samedi 8 septembre 2018

Serge Prokofiev et La Philosophie de la Liberté

Serge Prokofiev et La Philosophie de la Liberté par Lucio Russo

Avec l'aimable autorisation de Daniel Kmiécik


Lucio Russo (1944-)Physicien,Mathématicien,Historien des sciences

Nous avons toujours apprécié les travaux de Serge Prokofiev (en particulier Les sources spirituelles de l’Europe Orientale et Les Mystères futurs du Saint Graal) (1); en lisant son dernier livre, consacré au rapport entre l’anthroposophie et La Philosophie de la Liberté, nous avons cependant ressenti inopinément un malaise dont le motif n’est devenu clair pour nous lorsque, une fois parvenu à « l’épilogue », nous sommes tombé sur l’affirmation suivante: « Le lecteur qui a eu la patience de lire cet ouvrage jusqu’à la fin, se sera aperçu qu’il s’agit ici d’un accès à la Philosophie de la Liberté complètement différent de celui habituel dans la très vaste littérature qui concerne ce sujet. La raison se trouve dans le fait que la majorité des oeuvres sur la Philosophie de la Liberté cherche à comprendre ce livre dans le contexte général de l’œuvre initiale de Rudolf Steiner, pour former ensuite un pont menant aux communications successives tirées de ses investigations du monde spirituel. Qu’il ne soit pas facile de jeter un pont de cette façon, cela est démontré par le simple fait que de nombreuses œuvres du genre s’arrêtent à La Philosophie de la Liberté et ne se hasardent pas du tout à faire un pas dans l’anthroposophie. Ou bien encore, elles touchent ce passage d’une manière très vague, afin d’éviter le danger de devoir parler d’une « rupture » dans l’évolution de Steiner. Dans le présent ouvrage, au contraire, une autre voie a été entreprise dès le début avec la tentative un peu hasardeuse, en remontant à contre-courant le temps, de partir de ce que Rudolf Steiner a fondé un peu plus tard et développé en trois périodes de sept ans en tant qu’anthroposophie, et de regarder en arrière vers son oeuvre initiale principale, pour la considérer, depuis cette perspective, sous un éclairage tout nouveau » (2).

À partir du moment, donc, où la « majorité des oeuvres sur La Philosophie de la Liberté » ne parviennent pas à créer un « pont » qui, en partant de celle-ci permet de passer à l’anthroposophie, Prokofiev tente alors d’en créer un qui, partant au contraire de l’anthroposophie, permet de passer à La Philosophie de la Liberté. Cela veut donc dire, que le fait échappe, aussi bien aux auteur(e)s de ces ouvrages qu’à Serge Prokofiev lui-même, qu’il n’y a aucun « pont » à créer, puisque ce pont existe déjà.
Justement, La Philosophie de la Liberté est en effet ce « pont » (et l’Archange Michel, le pontifex) qui, partant des Sciences naturelles, arrive à la Science spirituelle ou à l’anthroposophie. (Dans le Conte de Goethe, le sacrifice du « serpent vert » crée justement un « pont » qui relie la rive du monde sensible, représenté par le serpent vert, et celle du monde suprasensible, représenté par le « beau lys ») (3).
« Aujourd’hui — affirme en effet Rudolf Steiner — une science initiatique doit indiquer la voie à rebours partant de la nature vers la spiritualité. Pour l’humanité antique, la nature était dans les ténèbres, l’esprit était dans la lumière. La science initiatique antique devait tirer sa lumière de la spiritualité lumineuse et la mener dans les ténèbres naturelles, pour que celles-ci en soient aussi illuminées. La science initiatique d’aujourd’hui doit partir de cette lumière-ci qui a été lancée dans la nature extérieure, depuis l’extérieur par la voie naturaliste, par Copernic, Giordano Bruno, Galilée, Kepler, Newton, etc. » (4).


Sergei O.Prokofieff (1954-2014)
 La Philosophie de la Liberté fournit elle-même à cet égard, une indication extrêmement précise. Steiner écrit en effet: « C’est caractéristique de la nature particulière du penser que d’être une activité qui ne s’adresse qu’à l’objet observé et non à la personne qui pense (...) La nature particulière du penser consiste dans le fait que l’être pensant oublie le penser tandis qu’il le met en œuvre. Ce n’est pas le penser qui occupe l’être pensant, mais l’objet observé sur lequel il pense. La première observation que nous faisons au sujet du penser, c’est donc celle-ci : il est l’élément inobservé de la vie ordinaire dans notre esprit (...) Autrement dit, tandis que je pense, je ne vois pas mon penser que moi-même je produis, mais bien l’objet de la pensée que moi, je ne produis pas » (5)
 

Que veut dire ceci? Cela veut dire que La philosophie de la Liberté présuppose l’âme consciente (un fait et non une théorie) ou, plus précisément, ce penser objectif (tourné seulement sur « l’objet observé et non pas sur la personne qui pense ») qui est un patrimoine exclusif des sciences naturelles: des sciences naturelles qui ne l’observent toutefois pas et que Steiner nous exhorte au contraire à observer et à amener à la conscience. Il dit en effet: « Pour quiconque ait la capacité d’observer le penser — et avec un peu de bonne volonté tout homme normalement organisé peut l’acquérir — une telle observation est la plus extraordinairement importante de toutes celles qu’il puisse faire » (6).
Grâce à La philosophie de la Liberté, il est donc possible de saisir l’esprit (la « lumière ») qui anime inconsciemment les sciences de la nature « La lumière resplendit dans les ténèbres; mais les ténèbres ne l’ont pas reconnue »). Le fait que Steiner montre la nécessité d’une observation (impliquant le recours à l’exercice de la « concentration »), devrait démonter que La Philosophie de la Liberté (en syntonie avec l’âme consciente) n’est pas une oeuvre « philosophique » comme celle, que sais-je ?, de Schelling, intitulée: Recherches philosophiques sur l’essence de la liberté humaine et les objets qui lui sont connexes (7), ou celle de John Stuart Mill, intitulée: Essais sur la liberté (8) (c’est à cause de ceci que dans notre Amour qui me raisonne dans l’esprit — une étude de la Philosophie de la Liberté de Rudolf Steiner, nous l’avons définie par le terme de « logodynamique »).
Cela, on pourrait d’un autre côté le suspecter déjà à partir du second de ses sous-titres: Résultats d’une observation de l’âme selon la méthode des sciences naturelles.

Quiconque (en partant de l’âme rationnelle ou affective) estime que Steiner est un « philosophe » et La Philosophie de la Liberté, une œuvre « philosophique » (comme José Dupré, par exemple) (9), ne parviendra donc jamais à comprendre comment du « philosophe » a découlé « l ’ésotériste » ou « l’occultiste », et, de La Philosophie de la Liberté (1894), a découlé des oeuvres telles que Théosophie (1904), L’initiation (1904), Extraits de la Chronique de l’Akasha (1904) ou La science de l’occulte en esquisse (1910).
Il peut être intéressant, d’ailleurs, de rappeler que l’un des rares à avoir réalisé que La Philosophie de la Liberté n’est pas une œuvre « philosophique » (en jugeant cela, cependant, comme un défaut et non pas comme une qualité) a été Giovanni Gentile [philosophe italien de l’avant guerre, ndt]. Dans sa recension de l’œuvre de Steiner, il a en effet écrit: « Que cela soit à proprement parler une philosophie de la liberté, je ne le dirais pas. C’est évidemment une de ces oeuvres de jeunesse dans laquelle le vrai brille ici ou là, mais elle ne parvient pas à en arrêter le concept sous une forme organique et systématique. Elle a une intuition heureuse d’un aspect évident de la réalité, mais elle n’a pas la force d’amener le tout en pleine lumière ; et avec la vérité ainsi conquise d’un seul coup, elle conserve inopportunément tous les vieux concepts reçus, non critiqués, non conservés dans leurs sens intrinsèques. Pour cette raison, elle ne parvient pas à une philosophie, laquelle ne peut être une philosophie sans être un système ; mais elle en esquisse quelques concepts fondamentaux » (10).
Gentile s’est aperçu, donc, qu’avec La Philosophie de la Liberté, « on ne parvient pas à une philosophie », mais il ne s’est pas aperçu non plus du niveau de réalité auquel on parvient lorsque le « vrai » n’est pas posé « sous forme organique et systématique » dans le concept, mais au contraire — comme Steiner le fait — dans le penser : à savoir, dans une réalité fluctuante et dynamique qui exige, non pas d’être « arrêtée » (représentée), mais observée et expérimentée dans son mouvement (éthérique) subtil.
Le fait est que, comme en vertu d’une métamorphose, la chrysalide naît de la chenille et le papillon naît de la chrysalide, de même La Philosophie de la Liberté naît des sciences naturelles, et l’anthroposophie naît de La Philosophie de la Liberté. Si les sciences naturelles pensent en effet l’objet sensible, La Philosophie de la Liberté pense inversement le penser qui pense l’objet sensible, et l’anthroposophie, en remontant le mouvement vivant (michaélien) d’un tel penser, parvient d’abord à la réalité (sophianique) du suprasensible (ou— comme le dit Steiner et le rappelle Prokofiev, — du « monde commun des idées ») et ensuite à la réalité (spirituelle) du Je (habitée par le Logos).
Il faut cependant faire attention parce que tout processus de métamorphose est caractérisé par le fait d’être, soit continu (dans le temps) soit discontinu (dans l’espace) : à savoir de présenter, à la fois, une continuité intérieure et une discontinuité extérieure. Ce qui comporte qu’entre les sciences naturelles, La Philosophie de la Liberté et l’anthroposophie, se révèlent autant une continuité intérieure (invisible) qu’une discontinuité extérieure (visible), et que la nature spécifique ou l’identité de l’œuvre fondamentale de Rudolf Steiner risque par conséquent d’être obscurcie et altérée (11), soit par tous ceux qui tendent à intérioriser aussi la discontinuité (comme le font ceux qui croient saisir « une rupture » dans l’évolution de Steiner), soit par tous ceux qui, au contraire, tendent à extérioriser aussi la discontinuité (comme le fait Prokofiev, en tendant à rendre visible l’invisible).
En paraphrasant un dicton connu, on pourrait aussi dire qu’entre les sciences naturelles, La Philosophie de la Liberté et l’anthroposophie, il y a continuité « , mais elle ne se voit pas » : à savoir qu’elle existe, sur le plan spirituel mais pas sur celui matériel.

Une chose, en somme, est l’anthroposophie invisible, en tant qu’entité spirituelle, une autre est l’anthroposophie visible, en tant qu’entité terrestre, tout comme une chose est le papillon invisible, en tant qu’entité spirituelle, une autre le papillon visible, en tant qu’entité terrestre.

Comme la chenille et la chrysalide ne sont pour cette raison que deux moments essentiels du devenir et de la manifestation (de l’incarnation) du papillon spirituel, ainsi les sciences naturelles et La Philosophie de la Liberté ne sont que deux moments essentiels du devenir et de la manifestation (de l’incarnation) de l’anthroposophie spirituelle ou de l’Être Anthroposophie (véhiculant l’impulsion du Logos).
Steiner affirme justement: « Les conceptions de Copernic et de Giordano Bruno, relatives au dépassement de l’apparence sensible à l’égard de l’espace, découlent au vrai sens du mot des inspirations du courant spirituel dont la moderne science de l’esprit est aussi une adepte. Ce que nous pouvons appeler l’ésotérisme des temps nouveaux exerça secrètement son influence sur Copernic, Bruno, Kepler et d’autres » (12); et ailleurs il ajoute: « Toute la science moderne est fille du christianisme, c’est la continuation directe de l’impulsion christique » (13).
La Philosophie de la Liberté explicite donc de manière gnoséologique tout ce qui est implicite dans les sciences naturelles (14), alors que l’anthroposophie explicite spirituellement (cosmiquement) tout ce qui est implicite dans La Philosophie de la Liberté.
Nous avons dit, tout à l’heure, que quiconque tende à extérioriser aussi la continuité (à rendre visible l’invisible), risque d’obscurcir ou d’altérer (éventuellement en la diluant) la nature spécifique ou l’identité de ce moment du devenir de l’Être Anthroposophie (ou du Logos) représenté par La Philosophie de la Liberté. Prokofiev reconnaît en effet que sa tentative de « regarder en arrière » (avec l’esprit de l’escalier) vers La Philosophie de la Liberté est un peu « hasardeuse » ; mais pour nous (et cela nous fend le cœur de le dire), elle n’apparaît pas tant hasardeuse, mais bien plus forcée et, en quelque cas, voire fourvoyante. (Steiner écrit: « Ce ne seront certainement pas ceux qui ne veulent qu’entendre raconter les faits des sphères supérieures qui feront apprécier dans le monde notre mouvement scientifico-spirituel dans ses parties les plus profondes, mais ce seront ceux qui auront la patience de pénétrer dans une technique de la pensée qui crée une base réelle, presque un squelette, au travail dans le monde supérieur ») (16).

Que cet exemple suffise...
Dans Les degrés de la connaissance supérieure, Steiner énumère d’abord les quatre degrés suivants de la connaissance: la « connaissance matérielle » (sensible) ; la « connaissance imaginative » ; la connaissance inspirée » (ou inspirative) ; la « connaissance intuitive », et il explique ensuite: « Dans la connaissance sensible ordinaire quatre éléments sont en jeu:  

1. l’objet qui fait une impression sur les sens ;  
2. l’image que l’homme se forme de cet objet ;  
3. le concept au moyen duquel l’homme parvient à saisir spirituellement un objet ou un processus ; 
4. le Je qui, sur la base de l’impression de l’objet, s’en forme une image et un concept » (17).
Nette est donc chez Steiner la distinction entre les degrés de la connaissance et les éléments dont ils se composent. En continuant, on découvre, en effet, que les quatre éléments dont se compose le premier degré (matériel) se réduisent, au second (imaginatif) à trois (à l’imagination active, au concept et au je), au troisième (inspiratif) à deux ( au concept et au je), et au quatrième (intuitif) à un (au je). Eh bien! que fait Prokofiev? Il considère les quatre « éléments » dont se compose le niveau de la « connaissance matérielle » à la mesure de « degrés » inférieurs (« le premier degré en soi — écrit-il — consiste en quatre degrés ultérieurs, à savoir qu’il contient quatre éléments différents ») (18), il y ajoute les trois « degrés » supérieurs, et configure ainsi un schéma (19) dans lequel les quatre degrés de connaissance indiqués par Steiner deviennent sept.
« De cette façon — déclare-t-il — dans le chemin d’initiation moderne, les quatre degrés inférieurs s’unissent aux trois degrés supérieurs et constituent ensemble une structure septuple — le carré inférieur et le triangle supérieur » (20). Il s’agit, comme on le voit d’une équivoque.
Celle-ci naît du fait que Prokofiev met en rapport l’image avec la « concentration » et la « représentation », le concept avec la « méditation » et le « penser intuitif », et le je avec la « contemplation » et avec celle qu’il appelle la « condition exceptionnelle », en n’indiquant pas, pour cette raison, qu’il distingue (« logodynamiquement ») les activités inconscientes de l’imagination, de l’inspiration et de l’intuition qui, à l’occasion de la perception sensible (par lui à juste titre mise en rapport avec « l’attention »), permettent au degré de la « conscience matérielle » de jouir, respectivement, de l’élément de l’image, de l’élément du concept et de l’élément du je, par les activités conscientes (celle-ci, effectivement, « exceptionnelles ») de la « conscience imaginative », de la « conscience inspirative » et de la « conscience intuitive ». Le développement naturel et inconscient de tels degrés de conscience (engendrant précisément les éléments de l’image, du concept et du je) est une chose bien différente de leur développement spirituel et conscient (engendrant, dans l’ordre, le « Soi Spirituel », « l’Esprit de Vie » et « l’Homme Esprit »). 

Si justement, il ne pouvait pas se passer, donc, de configurer un schéma comprenant sept « degrés » de conscience (un schéma septuplement structuré), il devrait alors localiser, en-dessous de celui de la conscience matérielle, les trois degrés inconscients (du rêve, du sommeil et de la mort) et, au-dessus de la même, les trois degrés supérieurs (de l’imagination, de l’inspiration et de l’intuition), en portant également la plus grande attention à mettre en évidence que ceux-ci (extraordinaires ou spirituels) ne dérivent de rien d’autre que de la prise de conscience et de la transformation (à partir d’une « métamorphose ascendante) de ceux-là (ordinaires ou naturels) (21).

Steiner dit justement: «  La connaissance imaginative, inspirative et intuitive, qui est décrite ici, a justement la tâche de pénétrer dans ce réservoir indistinct que la science plus moderne appelle si souvent du terme « inconscient » » (22).
Lucio Russo, Rome, 18 octobre 2007.


Notes:
(1) S. O. Prokofiev: Les sources spirituelles de l’Europe Orientale et les futurs Mystères du Saint Graal — Il Capitello del Sole, Bologne 2001.
(2) S. Prokofiev: Anthroposophie et « La philosophie de la Liberté » — Widar, Venise-Marghera 2007, p.241.
(3) W. Goethe: Conte — Adelphi, Milan 1995.
(4) R. Steiner: Connaissance initiatique — Institut typographique éditorial, Milan 1938, vol.I, p.87.
(5) R. Steiner: La Philosophie de la Liberté — Antroposofica, Milan 1966, pp.35-36.
(6) Ibid.,p.38.
(7) F.W.J. Schelling: Recherches philosophiques sur l’essence de la liberté humaine et les objets qui lui sont connexes — Rusconi, Milan 1996.
(8) J. Stuart Mill¨Essai sur la liberté — Il Saggiatore, Milan 1997.
(9) Cfr. Consommateurs et producteurs de liberté, note du 10 février 2005 (traduit en français sur le site de l’IDCCH ou jf.bizzart.biz).
(10) Cfr. Giovanni Gentile et La Philosophie de la Liberté, 14 février 2002 (traduit en français sur le site de l’IDCCH ou jf.bizzart.biz).
(11) Sur le plan pédagogique, n’obscurcirait-il pas ni n’altérerait-il pas, en effet la nature spécifique ou l’identité de la seconde période de sept ans qui voudrait la comprendre, non pas pour ce qu’elle a en soi, mais pour ce qu’elle apparaît lorsqu’on l’observe du point de vue de la première ou de la seconde?
(12) R. Steiner: La direction spirituelle de l’homme et de l’humanité — Antroposofica, Milan 1975, pp.67-68.
(13) R. Steiner: Le cinquième Évangile. Recherche tirée de la Chronique de l’Akasha — Antroposofica, Milan 1989, pp.14-15.
(14) Prokofiev observe que Steiner, avec La Philosophie de la Liberté, « fonde une gnoséologie également valable aussi bien pour les sciences naturelles que pour la science de l’esprit » (S. Prokofiev: op.cit., p.147).
(15) Seul celui qui comprend la nature spécifique ou l’identité de La Philosophie de la Liberté peut en réalité comprendre pourquoi Steiner, à la demande de Walter Johannes Stein: « Après des millénaires, que restera-t-il de votre oeuvre?, répondit: « Rien, exceptée La Philosophie de la Liberté, mais à partir de celle-ci tout le reste peut être retrouvé ». Il faut noter qu’il affirme justement que c’est « à partir de » La Philosophie de la Liberté; « que tout le reste peut être retrouvé » (l’anthroposophie), et que ce n’est pas à partir de tout le reste (de l’anthroposophie) que peut être retrouvée La Philosophie de la Liberté.
(16) R. Steiner: Philosophie et Anthroposophie — Antroposofica, Milan 1980, p.26.
(17) R. Steiner: Les degrés de la connaissance supérieure dans Sur la voie de l’initiation — Antroposofica, Milan 1977, p.12.
(18) S. Prokofiev: op.cit., p.13.
(19) Ibid., p.15.
(20) Ibid., p.10.
(21) Cfr. Conscience naturelle et conscience spirituelle, 15 février 2002. (traduit en français (LR150202.DOC) et disponible auprès du traducteur)
(22) R. Steiner: Philosophie, Cosmologie et Religion dans l’Anthroposophie — Antroposofica, Milan 1981, p.78.

Note du site ospi.it :
Qui a lu l’étude publiée par nous sur le commentaire des Œuvres scientifiques de Goethe de Steiner et éventuellement aussi l’article ci-dessus, consacré à Serge Prokofiev et la Philosophie de la Liberté, du 18 octobre 2007, trouvera sûrement intéressante la nouvelle suivante publiée sous le titre « Da bruco a farfalla: la memoria sopravvive alla metamorfosi (De la chenille au papillon, la mémoire survit à la métamorphose) » Le papillon est en mesure de se souvenir de ce qu’il a appris quand il était une chenille. Ce sont des chercheurs à la Georgetown University qui le révèlent, après avoir dressé quelques exemplaires de chenille à maturité du Manduca sexta — un phalène communément connu comme le « ver du tabac » — à associer certaines odeurs à une faible secousse électrique, les induisant ainsi à éviter celles-ci. Puis, quand les imagos émergent de la chrysalide, les chercheurs ont constaté qu’eux aussi évitaient les mêmes odeurs ». (Libero, 6 mars 2008).

Note du Traducteur: Sur le site de l’IDCCH (http://users.belgacom.net/idcch/index1.html ou jf.bizzart.biz), vous trouverez, accessibles gratuitement, les trois études de Lucio Russo: Amour qui me raisonne dans l’esprit — une étude de la Philosophie de la Liberté de Rudolf Steiner, Commentaire sur les oeuvres scientifiques de Goethe publiées par Rudolf Steiner et Freud, Jung et Steiner. En outre, d’ici 2008 paraîtra une importante étude Anthropologie, une étude consacrée au cours sur la nature humaine de Rudolf Steiner. Pour l’essentiel, il s’agit de transcription de conférences — données à Rome par Lucio Russo — qui s’adressent à TOUS les publics, en raison de leur qualité pédagogique remarquable et leur exposé limpide. (La traduction en est disponible directement auprès du traducteur D.K.)