samedi 20 août 2016

Michel Onfray, fossoyeur de la biodynamie ?





Dans son livre Cosmos, Michel Onfray s'interroge sur la vie,le vitalisme cher à Nietzsche et les courants affluents qui auraient une prétention particulière à déborder dans leur essence de l'examen purement matérialiste sur la question.
Lors de l'émission audio qui lui sera consacré sur France Culture au mois d'août 2016, il reviendra sur le chapitre en question consacré à la biodynamie et son penseur : Rudolf Steiner. " Il y a des fumiers spirituels...Je ne songe à personne en particulier..." clame-t-il cyniquement !
Amateur de vins et matérialiste hédoniste, c'est tout naturellement, qu' Onfray va régler ses comptes à sa manière, empreinte d'erreurs caricaturales ,de paralogismes, ou de sophismes avec Rudolf Steiner , l'anthroposophie et la biodynamie. Or, s'il y a bien un courant de pensée qui entend identifier la force vitale et d'en décrire à la fois les processus spirituels et organiques à l'oeuvre tout en relativisant l'approche mécaniste, prenant appui sur la phénoménologie goethéenne, c'est bien l'anthroposophie de Rudolf Steiner. Car, c'est bien sur cette prétention, qu' Onfray dégaine l'épée lorsqu'il déclare que même dans l'étude du vitalisme, il faut se méfier des faux-amis ! Il ne négligera pas non-plus d'attaquer péremptoirement l'homéopathie et Jacques Benveniste, taxé de scientifique entre guillemets sous prétexte qu'il a eut l'audace de maintenir ses thèses rédigées sur la mémoire de l'eau et braver l'intelligentsia scientifique !

Son angle d'attaque sera donc la biodynamie ! Confondant volontairement, procédés techniques naturels d'un amateurisme confondant, avec la technicité qualifiée par de bons vignerons,mais élargissant leurs praxis grâce aux concepts anthroposophiques.
Pour rappel,vin naturel non-soufré (et non-maitrisé techniquement) et pratique biodynamique, c'est pas pareil , Michel !

L'Université populaire de Caen dont il est le fondateur, et qui lui sert opportunément de tribune pour exprimer sa doxa, va lui permettre de traiter à nouveau le sujet auprès de son auditoire. La conférence a été enregistrée et diffusée sur France culture le 14 août 2016 avec pour titre non sans arrières-pensées négatives connotées : Théorie du fumier spirituel. Critique de la raison biodynamique.

Le lien était le suivant puisque FRANCE CULTURE financé par nos impôts a décidé de supprimer à l'écoute, l'ensemble des émissions d'Onfray ( Brève encyclopédie du monde ):
http://www.franceculture.fr/emissions/breve-encyclopedie-du-monde/theorie-du-fumier-spirituel-critique-de-la-raison-biodynamique#

Cet article me permettra aussi d'achever la question de la scientificité de l'anthroposophie et de sa singularité contestée mais éprouvée plutôt favorablement après bientôt un siècle d'existence.

Ce blog traitant d'anthroposophie, il était légitime d'apporter une analyse à la critique de ce prétendu fumier spirituel qu'est indirectement la biodynamie et plus directement l'anthroposophie dans la pensée d' Onfray de la part d'un chercheur non-encarté à la société anthroposophique. Je m'appuierai très largement sur les caractéristiques fournies par Steiner, et un ancien praticien François Bouchet dont le livre m'a été offert par sa fille, Véronique Cochran en Gironde !
Bien que son jugement est pourtant censé s'appuyer sur l'expérience gustative des vins en question, Onfray porte des représentations non-exemptes de préjugés.

La biodynamie ne serait qu'une religion avec ses croyants, et l'anthroposophie,une pseudo-science basée sur un vocabulaire ésotérique ! Esotérique dès lors que le rationalisme ne permet pas d'emblée et sans efforts de recherches, passer au rasoir d'Occam, des théories anthroposophiques qui demandent de consacrer du temps à leurs compréhensions selon l'angle de vue adopté par les multiples conférences sténographiées,comme c'est souvent le cas chez Steiner ! Quant à la qualification de pseudo-sciences selon les critères matérialistes de la science moderne, je renvoie à mon tout premier article ainsi qu'à Wikipédia,selon lequel l'anthroposophie ne respecteraient pas les critères de la méthode scientifique, tels les principes intangibles de réfutabilité, de non-contradiction et de reproductibilité.

Par ses propos et ses ouvrages antérieurs , Michel Onfray démontre que ses représentations sont héritières des courants de pensée issus du classicisme gréco-romain hétérodoxe et décadent dont toutes voies ésotériques étaient exclues de fait. Ceux que Socrate désignaient du nom de sophistes et de matérialistes ! D'ailleurs, il regrette que la civilisation occidentale plutôt que d'être bâtie sur les conceptions platoniciennes (et aristotéliciennes), ne se soit pas construite sur celle de Démocrite, le père de l'atomisme ! Influence aussi par les philosophes des Lumières et déconstructivistes post-modernes qui placèrent la raison bornée au monde des sens au-dessus de toute autre forme de connaissance, prétendant évacuer le divin aux superstitions moyenâgeuses !
Se croisent et se nourrissent mutuellement donc chez lui:  
>hédonisme et matérialisme 
>nominalisme et positivisme 
>Et finalement athéisme et nihilisme.

Paradoxalement, dans ce monde sensible, où il ne voit que le néant comme seule issue métaphysique, il nous parle d'une sagesse paysanne ( et hédoniste ) sans morale (judéo-chrétienne), véritable hérésie qui détache la tête du coeur à l'instar d'un Luc ferry ou Comte-Sponville mais cohérent avec la pensée morte de la civilisation actuelle. Pour ces derniers, la philosophie présenterait deux aspects distincts : la sagesse qui se définirait comme la recherche d'une vie bonne : épicurienne, hédoniste régie par  l'individualisme cher aux  libéraux, et d'autre part une éthique possible toute personnelle et subjective pour autant qu'elle nie toute opposition entre ténèbres et Lumière du monde manifesté (!),chère aux libertaires dégagée de sa gangue imposée brutalement par toutes sectes religieuses !
Une spiritualité laïque détachée de l'autoritarisme religieux certes, mais empreinte d' agnosticisme pour autant qu'elle s'inscrit dans le relativisme généralisé du matérialisme civilisationnel.

Autre confusion stylistique relevée au cours de l'émission, est l'utilisation ( peut-être pour s'éviter des procès !) constante du pronom impersonnel "ON" comme attaque ad non-hominem et argutie d'autorité afin d'étayer son discours. " On m'a présenté ce vin ", " On m'a répondu que " etc,  etc ! Car jamais, il ne nommera directement ceux qu'il prétend dénoncer ! Pas très sérieux tout ça pour quelqu'un qui place la démarche scientifique sur un piédestal ! Rudolf Steiner faisait régulièrement référence à l'éthérique comme à l'astral  auprès d'un auditoire habituel, qui en maitrisaient les concepts, plus qu' Onfray qui tronque la quadruple constitution occulte de l' homme, en négligeant, mais est-ce bien un hasard ,ce qui en fait sa singularité : le Moi, le Je. Plus loin, il ironisera aussi sur la numérologie steinerienne taxée de fantaisiste.

Il faut préciser que Cosmos dans la bouche d' Onfray n'a pas la même signification autre que naturaliste, confrontée à celle des mythologues grecs. Etymologiquement, le cosmos est la demeure visible des dieux où règne l'ordre, l'harmonie et un équilibre fragile mais qui fait sens, et qui a un sens. Tout le contraire de chaos , synonyme de désordre par la volonté des Titans de faire obstacle aux Dieux bons. Personne n'a vu d'horloge sans horloger, même si l'horloger se fait discret ! Et on peut supposer que derrière tout ordre suppose une intention et par conséquent de la conscience !

Pour bien caractériser l'héritage philosophique idéaliste et critique allemand de Steiner, Onfray insiste de façon gratuite , sans preuves sérieuses, d'une filiation entre le romantisme allemand , la philosophie de la nature et les thèses crasses du national-socialisme ! Schiller - Novalis - Fichte - Hegel - Steiner - Himmler, même combat ! La nausée me reprend !

" Le vin fabriqué bio-dynamiquement serait donc un vin idéologique, où le concept devrait prendre le pas sur l'émotion et la dégustation, où la croyance magique devrait prendre le pas sur la raison ! " dit-il.



Arrêtons-nous un instant sur ces contresens et réintroduisons à nouveau le livre de François Bouchet, qui a écrit il y a quelques années : Cinquante ans de pratique et d'enseignement de l'agriculture biodynamique - comment l'appliquer dans la vigne ? ( deux versants éditeur ) et dont sa fille reprendra en 1988  l'exploitation  plus connue du Château FALFAS. Elle appréciera que son vin soit comme l'ensemble des vins biodynamiques taxé de de vin de messe qui ne procure aucun plaisir, pâteux , râpeux, non-collé et non-filtré selon le verdict du maître Onfray , malgré le fait vérifiable qu'il a été plusieurs fois primés ! Ayant entre autre, reçu une note de 4/5 par Bernard Burtschy pour le millésime 2008 et mentionné dans :
  • Gault & Millau
  • Meilleurs vins de France (RVF)
  • Hachette
http://avis-vin.lefigaro.fr/vins-champagne/bordeaux/rive-droite/cotes-de-bourg/d15785-chateau-falfas/v15786-chateau-falfas/vin-rouge/2008#ixzz4HsBHzhlB
http://www.telerama.fr/monde/biodynamie-viticole-quel-bon-vin-vous-amene,116670.php

Que dire alors des vins réputés de NICOLAS JOLY ( la coulée de Serrant ) ? En Gironde, pour bien les connaître,ceux de PAUL BARRE à Fronsac , de ceux du château PALMER à Margaux ou de Jacques AROLDI ( château des Rochers ) à Belvès-de-Castillon en Gironde, de ceux de PONTET-CANET à Pauillac, Grand Cru classé ou bien ceux d'Alain Moueix ! Tous référencés et soumis à la critique des particuliers comme de la profession ! Leurs exploitations sont pérennes, preuves que les gens ont encore du goût sans être des disciples sectaires de Steiner ! Les oenologues y compris, seraient-ils eux aussi contaminés par la pensée magique pour renier leur ressenti et les analyses gustatives ?

 Pour Onfray, il ne semble faire aucun doute !

On se demande au vue de la caricature outrancière qui en est donnée comment ces vins peuvent recevoir l'agrément AOC et se vendre ?



Dans la préface de l'ouvrage mentionné , l'anthroposophie - et donc la biodynamie - qui n'est rien d'autre que son prolongement viticole, étudie le lien qui unit l'homme,les plantes, la terre, les planètes et le cosmos tout entier. Intuitive, analogique, proche de la magie, de l'alchimie et de l'observation des astres, et donc pré-scientifique à bien des égards, la pensée sur laquelle repose la biodynamie l'est indéniablement, et elle le revendique pleinement. Mais ce serait une grave erreur que de l'assimiler à une forme de superstition. Dans la pratique agricole qui nous est décrite ici, l'observation et l'expérience règnent en souveraines,et pas plus qu'aucun de ses semblables, le paysan biodynamiste n'est un fantaisiste, prêt à se laisser bercer par des élucubrations. Rappelons à cet égard que la biodynamie s'est constituée sur une double fondation : d'une part la philosophie de Rudolf Steiner, qui constitue une sorte de pont entre des savoirs ancestraux et la démarche scientifique moderne,et de l'autre, des traditions paysannes aujourd'hui en voie de disparition mais issues d'une expérience séculaire que les fondateurs de la biodynamie ont toujours eu à coeur d'intégrer dans leurs recherches.

En témoigne entre autres, le soucis des résultats - mesurés en l'occurrence en termes de qualité des produits et de pérennité de l'environnement.

Quelle autre raison d'ailleurs que l'adhésion à l'expérience paysanne et la primauté accordée à l'efficacité pourrait-on avancer pour expliquer la vague actuelle de conversions à la biodynamie de domaines vinicoles parmi les plus prestigieux ?


François Bouchet prend soin de préciser que cette pratique n'est pas celle d'hier ou d'avant-hier mais bien celle de demain ! D'ailleurs, s'il y a quelque chose de dépassé, c'est à l'évidence l'agriculture soi-disant scientifique, autrement dit productiviste, dont les méfaits sont unanimement reconnus, sauf bien sûr par ceux qui en tirent des profits à court terme. Le constat est alarmiste : sols épuisés, et revenant peu à peu à l'état de roche, terroirs en voie de disparition irrémédiable, prolifération des maladies de la vigne...Mais pas désespéré !

La biodynamie peut remédier à tout cela. Son efficacité en termes de régénération des sols ( et donc des terroirs ) et de la santé de la vigne est prodigieux, comme l'a montré Claude Bourguignon avec la fumure. Là est l'avenir, là le bon sens et l'harmonie. Si folie et aberration il y a, elles sont du côté de la lutte prétendument " raisonnée " qui consiste à augmenter la rémanence et la toxicité des produits chimiques pour venir à bout des problèmes qui ont leur origine dans ces produits mêmes.

Le but de la viticulture est-il d'enrichir les laboratoires et de produire en quantité un vin uniformisé, sans talent ni vertu ? N'est-il pas plutôt de s'allier aux rythmes naturels et aux processus biologiques grâce auxquels la vigne enrichit le sol et renouvelle elle-même les terroirs, pour produire un vin original et vivant ? (Luc Boussard)

Tout donne l'impression chez Onfray, qu'il n'a comme étude réelle sur Steiner et l'anthroposophie, que ce que Miviludes ou Wikipédia ont bien voulu lui fournir ! Qu'il ronge donc son os sur les écrits philosophiques de Steiner qui est son domaine, à commencer par Vérité et science, philosophie de la liberté, énigmes de la philosophie, les limites de la connaissance de la nature, Nietzsche, un homme en lutte contre son temps ! Mais quand bien-même, son ultra-présence médiatique qui confine au ridicule, sa cécité spirituelle - tout comme celles et ceux qui attaquent de front toute connaissance spiritualiste, l'empêchera très probablement de revoir son jugement et ses présupposés tenaces !

Qui donc à tout intérêt à abattre la biodynamie ?
L'industrie phytosanitaire ?
L'église catholique et ses tentacules associatives de prévention contre les sectes ? http://charismata.free.fr/?p=5885
La philosophie et la science matérialiste bousculées et agacées de constater le succès croissant des applications issues de l'anthroposophie ?

J'aimerai pour conclure revenir sur ce que je m'étais proposé de déterminer au tout début, en vue de clôturer la question de la scientificité de l'anthroposophie. Michel Onfray, taxe d'oxymore une science prétendument spirituelle . Mais en écartant de la démarche dite scientifique moderne qui étudie selon les critères du nombre, du poids et de la mesure, la matière, celles qui auraient prétention à en élargir le champ de réalité et de compréhension au-delà du domaine sensible et pondérable,selon d'autres méthodologies, celles-ci rentrent de fait dans la croyance et l'anti-science.
C'est ainsi, que de nombreux phénomènes et champ d'études sont taxés d'irrationnels, de paranormaux , magiques ou pseudo-scientifiques (homéopathie, médecine anthroposophique, astrologie (même sidérale ?),alchimie, arithmosophie, psychokinésie, ufologie etc...) dès lors que la reconnaissance universitaire leur est interdite !

http://www.tv7.com/on-lache-pas-la-grappe/on-ne-lache-pas-la-grappe-primeurs-pontet-canet-biodynamie_x6i4v4i.php 

Cette auto-prétention de disciplines ésotériques telles que l'alchimie ou l'anthroposophie à pouvoir dépasser les limites des connaissances matérialistes de la nature, identifier l'immatériel dans le matériel, relèvent selon Michel Onfray du performatif, selon lequel dire c'est faire, affirmer c'est déjà prouver, sans l'ombre d'une preuve (matérialiste bien sûr) ! Qui relèverait donc d'une démarche magique ou religieuse. Tel n'est pas du tout le cas pour la biodynamie et encore moins dans une démarche empirique et critique, qui exige et l'observation, et la compréhension progressive des processus observés. Et non l'auto-persuasion comme il le subodore. Car Steiner n'a jamais affirmé quoi que ce soit sans au préalable développer avec suffisamment d'arguments convaincants autrement dit des concepts précis, ce qui l'amenait à affirmer ce qu'il disait ! Quant aux résultats, s'il n'étaient pas convaincants le bon sens paysan aurait depuis un siècle jeté aux orties cette "pseudo-science".

Un autre détail qui n'est pas anodin, et qui n'a pas échappé à Onfray, déjà reproché par les adversaires contemporains de Steiner, est le verdict pour le moins paradoxal qui lui était adressé. Alors qu'il posait très finement des constats sur l'état actuel du monde, ces détracteurs le taxaient par la suite, d'irrationnel, ou confinant au délire mystique et paraphrénique dès qu'il débordait sur des fondements spiritualistes ! Pensée clairvoyante pour les uns, délirante pour les autres !

L'activité pensante, par sa nature reste encore bien mystérieuse. Alors, que toute étude philosophique moderne part du jugement ou de la raison comme chez Kant, de la volonté, de la liberté ou de la nécessité ou bien d'autres concepts, Rudolf Steiner s'efforça de démontrer que le point zéro de la connaissance et de tout concept ne peut-être que dans le penser. Car lui seul peut permettre d'examiner tout le reste ! Encore faut-il l'observer par notre pensée pour s'en persuader !
La science actuelle étudie l'observation des zones cérébrales, permet de comprendre comment agissent les fonctions cognitives,la pensée sur le cerveau et la chimie organique. Et cependant, elle reste insaisissable. Si elle n'était que sécrétion, donc déterminée , la pensée ne pourrait évidemment pas relier et développer les concepts ( noumènes, dérivé de Noûs - l' Esprit ) face à chaque phénomène observé, de façon illimitée comme elle le fait !


Le mot science n'est pas née avec Descartes, sauf recouvrant le champ sémantique qu'on lui connait. Les latins déjà, qui héritaient des grecs, appelaient scientia, le savoir , la connaissance pas uniquement matérielle,l'ensemble des savoirs acquis par l'étude ou la pratique et la conduite juste de la vie. Le trivium et quadrivium formaient la pierre angulaire de tout savoir.
Car il a toujours existé, à côté de l'intérêt pour étudier et comprendre le monde extérieur, une science dite ésotérique, qui se proposait de comprendre le monde par la connaissance spirituelle de l'anthropos  : " Homme connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux ", comme l'indiquait l'inscription au fronton du temple de Delphes ! Car tout comme l'énigme du sphinx, dont la résolution renvoie aux origines spirituelles de l'homme, la science spirituelle en tant que champ d'étude de ce qui englobe et dépasse le monde des sens physiques ( supra-sensible ) possède sa méthodologie ( exercices de méditation, concentration etc ...) afin de parvenir à un état de conscience qui élargit la conscience de veille à une contemplation des mondes immédiatement supérieurs ( forces de vie, et psycho-spirituels ).
Cette science de l'ésotérique, que Rudolf Steiner caractérise d'emblée dans sa Science de l'occulte ( lire l'article 1 du blog), et l'anthroposophie en est une, est avant tout une science de la connaissance du Bien et du Mal,de la connaissance de la lutte entre l'être et le contre-être dans l'univers manifesté pour reprendre une assertion de José Dupré ! Etude de l'Être au sens platonicien qui contient pas seulement le vrai, mais aussi la quête du beau et du bon. Elle s'inscrit au sein d'une longue filiation ésotérique chrétienne, plus ou moins hétérogène mais avec ses invariants.
Transmise depuis l'Antiquité et les cultes à mystères, puis à travers les Pères de l'Eglise, jusqu'à nos contemporains. Bien que l'Eglise condamnera très tôt dès le 4ème siècle, toute prétention à ce type de recherche ! Ces connaissances éprouvées qui passaient de maîtres à disciples, ne se transmettaient pas selon des choix arbitraires aristocratiques,politiques ou ethniques, mais bien sur des critères individuels liés au caractère, à une bonne conduite, du courage, et des facultés d'entendement propres à l'acquisition de ces connaissances-là. Jusqu'à l'étape cruciale, issue des grands mystères, de franchir le seuil du monde des vivants en conscience et d'en rapporter l'expérience vécue. Mais, prudence car le terme ésotérique recouvre un fourre-tout  syncrétiste, revendiqué par de prétendus gourous à la sauce New-Age ! Toujours garder l'oeil et l'esprit ouvert mais critique ! Pour ma part, le fil d' Ariane est, et restera l'ésotérisme dit chrétien.

Ces enseignements performatifs, à considérer si l'on veut éviter d'être taxé de croyants sectaires, uniquement comme des hypothèses de recherches spirituelles alternatives à notre époque, étaient transmis avant tout majoritairement oralement jusqu'à l'apparition de l'imprimerie, et ne devaient pas être répandus, à l'extérieur, dans le monde profane pour la raison suivante que le monde profane "putanise" le sacré comme le disait Gurdjieff. Et s'éviter aussi de finir sur le bûcher !

Incompris par la raison limitée aux monde des sens, empreinte de préjugés, tout savoir ésotérique est systématiquement soumis à la diatribe , à la raillerie et au réductionnisme.

 Paradoxalement brillant sur beaucoup de sujets de société, Michel Onfray déraille quant à l'anthroposophie et la biodynamie qui en découle....Dommage !




POUR UNE APPROCHE VIDEOLUDIQUE avec Nicolas JOLY :



et la lettre ouverte du MABD en réponse : http://www.bio-dynamie.org/wp-content/uploads/2016/11/Lettre-ouverte-finale-Michel-Onfray.pdf


à consulter aussi ( cliquer sur les liens ):

http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/cote-chateaux/2017/05/24/margaux-une-appellation-qui-tend-de-plus-en-plus-vers-le-bio-ou-la-biodynamie.html

 http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?article1974

http://www.atlantico.fr/decryptage/mythe-michel-onfray-rene-poujol-francois-busnel-samuel-huntington-houellebecq-christianisme-evangiles-2638984.html 

 http://www.berthomeau.com/2016/08/pour-onfray-steiner-est-un-imposteur-mais-notre-conteur-de-philosophie-se-prend-les-pieds-dans-le-tapis-de-l-oenologie-en-faisant-1


Liens et bibliographie :

http://www.biodyvin.com/
http://www.demeter.fr/
http://www.bio-dynamie.org/wp-content/uploads/2014/02/BIBLIOGRAPHIE-biodynamie.pdf
http://www.larvf.com/,vin-biodynamie-bordeaux-pontet-canet-chateau-alain-moueix-fonroque-biodyvin-thierry-valette,10343,4024808.asp
http://www.editions-triades.com/livres/agriculture-et-alimentation/agriculture-art378.html
https://www.amazon.fr/Nietzsche-homme-lutte-contre-temps/dp/2881890830

lundi 15 août 2016

L' anthroposophie et la question de la connaissance intersubjective, de la croyance et de la scientificité.



L'ANTHROPOSOPHIE EST-ELLE UNE SCIENCE  ?



(Conceptus Zeitschrift für Philosophie XXV (1991), N°64, pp. 37-49.) par Par Sven Ove Hansson, Uppsala

Résumé
L'Anthroposophie est l'un des mouvements occultes les plus couronnés de succès en Europe. Dans cet article, on examine sa revendication à être une science, selon deux critères qui ont été tous deux acceptés par le fondateur de l'Anthroposophie, Rudolf Steiner: (1) l'intersubjectivité(a) , et (2) la corroboration par la science empirique. Aucun de ces critères n'est convaincant. La revendication de l'Anthroposophie à être une science n'est pas justifiée. L'Anthroposophie, qui s'est originellement détachée de la Théosophie, est l'un des mouvements occultes les plus fructueux du nord et du centre de l'Europe. De nouveaux adeptes sont attirés par son école Waldorf, sa médecine par les plantes et son agriculture sans pesticides. Cependant l'anthroposophie est plus qu'un rassemblement de mouvements à caractères sociaux. Ses adeptes la revendiquent comme étant une science. La force et l'influence du mouvement anthroposophique constituent une raison suffisante pour examiner la revendication de l'anthroposophie à être une science. Une autre raison existe aussi du fait que des déclarations précises et autorisées sur son épistémologie sont disponibles, si bien que l'anthroposophie est plus accessible à l'analyse philosophique que ne le sont la plupart des autres mouvements aux objectifs et aux méthodes apparentés.


1. Le chemin anthroposophique de connaissance
L'anthroposophie est une doctrine traitant de réalités spirituelles cachées. Elle est presque entièrement basée sur l'enseignement de son fondateur, Rudolf Steiner (1861-1925). Les déclarations de Steiner ne sont jamais mises en doute, en pratique, au sein du mouvement anthroposophique, et très peu de fond a été ajouté à la doctrine après sa mort. C'est dans ses écrits que l'épistémologie (ésotérique) de l'anthroposophie peut être retrouvée.(1)
Steiner a insisté sur le fait qu'il faisait de la science [Wissenschaft]. Il désignait alternativement son engagement par "science occulte" [Geheimwissenschaft], "Science Divine" [göttliche Wissenschaft] et – plus généralement – "science spirituelle" [Geisteswissenschaft].(2) La science spirituelle "voudrait parler du non-sensible, dans le même esprit que celui de la science ordinaire parlant du sensible"(3) Elle agit en développant chez l'individu une aptitude à voir directement au sein de la réalité spirituelle ("clairvoyance" [Hellsehen]). Le processus permettant d'acquérir cette aptitude est nommé "initiation" [Einweihung].(4) Steiner a honnêtement fourni des directives vraiment détaillées pour les premiers degrés du processus d'initiation. Quelques individus, d'après Steiner, ont une personnalité qui facilite le développement de la clairvoyance.
"Il existe des enfants qui considèrent certaines personnes qu'ils vénèrent avec un respect mêlé de crainte. Leur vénération pour ces personnes leur interdit, même au plus profond de leur âme, d'admettre la moindre pensée critique ou opposition à leur égard... De nombreux élèves de l'occulte [Geheimschüler] sortent des rangs de tels enfants"(5)

Si un disciple n'est pas né avec cette aptitude, il est nécessaire qu'il "entreprenne d'engendrer en lui cette attitude de dévotion au moyen d'une auto-éducation rigoureuse". La raison de cela, c'est que "toute critique, tout jugement rendu, dissipe les facultés de l'âme lui permettant de conquérir la connaissance supérieure, tout autant que la vénération respectueuse développe, au contraire, ces facultés".(6)
Lorsque le disciple s'est débarrassé de son attitude critique, l'étape suivante consiste à pratiquer des méditations quotidiennes. L'une des méditations, décrites par Rudolf Steiner, repose sur la contemplation d'une graine en essayant de suivre, par le regard intérieur, la manière dont la plante croît et se développe à partir de cette graine. Cela mène progressivement à la capacité de voir la plante potentiellement en germe dans la graine.(7) Pour développer la faculté clairvoyante, le disciple doit continuellement réfréner toute tendance à analyser et critiquer. "Par une telle intellectualisation [Verstandesarbeit] il se détourne simplement du droit chemin. Il doit considérer le monde avec des sens nouveaux et sains, une capacité aiguë d'observation, et s'abandonner ensuite à ses propres sentiments."(8) Ou bien, en d'autres termes:
"Nous devons nous dire à nous-mêmes: notre penser cesse, et notre tête devient le lieu d'activité [Wirken] des hiérarchies supérieures."(9)

Lorsqu'il acquiert la connaissance de cette manière, le clairvoyant ", fait la preuve par l'expérience, et rien de plus ne peut être obtenu par l'apport d'une preuve supplémentaire venant de l'extérieur (extérieure à son expérience, N.D.T.)".(10) Le clairvoyant fructueux fait l'expérience de modifications mentales dramatiques. Auparavant, sa conscience était "continuellement interrompue par les périodes de sommeil".(11) Désormais, ce n'est plus le cas. "Ses rêves, jusque là confus et fortuits, commencent maintenant à prendre un caractère plus régulier. Leurs images se structurent et acquièrent un contenu plein de sens, comme les représentations de la vie quotidienne."(12)

Le clairvoyant accède à une connaissance qui est indisponible au non-initié. Pour prendre un exemple, il transcende les limites de la science historique, et pressent "des événements passés sous leur caractère éternel"(13) En particulier, il est capable de lire la soi-disant chronique de l'Akasha. Ce n'est pas une chronique au sens ordinaire d'un texte historique. Elle consiste plutôt en traces suprasensibles d'événements passés.
"Ceux qui sont initiés à la lecture d'une telle écriture vivante, peuvent regarder dans un passé beaucoup plus lointain que celui qui est rapporté par l'histoire extérieure [äussere Geschichte]; ils sont aussi capables – par un perception spirituelle immédiate [unmittelbare geistige Wahrnehmung] – d'en faire un compte rendu beaucoup plus authentique qu'il n'est possible de le faire pour l'histoire extérieure."(14)
Steiner était un lecteur assidu de la chronique akashique. Des parties significatives de son oeuvre volumineuse consistent en exposés exhaustifs d'événements historiques. Il a fourni des détails sur l'Atlantide et d'autres civilisations perdues. Il a corrigé les Évangiles, révélé les secrets des anciens prêtes égyptiens, etc. Il avait appris tout cela de la chronique de l'Akasha.

Steiner a aussi enseigné dans d'autres domaines de la connaissance, comme l'agriculture, la médecine et l'éducation. La source de ses connaissances était toujours la même: ses propres visions clairvoyantes. Parmi les critiques les plus évidentes que l'on peut faire à l'encontre du chemin de connaissance de Steiner, on a: 1°) le fait qu'il ne satisfait pas au critère d'intersubjectivité(a) , et 2°) que ses résultats contredisent la science conventionnelle. Steiner était parfaitement conscient de ces arguments. En effet, il revendiquait catégoriquement le fait que sa méthode satisfaisait au critère d'intersubjectivité et que ses résultats seront confirmés par la science conventionnelle. Cela rend donc possible l'évaluation de son chemin de connaissance par deux critères acceptés à la fois par lui-même et par les praticiens de la science conventionnelle. Tournons-nous d'abord vers l'intersubjectivité.


2. L'intersubjectivité
Selon Steiner, les vrais clairvoyants sont assurés de parvenir au même résultat. "Tout comme une table ronde sera vue ronde par deux personnes dotées d'une vue normale et non pas ronde par l'une et carrée par l'autre, il en est de même à la vue d'une fleur épanouie, la même figure spirituelle sera présente aux regards de deux âmes."(15) En effet, cette intersubjectivité est plus grande que celle de la science empirique:
"Et ce que différents initiés peuvent rapporter sur l'histoire et la préhistoire, sera fondamentalement en accord [im wesentlichen in Übereinstimmung]. En effet, toutes les écoles occultes ont toujours possédé cette histoire et cette préhistoire. Et nous avons ici, depuis des milliers d'années, un tel accord complet [volle Übereinstimmung], au point que l'accord qui peut être trouvé entre les historiens extérieurs, sur un siècle seulement, ne puisse pas lui être comparé. En tous temps et en tous lieux, les initiés rapportent essentiellement la même chose."(16)

Ce point de vue peut sembler quelque peu surprenant, si on considère la grande diversité des enseignements occultes qui se font concurrence pour nos âmes. Et bien sûr, Steiner ne pouvait pas refuser d'admettre que des doctrines opposées aient été présentées comme une véritable connaissance occulte. Mais cela n'est dû qu'aux erreurs faites par certains praticiens de la clairvoyance. La vraie connaissance occulte est la même pour tous ceux qui sont capables d'y accéder. "Les divergences n'existent qu'aussi longtemps que les hommes essaient d'approcher les plus hautes vérités par des moyens arbitraires, au lieu de prendre une voie qui est scientifiquement sûre."(17)

Afin d'établir que la connaissance anthroposophique est intersubjective, il ne suffit pas de déclarer simplement que certaines visions sont vraies, tandis que d'autres sont fausses. Une méthode est de surcroît nécessaire pour décider si une vision particulière est vraie ou erronée. Si une méthode de ce genre peut être spécifiée, et si elle produit le même résultat pour n'importe qui s'en servant, alors on peut garantir l'intersubjectivité.Steiner a bien fourni, en fait, une telle méthode. Pour éviter de faire des erreurs, et pour garantir la véracité de ses visions, le clairvoyant éventuel doit prendre conseil auprès d'un maître. "Vous laissez un maître vous transmettre ce qui a été acquis pour l'humanité par des précurseurs inspirés [inspirierte Vorgänger]".(18) Dans un passage très clair, il dit:

"Celui qui, sans d'abord diriger son attention sur certains faits essentiels du monde suprasensible, fait simplement des "exercices" avec l'intention de parvenir à entrer dans ce monde, n'y trouvera qu'un chaos vague et confus. On apprend à vivre dans ce monde suprasensible – d'une manière naïve, pour ainsi dire – en recevant d'abord un enseignement sur certains faits caractéristiques. On peut acquérir ensuite une idée claire sur ce monde – en abandonnant le stade de "naïveté" – et en rendre compte en pleine conscience, en parvenant soi-même aux expériences dont on a eu communication."(19)

En d'autres mots, le praticien de la science anthroposophique doit comparer ses visions à celles indiquées par son maître et par d'autres "prédécesseurs inspirés". Ses propres visions ne sont vraies que si elles peuvent correspondre avec ces précédentes. De telles comparaisons sont, en effet, une partie nécessaire du cheminement anthroposophique pour accéder à la connaissance. Steiner a déclaré que "le guide sûr que représente un maître occulte expérimenté [Geheimlehrer] ne peut pas être complètement remplacé".(20) Dans une acception importante, ce critère fonde l'intersubjectivité. Supposons que tous les disciples du cheminement anthroposophique à la connaissance jugent l'authenticité de leurs visions à la mesure de leur conformité avec celles d'un prédécesseur. Supposons en outre qu'ils utilisent tous le même précurseur. Alors leur méthode est indéniablement intersubjective.

Cependant, cette forme particulière d'intersubjectivité donne lieu à deux problèmes épistémologiques supplémentaires:
(1) Puisqu'il y a différents précurseurs en occultisme, avec divers enseignements, comment trouvons-nous (intersubjectivement) celui qui est le véritable ?
(2) Si le conseil d'un maître est nécessaire, d'où le premier guide occulte a-t-il tiré sa connaissance?

Steiner ne semble pas avoir tenté de résoudre l'un de ces deux problèmes. En absence de solutions satisfaisantes, l'intersubjectivité de Steiner consiste dans la sujétion à une autorité dont l'accès supérieur à la connaissance est simplement stipulé. C'est de l'intersubjectivité, mais une forme autoritaire d'intersubjectivité.

Dans la pratique anthroposophique, un autre problème en a résulté: Depuis la mort de Steiner en 1925, personne d'autre ne s'est approché, en aucun lieu, de sa faculté clairvoyante. Par exemple, et en dépit d'efforts consentis par des milliers d'anthroposophes, personne après Steiner ne semble avoir été capable de lire dans la chronique de l'Akasha. On pourrait espérer que l'anthroposophie, telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui, soit basée sur les visions clairvoyantes de ses praticiens contemporains (par exemple, des visions certifiées en accord avec les enseignements de Steiner). En pratique, toutefois, c'est seulement une toute petite partie, de ce que les anthroposophes croient, qui repose sur cette base. Au lieu de cela, ce sont les livres de Steiner et les conférences (prises en sténographie) qui sont les sources prépondérantes de la doctrine anthroposophique. Ce serait pourtant une erreur de dénoncer cette pratique comme étant contraire à la méthodologie de Steiner. Si on accepte ses propres visions uniquement lorsqu'elles sont en accord avec les enseignements d'un "précurseur", alors rien ne serait plus naturel que d'accepter ces enseignements, même lorsqu'on n'a aucune des visions correspondantes. En effet, c'est exactement ce que Steiner nous conseille de faire, "aux personnes qui ne peuvent pas et ne désirent pas, suivre le chemin qui mène au monde spirituel".(21) Il y a un parallèle manifeste entre ce raccourci menant à la connaissance anthroposophique et la voie normale d'étude de la science à l'école et dans les universités. Nous n'apprenons pas la mécanique en répétant méticuleusement les expériences de Galilée ou les observations de Tycho Brahe. Nous apprenons l'histoire de l'ancienne Égypte sans essayer de déchiffrer les hiéroglyphes, etc. Au lieu de cela, nous étudions dans les manuels ce que des prédécesseurs nous enseignent. Mais en dépit des similarités, il existe au moins deux différences importantes. L'une concerne la position vis-à-vis du penser critique . Dans l'enseignement de la science ordinaire, l'idéal officiel consiste à développer l'esprit critique chez l'étudiant. En anthroposophie, l'idéal est de supprimer l'esprit critique chez lui. Cela ne s'applique pas seulement à la pratique de la clairvoyance, mais aussi à l'acquisition secondaire de la connaissance occulte.
"Si de telles vérités vous sont communiquées, alors elles provoquent une inspiration dans l'âme par leur propre force. Cependant, si vous voulez prendre part à une telle inspiration, vous devez essayer de ne pas seulement accueillir ces connaissances [Erkenntnisse] d'une manière objective et intellectuelle [nüchtern und verstandesmäßig], mais laisser l'exaltation des idées vous placer au sein de toutes les expériences émotionnelles possibles."(22)

L'autre différence majeure concerne l'accès à la connaissance . Dans la science conventionnelle, les enseignants sont supposés encourager les étudiants débutants à apprendre le plus qu'ils peuvent, et même sur les domaines les plus avancés de la science. Il n'est pas considéré comme "dangereux", pour le physicien débutant, d'essayer de comprendre la chromodynamique quantique ou pour le linguiste, d'étudier quelques idéogrammes anciens à moitié déchiffrés. En anthroposophie, toutefois, il y a des limites strictes à l'information qui doit être accessible aux non-initiés. Les sens physiques du disciple lui dérobent "des choses qui, s'il n'est pas préparé, le jetteraient dans la confusion totale; la vue de ces choses serait plus qu'il ne peut supporter. L'élève [Geheimschüler] doit être capable d'endurer cette vision."(23) C'est une "loi naturelle parmi tous les initiés" de ne révéler aucune information à ceux qui ne sont pas préparés à cela.(24)
"Vous pouvez le flatter, vous pouvez le tourmenter: rien ne peut le pousser à divulguer quelque chose dont il sait qu'elle ne doit pas vous être divulguée, parce qu'au stade présent de votre développement, vous ne comprenez pas comment préparer votre âme à accueillir dignement ce mystère [Geheimnis]."(25)


3. Prédictions vérifiables
Selon Steiner, il n'y a pas de contradiction entre l'anthroposophie et la science conventionnelle.

"Les résultats de la science spirituelle ne contredisent en aucun cas la recherche basée sur les faits de la science normale. Dans tous les cas, lorsque vous considérez impartialement la relation entre les deux, c'est quelque chose de tout différent qui se révèle à notre époque. Il s'avère que cette recherche basée sur les faits évolue vers l'objectif d'être amenée en plein accord, dans une délai qui n'est pas trop éloigné, avec ce que la science spirituelle doit établir comme certain à partir de ses sources suprasensibles"(26)

En d'autres termes, la science conventionnelle est tenue de redécouvrir progressivement les vérités déjà découvertes par la science spirituelle. Steiner n'a pas accepté la science empirique comme un juge de l'anthroposophie. Néanmoins, sa prédiction sur la convergence de la science ordinaire en direction de l'anthroposophie le met dans une position où ces prétentions peuvent être vérifiées vis-à-vis de la science ordinaire. S'il s'avère que la science commune a évolué en direction de l'anthroposophie dans les 66 ans après sa mort, alors c'est un argument très en faveur de son chemin de connaissance. Si, par contre, la science courante a évolué bien plus loin que l'anthroposophie, alors nous pouvons tenir pour certain que la connaissance occulte de Steiner n'était pas infaillible.On doit souligner en outre que la prédiction de Steiner sur l'avenir de la science ordinaire rend plus pertinente encore une mise à l'épreuve vis-à-vis de la science courante que ce n'est la cas pour de nombreuses autres doctrines sur la connaissance spirituelle. De nombreux occultistes reculent, en effet, devant cette mise à l'épreuve en prétendant parler d'une réalité qui est complètement séparée de la réalité physique. Dans ce qui suit, je vais considérer trois cas de mise à l'épreuve, tirés des écrits de Steiner. Les exemples 1 et 2 ont été choisis car ils concernent des questions fondamentales de la science commune. L'exemple 3 a été choisi parce qu'il renferme une prédiction inhabituellement précise.
Mon premier exemple est la structure de l'atome . En 1917, Steiner déclarait:
"Les matérialistes [Stoffler] – désignons-les simplement comme cela – se figurent que le monde consiste en atomes? Que nous montre la science spirituelle? Il est certain que les phénomènes naturels nous renvoient à de tels atomes, mais que sont-ils ces atomes? ... Selon les matérialistes, l'espace est vide, et les atomes y vacillent en tournant. Donc ils sont des plus solides [das allerfesteste]. Mais ce n'est pas ainsi, tout cela repose sur une méprise [Täuschung]. Les atomes sont des bulles de connaissance imaginative [Blasen vor der imaginativen Erkenntnis], et la réalité se trouve là où l'espace est vide; et les atomes consistent en bulles soufflées. Ce sont des bulles. Vous connaissez les bulles de gaz d'une bouteille d'eau minérale, il n'y a rien dans l'eau, là où se trouvent les bulles, mais c'est à cet endroit que vous voyez les bulles. De cette façon, les atomes sont des bulles. L'espace y est vide, il n'y a rien à l'intérieur d'eux."(27)

Selon les prédictions de Steiner, à propos du rapport entre l'anthroposophie et la science normale, il aurait déjà dû y avoir, depuis 1917, au moins quelques mouvements au sein de la science ordinaire en direction d'une conception des atomes vers quelque chose qui contienne "exactement rien". La physique atomique a pourtant évolué dans une direction absolument opposée. Du point de vue de la science ordinaire, il est bien établi – c'est le moins que l'on puisse dire – que les atomes ne sont pas des bulles vides. Mon second exemple concerne la relativité restreinte . Dans le même discours de 1917, Steiner consacre un passage à la radioactivité. Je veux citer ici la totalité de ce passage:
"Tout ce non sens brillant, qui est débité aujourd'hui au lieu de la philosophie réaliste [Realphilosophie], et au moyen duquel Einstein est devenu un grand homme, doit être rejeté si vous voulez avoir des conceptions claires sur ces choses qui correspondent à la réalité. Savez-vous combien la relativité est évidente ? Vous n'avez qu'à imaginer ce qui se passe lorsqu'un coup de canon est tiré à une certaine distance de vous; vous ne l'entendez qu'après un certain temps. Mais supposons maintenant que nous nous déplaçons en direction du canon. Nous l'entendons alors plus tôt et cela d'autant plus que nous nous en approchons, n'est-ce pas? À présent la théorie de la relativité conclut: Si vous vous déplacez aussi vite que le son, alors vous vous déplacez en même temps que lui et vous ne l'entendez pas. Et si vous vous déplacez plus vite que le son, alors vous entendez quelque chose qui est tiré plus tard, plus tôt que quelque chose qui a été tiré plus tôt. C'est aujourd'hui une représentation généralement acceptée, mais elle n'a précisément aucun rapport quelconque avec la réalité. Le fait est que lorsque vous vous déplacez aussi vite que le son, alors vous pouvez vous-même être un son, mais vous ne pouvez pas entendre un son. Mais toutes ces idées malsaines vivent aujourd'hui dans la théorie de la relativité , et jouissent de la plus grande considération qui soit."(28)

Selon les prédictions de Steiner, sur la relation entre l'anthroposophie et la science commune, nous pourrions nous attendre à ce que la théorie de la relativité ait une position plus faible dans la science commune que ce n'était le cas en 1917. Ce n'est pourtant pas le cas. Au lieu de cela, sa position a été énormément renforcée par l'accumulation d'évidences empiriques en sa faveur. Entre parenthèses, la déclaration de Steiner sur la relativité ressemble à ce qui pourrait être affirmé par quelqu'un dont la connaissance de la relativité serait réduite à la lecture (et au malentendu que cela entraîne) d'articles de vulgarisation dans lesquels l'effet Doppler de la lumière est expliqué par une comparaison avec des ondes sonores. L'affirmation de Steiner, selon laquelle quelqu'un se déplaçant à la vitesse du son "ne peut pas entendre un son" doit être considérée dans son contexte historique. Lorsqu'il disait cela, cette affirmation était considérée comme fausse par les scientifiques, alors que le public ne connaissait pas grand chose sur ce sujet. De nos jours, à l'époque de l'avion supersonique, pratiquement tout le monde la considérera comme fausse. C'est surprenant qu'une telle déclaration ait été faite par quelqu'un qui était capable de prévoir le développement future de la science ordinaire. Mon troisième et dernier exemple concerne le traitement contre la syphilis . Steiner était un partisan convaincu de l'utilité thérapeutique des soi-disant métaux planétaires, comprenant le plomb et le mercure. Il a fait une prédiction très claire sur l'utilisation future du mercure contre la syphilis:
"Et en ce qui concerne justement cet effet du mercure dans le traitement de la syphilis, on doit signaler effectivement que le mercure a été récemment remplacé par beaucoup de choses. Les fameux nouveaux remèdes qui l'ont remplacé, sont déjà connus aujourd'hui, pour leur efficacité qui n'est pas absolument irréprochable, et très bientôt [sehr bald] la médecine sera totalement revenue au mercure dans ce domaine"(29)

Après soixante-dix ans, aucun signe d'un retour au mercure n'a été observé.

La liste des prédictions manquées pourrait être allongée ad nauseam . Il est évident à la lecture des écrits de Steiner qu'il avait tort dans ses prédictions, à savoir que la science ordinaire se développerait dans une direction confirmant de plus en plus ses propres enseignements. Bien que Steiner se soit souvent trompé, on peut naturellement continuer à soutenir qu'une connaissance valable peut être obtenue par sa méthode. Toutefois cela rend beaucoup plus critique la question soulevée au second paragraphe. Si je ne peux pas savoir si mes visions sont correctes, autrement qu'en les comparant à celles de quelqu'un ayant des visions de ce genre, alors que les visions de Steiner étaient parfois erronées, comment puis-je trouver un "précurseur" dans les visions duquel je puisse avoir confiance?

Je ne peux voir qu'une seule échappatoire possible pour l'anthroposophe fidèle. C'est de prendre sérieusement en compte la mise en garde de Steiner concernant l'attitude critique à l'égard de l'occulte (par exemple à l'égard de l'enseignement de Steiner). Si quelques déclarations de Steiner semblent erronées ou contradictoires, cela doit nécessairement être dû au fait qu'on ne les comprend pas. Quel est donc le problème?

Le problème est qu'il ne reste pratiquement rien de ce que l'anthroposophie peut avoir de commun avec la science.



4. Épilogue
Evidemment, il ne s'ensuit pas que l'anthroposophie n'a aucune valeur du fait qu'elle n'est pas scientifique. Dans ce dernier paragraphe, on dira quelques mots sur d'autres voies possibles par lesquelles l'anthroposophie pourrait trouver une certaine valeur. L'anthroposophie inclut des pratiques et des croyances, et sa contribution positive pourrait être recherchée dans ces deux catégories. Comme exemple proéminent de la pratique anthroposophique, nous pouvons citer son agriculture "bio-dynamique". Les différences majeures entre l'agriculture bio-dynamique et l'agriculture conventionnelle sont (1) l'absence d'engrais artificiels et de pesticides, et (2) la présence de diverses pratiques magiques, comme les semis et récoltes en fonction des positions planétaires, la dispersion de cendres obtenues par incinération d'une peau de mulot pour repousser d'autres attaques de mulots, etc. Il n'y a aucune raison, pour autant, de croire que ses pratiques magiques sont supérieures aux pratiques conventionnelles. En effet, dans la mesure où le fermier récolte en fonction des positions planétaires et non en fonction de la moisson et du temps, cela fait de lui un fermier moins couronné de succès. D'un autre côté, réduire ou interrompre les engrais chimiques, cela présente clairement des avantages pour l'environnement. Beaucoup de propositions ont été faites dans ce sens en dehors du mouvement bio-dynamique. Dans la mesure où il y a des éléments positifs dans la ferme anthroposophique(b) , ces éléments auront un impact plus forts s'ils sont débarrassés de leur connexion avec le reste de la biodynamie. On peut dire la même chose des éléments positifs qui peuvent subsister dans les autres pratiques anthroposophiques, comme la médecine et la pédagogie Waldorf. Si des éléments positifs peuvent être trouvés dans la pratique anthroposophique, on peut s'en servir sans accepter totalement l'anthroposophie. (Incidemment, je ne connais aucun élément positif qui soit unique à l'anthroposophie.) En d'autres termes, un non-anthroposophe qui découvre des éléments positifs dans les pratiques anthroposophiques n'a pas besoin ni de l'enseignement, ni de l'organisation de l'anthroposophie afin de profiter lui-même des avantages de ces éléments.

Dans quelle mesure, pour finir, le système anthroposophique de croyances peut-il avoir une valeur positive prédominante? Comme cela doit ressortir de ce que nous avons développé plus haut, ces croyances ont moins d'efficacité que la science – ou le bon sens commun guidé par la science – en tant que directives pour affronter la réalité empirique. Ce qui reste alors, ce sont les fonctions traditionnellement revendiquées pour la religion: la consolation, un sens des valeurs et des buts, l'espoir de l'après-vie, des fondements de moralité. Ce n'est pas le lieu de discuter ici du pour et du contre de la religion. Il suffit d'admettre qu'il n'y a aucune raison de croire que l'anthroposophie soit nécessairement moins bien équipée que les religions traditionnelles majeures pour satisfaire aux "besoins religieux". Toutefois, une défense de l'anthroposophie dans cette direction viendrait contredire ses enseignements, puisque le mouvement désavoue, avec insistance, toute description de lui-même comme une religion.

 Réponse de Steiner (extraite d'une conférence faite à Stuttgart le 13 novembre 1909)

(...)en fait, cette science de l'esprit, que porte-t-elle à la connaissance du public ? Elle communique des faits, des vérités du domaine des mondes supérieurs, des mondes suprasensibles ; elle fait part de ce que la conscience clairvoyante peut étudier dans ces mondes supérieurs. Il est certes vrai que la personne à laquelle sont faites de telles communications, qui n'est pas elle-même clairvoyante, ne peut pas, dans un premier temps, se convaincre de ces faits par vision immédiate. Il est exact qu'elle reçoit ces communications et qu'elle ne peut pas les vérifier par un examen clairvoyant. Oui, c'est tout à fait exact. Mais, il serait absolument faux de croire que l'homme qui n'est pas clairvoyant ne pourrait pas du tout vérifier les connaissances qui lui sont communiquées aujourd'hui, et ne pourrait pas du tout les comprendre. Il serait absolument faux de croire cela et ce serait une fausse opinion que d'affirmer qu'on soit obligé d'accepter uniquement en toute bonne foi, du fait d'une simple autorité, ce qui est communiqué à partir de la conscience clairvoyante. Il y aurait précisément quelque chose d'extrêmement imparfait dans ces communications,quelque chose de lacunaire si elles ne prétendaient s'imposer que par la foi en l'autorité. Mais, ce qui est communiqué ainsi, d'une façon juste ne peut faire l'objet de recherches que par la conscience clairvoyante, nous l'avons souvent répété. Mais, si c'est le fruit d'une investigation, fût-elle réalisée par un seul chercheur, s'il s'agit de contenus qui ont été contemplés une fois, et qui sont transmis, chacun peut les admettre avec sa raison dépourvue de préjugés, par ce qui lui est accessible sur le plan physique. Et on peut vraiment affirmer ceci : même s'il n'est pas possible à chacun de ceux qui sont assis en ce lieu de vérifier immédiatement et le plus amplement possible tout ce qui est dit, chacun pourrait toutefois s'en donner au moins la possibilité, s'il en avait le temps et les moyens, même si ces moyens sont propres à ce plan physique-ci.(...) il suffit de regarder sans préjugés ce que nous offre la vie. Plus on regardera cela avec précision, plus on verra se confirmer ce que le clairvoyant dit, c'est-à-dire qu'il existe suffisamment de possibilités de se convaincre que les connaissances acquises dans les mondes suprasensibles se voient confirmées ( ou infirmées selon les preuves démontrées !) par le monde extérieur. Et c'est quelque chose qu'il ne faut pas simplement accepter avec désinvolture, mais au contraire qui doit être considéré comme une nécessité incontournable.(...) Recevez aussi peu de choses que possible comme des articles de foi, mais vérifiez, vérifiez, seulement, faites-le non pas avec des préjugés, mais au contraire avec un esprit ouvert ! C'est la première chose qu'il faut souligner."


Conceptus, Zeitschrift für Philosophie , XXV, (1991) N°64, pp. 37-49
(Traduction autorisée: Daniel Kmiécik)


Notes:
(1) Les citations de Steiner données ci-dessous sont indiquées dans leur traduction anglaise. Les traductions publiées par le Mouvement anthroposophique ont été utilisées quand elles étaient disponibles. Les mots clefs originaux en allemand sont indiqués entre crochets.

Les abréviations suivantes ont été utilisées pour les citations les plus fréquentes des écrits de Steiner:

Akasha Rudolf Steiner, Aus der Akasha-Chronik, Dornach, n.d.
Geheimw Rudolf Steiner, Die Geheimwissenschaft im Umriß, Leipzig 1920.
Knowledge Rudolf Steiner, Knowledge of the Higher Worlds. How is it achieved. (Comment acquiert-on les connaissances des mondes supérieurs?) London 1969 (Traduction de Wie erlangt.)
Occult Rudolf Steiner, Occult Science, An outline, London 1979. (Traduction de Geheimw.)
Stufen Rudolf Steiner, Die Stufen der höheren Erkenntnis (Les degrés de la connaissance supérieure), Dornach 1931.
Wie erlangt Rudolf Steiner, Wie erlangt man Erkenntinisse der höheren Welten? (Comment acquiert-on les connaissances des mondes supérieurs?) Berlin, 1918.
(2) Pour "göttliche Wissenschaft", voir Wie erlangt, p.25 (Knowledge p.41)
(3) Geheimw, p.4. (Occult p.27)
(4) Wie erlangt, p.61. (Knowledge p.77)
(5) Wie erlangt, pp.4-5. (Knowledge pp.22-23)
(6) Wie erlangt, p.6. (Knowledge p.24)
(7) Wie erlangt, pp.47 et suiv. (Knowledge pp.63 et suiv.)
(8) Wie erlangt, pp.32-33. (Knowledge p.49)
(9) Rudolf Steiner, Meditation und Konzentration. Die drei Arten des Hellsehens, Dornach 1935, p.22.
(10) Geheimw, p.10. (Occult p.31)
(11) Wie erlangt, p.159. (Knowledge p.170)
(12) Wie erlangt, p.148. (Knowledge p.160)
(13) Akasha, p.2-3.
(14) Akasha, p.3.
(15) Wie erlangt, p.32. (Knowledge p.49)
(16) Akasha, p.3.
(17) Geheimw, pp.14-15. (Occult p.33)
(18) Stufen, p.65.
(19) Geheimw, p.21. (Occult p.37)
(20) Wie erlangt, p.159. (Knowledge p.170)
(21) Wie erlangt, p.X. (Knowledge pp.15-16)
(22) Stufen, p.66.
(23) Wie erlangt, p.58. (Knowledge p.74)
(24) Wie erlangt, p.3. (Knowledge p.21)
(25) Wie erlangt, pp.3-4. (Knowledge pp.21-22)
(26) Akasha, p.227.
(27) Rudolf Steiner, Das Karma des Materialismus, Berliner Vorträge, gehalten in August und september 1917, Berlin 1922, pp.2: 14-15.
(28) Ibid, p.2:16.
(29) Rudolf Steiner, "Über Gesundheit und Krankheit", conférences tenues en 1922 et 1923, citées par Franz Stratmann, Zum Einfluß der Anthroposophie in der Medizin, München 1988, p.39.


Liens utiles :
http://www.pdfarchive.info/pdf/S/St/Steiner_Rudolf_-_Naissance_et_devenir_de_la_science_moderne.pdf
http://www.editions-triades.com/livres/nature-et-sciences/rudolf-steiner-et-sa-relation-a-la-art2050.html
http://initiativecitoyenne.be/article-ethique-vaccinale-prostitution-de-la-science-reponse-a-sham-science-116291888.html

Des conceptions scientifiques tronquées de Rudolf Steiner, par Jean-François Theys



par Jean-François Theys


Steiner est tout de même très fort, non seulement sa conception de l'univers, est complètement fausse comme je l'ai montré dans un article précédent, mais il parvient même à expliquer au moyen de sa science de l'esprit des phénomènes qui n'existent pas. Il avait tellement confiance en sa méthode et en sa conception du monde qu'il ne prenait même plus la peine de vérifier si le phénomène existait factuellement bel et bien avant de l'expliquer spirituellement. C'est pourtant le premier pas de la méthode scientifique et une chose essentielle sur laquelle Descartes attire l'attention dans les débuts de son « Discours de la méthode ».

« Le premier [précepte à observer] était de ne recevoir jamais une chose pour vraie, que je ne la connusse évidemment être telle : c'est-à-dire, d'éviter soigneusement la précipitation et la prévention ; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements, que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute. »[Descartes, Discours de la Méthode, seconde partie, Ed. Garnier-Flammarion, 1966, p.47.]
C'est somme toute une revanche pour Descartes dont Steiner s'est souvent moqué. Voici quelques exemples : La couleur de Saturne « ... c'est pour nous le plus grand des bienfaits que les forces de Saturne ne rayonnent pas seulement vers la sphère planétaire terrestre, mais aussi en direction des espaces cosmiques, où elles sont certes bien autre chose que les petits éclats bleus insignifiants visibles de la terre. » [Rapport de l'homme au monde des étoiles – GA 219 – 26 nov. 1922 – EAR, p.29]

« Il y a donc, dans le monde, des substances qui émettent des radiations. Il y en a d'autres qui n'en émettent pas et qui couvent en surface et se recouvrent de ces ondes bleutées, les substances qui rayonnent étant, quand à elles, jaunâtres. Lorsqu'un corps obscur vient à se placer devant la lueur jaune, celle-ci devient rougeâtre. Donc le jaune obscurci devient rouge. Vous êtes donc, Messieurs, en présence dans la nature, de corps qui d'une part rayonnent et produisent les couleurs claires situées d'un côté de l'arc-en-ciel et, d'autre part, de corps qui ne rayonnent pas mais émettent des ondes bleutées, une couleur qui se situe de l'autre côté de l'arc-en-ciel. Sachant cela, vous me direz qu'il existe des astres, comme Mars, par exemple, qui émettent une couleur rougeâtre ou, comme Saturne, qui émettent une couleur bleutée. On peut donc lire le comportement d'un astre dans sa composition. Mars est tout simplement un astre qui rayonne, c'est pourquoi il doit paraître jaune-rouge. C'est un astre qui rayonne fortement. Saturne est un corps qui se comporte plus calmement et qui se recouvre d'ondes que l'on va jusqu'à voir autour de lui. Saturne montre même ses ondes autour de lui par ses anneaux. Il paraît bleu parce qu'il s'entoure d'ondes. » (p.91)

« Mars sans cesse tend à devenir vivant. Il trahit cette tendance par toute sa couleur et par tout son comportement. Dès que nous parlons de Mars, nous devons savoir qu'il s'agit d'un corps céleste qui demande sans cesse à devenir vivant. En ce qui concerne Saturne, c'est tout différent. Saturne arbore un chatoiement bleuté, c'est-à-dire qu'il ne rayonne pas, mais qu'il s'enveloppe d'une nature ondulatoire. Il est tout l'opposé de Mars. Saturne veut sans cesse entrer dans la mort, devenir cadavre. Saturne s'entoure en quelque sorte d'une luminosité qui montre que son intérieur est obscur, lequel, vu à travers cette luminosité, paraît par conséquent bleuâtre.... Or j'aimerais vous rendre attentifs à une expérience que vous pouvez faire lorsque vous vous promenez au crépuscule dans un pâturage boisé, vous verrez parfois quelque chose et vous direz : sapristi ! Qu'est-ce qui peut bien luire là-bas ? Vous approchant, vous verrez qu'il s'agit de bois en train de pourrir. Donc le bois pourrissant luit ! Lorsque vous vous en éloignez suffisamment, vous voyez derrière la lueur, elle ne vous paraîtra plus si lumineuse, mais bleutée. Il en est ainsi de Saturne. Saturne est en constant processus de pourrissement ; il pourrit. C'est pourquoi il a une lueur autour de lui, mais lui-même est obscur et paraît donc bleu, parce que nous regardons, je dirais son obscurité à travers les substances de pourriture dont il s'entoure. Tandis que Mars nous montre qu'il tend sans cesse à vouloir vivre, Saturne nous montre qu'il tend sans cesse à vouloir mourir.Il est donc intéressant de considérer les corps célestes sous cet angle et de pouvoir dire que ceux qui paraissent sous un halo bleuté sont voués à l'anéantissement, tandis que ceux qui se présentent sous un halo rougeoyant sont en train d'apparaître. » [Rythmes dans le cosmos et dans l'être humain. — GA 350, – 9 juin 1923 — EAR, p. 91 et 94]

« Il nous faut pourtant revenir sur un certain point : qu'est-ce donc un Saturne ? C'est un globe de chaleur. Vous seriez tout à fait dans l'erreur si, en regardant cet astre vous pensiez pouvoir le comparer à d'autres, tels que Jupiter ou Mars par exemple. Ce que vous voyez dans le ciel, ce n'est qu'un espace chaud ; et si vous pouvez le voir, c'est parce qu'il vous apparaît à travers un espace éclairé. Quel est l'aspect d'un objet non lumineux vu à travers un espace éclairé ? Il a l'air bleu. Il est facile de s'en rendre compte en regardant la flamme d'une bougie. Elle est bleue au centre et entourée d'une sorte d'auréole lumineuse. L'obscurité vue à travers la lumière paraît toujours bleue. J'ai conscience de ce que je dis ; je sais que je risque d'être accusé de dire une absurdité du point de vue de l'optique actuelle, mais il se trouve pourtant à nouveau que cette absurdité est une vérité. Les physiciens d'aujourd'hui ne savent pas pourquoi l'espace céleste paraît bleu. S'il en est ainsi, c'est parce qu'en réalité il est obscur, noir, mais qu'on le voit à travers un espace éclairé. Tout ce qui est obscur, vu à travers un espace éclairé, semble bleu. De là vient l'aspect bleuâtre de Saturne. Ce que nous disons ici s'accorde pleinement avec les faits scientifiques, mais non avec les théories, les fantasmes que l'on élabore à leur sujet.» [Les Hiérarchies spirituelles et leur reflet dans le monde physique – GA 110 – 17 avril 1909, 8ième conférence, éd. Triades 1983 – p.150-151]

Steiner explique pourquoi Saturne a un aspect bleuté dans le ciel nocturne. Or c'est faux, Saturne comme on peut le voir à l'oeil nu, tout comme avec une lunette astronomique d'amateur montre une couleur jaune-ocre orangée. En fait, Steiner était persuadé que, Saturne étant une répétition de l'ancien Saturne, devait aussi être constitué de chaleur et était donc obscur. Steiner s'est conformé à la théorie des couleurs de Goethe, un objet obscur vu à travers la clarté doit paraître bleu. D'où son affirmation erronée. Par ailleurs, Saturne n'est pas un astre de chaleur, c'est un astre constitué principalement de gaz gelés, sa température est donc extrêmement basse, et on peut se demander comment un astre gelé pourrait bien pourrir !
En outre, et si Mars rayonne, c'est seulement dans la mesure où il réfléchit la lumière solaire comme d'ailleurs toutes les autres planètes du système solaire. Mars paraît rougeâtre tout simplement du fait de la composition de sa surface riche en oxyde de fer et pas parce qu'il rayonne. Quant à la tendance à devenir vivant de Mars, on peut dire sans risque de se tromper que jusqu'à présent il n'y a guère réussi.Bien d'autres aberrations parsèment ces citations, mais comme l'objet de cet article est de montrer que non seulement Steiner ne vérifiait pas ses sources, mais qu'il s'efforçait coûte que coûte à faire cadrer ses propres fantasmes sur la réalité avec sa conception du monde, j'en resterai là pour l'instant. Remarquons que Steiner était persuadé que Saturne était bleuté déjà en 1909 et qu'il répète encore cette erreur en 1922 et en 1923; ce n'est donc pas fortuit !

On pourrait croire que c'est un cas isolé, mais ce n'est pas le cas.

Le rouge excite-t-il les taureaux ?

« Vous savez qu'il existe un être particulièrement réactif au rouge, c'est-à-dire à la lumière vue à travers l'obscurité, c'est le taureau. Comme vous le savez le taureau est particulièrement stimulé par le rouge. [...]Considérez maintenant l'oeil. Vous y trouvez des nerfs et du sang. Quelle expérience fait l'oeil lorsque vous regardez du rouge, l'aurore, etc.? Voyez-vous les fines veinules de sang sont alors traversées par la lumière rouge. Or la lumière rouge possède la particularité d'exercer sur le sang une petite action destructrice. Elle détruit également le nerf, car celui-ci ne peut survivre que par l'action régénératrice du sang. Dans l'oeil exposé au rouge, le sang et les nerfs subissent toujours une petite destruction. Le taureau ressent, lorsque le rouge se présente : nom d'une pipe ! on détruit mon sang dans ma tête ! Il faut me défendre ! Le taureau devient furieux car il ne veut pas laisser détruire son sang par le rouge. » [La vie de l'homme et de la Terre– Essence du christianisme – 21 février 1923 – EAR, p. 50.]

Dans la conférence d'où est tirée la citation ci-dessus, Steiner nous explique ainsi assez longuement, et comme résultat de sa science spirituelle, pourquoi la couleur rouge excite les taureaux. Pas de chance encore une fois, car cette histoire du rouge excitant les taureaux c'est du pur folklore. En réalité, c'est à peine si les taureaux perçoivent la couleur rouge. Steiner explique de nouveau avec un grand sérieux le pourquoi et le comment d'un phénomène inexistant.[30]
Citons Steiner pour commencer :

« Lorsque la mort approche — c'est la particularité des pachydermes — ces animaux la sentent venir d'une manière particulière par leur peau épaisse. Ils désirent dès lors prendre davantage de terre encore dans leur peau; leur instinct les pousse à regagner des grottes. Or nous ne cherchons pas les éléphants dans les grottes. Si on les y cherchait, nul doute que dans les régions où ils vivent, nous en trouverions des restes. On ne trouve en revanche rien en terrain découvert.»[L'homme et la nature — GA 352, 7 janvier 1924 – p.17]

Très bien, mais voilà, les cimetières d'éléphants c'est un mythe ! Ça n'existe pas !
C'est une croyance populaire qui est apparue en Europe au XIXe siècle, mais qui a été
infirmée depuis par les zoologues. [voir par exemple Les Éléphants de Pierre Darmangeat, ou
Wikipédia] Steiner en rajoute même en prétendant doctement que si on ne trouve pas de cimetière d'éléphants c'est parce que ces derniers vont mourir dans des grottes ! D'abord il faudrait des grottes d'une taille conséquente, mais surtout je crains qu'il n'y ait guère de grottes dans la savane. Steiner admet aussi le mythe de la mémoire fantastique des éléphants laquelle si elle est excellente, n'est pas en réalité meilleure que celle d'un chien ou de certains oiseaux.

« Les oeufs de poisson ne peuvent pas se développer dans l'eau douce, pour cette raison les poissons de nos fleuves, dont l'eau est douce, vont frayer en mer. » [Santé et maladie – GA 348 – 20 décembre 1922 – p .157]

On peut se demander comment font les poissons des lacs et des étangs pour se reproduire alors ? De plus certains poissons de mer, comme le saumon, remontent les fleuves pour venir se reproduire dans les eaux douces !
Tiens, ça sent l'azote par ici ! « Vous n'avez qu'à penser à ce qui comme l'oeuf vient du corps des animaux, — nous en avons récemment parlé —, et se met à devenir nauséabond. C'est l'azote. Seulement dans l'air, l'azote ne sent pas mauvais car il est lié de façon adéquate à d'autres substances. »[[L'homme et la nature, GA 352 — 16 février 1924, p.175]

L'azote est un gaz inodore, qu'il soit lié dans l'air ou non.

L'ivresse de la vigne

« Si l'alcool — c'est quelque chose à quoi les gens ne font pas assez attention — était nocif pour le corps physique, ça se passerait très mal pour la vigne, car la vigne dispose aussi d'un corps physique. La vigne est totalement ivre, — c'est dû au fait qu'elle contient beaucoup d'alcool — mais son corps physique n'en souffre absolument pas. … L'alcool présent dans la vigne a déjà un corps astral. » [L'homme et la nature, GA 352 — 16 février 1924, p. 176]

On se demande si ce n'est pas Steiner qui avait bu un verre de trop ici. L'alcool est le résultat d'une fermentation des sucres, et ne devrait pas être présent dans la vigne elle-même. Et de fait aucune analyse ne mentionne la présence d'alcool dans la vigne.

Les coups de grisou dans les mines de charbon « Ce Falb [Rudolf Falb (1838-1903)] avait également mis le doigt sur un autre phénomène important. Vous savez que dans les mines, il y a une vraie plaie, ce sont les coups de grisou. Il s'agit d'explosions de grandes quantités de gaz qui traversent les mines. Or Falb a déclaré que ces coups de grisou n'étaient pas dus à des causes souterraines mais à des causes extérieures comme la position de la Lune et du Soleil. »
Les positions du Soleil et de la Lune relativement aux constellations provoquent les coups de grisou dans les mines confirme Steiner. Eh bien non, n'importe quoi encore une fois ! Le grisou est un gaz très inflammable pour l'essentiel constitué de méthane. C'est une étincelle ou une flamme qui provoquent l'explosion du méthane accumulé à certains endroits dans les mines. [voir Rythmes dans le cosmos et dans l'être humain — GA 350 — 2 juin 1923 – p. 51]

Le pire et le plus lamentable dans tout cela, c'est que de nombreux anthroposophes admettent ces âneries, car du moment que Steiner l'a dit, cela ne peut être que vrai ! Il faut croire que ses disciples contemporains étaient sérieusement myopes ou sous influence, pour ne pas lui avoir signalé ces grossières erreurs. Au vu de certains exercices donnés par Steiner, on pourrait croire que l'anthroposophie avait pour tâche de développer le jugement, l'esprit critique, mais ce qui en a résulté c'est une confiance aveugle en une soi-disant autorité clairvoyante, une sorte d'hypnose collective aliénante. L'anthroposophe bon teint est aliéné parce que ce n'est plus lui qui pense, mais Steiner qui pense à sa place si on peut dire. On pourrait croire qu'il n'en est pas ainsi car on trouve des écrits critiques d'anthroposophes, mais si on y regarde bien, l'esprit critique dont ils font preuve est exclusivement tourné vers ce qui n'est pas conforme aux idées de Steiner. S'étant enfermés dans une cage dorée de concepts anthroposophiques mystifiants, dans une conception du monde hermétique qui est censée pouvoir tout expliquer, ils ne peuvent plus juger ou décoder le monde qu'à travers les grilles de cette cage.
Considérons la citation suivante tirée d’une conférence de Steiner donnée le 9 septembre 1924 à Dornach :

“Il est vrai que si l’on prête aux planètes la même consistance ferme que la Terre, on peut s’attendre à ce qu’une collision avec la Terre porte un coup violent à tous les êtres vivants ! Mais ce n’est pas le cas, les planètes n’ont pas la même consistance que la Terre. Si Mars, par exemple, venait à tomber sur la Terre, il ne pourrait pas ravager la terre ferme mais seulement l’inonder. Si l’on examinait Mars, pour autant qu’on puisse l’examiner, ce que l’on ne pourra jamais par la seule physique et sans le recours à la science de l’esprit, on verrait au regard spirituel, qu’il est constitué d’une masse aqueuse d’une masse aqueuse moins liquide que l’eau, mais comme une gelée de confiture. Il contient certes également des parties solides, mais leur consistance est plutôt celle ce la corne animale ou des bois animaux. Ces parties plus dures apparaissent puis se dissolvent à nouveau. Il nous faut admettre que la consistance de Mars est tout à fait différente de celle de la Terre.

Voyez-vous, on parle sans cesse des canaux de Mars. Mais pourquoi parle-t-on de canaux ? On ne voit rien d’autre sur Mars que des lignes, comme cela (dessin), et on dit que ce sont des canaux.


C’est juste et ce n’est pas juste à la fois. Car, Mars n’étant pas ferme comme la Terre, on ne peut pas parler de canaux comme nous en avons sur Terre. On peut, en revanche, parler de quelque chose qui s’apparente à nos vents alizés, ces vents des régions chaudes, d’Afrique par exemple, de l’équateur, qui montent vers les pôles froids et qui en redescendent. Vu de l’extérieur, ces courants atmosphériques apparaissent comme des lignes, les lignes des alizés. C’est de ce genre de lignes qu’il s’agit sur Mars. Mais tout est plus vivant sur Mars que sur la Terre. La Terre est un astre plus mort que Mars; sur Mars les choses sont encore plus ou moins vivantes.

[…] Songez maintenant que la consistance de Mars n’est pas aussi solide que celle de la Terre, Mars n’a pas de partie solide. Or, Messieurs, j’ai évoqué, il y a quelques temps, le fait que la Terre était autrefois également dans un état où elle n’avait pas de minéral. Le minéral solide ne s’est formé qu’ultérieurement. Des animaux géants y vivaient sans avoir encore de squelette osseux. Mars est aujourd’hui dans un état similaire. Il héberge également des animaux dont la forme est celle des animaux terrestres d’autrefois, et les êtres humains sont sur Mars comme autrefois sur Terre, sans os, comme je vous les ai décrits. C’est une chose que l’on peut savoir. Mais on ne le peut pas par les moyens de la connaissance dont disposent les sciences naturelles. Si on désire se faire une image de l’aspect actuel de Mars, il faut s’imaginer la Terre à une époque antérieure.

Voyez-vous, nous avons aujourd’hui les courants aériens alizés nord-sud. Autrefois ces courants étaient plus visqueux, plus liquides. C’est le cas aujourd’hui sur Mars. Ces courants sont sur Mars plus vivants, plus liquides que nos courants aériens.”

[Création du monde et de l’homme – GA 354 – Dornach, 9 septembre 1924]

Encore au sujet de Mars :

“Mars n’est qu’une sorte de réincarnation de la Lune et, comme les forces cachées dans le corps astral ne trouvent pas en face d’elles un moi capable de les adoucir, les humains sur Mars sont extrêmement belliqueux.”
[Êtres humains, occultisme et philosophie – GA 137 – 12 juin 1912 – p. 240.]

À l’époque de Steiner, les connaissances à propos de Mars étaient assez limitées.

Mars, qui nous apparaît dans le ciel comme une étoile rougeâtre, a été observée dès l’Antiquité. Le développement de la mécanique céleste nous a permis de calculer divers paramètres à partir des observations de sa trajectoire et de sa distance, comme sa gravité qui est plus faible que celle de la Terre (un peu plus du tiers de la nôtre soit 0,376 g.) Son diamètre est deux fois plus petit que celui de la Terre, et sa masse ne représente qu’un dixième de celle de la Terre. Elle tourne sur elle-même en un peu plus d’un jour terrestre et effectue un tour du Soleil en 687 jours.

Jusqu’en 1965, les astronomes pensaient que l’on trouvait de l’eau liquide à la surface de Mars et que peut-être des formes de vie pouvaient s’y être développées.

La sonde Mariner 4 a survolé Mars en 1965 a remis les pendules à l’heure. Mars a une surface caractérisée assez semblable à celle de la Lune, notamment par des impacts, mais aussi par un volcanisme ancien. Il semblerait que le volcanisme ne soit plus actif actuellement. L’atmosphère martienne est très ténue (150 fois moins dense que la nôtre) et est principalement composée de gaz carbonique (dioxyde de carbone); Son champ magnétique global inexistant. Sa température moyenne est inférieure à – 60°C (entre –3°C et –133°C). Il est clair que l’eau pure ou quasi pure ne peut pas exister sur Mars à l’état liquide. Par contre, l’état liquide est possible pour des eaux saumâtres ou contenant des sels ou des acides en solution.

Malgré son atmosphère ténue, Mars est parfois le siège de tempête de poussière qui obscurcissent parfois toute la planète. Une caractéristique de l’atmosphère martienne c’est qu’elle constamment chargée de poussières, c’est ce qui lui donne son apparence ocre-rougeâtre. On peut affirmer que les conditions sur Mars ne sont guère propices à la vie, quoique pour l’instant on ne puisse exclure une vie microbienne.

Depuis lors de nombreuses missions spatiales ont eu pour but l’étude de Mars et nos connaissances à son sujet deviennent de plus en plus conséquentes et précises. Ce n’est pas la peine d’entrer dans les détails sinon de faire remarquer que l’on ne s’est pas contenter de satelliser des sondes d’observation autour de Mars, mais que des modules se sont posés à sa surface pour l’analyser, et que de plus des véhicules robotisés ont roulé sur sa surface.

On voit que c’est en fait tout le contraire de ce qu’a affirmé Steiner. Ce qui est plus grave c’est que Steiner a affirmé avoir obtenu ses résultats par clairvoyance. Si c’est le cas, alors sa clairvoyance n’est absolument pas fiable ou n’existe pas. Comment Steiner en est-il arrivé là ?

D’abord, à son époque, on pouvait croire plus ou moins ce qu’on voulait au sujet de Mars. Steiner était à l’aise, c’était pratiquement irréfutable. Il semble même avoir été persuadé que l’être humain ne pourrait jamais quitter la Terre pour explorer le système solaire. Partant des données connues, Steiner a simplement élaboré, par analogie, un scénario qu’il pouvait intégrer dans sa conception du monde et surtout dans son plan de l’évolution. Ce plan de l’évolution, il avait commencé à l’élaborer peu après 1900, sur base des élucubrations et spéculations de la fameuse Doctrine secrète de Madame Blavatsky. Il n’est pas nécessaire de lire la totalité des 6 volumes de la Doctrine secrète pour se rendre compte où Steiner a puisé le matériau qu’il a utilisé pour édifier son propre plan de l’évolution, qu’il commença à enseigner aux alentours de 1904, et dont l’ouvrage “La Chronique de l’Akasha” est un recueil rassemblant ses conférences sur le sujet. Par la suite, il en donna un condensé plus élaboré dans sa “Science de l’occulte en esquisse”, puis l’étoffa tout au long de ses activités de conférencier. Cela ne se fit pas sans maintes contradictions. Toutefois, Steiner les balayait avec aplomb en affirmant d’une part qu’il n’y avait pas de contradiction, et d’autre part ces contradictions apparentes n’étaient que le résultat de points de vue différents. Les points de vue peuvent être certes différents, mais ils sont parfois inconciliables. Un chêne restera un chêne, et un sapin un sapin quelque soit le point de vue adopté.

On pourrait croire que les affirmations de Steiner à propos de Mars est un cas isolé. Mais ce n’est pas du tout le cas. Le mieux est de partir d’extraits tirés des œuvres de Steiner lui-même et de voir ce qu’il en est :

« On oppose généralement la carte céleste de Ptolémée à celle de Copernic, en taxant la première d’erreur. C’est faux. Toutes deux sont également vraies. Seulement, la carte de Ptolémée se rapporte au plan astral. Et sur ce plan la Terre est au centre des planète, et le Soleil est lui-même une planète. La carte de Copernic se rapporte au plan physique où le Soleil est le centre. Toutes les vérités sont relatives aux temps et aux lieux. Le système de Ptolémée sera réhabilité à une époque prochaine. »
[L’Ésotérisme chrétien, GA 94, cycle de conférences donné à Paris en mai/juin 1906 – XVIII, p. 137]

Cette affirmation est évidemment une ineptie. En effet, on peut choisir physiquement n’importe quel point d’un système physique comme centre du repère de coordonnées. Ptolémée le plaçait au centre de la Terre parce que ce qui lui importait c’était le mouvement des astres relativement à la Terre, et qu’il croyait que la Terre était au centre du système. Par contre Copernic a placé le centre de son système de coordonnées au centre du Soleil parce qu’il voulait décrire le mouvement des planètes autour du Soleil, sachant que le Soleil était véritablement le centre du système. Le plan astral n’a strictement rien affaire là-dedans. Quand à la future réhabilitation c’est aussi une affirmation purement gratuite et insensée.

Steiner affirme que la Lune est constituée de matériaux plus denses que ceux de la Terre. (voir GA 254 – Les dangers d’un occultisme matérialiste, conf. Dornach, 17 octobre 1915. – Voir aussi GA 353, conf. du 17 mai 1924.)

Or, il se fait que la densité moyenne de la Lune est de 3/5 de celle de la Terre, ce qui infirme totalement cette affirmation.

“Lors de la séparation du Soleil et de la Terre, cette immense atmosphère solaire faite d’acide prussique nous a laissé l’azote. L’azote est donc un reste de l’acide prussique. L’oxygène est ce qui reste de l’acide carbonique après le départ de la Lune. Nous pouvons dire que notre air, notre air habituel, composé d’azote et d’oxygène, n’a pas été là de tous temps ; il l’est seulement depuis l’époque où le Soleil s’est séparé de la Terre ; c’est à ce moment qu’est apparu l’azote. L’oxygène lui est apparu quant à lui lorsque la Lune a quitté la Terre. Mais cela ne s’arrête pas là! Je vous ai dit qu’en fait l’air ne contient qu’un peu d’oxygène, 21% environ, mais une grande part d’azote. Je vous ai dit aussi que le Soleil est grand tandis que la Lune est petite ; et comme l’oxygène provient de la Lune, il est présent dans l’air en plus faible quantité. L’azote provenant du Soleil se trouve de ce fait en très grande quantité dans l’air, le Soleil étant beaucoup plus grand que la Lune. Ceci est dû au fait que l’azote a une origine solaire tandis que l’oxygène est issu de la Lune.”
[Les manifestations de l’esprit dans la nature, Dornach, 10 octobre 1923]

On constate dans cette déclaration que Steiner travaille bien par analogie. La Lune plus petite, moins d’oxygène, le Soleil plus grand, plus d’azote.

Mais : si on tient compte de l’oxygène contenu dans l’eau, de celui contenu dans la croûte terrestre sous forme d’oxydes et de silicates, de celui contenu dans l’air, etc. La masse totale de l’oxygène représente presque la moitié de la masse de la Terre.

Ce qui montre que la proportion d’azote est moindre que celle de l’oxygène ! On considère que l’azote n’occupe que le 34ième rang dans les constituants de la croûte terrestre par ordre d’importance. Il représente en fait environ 0,4% de l’abondance de l’oxygène dans l’écorce terrestre.

“Il faut être naïf pour oser affirmer que les mêmes lois naturelles de chez nous, s’appliquent aussi à une étoile située à des années lumières de nous. En effet, les lois de la nature s’appliquent uniquement aux conditions terrestres, et elles cessent lorsque nous pénétrons dans l’espace cosmique. [Les Fêtes de l’année et leur intériorisation – GA 224, Stuttgart, le 11 juillet 1923]

Si les lois naturelles n’étaient pas valables dans l’espace cosmique, aucun satellite, aucune sonde spatiale, ne pourrait fonctionner. L’analyse spectrale ne fonctionnerait pas non plus, ce qui est en contradiction avec ce que Steiner dit dans le GA94 voir ci-dessus.

“ Il est par ailleurs tout à fait étrange qu’on parle ces derniers temps de l’approche de Mars, car chaque planète s’approche parfois de la Terre, et la Lune par exemple se rapproche sans désemparer de la Terre et finira comme les autres planètes, qui ont toutes cette même tendance, par s’unir à la Terre pour ne former qu’un seul corps. ”

(Création du monde et de l’homme – GA 354 – Dornach, 9 septembre 1924)

En réalité, la Lune ne se rapproche pas de la Terre, elle s’en éloigne comme les mesures récentes et précises le prouvent. La Lune ne peut faire que s’éloigner peu à peu de la Terre pour finalement un jour échapper à son attraction.

Ci-après quelques unes des bourdes de Steiner concernant l’astronomie notamment. On remarquera les nombreuses contradictions dans ses déclarations, en plus des erreurs manifestes.

La Terre
 
La Terre n’existait pas il y 3 millions d’années. [75]
Et elle n’existera plus dans 20 millions d’années. [75]
Rien de ce qui existe sur la Terre ne s’y trouvait il y a vingt millions d’années, ni ne s’y trouvera dans vingt millions d’années.[114]
La Terre n’existera plus dans 200.000 ans [86]
La Terre n’existait pas encore, il y a 300.000 ans [86]
Dans 25.815 ans, la Terre n’existera plus. [31]. – peu vraisemblable, à moins que l’homme ne la fasse sauter d’ici-là !
La Terre n’est pas une sphère, mais un tétraèdre arrondi ! [55]
La Terre est morte, mais parfois elle est considérée comme vivante.  Donc elle est à la fois morte et vivante. (C’est digne du chat de Schrödinger et de la mécanique quantique).
La Terre est un crâne humain géant qui est mort. [5]
Il y a 15.000 ans, la Terre était encore au stade végétal. [27]
Les causes du volcanisme ne sont pas du tout dans le sous-sol…. Les causes sont à l’extérieur du sol….Ce sont les forces astrales des constellations qui attirent les masses denses et lourdes projetées par les volcans. [18]
Les positions du Soleil et de la Lune provoquent les coups de grisou dans les mines.[19] Faux. C’est une étincelle ou une flamme qui provoquent l’explosion du méthane accumulé à certains endroits.
Les îles et les continents ne sont pas solidaires de la croûte terrestre, ils nagent, flottent dans la mer et ne sont maintenus en place que par la force des étoiles. [32] – Complètement ridicule, même à son époque.
L’atome n’existait pas au début, avant lui il y avait sur la Terre une sorte de substance protéinique, gélatineuse, qui s’est différenciée. [36]
Les minéraux ont été secrétés par des substances organiques [37]
Tous les minéraux, et même les roches les plus dures, proviennent des plantes. [15]-[26]
La Lémurie a existé. Faux ! Il n’y a aucune preuve que ce soit le cas. Au départ c’était une hypothèse scientifique faite pour expliquer la présence de fossiles de lémurien de part et d’autre de l’Océan indien. Faute de mieux Haeckel y avait adhéré et elle fut admise aussi par les occultistes Sinnett, Blavatsky et autres théosophes. Cette hypothèse a été infirmée faute de preuves et a reçu le coup de grâce quand on a compris la tectonique des plaques (dérive des continents).
L’Atlantide aurait existé. En fait, c’est un mythe qui a pris naissance avec Platon. C’est à l’origine une fable pédagogique imaginée par Platon. L’Atlantide était censée être une grande île située dans l’Atlantique. L’idée a été reprise, et élaborée par Sinnett, Blavatsky, Scott Eliot, puis reprise par Steiner. D’une grande île c’est devenu un continent occupant la majeure partie de l’Atlantique. Mais ici non plus aucune preuve n’existe pour cette affirmation. C’est plutôt le contraire, l’étude des fonds marins par toutes sortes de moyens et la tectonique des plaques rendent cette croyance complètement caduque.
Il y a beaucoup de volcans autour du pôle Sud. [60] – En s’en éloignant beaucoup alors !
Les couches de la Terre sont au nombre de sept : en dessous de la croûte, il y aurait une couche liquide qui est centrifuge, une couche de vapeur douée de sensibilité, …, Les 5e et 6e couches seraient responsables de la destruction de la Lémurie. — Voir Esotérisme Chrétien, Triades] et [85]–[123 ]–[126]
— plutôt délirant et absolument déconnecté de la réalité; Comme ni la Lémurie, ni l’Atlantide n’ont jamais existé, l’affaire est classée.
En Suisse, il n’y avait pas de montagnes, il y 6 ou 7 mille ans. [61]
Les périodes glaciaires ont lieu parce que les terres se soulèvent au niveau où il y a des glaciers dans les montagnes actuelles. [61]
La nutation est due à des forces astrales. La gravitation n’existe pas et la théorie de Newton inapplicable. [115]
Mais la rotation de la Terre n’existait pas autrefois, et c’est le « Je » humain qui l’a mise en rotation au départ, après qu’il fut lui même incité à la rotation par des esprits dont il dépendait. [124]
Ce ne sont pas les forces de gravitation de la Lune et du Soleil qui produisent le flux et le reflux des marées, c’est une force qui réside dans l’argent, ce métal étant finement dissous dans les océans. Si on croit que la Lune intervient c’est parce que la Lune est mue par la même force marémotrice de l’argent contenue dans l’univers. [125]
Steiner dit que le pôle Nord est un pôle nord magnétique. [126] – C’est faux, le nord magnétique est dans l’hémisphère sud et le sud magnétique au pôle Nord.

La Lune 

La Lune est responsable de l’attraction terrestre.[102]-[113]
La Lune ne possède pas de roche comme la Terre, ce qui a l’apparence de roche vu de la Terre est une sorte de corne vitrifiée, beaucoup plus que toute corne existant sur la Terre, toutefois elle n’est pas tout à fait minérale.[103]
La Lune elle est plus dense que la Terre. [11]. — Faux, sa densité est 3/5 de celle de la Terre.
La Lune se rapproche de la Terre.[68] — Faux!, elle s’éloigne.
La Lune s’unira à la Terre au 8e millénaire. [71] – invraisemblable !
Sur la Lune, il y a des êtres ayant un corps physique très subtil. Ils ressemblent à des enfants de 6 ou 7 ans. Ils sont hurleurs et attirés par les asiles d’aliénés et les médiums faisant du spiritisme, surtout à la pleine lune.[33]-[34]
La substance qui compose actuellement la Lune s’y trouvait aussi peu, il y a quelques siècles, que la matière actuelle de votre corps ne s’y trouvait il y a dix ans. [111]

Le Soleil 

Le Soleil est le corps le plus léger de l’espace et la Lune le plus lourd. Le Soleil le plus spirituel et la Lune le plus matériel. [12]
Le soleil est un creux, un vide qui émet de la lumière. [12]-[59]
Le soleil est moins qu’un vide, c’est un espace négatif [51]
Le Soleil n’est pas constitué de matière, ce que les physiciens disent…est un fantasme. [52]-[80]
Le Soleil est vivant, et comme tout ce qui émet de la lumière, il doit être fécondé pour pouvoir rayonner de la lumière par sa vie [80]
Il n’y a pas de gaz incandescent sur le Soleil. [53]-[57]-[69]-[72]
Ce qui, dans le Soleil, est gazeux, est en réalité le corps du Christ. [101]
Mais : “C’est à bon droit qu’on l’appelle Soleil, car les soleils aujourd’hui passent encore par ce processus ; à l’intérieur ils sont constitués de courants gazeux et le gaz devient lumière vers le dehors, ils répandent la lumière dans l’espace universel.” — [97] — Il devrait savoir ce qu’il veut :C’est en complète contradiction avec le Soleil espace vide, négatif, ne contenant ni gaz, ni chaleur, ni lumière de ses autres déclarations..
Le Soleil est tout simplement un réflecteur dont ne peut émaner aucune lumière, et peut tout au plus la réfléchir; il réfléchit la lumière spirituelle des planètes. Ainsi en est-il physiquement.[53]
Le Soleil nous renvoie la lumière du cosmos comme il la reçoit.[72]
Le Soleil a un estomac et il se nourrit des comètes pour produire de la lumière et la chaleur. [6] – [13]
Le Soleil n’attire pas les planètes par la gravitation, néanmoins il exerce une puissante force de succion, comme les étoiles en outre.[57][69]
Il n’y a pas de chaleur sur le Soleil. [9]-[12]
Les rayons solaires ne sont pas une réalité.
Via les taches solaires le Soleil expulse dans le cosmos des substances qui apparaissent ensuite sous forme de comètes, de météorites et de météores et d’étoiles filantes. [67] – Steiner devrait savoir ce qu’il veut, le Soleil se nourrit de comètes, mais c’est aussi lui qui les produit !
Le Soleil expulse du fer dans le cosmos [67]

Mars 

Les canaux de Mars sont en fait des courants aériens, des vents martiens.[104]
Tout est plus vivant sur Mars que sur la Terre. La Terre est un astre plus mort que Mars. [104]
Mars a des parties solides, dont la consistance ressemble à de la corne animale.[104]
Comparé à la Terre, Mars n’a pas de parties solides. [104]
Il y a des êtres vivants sur Mars [104].
Mars est un corps céleste qui tend à devenir vivant [21]
Il y a des êtres humains sur Mars, et ils sont belliqueux. [50]
Mars est essentiellement un corps liquide [93]
Vénus
Si Vénus brille dans le ciel la nuit c’est parce qu’elle est phosphorescente. Faux évidemment ! Elle brille parce qu’elle réfléchit la lumière solaire, tout comme les autres planètes et la Lune. [63]

Saturne 

Le Saturne actuel est constitué uniquement de chaleur, de même que ses anneaux qui sont une illusion d’optique. [92]
Saturne est la dernière planète du système solaire, les autres n’en font pas partie[83]-[105].
— L’ancienne astrologie ne connaissait que 7 “planètes” et Steiner à l’instar de Blavatsky a construit sa cosmogonie mystique sur ce nombre.
Saturne a un aspect bleuté [17]-[20]-[92]. — Faux ! même avec une petite lunette d’amateur, on peut voir qu’il a une couleur brun-orangée. Donc son intervention pour expliquer cette couleur bleue est non pertinente. Ne pas vérifier ses sources, ça ce n’est pas scientifique ! En fait, Steiner était persuadé que Saturne étant une répétition de l’ancien Saturne devait aussi être constitué de chaleur et était obscur. Or selon la théorie des couleurs de Goethe, un objet obscur vu à travers la clarté (de l’atmosphère) doit paraître bleu. D’où son affirmation, non vérifiée par ailleurs.

Jupiter 

Jupiter est complètement aérien, mais un air plus épais que le nôtre. La Terre sera comme cela à l’avenir. — Faux ! : Jupiter est constitué en grande partie d’hélium et d’hydrogène gelés, liquides ou gazeux selon la profondeur.

Uranus et Neptune 

N’appartient pas à notre système solaire (ni Neptune et au-delà) [83]-[105]
Cependant, “il s’est détaché de la Terre”. [35]-[45]
Uranus et Neptune ne faisaient pas partie de notre système solaire à l’origine. Elles ne s’en approchèrent que beaucoup plus tard, et furent prises dans le champ d’attraction de notre système [48]-[117]
Uranus et Neptune ne sont pas considérées comme des planètes [83]
Mais Uranus et Neptune se sont formés pendant que le système solaire se formait: Uranus en même temps que Jupiter, et Neptune en même temps que Mars. [98] — Alors capturées ou pas capturées ?
Cependant, cela n’a pas empêché Steiner d’en tenir compte dans les horoscopes. [voir Pédagogie curative].

Étoiles 

Les étoiles sont constituées exclusivement de lumière.
Elles ont été antérieurement un système planétaire (voir Zodiaque).
En tous cas elles ne sont pas matérielles. [57].
Les étoiles sont aussi des vides qui émettent de la lumière comme le Soleil. [57]
Il y a des étoiles fixes et des étoiles qui ne le sont pas. Faux ! Toutes les étoiles sont en mouvement. Leur fixité est une apparence liée à leur éloignement.
Là où il y a des étoiles, il n’y a rien; ce sont des trous dans le cosmos [24]-[57]
Planètes
Sur certaines planètes il n’y pas de gravité, et sur certaines autre à la place de la gravité, il y a l’antigravité. (voir Cosmos)

Cosmos 

Il n’y a pas de gaz dans l’espace cosmique.
Mais en 1923, “l’analyse spectrale nous révèle qu’on trouve de l’hydrogène dans toutes les directions de l’espace”. [4]
Les lois de la nature (donc de la physique) ne s’appliquent que sur Terre, mais pas dans l’espace cosmique, ni au Soleil, ni aux étoiles. Elles décroissent en fonction du carré de la distance. [66]-[74]-[110]-[118]-[122] — Faux évidemment, une des sondes spatiales de la Nasa a atteint les confins du système solaire, bien au-delà de Pluton et envoie encore des informations au moyen d’ondes électromagnétiques, des ondes radio donc et elle fonctionne encore. Mais de plus, Steiner se contredit puisqu’il accepte les résultats de l’analyse spectrale notamment en ce qui concerne les comètes et leur cyanogène.
La gravité n’est qu’un mot. Steiner l’a expliqué aux enseignants de l’école Waldorf. [Méthode et Pratique – GA 294]
Sur une planète liquide ou gazeuse il n’y a pas de gravité. Seules les planètes solides en ont une. Faux ! La gravité existe partout dans l’univers. Toute matière est source de gravité. [Chercher la référence]
L’espace interstellaire n’est pas vide. Il y a de la matière ou de l’esprit. …L’espace entre les étoiles contient un fin brouillard plus ou moins dense, d’où la lumière zodiacale, et aussi celle du Soleil. [106]





Système solaire 

Les dénominations de Vénus et Mercure n’ont jamais été inversées. Il le dit uniquement pour justifier sa conception des choses. Car les anciens n’étant pas en mesure de déterminer les distances ne s’intéressaient qu’aux rythmes observés. Quand on considère les rythmes on a l’ordre des sphères. [39]-[94]
Steiner confond souvent notre système solaire avec l’univers.
Le système de Copernic se rapporte au plan physique et le système de Ptolémée au plan astral : faux. C’est seulement une question de repère de coordonnée.
Le système de Ptolémée n’est pas simplement un système physique, il est basé sur l’observation spirituelle. [95]
C’est Vulcain, qui perturbe l’orbite de Mercure (planète hypothétique située entre le Soleil et Mercure. (Chercher la référence)
La Terre ne tourne pas autour du Soleil ; les autres planètes non plus.
[38][73][88][107][116] sauf quand cela arrange Steiner. [40]-[83]


Comètes 

Les comètes sont des êtres vivants, comme le Soleil et aussi la Terre, quoique parfois il dit que la Terre est morte.
Les comètes n’atteignent que le stade astral. Elle deviennent visibles uniquement parce qu’elles traversent l’éther avec une friction.[128]
Les comètes ont un noyau dur de fer. [7] – Faux ! Quoiqu’on ne puisse pas l’exclure dans des cas très rares. Il y a très peu de fer dans les comètes.
Les comètes disparaissent d’un côté, se dématérialisent et ensuite réapparaissent de l’autre côté; elles n’ont pas des orbites elliptiques fermées.[13][14][47]. — Faux . Elles semblent disparaître parce qu’elles s’éloignent du Soleil et ne sont dès lors plus ionisées par le rayonnement solaire.
Les météorites sont des restes de comètes qui ont volé en éclats. [8] – Faux , c’est en fait rarement le cas, les météorites sont des météores qui n’ont pas entièrement brûlés dans l’atmosphère, et ce sont des débris d’astéroïdes. De plus les comètes sont principalement constituées de glace et de poussière et ne contiennent pas ou quasiment pas de fer, alors que les météorites en contiennent souvent.
“ Les comètes, ou les météores obéissent à des lois astrales, elles n’obéissent pas aux lois de la physique, et ne risquent nullement de percuter la Terre. Les corps célestes ne percutent jamais la Terre, seule l’astronomie matérialiste le prétend.”
Les énormes cratères d’impact que l’on constate en divers endroit du monde se sont donc formés par l’opération du saint-esprit !
Les comètes contiennent de l’acide prussique. ( acide cyanhydrique, cyanogène) [14]-[56]-[79]. Vrai, mais en très petite quantité. Steiner, par contre, n’a pas deviné qu’elles étaient essentiellement constituées de poussières et de glace.

Zodiaque
 
Steiner confond souvent signes et constellations
Il y aurait 12 constellations : en fait on devrait dire 13, ou même zéro en réalité.
Un Soleil peut devenir un Zodiaque, à la fin de sa vie quand il a repris toutes ses planètes en lui. [46]-[96]
On déduit que pour Steiner les constellations ont des étendues égales. [28]
En fait elles sont d’étendues inégales, et de plus les limites des constellations zodiacales ont été fixées par une convention astronomique. Il y a des lacunes entre elles parfois et parfois elles se chevauchent (vues depuis la Terre). Le zodiaque des saisons est une division en 12 parties égales par contre.

Physique 

La relativité serait une ineptie d’Einstein, bien que Einstein soit intelligent. [16]-[43]-[53]-[89]-[90]
Faux : la relativité est sans doute une des théories les plus vérifiées, et qui est appliquée pratiquement et tous les jours. Si elle est fausse elle donne des résultats corrects.
La lumière blanche est indécomposable. [29] Faux.
C’est le prisme qui colore la lumière blanche. — Faux, le prisme sépare bien les diverses composantes qui ont des fréquences différentes.
La lumière n’a pas de masse [91] — Faux, elle est déviée par une planète comme Jupiter. C’est vrai ce n’était pas prouvé à son époque, mais comme il nie la gravitation, cela n’aurait rien changé. Elle n’a seulement pas de masse au repos, mais comme elle est toujours en mouvement…
L’atome n’existe pas. [49] – Faux, on parvient même à les manipuler un à un.
Même si leurs propriétés quantiques sont parfois déroutantes, ils existent bel et bien.
Les atomes sont des bulles vides dans l’espace (l’éther)
L’atome n’est que de l’électricité gelée, figée, ou condensée, ou coagulée.
En électrisant l’atome, [c’est-à-dire en l’entourant d’électrons], on en a fait un être immoral… On en a fait des porteurs du Mal…Car les atomes électrisés sont de mauvais petits démons.[84] – (Pas de chance, la fée électricité était en fait une méchante sorcière !)
L’électricité est la même chose que la pensée humaine
La pensée et l’atome sont faits de la même substance
L’électricité, c’est de la lumière qui se désagrège, qui se décompose
L’électricité, c’est de la lumière qui se détruit au sein de la matière
L’électricité, c’est de la lumière à l’état de sous-matière
L’électricité est de la lumière fortement comprimée.
La lumière solaire est une force qui éteint l’électricité. [1]
Le contraire le plus absolu de l’électricité, c’est la lumière. C’est mélanger le Bien et le Mal que de considérer la lumière comme de l’électricité…C’est calomnier la lumière qui flue vers nous du cosmos que de l’apparenter à l’électricité [84]
“L’électricité est une force liée de longue date à la Terre, une force solaire, une force solaire dissimulée dans les profondeurs de la Terre” — [121]
Steiner nie l’existence des forces entre atomes et entre molécules. Il faut les remplacer par des forces issues des planètes et des étoiles fixes. [87]
L’aurore boréale est la force électrique de la Terre qui se répand sous l’influence de la Lune. [2]
Une explication fausse des aurores boréales, il nie une influence venant de l’extérieur de la Terre, mais c’est bien le flux de particules électrisées du vent solaire qui provoque les aurores boréales. [3]
L’éclair naît de l’esprit. C’est l’esprit qui produit l’étincelle électrique, l’éclair, quand la vapeur d’eau s’élève dans le domaine de l’esprit[22]-[23]. — Faux, c’est surtout l’ionisation de la haute atmosphère provoquée par les rayons cosmiques et le vent solaire.
L’éclair ne provient pas de l’électricité mais de l’air qui se décharge de sa chaleur… L’éclair engendre l’électricité. [64]
De même que le plomb est aujourd’hui solide et le mercure fluide, de même le plomb fut un jour fluide et de même un jour le mercure deviendra un métal solide. [100] — on ne peut pas prouver le contraire, mais c’est très peu vraisemblable. Pour autant qu’on sache, il n’y a aucun indice permettant de suspecter que les lois de la physique se modifient au cours du temps. La température de solidification du mercure est de – 39°, ce qui n’est guère propice à la vie.
L’air est de la chaleur condensée, mais aussi, les liquides, et les solides. [99]
Les lois de Newton sont fausses [112]-[115]. Faux ! Dans leur domaine d’application qui est la physique classique, elles donnent des résultats corrects. Cela devrait être nuancé cependant par une longue explication. Il existe peut-être une meilleure théorie, mais Steiner ne fait que critiquer et ce qu’il offre est très contestable et même complètement faux dans certains cas !
Le radium présent aujourd’hui ne s’est formé qu’après l’an 140 après Jésus-Christ… — Faux ! La demi-vie du radium 226 est d’environ 1600 ans. Cela signifie qu’après ce temps, il reste la moitié de ce qu’on avait au départ. Donc si on avait 1 g en l’an 2000, cela signifie qu’il y en avait 2 g. en l’an 400 et 4g en l’an 1200 av. JC. etc. Mais le radium est un descendant apparaissant dans la chaîne de désintégration de l’uranium 238, qui a une période (1/2 vie) de 4,468 milliards d’années.
La gravitation, la pesanteur et le magnétisme sur la Terre sont dus à la Lune. [113]. Faux ! — La gravitation existe partout dans l’univers. Il y une pesanteur sur la Lune et sur toutes les planètes de notre système solaire. Le magnétisme est universel. Il existe aussi bien sur le Soleil que sur d’autres planètes. C’est un effet secondaire de l’électricité en mouvement.
C’est grâce à la pesanteur que l’élément liquide s’est condensé, donnant naissance aux solides.[113] . — On peut comprimer de l’eau tant qu’on veut on n’obtiendra pas de la glace.
Le charbon : “Il n’est charbon noir que dans le voisinage de la Terre, car au moment où on éloignerait ce charbon de la Terre, ne serait-ce que d’une distance relativement courte, il ne serait plus du charbon. Ce qui fait de lui du charbon ce sont les forces de la Terre.” [119]
Le charbon, de plus en plus fort ! “ Si en ce moment on pouvait projeter un morceau de notre charbon noir ordinaire dans la Lune, il deviendrait de l’argent.” [120]
Chaque éther peut-être refroidi et donc solidifié. … L’or, c’est de l’éther de Soleil densifié, l’argent c’est de la lumière lunaire densifiée. [127]

Divers 

Les épinards sont riches en fer. Faux ! Ils ne sont pas si riches que cela, les haricots et les lentilles par exemple en contiennent beaucoup plus. [10].
Steiner nie que la population terrestre augmente sans cesse, et que dans le passé il y avait moins d’humains que de nos jours. [25] – Ce qui est évidemment faux!
La couleur rouge excite les taureaux. [30]. Faux ! De plus les taureaux ne voient pas le rouge, ou extrêmement peu, en tous cas c’est du folklore. – mais Steiner explique pourquoi et comment; il donne une explication à un phénomène inexistant !
La seule véritable science de la réalité, est précisément la science de l’esprit.[41]
Toutefois ce n’est pas vraiment une science, elle s’apparente plus à une gnose religieuse et elle est en général invérifiable. On fait confiance à Steiner, mais sur quelle base, puisqu’il s’avère que sa clairvoyance n’est pas fiable pour des choses vérifiables. Ce que Steiner appelle science spirituelle, c’est la clairvoyance exacte [42]. Mais elle ne l’est pas de toute évidence.
Les molécules organiques vivantes sont des tourbillons de substances, elles sont chaotiques, amorphes, il n’y a plus de forces de cohésion ! [44]
Les lunettes ont été inventées au 16e siècle. Faux, elles existaient déjà au 13e montées dans un cadre comme loupe de lecture. [62]
C’est une pure superstition de croire que l’on pense avec son cerveau, on pense avec le liquide céphalo-rachidien… [58].
Le cœur n’est pas une pompe, le sang circule de lui-même. Le cœur est un organe sensitif qui perçoit le flux sanguin. Ce sont la spiritualité et la vitalité de l’homme qui donnent au sang son mouvement.[65]-[82]-[108]-[109]
Solfatare : Les fumerolles survenant lorsqu’on allume un papier à proximité du sol : Steiner donne une explication fausse en prétendant que c’est la chaleur du Soleil accumulée dans le sol qui surgit sous forme de fumée. C’est faux, c’est un phénomène chimique d’ionisation.[70]
Les animaux, n’ont pas de souvenirs, pas de mémoire [voir la Science de l’occulte]
Les poissons n’ont pas d’odorat. “Ils ne sentent absolument rien” [76]
Les œufs de poisson ne peuvent pas se développer dans l’eau douce, pour cette raison les poissons de nos fleuves, dont l’eau est douce, vont frayer en mer.[77].
— On peut se demander comment font les poissons des lacs et des étangs pour se reproduire alors ?
Les oiseaux migrateurs s’orientent d’après les odeurs très subtiles de l’atmosphère. [78] – Ce serait à vérifier, car que font les oiseaux si les vents soufflent dans le mauvais sens et éloignent les odeurs ? En principe les oiseaux s’orientent d’après le champ magnétique de la Terre.
Les ovule non fécondés s’évaporent dans le cosmos. De l’extérieur de la Terre, vu de loin, on peut les percevoir sous la forme d’une lumière jaune-verdâtre. [80]
Les animaux n’ont pas de mémoire, pas de souvenirs, mais quelque chose qui s’y apparente.[81]


Références :

Les manifestations de l’esprit dans la nature – GA 351 – 13 oct. 1923, p.83
ibid
ibid. p.83-84
Les manifestations de l’esprit dans la nature – GA 351 – 20 oct. 1923, p.91
Les processus physiques et l’alimentation — L’Adam Kadmon et la Lémurie — GA347 – 30 sept. 1922, p. 237.
ibid. — p. 241
ibid. — p. 241-242
ibid. — p. 242
ibid. — 27 sept. 1922, p.227-228
ibid. – 30 sept. 1922 — p.242
Histoire de l’humanité et conceptions du monde dans les diverses cultures — GA 353 — 17 mai 1924 – p. 282
ibid. p. 280-282
ibid. p. 272-273-274
ibid. p.280
ibid. – 5 mai 1924 – p. 195
L’homme et la nature – GA 352 – 19 février 1924. 237-258
Rapport de l’homme au monde des étoiles – GA 219 – 26 nov. 1922 – p.29
Rythmes dans le cosmos et dans l’être humain — GA 350 — 2 juin 1923 – p. 46-53, 146, 148, 160
ibid. p.51
ibid. — 9 juin 1923 — p. 91 et 94
ibid . p.93-94
ibid. – 18 juillet 1923. — p. 239
ibid. — 20 juillet 1923 — p. 269-270
ibid. — 10 septembre 1923 — p. 337-338
ibid. — 30 mai 1923 — p. 17 et suivantes.
La vie de l’homme et de la Terre – Essence du christianisme – GA 349 –
17 fév.1923 – p.26
ibid. p.34
ibid. p.32-33
ibid. – 21 février 1923 – p. 49
ibid. – p.50-51
ibid. — 9 avril 1923 – p. 197
ibid. — 21 avril 1923 — p. 251-252
Êtres naturels et spirituels – leur action dans le monde visible. — 24 février 1908 – p. 292
ibid. – 15 janvier 1908 – p.183
ibid. – 13 mars 1908 – p. 249
ibid. — p.246
ibid. — p.247
ibid. — 29 avril 1908 – p. 264
Macrocosme et microcosme – GA 119 – 22 mars 1910, p.62
ibid. p.60-64.
Questions humaines Réponses cosmiques – GA 213 – 2 juillet 1922, p. 116
ibid. 7 juillet 1922, p.133
Les forces formatrices et leurs métamorphoses – GA 205 – 8 juillet 1921 – p.190-191
ibid. – 1 juilet 1921 – p.112
L’Intervention des forces spirituelles en l’homme – GA 102 – 15 fév. 1908 – p. 67-68
ibid. – 27 janvier 1908 – p. 43-44
Les entités spirituelles dans les corps célestes et dans les règnes de la nature. — GA 136 — 10 avril 1912 — p. 162
ibid. — 14 avril 1912 — p.249
Le quatrième siècle et notre esprit scientifique – GA 325 – 23 mai 1921, p.140
Êtres humains, occultisme et philosophie – GA 137 – 12 juin 1912 – p. 240.
L’avenir de l’âme – GA 183 – 26 août 1918 – p. 125-127
Anthroposophie une cosmogonie Tome 2 – GA 208 – 21 oct. 1921 – p. 24.
ibid. – 6 nov. 1921 – p. 208-209
ibid. – 4 nov. 1921 – p.164-165
Création du monde et de l’homme – Vie sur Terre et action des étoiles. – GA 354 – 18 sept. 1924 (XII) – p.244
ibid. – 7 juillet 1924 – p. 70-72
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ibid. — 9 août 1924 — p. 187-188
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ibid. — 13 sept. 1924 – p. 225
ibid. — 13 sep. 1924 – p. 232
ibid. — 13 sep. 1924 – p. 231-232
ibid. — 13 sep. 1924 — p. 235-236
L’homme suprasensible – GA 231 – 17 nov 1923 (soir) – p. 98-99
ibid. 17 nov. 1923 – p. 83-84
ibid. 17 nov. 1923 (après-midi) – p. 78
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Création du monde et de l’homme – Vie sur Terre et action des étoiles. – GA 354 – 18 sept. 1924 (XII) – p.257
ibid. p.254
Perspectives du développement de l’humanité – GA 204 – 13 mai 1921 – p. 278
ibid. – 5 mai 1921 – p. 256
Entretiens de séminaire – plan scolaire – GA 295 – 5 sept. 1919 – p. 191
L’Anthroposophie et les forces du cœur humain – GA 223 – 30 sept. 1923, Ed. Triades, p.55
ibid. — 1octobre 1923 — p. 75-76
Création du monde et de l’homme – Vie sur Terre et action des étoiles. – GA 354 – 9 août 1924 – p. 191
Santé et maladie – GA 348 – 20 décembre 1922 – p .157
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ibid. — 27 janvier 1923 – p. 378
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ibid. — 20 janvier 1923 – p. 364
ibid. — 10 fév. 1923 – p. 418-419.
Chute et renaissance spirituelles – GA 220 – 28 janvier 1923 – p. 262-265
La science de l’esprit, une source d’impulsions pour la vie — GA 96 – 16 avril 1906 – p. 38-46
La nature suprasensible de l’homme – GA 67 – 15 avril 1918, Ed. Novalis, p.45
Correspondances entre le microcosme et le macrocosme – l’homme hiéroglyphe de l’univers. GA 201 – 24 avril 1920, Novalis, p.147.
ibid. — 18 avril 1920 – p.117
ibid. — 24 avril 1920 – p. 155-156
ibid. — 15 mai 1920 – p. 264
ibid. — 17 avril 1920 – p. 92
Les Hiérarchies spirituelles et leur reflet dans le monde physique – GA 110 – 17 avril 1909, 8ième conférence, éd. Triades 1983 – p.150-151
ibid. — p.151-152
ibid. — 15 avril 1909, soir — p.118-120
ibid. — p. 116-117
ibid. — 14 avril 1909, soir, p. 102.
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ibid. — 18 avril 1909,soir, p.173
ibid. — 12 avril 1909, soir p. 58-59
La science de l’esprit, une source d’impulsions pour la vie — GA 96 – 21 oct. 1906 – Novalis, p. 166.
Merveilles du monde, Épreuves pour l’âme, Manifestations de l’esprit. – GA 129 – 9ième conférence, du 26 août 1911, Triades 1965, p. 145, 146.
L’homme dans ses rapports avec les animaux et les esprits des éléments, GA 230 – 26 octobre 1923 – Triades 1984, p.62-63
Création du monde et de l’homme – Vie sur Terre et action des étoiles. – GA 354 – 3 juillet 1924 – p. 49
ibid. – 9 sept. 1924 – p. 204-209
Correspondances entre le microcosme et le macrocosme – l’homme hiéroglyphe de l’univers. GA 201 – 2 mai 1920 – éd. Novalis, p. 196
Création du monde et de l’homme – Vie sur Terre et action des étoiles. – GA 354 – 9 août 1924 – p. 187-188
Science du Ciel – Science de l’homme. — GA 323 – 17 janvier 1921, p. 371 etc.
Antagonismes dans le développement de l’humanité. GA 197 – 24 juin 1920 – p.96-97.
Médicament et médecine à l’image de l’homme — GA 319 – 3 sept. 1923 – p.69
ibidem — GA 319 — 17 juillet 1924 — p. 175-176
Anthroposophie, l’homme et sa recherche spirituelle. — GA 234 — 27 janvier 1924, p.59
La mort ce mystère – Essence et signification de l’Europe du Centre – Les esprits des peuples européens. GA 159 – 7 mars 1915 – p. 95
L’homme dans ses rapports avec les animaux et les esprits des éléments, GA 230 – 26 octobre 1923 – Triades 1984, p.62-63
Anthroposophie, l’homme et sa recherche spirituelle. — GA 234 — 27 janvier 1924, p.59
Correspondances entre le microcosme et le macrocosme – l’homme hiéroglyphe de l’univers. GA 201 – 16 avril 1920 – Novalis, p. 80.
La mort ce mystère – Essence et signification de l’Europe du Centre – Les esprits des peuples européens. GA 159 – 13 mai 1915 – p. 238
Médecine et science spirituelle, GA 312 — 26 mars 1920 — p. 110
Les fêtes de l’année et leur intériorisation – GA 224 – 11 juillet 1923 – p. 133
Histoire du monde à la lumière de l’anthroposophie – 233 + 233a (en partie) – 30 déc. 1923 – p. 122, ancien titre : Mystères, Moyen-Age, Rose-Croix, initiation moderne.
ibid. , GA 233/233a — 23 déc. 1923 – p. 216.
Les fêtes de l’année et leur intériorisation – GA 224, 24 juin 1923 – p. 227
Imagination, inspiration, intuition, GA 84/1 – 20 avril 1923, p. 114
Le Moi, son origine spirituelle, son évolution, son environnement – GA 107 – 1 janvier 1909, p.267-268
ibid. – GA 107 – 21 déc.. 1908, p.182
Les arrières-plans spirituels de l’histoire contemporaine – GA 171 – 30 sept 1916 – p. 212
Introduction à la science de l’occulte — GA 95 —, 4 septembre 1906 – p. 179-180]
ibid. — Réponses aux questions (août-sept. -1906), p.191
ibid. — Réponses aux questions, p.190


Conclusion :

En résumé, la gravitation n’existe pas dans le cosmos. Elle n’existe que sur la Terre et elle est due aux forces lunaires. Dans le cosmos les lois de la physique ne s’appliquent pas. Le Soleil est un espace moins que vide, qui ne contient ni matière, ni chaleur, ni lumière, du moins parfois. La Lune actuelle n’est pas faite de minéraux comme sur la Terre mais d’une sorte de matière végétale s’apparentant à de la corne vitrifiée. La planète Mars est liquide, ou presque, et on y trouve des êtres et des animaux du genre grands sauriens comme ils existaient sur la Terre autrefois. Il y a aussi des êtres sur la Lune. Saturne et ses anneaux ne sont faits que de chaleur. Jupiter est constitué d’air. Vénus est phosphorescente. Quant à Uranus, Neptune et tout ce qui est au-delà cela ne fait pas partie de notre système solaire. Les étoiles, tout comme le Soleil, sont des vides émettant de la lumière. Quand un système solaire arrive à son terme, le Soleil reprend en lui toutes ses planètes et finit par se transformer en un zodiaque. Par ailleurs, la Terre, et les planètes n’orbitent pas autour du soleil, c’est une illusion. Elles suivent seulement le Soleil qui se déplace dans le cosmos selon un mouvement hélicoïdal. En dehors de cela, les lois de Newton sont fausses, celles de la relativité aussi et tout cela c’est la faute à Copernic.

Initialement les atomes se sont différentiés à partir d’une sorte de gelée protéinique qui existait quand la terre était végétale. Les pierres les plus dures de la Terre ont été des végétaux. Finalement les atomes n’existent pas ou seulement dans l’imagination des physiciens, mais ils sont tout de même de l’électricité figée ou bien des bulles vides dans l’espace ou l’éther. Cette électricité est de la lumière désagrégée, ou condensée, laquelle est seulement éthérique. Les pensées humaines sont aussi de nature électrique comme l’atome. Les forces intramoléculaires n’existent pas non plus, et la matière est une illusion, c’est seulement de l’esprit sous une autre forme ou une résultante de forces comme la pesanteur. Le magnétisme est une force lunaire, et les atomes électrisés sont de mauvais petits démons, et même parfois leur caricature. Ce sont les éclairs (donc la lumière) qui produisent l’électricité, lesquels proviennent de la chaleur.

La Terre n’est pas ronde, mais est un tétraèdre arrondi. Elle n’existait pas il y a 20 millions d’années, ni même il y a 300.000 ans , elle était purement végétale il y a 15.000 ans, et n’existera plus dans 25.815 ans, mais La Lune s’unira à la Terre au 8e millénaire et les femmes n’enfanteront plus. Ce sera quand toute la substance de la Terre sera passée par des corps humains et aura été de la sorte humanisée.

Sur la Terre les îles et les continents nagent dans la mer et sont en fait maintenus en place par la force des étoiles. Les continents montent et descendent au gré des forces des constellations ce qui est responsable des glaciations. Ce sont les forces astrales des constellations qui provoquent les éruptions volcaniques en attirant la matière hors des volcans et la Lune qui provoque les coups de grisou dans les mines.

La Terre est constituée de sept couches, en dessous de la croûte, certaines couches sont liquide, gazeuse, psychique et même purement spirituelle. Ce sont ces couches qui sont responsables de la destruction de la Lémurie et de l’engloutissement de l’Atlantide. etc.

Voir aussi : http://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/Cosmologie_Steiner.pdf

Concernant les attaques de racisme : http://www.editions-triades.com/IMG/pdf/racisme-2.pdf 

Comme le suggère le titre la drôlerie de certaines conceptions , cocasses au regard des données scientifiques actuelles sujettes à révision ( il faut le préciser car la science ne peut-être dogmatique sauf pour les scientistes et les zététiciens ), mériteraient davantage de développements. Une bonne chose toutefois, d'avoir référencé précisément les citations. Et de comparer avec la traduction allemande. Bonne vérification à tous !
https://aether.news/lire/2018/9/2/lanthroposophie-par-les-faits