mercredi 17 octobre 2018

L’avenir de la conscience humaine : hybridation techno-anthropologique ?


L’avenir de la conscience humaine : hybridation techno-anthropologique ?

 

Une « industrie de conscience » globale prend naissance : Que devient l’être humain et son image de soi sous l’influence de la neuro-technologie et du transhumanisme ? (Roland Benedikter & Karim Fathi)


Les années qui viennent ne se trouvent pas seulement sous le signe des chambardements écologiques et démographiques et des crises politiques, conflits sociaux, nouvelles confrontations militaires, et aspirations hégémoniques qui leur sont liées, mais encore sous le signe d’une « décennie de la conscience » qui semble démarrer sans cesse et s’apprête à refondre la compréhension de l’être humain acquise jusqu à présent. On la doit avant tout à la montée économique et culturelle rapide des progrès en neuro-technologie et en transhumanisme. Que cette tendance est comprise également par de nombreux observateurs comme une menace ou une chance, cela n’est pas étonnant au regard de l’ambivalence du développement qui l’accompagne. Roland Benedikter et Karim Fathi commentent ici l’évolution de la recherche sur la conscience globale en vue d’une industrie de la conscience commerciale et transdisciplinaire — et ses perspectives.

I. La naissance d’un « complexe neuro-industriel »


L’année 2017 enregistre une vaste croissance de l’importance des complexes militaro-économiques globaux. La cause en furent des foyers de conflits régionaux aigus et croissants, en particulier au Moyen-Orient, l’Europe de l’est et la Mer de Chine, ainsi que la politique extérieure de confrontations engagée par l’administration Trump. Selon l’Institut de recherche sur la paix, (SIPRI)[1] de Stockholm, les dépenses à buts militaires augmentent de 1, 25 mille milliards d’Euro en 2012[2] à quelques 1,74 mille milliards d’Euro en 2017. Dans la plupart des pays développés, en Allemagne par exemple, le poste des dépenses d’armement est aujourd’hui au troisième rang, derrière celui de l’état social et des services scolaires. La puissance du complexe militaro-économique et son influence sur l’évolution international sont donc considérables. L’important c’est qu’il est depuis longtemps aussi — et avant tout — un conglomérat technologique et commercial en dehors duquel la « technologie humaine » et donc l’interface entre les capacités humaines et celles des machines ne sont plus à penser les unes sans les autres. La convergence homme-machine remplace peu à peu l’interaction homme-machine et définit justement avec cela, entre temps de manière décisive, la valence économique — et avec cela aussi le poids pratique à venir — de ce secteur.

[1] https://www.sipri.org/
[2] https://www.zeit.de/politik/ausland/2018-05/sipri-bericht-ruestungs-ausgaben-steigen-weltweit

En arrière-plan pourtant, bien qu’on en débatte beaucoup trop peu dans la rationalité publique de l’Europe, quelque chose est en cours au potentiel largement plus important, à savoir la transformation rampante de la recherche internationale sur la conscience vers une industrie de la conscience globalisée. Le concept « d’industrie de la conscience »[1] fut marqué, par une intention productive-critique, dans les années 1950-1970, principalement au sujet des actions manipulatrices des masses médias ainsi que par la culture de la consommation. Il avait alors plutôt un sens métaphorique — car la conscience en soi n’était alors pas directement et technologiquement modifiable et bien moins encore surtout « fabriquée » [réparable est aussi possible ici, ndt]. Que ce concept critique se développerait donc aujourd’hui en passant de la métaphore à la réalité — pour le préciser, de l’influence sur les médias à la modification physique et à la production de « conscience », personne n’eût tenu cela à peine possible à cette époque. Et que, par exemple, la parole de Hans-Magnus Erzensberger de l’années 1962, que « l’industrie de la conscience est véritablement l’industrie-clef du 20ème siècle »[2], pourrait donc se confirmer au 21ème à un niveau matériel, était alors à peine pensable. Des idéalistes critiques comme Erzensberger, n’eussent pas pu soupçonner qu’au début du 21ème siècle, et donc tout juste 50 ans plus tard, naîtrait un « idéalisme matérialiste » ou un « matérialiste idéaliste »[3] qui miserait sur la « libération » radicale de la conscience humaine de ses fondements physiologiques au moyen d’une connexion avec une « technologie de pénétration ». Cette manière de voir est défendue par des penseurs précurseurs « transhumanistes » comme le directeur de « l’Institut du futur de l’humanité de l’université d’Oxford, fondateur du transhumanisme post-moderne, conseiller du gouvernement, professeur de philosophie et directeur de la « Gouvernance du programme d’intelligence artificielle » de l’université d’Oxford, Nick Bostrom.[4] Personne ne pouvait prévoir non plus que la nouvelle génération de transhumanistes mènerait à l’occasion à la fin possible de l’idéalisme, jusqu’à présent occidental, aussi bien « physique-métaphysique » au-delà de lui-même et dans le même temps, au moyen d’une « activation paradoxale » — pour préciser un percement vers « l’esprit pur », au moyen d’une transformation technologique du corps matériel — et tout cela en ayant de plus recours à une « matérialisation technoïde ».
Une « industrie de la conscience » strictu sensu prend effectivement naissance depuis quelques années au moyen d’une mise en contact directe et croissante de la conscience humaine avec des « prothèses » techniques — en tout cas ensuite, si cela continue d’après des visionnaires, comme le créateur de Paypal, Tesla, et Space-X, Elon Musk[1], qui ne sont pas seulement des entrepreneurs les plus attractifs de la bourse, mais plutôt aussi, sous toutes sortes de considérations, des personnifications de Faust de notre temps. À l’occasion de la fondation de son entreprise « Neuralink »[2] en mars 2017[3], il partait du fait que dans un avenir peu éloigné cela fera partie de la routine culturelle que des êtres humains dans le sillage d’un processus de conscience individuel, au moyen d’implants cérébraux, se fonderont à la technologie dans l’intensification des capacités mnémoniques et de la « vitesse d’assimilation ». Pour cela l’entreprise veut faciliter[4] ce qu’elle appelle des « ordinateurs cérébraux (Gehirncomputer) », qui sont censés être un mélange de cerveau humain et d’implants. En août 2017 déjà, Neuralink avait attiré 27 millions de Dollar en investissement direct et planifiait un capital de départ de 100 millions de Dollar.[5] La connexion directe du processus humain de conscience d’avec l’intelligence artificielle (ia) appartient déjà aux efforts principaux, laquelle, certes, se trouve en tant que telle seulement aux stades précurseurs d’une intelligence « authentique », mais non pas pour le moins dans ce secteur en progression exponentielle et elle est attendue pour la plupart des analystes — ainsi par exemple par l’ingénieur de Google, Ray Kurzweil[6], un transhumaniste pareillement dirigeant — à une date autour de 2045, en tant que « singularité » d’une première auto-référence[7] technologique.

[1] http://www.ilsole24ore.com/art/finanza-e-mercati/2018-08-07/tesla-entrano-sauditi-e-titolo-fa-scintille-wall-street
[Elon Musk est l’homme qui a tellement d’argent qu’il envoie polluer la banlieue terrestre par une voiture électrique en orbite qui ne peut pas du tout y fonctionner. Il est incompréhensible que personne n’ait pu arrêter cet imbécile de première dans son action cosmique polluante ! ndt]
[2] https://www.neuralink.com/
[3] https://www.wsj.com/articles/elon-musk-launches-neuralink-to-connect-brains-with-computers-1490642652
[4] https://www.bloomberg.com/news/articles/2017-08-25/elon-musk-s-neuralink-gets-27-millions-to-build-brain-computers
[5] https://www.independent.co.uk/news/world/america/elon-musk-neuralink-brain-computer-startup-a7916891.html
[6] https://www.technologyreview.com/s/510121/ray-kurzweil-plans-to-create-a-mind-et-google-and-have-it-serve-you/
[7] https://singularityhub.com/2016/04/19/ray-kurzweil-predicts-three-techniologies-will-define-our-future/#sm.00002podq5irzdbaxyd10021z4wqr
[1] https://www.suhrkamp.de/buecher/einzeilheiten_i-hans_magnus_erzensberger_10063.html
[2] Dans : Hans Magnus Erzenberger : Writing, Media, Democracy (Cultural Hisory and Literary Imagination) Première édition, par Alistair King.
[3] https://www.politik-kommunikation.de/ressorts/artikel/transhumanismus-der-neue-politiktrend-1278047444
[4] https://nickbostrom.com/

Au plus tard pourrait valoir aussi que celui qui se laisse mettre en connexion directe avec une technologie pour un objectif « d’intensification de soi », se retrouvera de plus en plus devant des problèmes sociaux parmi lesquels des difficultés à conserver ses prestations d’assurance et de santé. Ceci ne concerne pas seulement le progrès de plus en plus fortement remarqué dans le développement et l’importance[1] économique de l’ia, mais encore aussi la neuro-technologie[2] et avec cela, la perspective de relier une conscience humaine avec une ia. Depuis longtemps la focalisation du débat correspondant à la réflexion au sujet de savoir si l’ia recèle des avantages ou des inconvénients pour le futur de l’être humain, s’est déplacée sur le comment une collaboration fonctionnelle entre conscience humaine et ia se laissât organiser.[3] Au centre de cette interrogation se trouve la neuro-technologie et ses applications[4] ; des technologies comme la BCIs et la BMIs (Brain-Computer Interfaces et Brain-Machine Interfaces), c’est-à-dire des connexions directes, le plus souvent sans fil, entre cerveau, ordinateur et machine. Mais les implants cérébraux, prothèses neuronales, ingénierie neuronale ou la stimulation magnétique trans-crânienne — c’est-à-dire une stimulation magnétique au travers de la boîte crânienne fermée — appartiennent déjà, au plus tard depuis 2015, aux domaines d’investissements globaux dont la croissance est la plus rapide.[5] Et selon les pronostics des experts, ceci n’est que le début.
À raison l’organisation internationale du lobby Neurotech[6] dont le siège est aux USA, écrivait, déjà en 2012 que la neuro-technologie, « à savoir l’application de l’électronique et de l’art de l’ingénieur (ingénierie) sur le système nerveux humain a atteint actuellement un niveau de maturité commerciale et scientifique tel qu’il peut produire d’énormes avantages — en promettant de gigantesques gains. »

Avec des profits qui se montent à plus 172 milliards de Dollar-US, rien qu’en 2015, un taux de croissance de 9% par an et une croissance d’investissement de plus de 8,6 milliards par an, rien que dans les applications nouvelles, la nouvelle « industrie de la conscience »[1] appartient déjà aux secteurs les plus couronnés de succès. Des spécialistes en attendent une croissance durable d’investissements[2] pour les années qui viennent de 31%. Rien que les fonds d’investissement spéculatif ont amené 19 milliards de Dollar-US dans ce secteur — avec une considérable force de rayonnement et d’attraction. Déjà en 2006, le domaine des biotechnologies des USA disposait, rien qu’en valeur combinée de capitalisation du marché, de 392 milliards de Dollar-US ; en 2016[3] il atteignait plus de 650 milliards.

Des estimations de 2013[4] attendent une croissance au moins du même niveau jusqu’en 2030. Selon d’autres, les investissements doubleront, voire tripleront. En tout cas la « industrie-hybride de la conscience » techno-anthropologique est sur la voie de devenir, en un temps relativement court, un concurrent sérieux au complexe militaro-économique traditionnel — et tendanciellement aussi à un niveau technologique encore plus avant-gardiste. Non seulement tous les Nuffield Council on Bioethics Reports[5] constatent sur le thème de la neuro-technologie, depuis 2013, que les nouvelles neuro-technologies et leurs domaines annexes « progressent » aussi bien de manière exponentielle que globale, — mais encore qu’elles attirent dans leur sillage de manière croissante pratiquement tous les autres domaines économiques et technologiques ainsi que les secteurs sociaux.

Toutes les attentes vont dans le sens que ce processus est irréversible en soi — et comme le prédit Nick Bostrom[6], il se déroulera largement indépendamment de l’éthique et de la politique.[7] Bostrom et d’autres transhumanistes sont convaincus depuis longtemps que l’attente de Heidegger des années 1960 au sujet du développement technologique, s’est déjà réalisée aujourd’hui[8], de sorte que la technique est devenue une nouvelle métaphysique et en tant que telle, aucunement soumise à un règlement sociétal — ni par une société ouverte, pas plus que par une société fermée — et qu’aucun être humain individuel, ou selon le cas, aucun collectif humain, ne peut plus la déterminer et encore moins la limiter de manière décisive.

[1] http://analytics.dkv.globa/data/pdf/NeuroTechIndustryReports2017.pdf
[2] Ebenda
[3] https://statistica.com/statistics/187301/us-biotech-compagnies-market-capitalization-since-1994/
[4] http://www.potomacinstitute.org/images/studies/NTFSReportFINAM.pdf
[5] http://nuffieldbioethics.org/project/neurotechnology
[6] https://www.newyorker.com/magazine/2015/11/23/doomsday-invention-artificial-intelligence-nick-bostrom
[7] https://nickbostrom.com/revolutions.pdf
[8] http://www.kas.de/wf/doc./kas_49696-544-1-30.pdf?170803112423

[1] https://www.technologyreview.com/video/611363/ais-economic-impact/
[2] https://www.jetpress.org/v22/giordano-benedikter.htm
[3] https://medium.com/womeninai/human-cognition-and-artficieal-intelligence-a-plea-for-science-21a2388f6e7e
[4] http://www.cogsci.rpi.edu/pl/minds-machines-artificial-intelligence
[5] http://analytics.dkv.global/data/pdf/NeurotechIndustryReport2017.pdf
[6] http://www.neurothereports.com/


II. La perspective apparemment inévitable : un élargissement de mise en application avec un approfondissement d’application dans le champs de l’interface d’hybridation


Outre la question de la convergence homme-machine — laquelle est déterminée de manière compétente par la neuro-technologie — l’industrie de la conscience s’attend avec espoir au moyen de la complète mise en exploitation de la conscience humaine (whole brain emulation)[1], de développer l’ia en échange avec les qualités humaines au moyen d’une cartographie du cerveau humain — et donc de réaliser le rêve « transhumanistes » du surmontement de soi de l’être humain dans une « intelligence » nouvelle dé-corporifiée et intemporelle. Il est de fait que trois amorces se laissent essentiellement identifier dans la recherche et l’industrie actuelles de l’ia, qui concordent eu égard au but de développer une intelligence artificielle qui aussi bien absorbe la capacité humaine de jugement en soi qu’elle la surpasse, et réalise donc le dictum [au sens d’une parole orgueilleuse particulièrement appropriée ici, ndt] de Hegel de « l’Auhebung »[2], en tant qu’unité de l’accueil (Auflesen, [ce qui est ramassé, recueilli, ndt]), (auto-)surmontement, dissolution (Vernichtung [anéantissement, ndt]) et conservation — et crée avec cela fondamentalement de nouvelles possibilités de création de valeur. Mais les trois options se distinguent nonobstant, à chaque fois, en considération de leur accès de fondements et de valeurs pour la question de conscience : Simulation des processus cérébraux — Se présente ici à titre d’exemple le Blue Brain-Project[3], qui se comprend comme le projet pionnier pour la simulation virtuelle du cerveau humain au moyen d’une conception et d’une réalisation d’un modèle d’ordinateur tenant grandement à cœur. Le but est de comprendre la manière de fonctionner du cerveau humain au moyen d’une reproduction et d’une « mise en mouvement » cybernétiquement dirigée de structures et de combinaisons de ses opérations « bio-immatérielles ». Le Blue Brain-Project fut « appelé à la vie[4] » [guillemets du traducteur] en mai 2005, par une coopération entre le Henry Markrams Brain and Mind Institute de l’école polytechnique (Suisse) et du consortium IBM (USA). Selon l’ouvrage de Nick Bostrom, « Superintelligence » (2014)[1], des progrès pourraient préparer la voie dans cette direction de recherche vers « une émulation du cerveau », à savoir une simulation adéquate à la réalité du cerveau humain avec l’objectif final de « télécharger » l’esprit humain dans l’ordinateur et sur Internet, ce qu’on appelle [en anglais, seulement, ndt] « Mind uploading »[2], mais aussi à une fusion avec l’ia dans des substrats non-biologiques, comme requis entre autres à partir du Global Future Congress 2045, une réunion influente de scientifiques, dirigeants économiques et faiseurs d’opinions, dans une lettre ouverte[3] adressée au secrétaire général de l’ONU, à l’époque Ban-Ki Moon, dès mars 2013 comme une prise de mesure décisive pour la communauté mondiale. Le but de l’Humain Brain-Project, c’est une forme d’ia apparaissant relativement humaine.

Modélisation expérimentale d’architectures cognitives au moyen de logiques d’algorithmes — Il s’agit ici de modèles soutenus par ordinateur pour une modélisation et une simulation des processus cognitifs humains complexes tels que la mémoire, le langage, la perception, la résolution de problème et autres. Connus sont, par exemple, le projet Adaptative control of Thought-Rational [Contrôle adaptatif de pensée rationnelle] (ACT-R)[4], qui a été depuis les années 2010 développé de manière compétente par le psychologue de la cognition, John Anderson[5], ainsi que Soar[6] , une architecture cognitive, remontant aux années 1980, tout d’abord mise en place par les chercheurs informaticiens Allen Newell, John Laird et Paul Rosenbloom, de l’université Carnegie Mellon et poursuivie ultérieurement, entre autre à l’université de Stanford. Elle essaye de définir tous les principes primitifs qui reposent au fondement de la cognition humaine et de les simuler de manière interactive. L’hypothèse de telles simulations actives de cognition et d’autres économiques, sociales et anthropologiques c’est de savoir si avec de tels modèles et d’autres, une fois mûris à fond, en effet jusqu’à un certain degré même parfaits, il pourrait être possible de


[1] https://www.fhi.ox.ac.uk/brain-emulation-roadmap-report.pdf
[2] https://www.hyperkommunikation.ch/lexikon/aufheben.html
[« Le vocable hégélien de l’Aufhebung — que l’on peut éventuellement traduire ici de manière simpliste par « résiliation » — désigne à la fois la conservation et l’exhaussement de ce qui est supprimé, mais aussi la suppression de ce que retient la science en se l’appropriant. » (pour plus de détail voir Encyclopaedi universalis corpus 11, p.258, colonne b, ndt]
[3] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16429124
[4] https://www.nature.com/articles/nrn1848
[1] https://www.amazon.it:Superintelligence-Dangers-Strategies-Nick-Bostrom/dp/0199678111
[2] https://www.addletonacademicpublishers.com/search-in-rcp/29_19-head-transplanting-and-mind-uploading-philosophical-implications-and-potential-social-consequences-of-two-medico-scientific-utopias
[3] http://2045/com/article/31277.html
[4] https://links.springer.com/referenceworkentry/10.1007%F978-1-4419-1428-6_533
[5] https://www.teachthought.com/learning/theory-cognitive-architecture/
[6] https://www.amazone.com/Soar-Papers-integrated-Intelligence-Artificial/dp/0262181525

créer une ia, qui pour le moins « au complet » renverrait à des formes de comportements typologiques connus.

Développement de banques de données — Ce sont des systèmes de recueillements de données informationnelles comme Cyc[1] et des super-ordinateurs comme le Watson d’IBM[2] ou des programmes de chat [brin de conversation, ndt] « créatifs », par exemple A.L.I.C.E.[3] Ici on simule moins, comme dans les deux autres amorces, des processus humains de conscience en soi, que beaucoup plus la force véritablement existentielle de l’être humain, pour le préciser, de transposer sa faculté d’apprendre, eu égard à sa finitude[4], sur des algorithmes dans la machine et avec cela de développer ultérieurement la faculté en question de manière autonome. Le Go-duel en donna, en mars 2018, un exemple impressionnant, entre le maître mondial, Lee Sedol et l’ordinateur de Google AlphaGo,[5] lequel décida nettement pour lui en cinq parties, 4 :1. Avec cela une machine avait gagné sur un être humain dans le jeu le plus complexe de la Terre — et certes pour la première fois d’une façon aussi claire. À cette occasion, il est intéressant de voir que l’ordinateur, cinq mois encore avant ce duel, avait dû jouer à un mauvais niveau et en un laps de temps aussi court, en plusieurs jeux avec Lee Sedol, au moyen d’une nouvelle forme d’apprentissage de la machine — qu’on appelle le Deep Learning[6] — a pu faire un bond évolutif fondamental. L’être humain donc en tant que partenaire de jeu et activateur de son propre surmontement ?

Quelle que soit la manière dont on peut juger ces trois orientations de pénétration à l’interface entre l’homme et la machine : l’explosion des investissements dans l’industrie de la conscience — et avec cela son importance — des années passées, deux évolutions devinrent essentiellement possibles :

Premièrement par l’élargissements des recherches et connaissances cybernétiques, des techniques informatiques et neuro-technologiques

[1] http://www.cyc.com/
[2] https://www.ibm.com/watson/
[3] https://www.alice.org/
[4]https://digitalcommons.ric.edu/cgi/viewcontent.cgi?refrer=https://google.com/&httpsredir=1&article=1275&context=facultypublications
[5] https://medium.com/point-nine-news-/what-does-alphago-vs-8dadec65aafhttps://medium.com/point-nine-news/what-does-alphago-vs-8dadec65aaf
[6] https://www.technologyreview.com/s/613696/deep-learning/

sur les fondements anthropologiques et des disciplines relevant du social comme la science des systèmes, l’anatomie, la physiologie et la pharmacologie.
Secondement par l’association des disciplines des sciences naturelles, toujours activée de manière croissante par l’économie et l’industrie, comme la génétique ainsi que — au sens le plus vaste — la biologie de synthèse, les nano-sciences, les cyber-sciences et l’ia avec les disciplines traditionnellement orientées sur l’intelligence, disciplines scientifiques de la recherche humaine classique, de la recherche spirituelle et sociale en anthropologie, philosophie, sociologie, sciences politiques et éthique. Eu égard aux bonds du développement dans les champs d’activités les plus divers, tout autour du complexe naissant de « l’industrie de la conscience », il est à peine étonnant que l’industrie militaire et de l’armement mentionnée au début de cet article — comme l’un des secteurs les plus innovants d’une hybridation « post-moderne » de la machine et de l’être humain[1] — fasse tout pour prendre part aux « progrès » correspondants, à s’associer en effet le plus tôt possible à « l’industrie de la conscience » d’une manière telle que les développements technologiques correspondants (directs comme indirects) dans l’assimilation réciproque et les synthèses imaginaires deviennent irréversibles. Les puissances militaires dirigeantes dans leur ensemble, parmi lesquelles la Chine et les USA, ne considèrent pas seulement, les connexions directes homme-machine et l’intelligence artificielle (ia)comme l’avenir de toute technologie d’armement[2], mais elles les propagent activement aussi — en considération de l’adaptation des moyens imaginaires publics et culturels (imaginal politics)[3] — cela ne contribue pas d’une manière accessoire

[1] https://www.digitaltrends.com/cool-tech/seven-amazing-darpa-projects/
[2] https://www.chathamhouse.org/sites/default/files/publications/research/2017-01-26-artificial-intelligence-future-warfare-cummings-final.pdf
[3]https://cup.columbia.edu/book/imaginal-politics/9780231157780


[Le grave problème qui se présente pour ce terme anglais « imaginal « c’est qu’il n’existe nulle part, ni en anglais ni en américain — pas plus donc dans le Webster international comprehensive dictionary que dans le Robert et Collins Senior le plus récent, qui fait pourtant la différence entre anglais et américain — dans cette acception-ci ; sauf dans celle désignant l’imago, l’insecte parfait sortant de la chrysalide à l’issue de la métamorphose. Dans un cas pareil je ne le traduis pas et j’attends donc plus ample information ! De fait, il y a chez les militaires un côté « jeu de guerre dangereux » qui fait que ce sont souvent aussi des « accros » aux jeux de combats informatisés sur des machines, types « simulateurs de combats », une chose que je constate de visu dans ma propre famille, d’un autre côté le monde des insectes est un des mondes les plus technico-ahrimaniens qui soient, dont ce sont inspirés techniquement des société comme Caterpillar, par exemple. ndt] aujourd’hui à la croissance exponentielle aussi bien publique que privée et comme investissements de type « joint-venture [entreprise commune, ndt]» dans le domaine de l’hybridation. Si en 2009, la puissance dirigeante desUSA investissait dans « l’industrie de la conscience », parmi laquelle dans la neuro-technologie et ses dérivées, l’ia et les systèmes [semi-]autonomes, encore à la hauteur de quelques 500 millions de Dollar-US, la proposition de budget du Pentagon pour 2019 en prévoit avec précaution 9,39 milliards[1], une croissance de 25% en comparaison de 2018 — une tendance qui d s’élève rapidement. À cela vient se rajouter des évolutions analogues en Chine[2], qui veut prendre son essor, non plus seulement de manière implicite, mais de manière programmatique[3] comme une puissance dirigeante dans l’ia[4] et acquérir aussi un rôle de puissance mondiale militaire dirigeante, tout comme pour contrôler plus efficacement sa propre population, mais aussi en Russie. Tandis que la Chine agit en partie pour cette raison déjà au niveau de la gouvernance mondiale[5], parce que pour elle des règles de limitations légales pour cela — telles qu’elles existent dans les démocraties occidentales — lui font défaut, elle procède à sa propre manière, sans fondements idéels historiques ni éthiques, ce qui rend ses innovations d’autant plus prodigieuses, la plupart des puissances, en dehors des USA, y compris l’Europe, restent pour l’instant encore nettement à un niveau inférieur. Cela se reflète, non seulement, par exemple dans le degré d’innovation des économies politiques et la préparation à l’innovation des milieux et cultures socio-économiques, mais encore aussi dans la différence des budgets d’armement.

III. Quatre piliers fondamentaux de la nouvelle « industrie de la conscience »

Ces temps-ci quatre piliers fondamentaux d’une nouvelle industrie se distinguent qui pourrait être dans les années à venir peut-être celle la plus globale — et pour cette raison aussi la plus courtisée et la plus combattue — et qui prendra même possiblement la place en importance de l’industrie informatique usuelle des ordinateurs et logiciels d’intelligence software.

[1] https://www.theverge.com/2018/4/12/17229150/pentagon-poject-maven-ai-google-war-military
[2] https://www.wired.co.uk/article/why-china-will-win-theèglobal-battle-for-ai-dominance
[3] https://www.scmp.com/comment/insight-opinion/article/2142641/chinas-ai-dream-well-its-way-becoming-reality
[4] https://www.technologyreview.com/s/610546/china-wants-to-shape-the-global-future-of-artificial-intelligence/
[5] https://www.cnbc.com/2018/03/22/credit-suisse-china-will-win-ai-race-due-to-lack-of-serious-laws-on-data-protection.html

Dans les années qui viennent elle tendra vers les forces les plus progressives à l’interface entre être humain et machine, qui se déplace rapidement de l’homme-machine-interaction (comme compétente encore dans le dialogue d’innovation du gouvernement fédéral allemand depuis les années 2010)[1] vers une convergence homme-machine, au centre de tout cela[2], il s’agit :
d’explorer la conscience humaine, d’une manière exemplaire, non plus seulement collectivement, mais de plus en plus par des simulations individuelles du cerveau dans les algorithmes informatiques, l’ia et les programmes mathématiques d’auto-apprentissage :
de se brancher le plus possible directement et sans perte de charge et sans conflit avec des machines, d’une manière exemplaire par les interfaces cerveau-machine ou bien au moyen de prothèse cybernétiques ;
  • de soigner et de guérir, de manière exemplaire dans le traitement au moyen de la stimulation électronique cérébrale-centrée des dépressions ;
  • de l’élargir, entre autre au moyen d’une intensification de la capacité de production, dans l’assimilation et l’emmagasinage [et de sa distribution démocratique, ndt] de l’information.

Il en résulte une constellation, aussi bien économiquement vaste qu’aussi dans les ordres hiérarchiques de l’industrie globalisée, sans que les classements officiels (Rankings) disponibles divulguent ceci à l’investisseur par un moyen adéquat. Pendant que des firmes informatiques et appuyées par Internet comme Apple ou Google, — voire même en effet un site Internet comme Facebook, qui ne produit rien en soi, mais au sens strict n’est qu’un site de rencontres et de conversations [et d’étalages de soi, ndt], parce qu’en dépit de la critique[3], l’entreprise récuse expressément[4], en effet, toute action politique, non pas en tant que consortium médiatique, mais au contraire comme un médium social — sont aujourd’hui les entreprises les plus valorisée en bourse du monde, or elles seront remplacées, comme il est à prévoir, à l’intérieur de la prochaine décennie par des firmes de l’industrie de la conscience, qui

[1] https://www.acatech.de/Publikation/innovationspotenziale-der-mensch-maschine-interaktion/
[2] https://sozialimpulse.de/fileadmin/pdf/Benedikter_Jahrzehnt_des_Bewusstseins.pdf
[3] https://www.bbc.com/news/technology-38036730n
[4] https://edition.cnn.com/2018/03/20/politics/zuckerberg-facebook-cambridge-analytica/index.html
[la manipulation politique électorale de Face-book par Cambridge analytica, autorise désormais à traduire orthographiquement et phonétiquement en français le site d’étalage de soi par « Fessebouc. » ndt]

transposent ces technologies « concrètement dans le physique » — et pour cet objectif fondent le je humain avec ces technologies les plus progressives. La neuro-économie[1], le pilotage par les pensées de machines, entrepôts biotechnologiques hybrides — comme des bio-batteries, qui en 2012 à Stanford visaient à un bouleversement révolutionnaire et au moyen de la combinaison des chips avec du matériel cellulaire vivant et des installations de refroidissement intégrées correspondantes promettent un nouveau niveau de capacité de stockage et de rapidité de conduction — ordinateur biologique et nouveau genre de système d’arme homme-machine sont les mots slogans qui pourraient bientôt faire de l’industrie de la conscience la remplaçante de la plupart des domaines guides de la haute technologie. Le système militaire global a compris cela depuis longtemps, à l’exception de l’Europe — pas seulement aux USA, mais plus encore aussi en Chine et en Russie.

IV. Le paradoxe de notre époque : la révolution technologique de la génération actuelle fait du Je une question importante .

Avec ces évolutions s’ouvrent cependant aussi de toutes nouvelles interrogations au sujet du futur de l’être humain, voire en effet au sujet de modifications béantes de concept et de conception de l’être humain en soi. Ces questions ne sont au cœur rien d’autre que le retour aux questions les plus antiques — mais dans une situation de paradigmes techniques et culturels totalement modifiés par la civilisation. Ainsi les développements actuels, pour autant qu’ils sont réfléchis conceptuellement et philosophiquement, se trouvent sous le signe de ce qu’on peut désigner comme une « décennie de la conscience ». Déjà dans les années 2007-2009, des congrès[2] significatifs eurent lieu aux USA à ce sujet (Decade of the Mind), qui menèrent pour les années 2012-2022 à une grappe [cluster, en anglais dans le texte, ndt] de projets qui, sous la guidance US, réunirent la recherche internationale sur la conscience humaine et qui étaient censés introduire une discussion intégrative. Il ne s’agissait pas seulement à cette occasion de changements technologiques ou de volumes d’investissements économiques, mais plutôt centralement aussi d’une image de soi qui en est absolument touchée et de l’avenir du soi humain dans la société dans sa totalité. Quoique ce projet ne fut jusqu’à présent que partiellement réalisé,

[1] http://www.europeanbusinessreview.com/neuroeconomics-an-emerging-field-of-theory--and-practise/
[2] https://www.sozialimpulse.defileadmin/pdf/Benedikter_Jahrzehnt_des_Dewusstsein.pdf


parce qu’il était amené en soi, tout particulièrement aussi dans ses dimensions du financement du complexe militaro-industriel des USA, il provoqua pourtant l’attention en vue d’une nécessaire confrontation avec des aspects plutôt de nature fondamentalement conceptionnelle et philosophique qui, dans l’actuelle emphase technique, restent jusqu’à présent sous-estimés, mais qui co-détermineront décidément l’avenir.
Parmi eux, il y a une clarification de la plus importante question anthropologiquement ouverte du présent : comment ces phénomènes-là, que nous appelons « conscience » produisent-ils les activités du cerveau humain ?[1] Comment le cerveau forme-t-il inversement la conscience ?[2] Qu’en résulte-t-il pour un concept et une conception, qu’en est-il du futur du « Je » humain, tel qu’il fut compris et mis en pratique par la société jusqu’à présent ? Et qu’en résulte-t-il pour sa relation d’avenir au sujet d’une montée de l’ia ? Est-il capable ou bien saura-t-il se fondre avec celle-ci ou pas ? Le résultat de ce déroulement des congrès de l’initiative de la « décennie de la conscience » fut une déclaration sur une « décennie de la conscience »[3] qui, au moyen d’un investissement de plusieurs milliards de Dollar-US doit être réalisé. Depuis 2009, on a tenté de formuler les idées de base apparues aux USA en un tableau directif, lors des congrès de détails, en particulier avec la collaboration de l’Europe et de l’Asie, et le gouvernement US a proposé un financement international — jusqu’à présent incité par la peur aussi bien de la part de l’administration Obama que de celle de Trump, or ceci pourrait conduire, vis-à-vis de puissances comme la Chine qui y aspirent aussi, à une perte de savoir-faire [know-how, en anglais dans le texte, ndt], sans résultat définitif.


[1] http://content.time.com/time/magazine/article/0,9171,1580394,00.html.


[Il faut relever ici la date de 2022, qui marquera le retour, après 3 x 33 ans de l’impulsion spirituelle internationale du Congrès de refonte de la Société anthroposophique de la Noël 1923 par Rudolf Steiner. Puisqu’on parle à cet endroit de la conscience et du Je, Rudolf Steiner fut l’investigateur de l’esprit qui est allé le plus loin dans la relation entre conscience et biologie, en précisant par exemple que la conscience est un phénomène au plan biologique qui s’apparente à un recul de la vie, voire à une mort partielle en attendant la mort physique. Si l’on rapproche ces grands engagements internationaux activés au pas de charge par les USA, à cette date, ce n’est certainement pas un « petit coup d’état ridicule d’une majorité helvétique sénile de 900 membres» comme celui qui vient d’avoir lieu à Dornach, pour reprendre les « choses en mains » au Goetheanum, qui va préparer la Société anthroposophique à cette dimension internationale de la révélation de la conscience et de ses mécanismes matériels. Il va de soi qu’à cette date, la Société aura certainement volé en éclats, faute d’avoir saisi et compris les diverses impulsions qui ont tenté tout au long du siècle passé et de celui-ci pour réparer les erreurs commises sous le nazisme et restaurer la dimension internationale que Rudolf Steiner souhaitait pour Sa société. ndt]

[2] http://iriseco.com/mystery-of-consciousness-a-critique/
[3] https://link.springer.com/chapter/10.1057/97802303699580_4 ainsi que: https://philpapers.org/rec/MANDOT

Mais le fait est que sur l’arrière-plan d’une industrie de la conscience qui intervient toujours plus rapidement au plan global, les questions philosophiques, de par la nature et la manière de fonctionner du « Je »humain, reviennent au centre des débats trans-disciplinaires politiques, économiques culturels et sociétaux. Il en naît le paradoxe que la révolution technologique, à l’interface homme-machine, fait du « Je » le problème le plus important, tandis que pourtant, une technologie passe — précisément en tant que symbole pour désigner « ce qu’il y a de plus éloigné du Je » — car en effet, selon de nombreux penseurs meneurs contemporains comme Bill Joy[1], Adam Keiper ou Colin McGinn[2], c’est « l’autre du Je » ou bien la « contre-image » du Je .
Sans oublier le fait concret que la technologie depuis quelques années, pour la première fois dans l’histoire, semble en situation de transformer l’être humain actuel en quelque chose de « complètement autre »[3], que ce qu’il était jusqu’à présent., des questions d’application ne se posent pas seulement au domaine frontière du corps humain et de la technologie, mais encore et avant tout des questions de la théorie du connaître et des questions normatives sur un futur de l’être humain digne d’être souhaité « en soi ». L’actuelle discours sur la théorie de la connaissance est conséquemment empreint avant tout d’un nouveau « débat sur le corps et l’âme », dans les images matérialistes du Je : (devise : « Il n’y a pas d’esprit, seuls des processus cérébraux sont réels »), idéalistes (devise : « Seul l’esprit compte ») et dualistes (devise ; esprit et cerveau sont pleinement des catégories différentes), ou bien aussi « Esprit et cerveau sont renvoyés l’un à l’autre et donc fonctionnellement réciproques et équivalents, quand bien même aussi non « symétriques ») concourent les unes contre les autres. C’est exactement ici que commence la partie la plus captivante de ce qui est en train de se passer aujourd’hui [soulignement en gras du traducteur].

V. Le combat autour du « Je »humain : humanisme contre transhumanisme

L’industrie de la conscience n’est pas seulement marquée d’autorité par la culture américaine-US, mais avant tout par la philosophie du transhumanisme de l’espace anglo-saxon. Le « transhumanisme » est une idéologie[4] globale de grande portée avec un siège principal localisé au « Future of Humanity



[1] https://www.wired.com/2000/04/joy-2/
[2] https://www.amazon.de/Mysterious-Flame-Conscious-Minds-Material/dp/04650142224
[3] Dans : Philosophers Explore the Matrix [Des philosophes explorent la matrice] 1er septembre 2005, par Christopher Grau.
[4] https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/05775132.2015.1123574?jornalCode=mcha20&


Institute [Institut du futur de l’humanité] »[1] de l’université d’Oxford, mais aussi dans les nouveaux genres d’universités aux USA comme la « Singularity Universiy »[2] au Moffet Air Field en Californie. Elle domine depuis quelques années la discussion spéculative et philosophique et en partie déjà partiellement aussi normative, autour du futur de l’être humain, à l’inclusion du débat de l’avenir militaire.[3] En elle prévaut une image du Je matérialiste, radicalement plaquée idéaliste : un « idéalisme matérialiste ». Celui-ci veut faire sortir l’être humain d’aujourd’hui « au-delà de lui-même », jusqu’en un nouvel être humain (néo-humanité[4]). Au sens le plus vaste, le « transhumanisme » veut transformer le corps humain vivant en substance en un cyborg, ainsi que — parallèlement à cela — de reproduire l’esprit humain dans un algorithme informatique de sorte que finalement il devienne superflu dans sa forme d’expérience actuelle.
La tendance à mener le discours sur le futur de l’humanité, en faisant passer celle-ci d’un « humanisme » dans un « transhumanisme », donne une empreinte proportionnellement croissante pour la progression des investissements et pour profiler l’industrie de la conscience, et aussi des aspects des débats politiques[5] à propos de ce qui doit advenir de l’être humain dans les générations à venir.

À partir de la confrontation avec la nature, du caractère exploratoire et de celui métamorphosable de la conscience humaine, grandissent effectivement de multiples questions éthiques normatives qui se posent déjà dans le sillage du développement de la nouvelle industrie qui a été décrit ci-dessus et se poseront plus fortement encore dans les années à venir, à cause de son rayonnement dans la plupart des domaines d’innovations : Que pouvons-nous faire au « Je » humain — que devons-nous préserver en lui et que perdrons-nous, si la fusion entre l’être humain et la machine continue dans la perspective actuelle ? Le Je humain restera-t-il « intact », ou bien deviendra-t-il « tout autre », à cause, par exemple, de l’influence croissante de l’ia, comme le réclament comme souhaitable des transhumanistes dirigeants comme KevinWarwick[6], par exemple, de l’université de Reading, en considération, selon son opinion à lui, de ses manques et en tout cas de son, insuffisante

[1] https://www.oxfordmartin.ox.ac.uk/research/programems/future-humanity/
[2] https://www.su.org/about/
[3] http://wissenschaft-und-frieden.de/seite.php?dossierID=089
[4]http://2045.com/articles/29103.htmlhttps://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/05775132.2015.1123574?journalCode=mcha20&
[5] https://transpolitica.org/publications/envisioning-politics-2-0/
[6] https://www.amazon.it/Artificial-Intelligence-Basics-Kevin-Warwick/dp/0415564832

jusqu’à présent, — « conditio humana » ? Et si c’est le cas n’y gagnera-t-il pas seulement en qualité de vie, mais aussi une perte associée en humanité ? Est-ce qu’un cerveau simulé avec succès peut développer un « Je » propre ? En quoi se distingue-t-il alors du Je d’un être humain ? Une telle question serait déjà éventuellement en soi « post-humaniste », puisqu’elle toucherait la question des « formes de vie post-humaines ». Un paradoxe du présent c’est que l’art et la manière dont les questions sont posées les engendrent de fait ces questions — de sorte qu’avec cela aussi les sceptiques et critiques parmi les humanistes, finalement tout d’abord principalement eux-mêmes par la verbalisation de leurs craintes, activent plutôt l’évolution transhumaniste qu’ils ne l’entravent.
Ceux-ci et d’autres paradoxes logiques et éthiques d’une évolution de conscience transhumaniste ne se laissent pas encore répondre de sorte qu’ils soient acceptables par tous les aspects. Humanistes et transhumanistes sont largement inconciliables en ce moment tant aux plans rhétorique, argumentatif, que logique. L’humaniste veut s’en tenir à l’image de l’être humain telle qu’elle est jusqu’ici, puisqu’il considère les sociétés ouvertes comme une base pour les acquisitions des droits de l’être humain, la dignité personnelle et l’inviolabilité, l’autonomie, l’individualité et la démocratie. Le fond de l’objectif du transhumanisme, par contre, consiste à élargir radicalement autant que possible, en effet dans leur ensemble, les facultés spirituelles, corporelles et émotionnelles de l’être humain avec l’aide de la science et de la technologie et à surmonter les limites biologiquement conditionnées — et cela au prix même de sacrifier les acquisitions humanistes des Lumières. C’est pourquoi le transhumaniste se sent effectivement moins l’obligé des Lumières, mais au contraire plutôt de l’héritage de la Renaissance, quoiqu’il se range lui-même rhétoriquement et activement dans le tradition des Lumières. Il partage plusieurs aspects de l’image de l’être humain héroïque de la Renaissance, y compris une emphase fortement colorée aux plans fonctionnel et pragmatique sur la rationalité et la science, la reconnaissance inconditionnelle de la nécessité de l’élévation du soi humain et du dépassement de soi[1] ainsi qu’une astreinte inconditionnelle au progrès, qui est considéré comme un héroïsme de l’histoire humaine. Dans le même temps, le domaine au cœur du transhumanisme se laisse guider par une philosophie hédoniste, qu’il s’agit d’intensifier aussi largement que possible le bonheur, le bien-être, le plaisir et la liberté en particulier au moyen du développement

[1] https://www.cato-unbound.org/issues/april-2018/rights-post-human-world


technologique, parce qu’elle n’est pas seulement un but, mais représente encore un objectif en soi. Au centre de l’amorce de discussion transhumaniste sur l’avenir du Je et de l’être humain ensemble se trouve avant tout l’application directe à venir de nouvelles technologies sur le corps humain et l’esprit. Parmi celles-ci et entre autres :
L’allongement du temps de vie en arrêtant durablement le processus de vieillissement. Les technologies de l’human enhancement [« l’amélioration » de l’humain à prendre avec des « pincettes » d’où les guillemets de vigilance, ndt] : des applications techniques, qui sont censées améliorer ou élargir les facultés naturelles, aussi bien que (directement) celles individuelles comme (indirectement) celles du type être humain en général. Les interfaces ordinateur-cerveau : connexion du cerveau humain avec l’ordinateur et la gouvernance sans fil de machines par la force des pensées.
« Uploading (téléchargement) et Upschifting (télé-déplacement) » : le chargement de la conscience humaine dans des entrepôts digitaux soit par téléchargement soudain (« uploading ») ou changement de médium graduel (« upschifting ») du biologique au non-biologique.
Développement de super-intelligence : création d’entités ou de machines avec pour le moins une « intelligence universelle »[1] (Rachel Lomasky) — donc non pas une intelligence limitée à l’instar de l’ordinateur qui « joue » aux échecs — mais qui est censée carrément supérieure à l’être humain.
Développement ultérieur de la cryologie : donc, la cryoconservation, par exemple au moyen d’hibernation d’organismes selon le cas des organes isolés, le plus souvent du cerveau ou de la moelle pour — pour autant que cela soit possible — les réveiller dans un avenir éventuel.

L’inventeur-US déjà cité et intellectuel, Ray Kurzweil[2], passe pour un transhumaniste connaisseur particulièrement techno-optimiste. Célèbre est

[1] https://www.cato-unbound.org/issues/april-2018/rights-post-human-world
[2] https://www.kurzweilai.net/

son pronostic d’un singularité technologique pour l’an 2045[1] — donc à un moment auquel une intelligence artificielle surpassera celle humaine et derrière laquelle on ne pourra plus regarder plus loin dans l’avenir, parce que l’intelligence humaine ne suffira plus pour anticiper les développements suivants. Selon Kurzweil, l’être humain sera déjà fondu auparavant massivement avec une technologie intelligente, non seulement spirituellement, mais aussi corporellement et il ne devra plus mourir avant tout au moyen du développement de la super-intelligence comme aussi de sa combinaison avec le « uploading » et le « up-schifting » dans un avenir peu éloigné. À la vérité, cette être « humain-là » [guillemets du traducteur] ne sera plus reconnaissable alors dans sa forme anthropologique actuelle et sa conception de soi, dans sa culture et ses convictions idéelles et spirituelles. [Tout juste peut-être par le léger fluide « théosophique » qui nimbera encore un peu la machine… et encore, si celle-ci est fusionnées avec un posophe suisse qui possède sa carte rose ! ndt]

VI. Les années qui viennent : une nouvelle « guerre idéologique » entre transhumanistes et zio-conservateurs — devant ou derrière les coulisses ?

La question de savoir dans quelle mesure ces pronostics transhumanistes au sujet du développement technologique et avant tout anthropologique, sont réalistes a été et est toujours discutée — par exemple par le sociologue Max Dublin[2] ou le généticien Steve Jones[3]. Plus importante que la pure dimension de faisabilité, devrait être cependant la question de savoir si et dans quelle mesure, de telles conséquences éthiques et anthropologiques de telles visions d’avenir de l’être humain imprégnées du transhumanisme sont souhaitables. Devant cette arrière-plan des objections critiques résultent à partir des perspectives dépassant une discipline ou une dimension, qui pourraient être décisives pour l’orientation de heurt d’une ou plusieurs futures « décennies de la conscience ». À cette occasion il ne doit pas seulement s’agir d’une réflexion normative sur ce qui est digne d’être souhaitable, que beaucoup plus une réflexion critique d’ordre cognitif-théorique sur ce qui est présupposé comme souhaitable sans être remis à fond en question. Ainsi est-il frappant, en ce qui concerne des hypothèses de base cognitives-théoriques que le transhumanisme renvoie à un point capital fortement matérialiste — aussi avant tout cognitif et de cognition théorique. Comme mentionné, la plupart des représentants de cette attitude d’esprit se caractérisent comme des « idéalistes matérialistes » qui veulent « détacher »

[1] http://www.kurzweilai.net/pdf/RayKurzweilReader.pdf
[2] https://www.amazone.com/Fuhrehype-Tyranny-Prophecy-Max-Dublin/dp/0452268001

l’être humain de son corps, pour mettre fin à la souffrance qui lui est soi-disant principalement sa qualité principale. D’après cela le bonheur, le bien-être et l’absence de souffrance, sont les motifs de vie centraux de l’être humain — et d’où aussi les buts de vies les plus dignes d’être désirés par l’humanité. Cette constatation transhumaniste est aujourd’hui foncièrement reconnue comme dépassant la philosophie et la discipline — par la recherche moderne sur le bonheur, jusqu’au retour aux traditions spirituelles anciennes ou par les courants de l’antique philosophie grecque. Il est vrai qu’ en ce qui concerne des stratégies concrètes pour atteindre un bonheur suprême et un accomplissement, il existe des accentuations très divergentes entre les impulsions et disciplines isolées — du surmontement de la souffrance dans la psyché personnelle par la pratique méditative (traditions de sagesse) jusqu’à l’amélioration des situations et facteurs sociaux, politiques et économiques dans la recherche sur le bonheur, de la théorie du développement socio-économique et de l’équité, ou bien des débats sur le rôle de l’utopie en droit international.

Le transhumanisme conçoit le « bonheur » purement matérialiste comme un but existentiel central du Je digne d’être désiré au contraire des évaluations humanistes. Un progrès technologique, comme voie royale du développement humain, est censé « libérer » l’être humain, en optimisant et même en le remplaçant à longue échéance — et désincorporr l’esprit humain, au moyen d’un « téléchargement » dans un programme informatique et sur Internet en un « esprit pur ». Une immatérialisation[1] au moyen d’une technologie est un aspect de fond qui relie le transhumanisme aux courants techno-progressifs des « postmodernes » des années 1990, parmi eux, par exemple avec la théorie de Paul Virilio[2] de l’avenir de l’être humain dans un espace de conscience et d’expérience « stéréo-réel ».[3] L’hypothèse de base là-derrière a la teneur suivante : le corps humain lui-même est la cause originelle de toutes les souffrances et bonheurs. Bien être et absence de souffrance peuvent être acquis par l’optimisation de la capacité fonctionnelle du corps humain dont le but ultime représente la transcendance humaine de soi au moyen de la technologie. Sur les conséquences résultant de cette hypothèse de base centrée sur la technologie et tendanciellement matérialiste on peut excellemment lutter.

[1] https://www.amazon.de/Immaterialit%C3%A4t-Postmoderne-Jean-Francois-Lyotard/dp/3883960438
[2] https://www.vice.com/it/article/9bebve/paul-virilio
[3] http://www.repubblica.it/online/internet/mediamente/virilio/virilio.html
[3] https://theguardian.com/science/1996/jun/07/genetics

Car dans une perspective normative, avant tout aussi en considération d’autres disciplines, des questions fondamentales se posent sur les répercussions sur l’être humain, qui accompagnent des interventions sur le corps humain exigées — et encouragées — par le transhumanisme. Quelle que soit la manière dont cette lutte se développe : il faut s’attendre foncièrement dans les années qui viennent à une « controverse de fondements idéologiques » — déjà à portée de vue et largement en train d’arriver à son point critique — qui imprègnera toujours plus largement la discussion de principe autour de individualité et communauté, soi et collectif, corps et esprit, mais aussi autour du nouveau concept-clef d’une société « développée » ou d’une société « résiliente ». On ne mènera plus cette discussion dans les années qui viennent dans les milieux d’experts seulement, tandis que l’industrie de la conscience pénétrera toujours plus dans la vie quotidienne de l’être humain, mais au contraire on le rencontrera chaque jour dans les informations à l’appui de cas concrets. En mirage aux développements décrits à l’interface de l’hybridation homme-machine on observe déjà aujourd’hui dans la littérature de science fiction — la philosophie a constamment joué depuis le 18ème siècle dans les sociétés modernes un rôle d’anticipations ou d’incitation, mais aussi de réflexion — une discussion croissante avec la thématique. Ici, il ne s’agit en aucun cas seulement de la question de savoir si des « androïdes rêvent de création électrique » (comme « Blade Runner » de Philip Dick[1]) ou bien de ce qui reste encore principalement dans le sillage d’une fusion croissante homme-machine (comme précurseur important il vaut ici de mentionner la trilogie « Neuromancer » de William Gibson[2]). Ces questions, qui sont depuis longtemps localisées originellement dans le genre de science-fiction du Cyberpunk, pour avoir été élargies en questions ouvertes sur la valeur à partir du genre relativement nouveau du post-Cyberpunk, qui tente, de relier au plan narratif, des aspects aussi bien humanistes que transhumanistes — et à l’occasion de développer des perspectives à partir des paradoxes. La question exemplaire est ici celle discutée dans la trilogie de Ramez Naam « Nexus [DK1] [3]» : Que se passe-t-il si diverses « consciences » humaines s’associent ensemble au moyen de la technologie — dans le « bien » comme dans le « mal » ? Ce par quoi cette formulation s’est déjà surpassée dans une époque nietzschéenne en

[1] https://www.independent.co.uk/arts-entertainment/books/feactures/philip-dick-blade-runner-total-recall-the-man-in-the-high-castle-minority-report-a79992381.html
[2] https://www.theguardian.com/books/2014//nov/26/william-gibson-neuromancer-book-club
[3] https://www.singularityweblog.com/ramez-naam-nexus/

train de se réaliser aujourd’hui d’un « au-delà du bien et du mal » ou bien beaucoup plus d’une « coïncidence du bien et du mal », ce qui renvoie à l’insuffisance croissante du langage.

VII. Perspective

Les interrogations qui résultent de cette clarification — actuellement une discussion complètement ouverte — ont urgemment besoin d’une évaluation intégrée qui doit se distinguer par une multidimensionnalité et une multidisciplinarité afin de rattacher les diverses manières de voir humanistes et transhumanistes sur le « combat actuel autour du Je humain », à l’époque de son hybridation technologique et pour découvrir des conclusions bien pesées sur la direction qui peut et doit être prise dans la décennie qui vient et même possiblement aussi dans le futur « siècle de conscience ». Ce discours, à notre avis nécessairement intégré sur le Je humain, pourrait aplanir la voie à une « évaluation néo-humaniste » et représenter, pour l’actuelle idéologie dominante du « transhumanisme » dans l’industrie de la conscience, un équilibre dialectique « néo-humaniste ». Ce qui vaut dans l’ensemble c’est la question du Je humain qui devient un nouveau centre d’interrogation de notre temps. Ou bien pour exprimer cela quelque peu plus scientifiquement : pour son point de retournement paradigmatique. Car ce que nous appelons « Je » et que nous vivons normalement, immédiatement et de manière incontestable, comme l’origine primordiale et le cœur de toutes choses, devient conscient, pendant l’acte d’accomplissement du contrôle conscient de soi, non pas seulement un « monde », mais avant tout encore conscient de son Soi comme origine du « monde ». Avec cela le Je ne reste pas seulement un sujet qui interroge sa conscience, mais encore dans le même temps aussi l’objet qui s’interroge lui-même. La conscience qui s’interroge elle-même, reste l’énigme centrale et se montre à notre époque d’une manière nouvelle comme le cœur de toute investigation de conscience. Pour exprimer cela dans les paroles du philosophe brêmois, Thomas Metzinger[1] : « Le problème de la conscience forme aujourd’hui — peut-être avec la question de la naissance de notre univers — la limite extrême de l’effort humain vers la connaissance. »

Autrement que dans ce qu’on découvre dans les débats âme-corps du passé par l’histoire des idées de toutes les cultures, le débat actuel reçoit, au moyen des actuelles et futures possibilités technologiques qui résulteront de l’industrie de la conscience, une toute nouvelle brisance. Comment laisserons-nous une

[1] http://www.philoophie.uni-mainz.de/metzinger/publikationen/1995e.html

intelligence artificielle, en situation d’apprendre par elle-même, se glisser en médiatrice vis-à-vis des valeurs humaines et des motifs de décision, en particulier sur l’arrière-fond de la réflexion que l’intelligence artificielle à l’avenir se développera possiblement comme une super-intelligence et pourrait avec cela être supérieure à l’être humain et à ses possibilités de conscience dans de nombreux aspects ? Qu’en adviendra-t-il du « Je », si les technologies nouvelles du corps et de la consciences sont de plus en plus intrusives en particulier dans le cerveau et le système nerveux, dans la conscience du Je en se positionnant sur de nouvelles bases physiologiques ? Une hybridation pour une techno-anthropologie et une anthropo-technique est en place. Étant donné que les conséquences de ces questions iront très loin, comme il est à prévoir, la globale industrie naissante de la conscience serait bien conseillée d’engager une discussion intégrative critique dans sa nature, sur les processus, non pas seulement pour les entraver, ou bien les attirer dans sa direction au moyen d’un lobbyisme de l’appât du gain, mais au contraire de les faciliter activement avec une part de ses profits par des dons libres. Tous les débats pondérés dignes de ce nom doivent intégrer des aspects aussi bien humanistes que transhumanistes, au plus vaste sens et le cas échéant aussi ceux « post-humanistes » et même ceux post-humains, le plus possible sans jugements préconçu. L’industrie de la conscience qui monte au pouvoir aujourd’hui devrait saisir cette chance d’une intégration des interrogations et manières de voir qu’elle suscite, avant que d’éventuels aspects conflictuels ne viennent remettre en cause son existence.

Sozialimpulse 3/2018.
(Traduction Daniel Kmiecik)

 Dr. Roland Benedikter, né en 1965, est depuis 12 ans aux USA (Georgetown, Stanford et Université de Californie), depuis 17 ans co-directeur du Centers for Advanced Studies[1] de l’Eurac Research Bozen, le vaisseau amiral de la recherche de la province autonome de Bozen-Südtyrol, Professeur-chercheur d’analyse politique multidisciplinaire au centre Willy Brandt pour les études européennes de l’Université de Breslau-Wroclaw, et professeur affilié de l’Institut pour l’éthique et les technologies émergeantes IEET Hartford, Connecticut (USA). Entre autre collaborateur à deux livres blancs du Pentagone et de l’État-major général des USA (analyse stratégique multicouche) pour l’éthique des technologies d’avenir, un rapport au Club de Rome et au dialogue sur l’innovation du Gouvernement fédéral allemand en collaboration avec l’Académie des Sciences Techniques.
Courriel : rolandbenedikter@eurac.edu

Dr. Karim P. Fathi, est entre autre comme collaborateur scientifique pour la transformation systémique à l’Université européenne Viadrina à Francfort-sur-l’Oder ainsi que chercheur associé à l’European School of Governance (EUSG). Il a étudié l’économie sociale et la recherche sur la paix et le conflit et passé sa thèse en formation de théorie transdisciplinaire.
Courriel : karim.fathi@mailbox.org

[1] http://www.eurac.edu/de/research/center-for-advanced-studies/Pages/default.aspx