comme le formule Michael Bitbol ( chercheur en philosophie des sciences ) :  « La construction d’une objectivité, laquelle… exige que le sujet se retire de sa propre représentation, peut sans doute être identifiée comme la cause originelle du fait que nous vivons à côte d’un désert éthique » — une problématique à laquelle notre société est confrontée. Car le réel ne peut être réduit à ces seules exigences purement physico-chimiques, dès lors que coexistent d'autres niveaux de réalité  imprégnant le monde physique, selon les enseignements des grandes traditions spirituelles de l'humanité, comme des forces de vie formatrices ( éthériques ) , psychiques (animiques ) et spirituelles et de la connaissance des lois idoines. Pour prendre un exemple,c'est comme si on voulait , et certains s'y sont essayés, de mathématiser la musique, la fragmenter, sans comprendre le processus créatif imaginatif indéterminé ,entre des rapports harmoniques et rythmiques agréables ou disharmonieux pour l'ouïe, qui échappent toutefois à tout réductionnisme ! Car, et c'est là tout le paradoxe entre pro et anti, il y a bien des effets positifs toujours vivaces de la pratique anthroposophique.

La zététique comme méthodologie critique ultime

En France, spécialement , pays de la raison normative toute puissante, un courant scientiste a vu le jour à la fin du XIX, la zététique. La zététique part d'une démarche biaisée, c'est-à-dire d'un a-priori rationaliste , c'est-à-dire que tout phénomène défiant les lois de la physique seraient à proscrire ou à démonter. La raison donne des normes. Mais est-elle l'autorité suprême en ce domaine ? Ce qu'elle nous fait connaître est-il infranchissable ? En tant que système de principes, il semble certain que la raison ne se laisse pas légitimement dépasser par des prétentions à une connaissance supra-rationnelle. Selon Emile Littré (1872), la Zététique est la «méthode dont on se sert pour pénétrer la raison des choses» et selon Pierre Larousse (1876) : « Zététique : se dit des méthodes de recherches scientifiques : méthode zététique ». La raison des choses, tiens, tiens...Le doute permanent et le scepticisme comme approche fondamentale, intéressant à première vue. La rationalité des choses supposent implicitement des cadres méthodologiques que la philosophie des sciences peut résumer par la tentative de décrire le réel par le nombre, le poids et la mesure. N'est donc scientifique que ce qui entrerait exclusivement dans ce cadre communément admis et indépassable en l'état actuel des connaissances admises par cette communauté selon les critères évoqués. Mais pourtant, le phénomène de la vie ( croissance, reproduction, forces formatrices ), les émotions , la pensée se soustraient à ce type de cadre. Ces forces de vie n'ont pas d'instruments matériels appropriés . Le plaisir et le déplaisir et l'activité pensante sont-ils mesurables , quantifiables ou pondérables ? je vous laisse y répondre. La science occidentale basée sur la raison et ce qu'on appelle l'approche matérialiste est comme une tour de Babel, imbue d'elle-même, et pourtant se fracassant sans cesse sur le mur du réel, beaucoup plus subtil et mystérieux qu'elle ne pourra prétendre l'enfermer !
Pour Charles Robin,La zététique est une méthode hyper-critique: c'est l'application de la démarche scientifique aux croyances ordinaires. En cela, elle est utile et précieuse, car elle nous incite à faire preuve d'esprit critique, à ne pas gober tout et n'importe quoi sous prétexte d'"ouverture d'esprit" ou de "subjectivité".
Le problème, c'est quand certains adeptes de la zététique : 1/ veulent absolument réduire tout le champ de la pensée à cette méthode (on voit ce que ça donne en politique...) ; 2/ prétendent réfuter la valeur d'une pensée au motif qu'elle ne correspond pas à l'état de la science actuel (ce qui empêche ipso facto toute possibilité d'évolution des savoirs, puisque la science ne progresse que par la remise en cause permanente de ce qu'elle est) ; 3/ ne remettent pas en cause leur propre paradigme, à savoir le paradigme naturaliste et matérialiste : partir du principe que tout est matériel, c'est invalider a priori toute autre tentative d'explication des phénomènes (ce qui revient donc à placer la conclusion en amont de la recherche) ; 4/ dépensent toute leur énergie à débusquer les "sophismes" des autres, sans chercher à voir ce qui fait sens dans leurs propos et mériterait une réflexion approfondie ; 5/ sont aveugles sur leurs propres biais et leurs propres préjugés, lesquels entachent leurs postulats de raisonnement. L'art et l'esthétique stimulent la pensée, comme le désir nourrit l'action. A vouloir neutraliser toute émotion et tout recours à l'imaginaire, la pensée finit pas se figer, elle devient froide, impersonnelle, elle n'est plus qu'une pensée encyclopédique (au sens étymologique du mot) : une pensée circulaire, une pensée qui... tourne en rond.

 Comme le citait Pascal : " Deux excès: exclure la raison, n'admettre que la raison ! "

La zététique est une méthode scientiste, c'est-à-dire qu'elle se pare des vertus de la science matérialiste pour réduire à néant ce que les données matérialistes ne sauraient expliquer .
« ...Le vulgaire éprouve toujours une peur instinctive de tout ce qu'il ne comprend pas, et la peur n'engendre que trop facilement la haine, même quand on s'efforce en même temps d'y échapper par la négation pure et simple de la vérité incomprise ; il y a d'ailleurs des négations qui ressemblent elles-mêmes à de véritables cris de rage, comme par exemple celle des soi-disant « libres-penseurs » à l'égard de tout ce qui se rapporte à la religion. La mentalité moderne est donc ainsi faite qu'elle ne peut souffrir aucun secret ni même aucune réserve ; de telles choses, puisqu'elle en ignore les raisons, ne lui apparaissent d'ailleurs que comme des « privilèges » établis au profit de quelques-uns ; et elle ne peut non plus souffrir aucune supériorité ; si on voulait entreprendre de lui expliquer que ces prétendus « privilèges » ont en réalité leur fondement dans la nature même des êtres, ce serait peine perdue, car c'est précisément ce que nie son « égalitarisme ».  Non seulement elle se vante, bien à tort d'ailleurs, de supprimer tout « mystère » par sa science et sa philosophie exclusivement « rationnelles » et mises « À LA PORTÉE DE TOUT LE MONDE »; mais encore cette horreur du « mystère » va si loin, dans tous les domaines, qu'elle s'étend même jusqu'à ce qu'on est convenu d'appeler la « vie ordinaire » ( René Guénon - le règne de la quantité- Collection « Tradition » I. Gallimard, Editeur, 1945 : Ch. XII, p. 89. - Voir aussi Ch. IX, Double sens de l'anonymat, p. 67 (Anonymat moderne, et anonymat traditionnel).)

" En ce qui concerne la zététique parlons d’abord de l’obscurantisme scientifique de ce groupe et de Henri Broch, fondateur du laboratoire de Zététique et de l’enseignement de Zététique à l’Université de Nice-Sophia Antipolis. Il est étonnant que ce scientifique, physicien spécialiste de mécanique quantique, soutenu par des personnalités, comme Georges Charpak ou Albert Jacquard, et que j’avais d’ailleurs toujours considéré comme un bon scientifique, n’ai pas encore compris, comme malheureusement encore beaucoup de ses collègues, que la science ne peux pas être implacable puisqu’elle possède des limites (ou du moins elle est effectivement implacable si l’on reconnaît ses limites). En effet, comme l’a si bien expliqué Christian de Duve (scientifique prix Nobel) qui n’est pourtant pas croyant, le matérialisme méthodologique, le scientisme, qui consiste à prétendre que toutes les manifestations de l’Univers peuvent s’expliquer par les lois de la physique et de la chimie, n’est en fait qu’une hypothèse, puisque certains faits ou certaines questions comme l’une des plus connues “pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien” resteront toujours sans réponse. Dans ce dernier cas, la science est totalement limitée ; elle nous met face à notre ignorance totale. Mais il existe des cas où la science n’est que limitative : on ne sait pas et on ne saura jamais, mais on sait pourquoi on ne sait pas. Le cas classique est celui où l’on sait maintenant pourquoi il n’est pas possible de connaître en même temps la position et la vitesse d’une particule atomique : c’est le principe d’incertitude qui le démontre et cela n’aurait sans doute pas du échapper à Henri Broch, puisqu’il est spécialiste de cette mécanique !. Certains appellent cela l’incomplétude et c’est le paradigme récent que aucun scientifique ne devrait ignorer. Eh oui, la science est donc bien explicative, elle permet certes de faire progresser nos connaissances, mais elle est aussi parfois limitée et parfois aussi limitative, et le scientisme consiste à négliger ces deux derniers cas ! " ( Lucien Daly,scientifique, ancien Directeur de recherche au CNRS et Chargé de cours à l’Université Paris 6 )





  • la grande erreur de la zététique comme de l'épistémologie des sciences qui prévaut à l'heure actuelle,repose sur une logique binaire et de la division idéologique entre le sujet et l'objet de la connaissance déjà perçue par Hegel dans "la phénoménologie de l'esprit" mais plus encore par Rudolf Steiner pour étayer ses deux ouvrages majeurs : "Vérité et science" et "Philosophie de la liberté".

La vérité et la ressouvenance d'un  monde spirituel bien réel seraient donc synonymes.

La philosophie post-moderne ayant abandonnée l' essentialisme et l'épistémologie après avoir élaborée des conceptions philosophiques inconséquentes ( lire l'article 74 ) , s'est tournée vers la philosophie hédoniste et la sociologie pour justifier au mieux d'une existence personnelle ancrée dans un monde libéral,et ses conséquences,refoulant de fait toute dimension métaphysique . Les religions notamment chrétiennes quant à elles ont convaincu les masses humaines que le spirituel était inconnaissable ( ignorabimus ) bien avant Emmanuel Kant ou Berkeley ! Les hommes devant confier leur âme et leurs péchés à la Sainte institution, relais entre Dieu inconnaissable ( et de fait les mondes spirituels !) et les hommes.

Péché d'orgueil, mais aussi Péché impardonnable des églises devenues pharisiennes contre l'Esprit commis au nom de Dieu .

http://www.maieutique.org/images/Etudes_esoterique_ET.pdf 

De par la méconnaissance de la nature humaine ( tripartite), nos sociétés modernes  ne pourront surmonter la violence sociale qui est liée à la tentative de normer, déterminer anthropologiquement  l'humain à tout jamais au dépends d'un dévoilement cognitif de ce qui nous fait réellement Homme et qui passe par une introduction à la science de l' occulte que Rudolf Steiner explicite de la façon suivante en 1913 :
" L'auteur s’est fait une règle de n’exposer les doctrines de l’occultisme que sur les sujets auxquels il était également capable d’appliquer les méthodes de la science contemporaine. De cette règle il n’entend nullement faire un axiome général valable pour tous les hommes. Chacun a parfaitement le droit de dire et de publier ce que lui dictent son jugement, son sens de la vérité et son sentiment, alors même qu’il ignore complètement l’opinion des savants de son époque sur le même sujet. Toutefois l’auteur de cet ouvrage préférerait s’en tenir au point de vue posé plus haut. Par exemple il n’aurait pas écrit les quelques lignes consacrées au système lymphatique et nerveux s’il n’eût été capable d’exposer sur ces points les données de l’anatomie contemporaine.(...) Bien que le livre expose des recherches inaccessibles à l’intelligence qui demeure liée au monde des sens, il ne contient rien qui ne soit accessible à la raison sincère et à l’instinct normal de la vérité pour toute personne qui possède ces dons. L’auteur le dit sans détours : il voudrait avoir des lecteurs qui se refusent à admettre avec une confiance aveugle les idées avancées, mais qui les éprouvent en les rapportant aux connaissances acquises par leur âme propre ou aux expériences de leur existence personnelle. Il voudrait surtout des lecteurs prudents, qui ne reconnaissent que les vérités logiquement fondées. L’auteur le sait : son livre ne vaudrait rien, s’il faisait appel à la foi aveugle, tant la foi aveugle confond aisément la superstition et l’absurdité avec la vérité. Plus d’un à qui suffit la croyance au supra-sensible, trouvera qu’une part trop grande est faite à la pensée.  Pourtant l’essentiel dans cet ouvrage n’est pas de faire connaître quelques détails sur les mondes supérieurs, mais bien que l’exposé soit strictement conforme à une observation consciencieuse du domaine en question. C’est en effet un domaine, où les plus hautes vérités et le charlatanisme effronté, où la connaissance et la superstition se touchent de près dans la réalité et peuvent être aisément confondues.(...) Le pouvoir de connaître peut être fortifié et amplifié chez l’homme, tout comme le pouvoir de vision. Les moyens sont de nature purement spirituelle : ce sont des procédés qui relèvent de la vie intérieure, de la vie de l’âme. Ils consistent dans ce qui est décrit sous le nom de méditation, et de concentration ou contemplation. La vie psychique normale est liée aux organes corporels, la vie psychique intensifiée est capable de s’en libérer. L’occultisme, à ses débuts, n’est pas l’exposé de doctrines et d’idées qu’il s’agit de prouver : c’est le pur récit d’expériences faites dans un monde autre que celui que nos yeux peuvent voir, et nos mains toucher. Il s’agit ensuite de préciser les moyens par lesquels l’homme peut parvenir à vérifier l’exactitude de ces récits. Tout l’occultisme repose sur deux idées, qui peuvent prendre racine chez tout homme. Ces deux idées sont : qu’il existe derrière le monde visible un monde invisible, un monde qui, au début, demeure caché aux sens et à l’entendement lié aux données de ces sens ; mais que l’homme peut développer en lui des facultés latentes, grâce auxquelles il aura accès dans ce monde invisible. Il n’existe, dira l’un, aucun monde caché de cette espèce. Le monde que perçoivent nos sens est le seul existant. On trouve en lui l’explication de tous ses problèmes. Bien que l’homme soit présentement encore loin d’avoir déchiffré toutes ses énigmes, le temps viendra sûrement où l’expérience sensible, et la science qui s’appuie sur elle, fourniront les réponses souhaitées. On ne saurait, diront les autres, prétendre qu’il n’existe pas un univers caché, derrière l’univers sensible ; mais les pouvoirs de la connaissance humaine sont impuissants à y pénétrer. Ils sont bornés par des limites, dont ils ne sauraient sortir : que le besoin de croire cherche un refuge dans ce monde caché, la vraie science, qui se fonde sur des faits établis, ne saurait s’en occuper. Un troisième groupe de gens estiment qu’il y a une présomption dangereuse de la part de l’homme à vouloir pénétrer dans un domaine réservé à la foi et interdit à la connaissance. C’est un péché ! pensent ces gens, que la faiblesse humaine ait le désir de pénétrer dans un monde qui est le domaine, propre de la vie religieuse. L’occultiste est bien fixé sur un point : c’est que les énigmes du monde physique ne sauraient être résolues par la simple étude des faits de ce monde. Elles ne seront pas davantage résolues si la science de ces faits atteint sa perfection ultime. 

Les phénomènes visibles exigent, par leur nature même, l’intervention des forces occultes. Si l’on ne voit pas cela, on ferme les yeux aux problèmes qui s’imposent de toutes parts. On refuse d’admettre certaines questions, certaines difficultés : et c’est pourquoi l’on s’imagine que toutes les questions peuvent être résolues par l’étude des phénomènes sensibles. Les questions que le matérialiste veut bien se poser sont à vrai dire solubles par les découvertes que l’avenir lui réserve dans le monde des réalités sensibles. Tout occultiste sincère le concédera. Mais comment attendre de l’avenir des réponses, dans les domaines où l’on croit n’avoir aucune question à poser ? L’occultisme vient précisément donner à l’homme la certitude, que, considérés d’un point de vue plus élevé, le bien ou le mal de l’individu est étroitement solidaire du bien ou du mal de l’univers entier. Il existe pour l’homme une méthode qui lui permet de reconnaître qu’il porte préjudice au monde entier et aux êtres qui le constituent, s’il ne développe pas ses forces comme il convient. Quand l’homme, en perdant tout contact avec l’invisible, laisse son énergie vitale s’atrophier, il ne se contente pas de détruire en lui une force dont la perte le conduira un jour au désespoir : il dresse en outre par sa faiblesse un obstacle à l’évolution normale du Cosmos où il vit. Il y a des hommes qui ne veulent rien savoir de l’occultisme, parce qu’ils estiment que c’est une occupation malsaine. Si l’on regarde la vie superficiellement, ces gens ont entièrement raison.

Ils ne veulent pas voir s’atrophier ce qui représente pour eux la réalité de l’existence. Il leur semble une faiblesse de se détourner des choses réelles pour chercher leur salut dans un monde caché, qu’ils considèrent comme une pure imagination. L’occultisme qui ne veut pas tomber dans des rêveries maladives et débilitantes, doit reconnaître ce qu’il y a de bien fondé dans ces objections. Elles reposent sur un jugement sain, qui verrait toute la vérité s’il pénétrait dans le fond des choses, au lieu de demeurer à leur surface. Si l’occultisme était vraiment de nature à affaiblir la force de vivre et à détourner l’homme de la réalité, les objections que nous venons de signaler pourraient bien ébranler cette doctrine.  

Même contre ces opinions l’occultisme aurait tort de présenter son apologie au sens banal du mot. Il doit laisser parler pour lui son propre enseignement, et ce qu’il donne à celui qui s’y adonne : la force et l’énergie dans l’existence. Au lieu d’affaiblir l’homme, il le fortifie, en l’armant non seulement des énergies puisées dans le monde manifesté, mais aussi de celles qui procèdent du monde occulte, dont le manifesté n’est que l’expression. Il signifie l’enrichissement et non l’appauvrissement de la vie. Le véritable occultiste n’est pas, un ennemi du monde : c’est un homme qui aime la réalité, puisqu’au lieu de jouir du monde invisible comme d’un rêve lointain et mystérieux, il enrichit l’univers sensible de forces toujours nouvelles, qu’il puise aux sources invisibles qui ont créé et qui continuent à féconder la nature. "

Plus que de longs discours, un bref mais synthétique résumé factuel sur les sources philosophiques, politiques, positivistes et religieuses des pourfendeurs d'une pensée hétérodoxe:



(1) tiré de la philosophie de la liberté-p.168 aux Editions Novalis


                                                  
           

1 commentaire: