dimanche 10 décembre 2017

Réincarnation,l'hypothèse qui dérange (Philippe Lassire)



«Tout doit mourir, même les dieux, mais la mort des êtres est à l’image de celle du Phénix qui renaît de ses cendres : c’est une nouvelle naissance à un état supérieur et meilleur.»

L'homme peut-il prouver l’hypothèse de la résurrection ou encore celle de la réincarnation, c'est-à-dire les établir d'une manière objective et empirique qui soit acceptable pour tous les autres hommes ? On pourrait tout aussi bien demander. «Jusqu'à présent, l'homme a-t-il prouvé l'existence de Dieu d'une manière qui soit objectivement acceptable pour tous les hommes.?» En ce qui concerne de tels sujets, le recours à la perception objective de l'homme est sans efficacité du fait que le phénomène en question transcende les sens récepteurs des hommes. L'expérience mystique de ces phénomènes comporte des impressions de réalité qui sont seulement personnelles à l'individu. Il est difficile de donner de ces phénomènes une description qui soit universellement réalisée et qui soit acceptée par tous les hommes. Aussi, semble-t-il utile de faire un bref survol de la réincarnation au travers des différentes religions et des concepts philosophiques des divers mouvements philosophiques.

PROLÉGOMÈNES

À partir de 553, au Concile de Constantinople, toute la Chrétienté d'Occident a officiellement refusé de reconnaître la Loi de la Réincarnation et s'est ainsi égarée dans un cul-de-sac théologique et dans une voie sans issue. La Chrétienté d'Orient a trop insisté sur ces lois si bien que ses fidèles ont adopté une attitude négative et passive, en face de la vie et des événements, en se basant sur l'idée que la renaissance offre des occasions toujours renouvelées. L'ensemble de la Chrétienté a insisté sur l'immortalité, mais elle fait dépendre le bonheur éternel de l'acceptation d'une doctrine théologique : soyez un bon chrétien pratiquant et vous vivrez dans un ciel plus ou moins vague, ou refusez d'être un chrétien pratiquant ou négatif qui fait passivement profession de foi et allez à un enfer absurde «un enfer né de la théologie de l'Ancien Testament et de sa présentation d'un Dieu haineux et jaloux

La notion de la réincarnation — la croyance selon laquelle l’âme poursuit sa progression après la mort du corps, pour réapparaître sous une nouvelle forme physique — est presque aussi vieille que l’homme. D’abord rattachée à l’instinct tribal, elle a progressé pour devenir l’un des plus grands thèmes religieux au monde, et elle devenue, au cours des dernières décennies, un important sujet d’observation scientifique. Au moins deux milliards d’individus de notre planète sont dans la logique réincarnationniste et environ 22% des Français sont sensibles à cette hypothèse.

L'immortalité de l'âme humaine et la capacité innée que possède l'homme spirituel intérieur de mener à bien son propre salut, suivant la Loi de la Réincarnation, conformément à celle de Cause et Effet, sont les facteurs fondamentaux qui déterminent toute la conduite et toutes les aspirations humaines. Nul homme ne peut se soustraire à ces deux lois. Elles le gouvernent à tout moment, jusqu'à ce qu'il ait atteint la perfection qu'il désire et qui lui est destinée, et qu'il puisse se manifester sur terre en véritable Fils de Dieu.

Différentes croyances en la migration de l'âme persistent encore aujourd'hui. La Réincarnation est acceptée par des millions de personnes comme une croyance de remplacement à l'idée conventionnelle de l'existence immortelle de l'âme telle qu'elle était présentée dans les écrits sacrés et dans la théologie des religions monothéistes orthodoxes comme le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam.

Avant d’entamer cet exposé je vous propose, en introduction, cette pensée de JACOB BOEHME (1575-1624):

«Dieu est le centre de l'homme, mais Il habite seulement à l'intérieur de son être, à moins que l'esprit de l'homme ne fasse plus qu'un seul esprit avec Lui, auquel cas Il se manifestera dans la nature humaine, dans l'âme, l'esprit, et le désir par lesquels il se rendra perceptible aux sens intérieurs de l'homme. La volonté soumet les sens à Dieu et Dieu imprègne les sens et forme un seul être avec eux. Alors, les sens transmettent la puissance de Dieu à la volonté et la volonté les reçoit avec joie mais non sans trembler ; car elle se reconnaît indigne sachant de quelle demeure précaire elle procède. Ainsi reçoit-elle cette puissance en tombant aux pieds de Dieu et une douce humilité se dégage de son triomphe. C'est la véritable essence de Dieu, et cette essence conçue dans la volonté est le corps céleste ; on l'appelle la foi véritable et juste que la volonté a reçue par la puissance de Dieu. Elle descend dans l'esprit et demeure dans le feu de l'âme.»


DE LA RÉINCARNATION

Tôt ou tard le chercheur de la vérité mystique se trouve face à la doctrine de la réincarnation. Habituellement, à ce moment il est initié aux plus secrètes doctrines des philosophies mystiques ou, autrement, là se termine sa quête, il ferme pour toujours le livre de la révélation mystique.
Il n'est pas nécessaire pour le chercheur de connaissance plus élevée d'accepter cette doctrine afin de réussir dans sa recherche de cette connaissance. Il peut rejeter totalement cette conception et parvenir à de hauts sommets. Cependant, il doit la rejeter alors sans détour et garder un esprit ouvert en se disant : «je ne comprends pas, aussi je laisserai cela de côté, et j'attendrai jusqu'à ce que je sois convaincu que c'est vrai ou que c'est faux».
Dans le sens le plus large, la conception de la réincarnation se réfère au transfert de l'âme, après la mort, dans un autre corps ou une autre forme. Dans ce sens large, la transmigration et la métempsycose sont aussi reliées à la réincarnation. La transmigration est l'incarnation de l'âme dans un autre corps, humain ou animal avant ou après la mort. La métempsycose est la croyance en une transformation magique d'une forme de vie en une autre — supposée provoquée au moyen de la sorcellerie et de pouvoirs surnaturels. Il est évident qu'une croyance en la migration de l'âme suppose l'existence d'une âme. Comment cette conception de l'âme surgit-elle ? D'après l'étude des rites, des objets et des inscriptions, il semblerait que deux des premières expériences de l'homme donnèrent finalement naissance à l'idée de l'âme.
Nous ne pouvons pas affirmer avec certitude laquelle de ces deux expériences fut la première. Il semblerait que la conscience de l'Homo Sapiens fut d'abord extravertie. Autrement dit, la conscience de l'homme fut d'abord dominée par l'impact de l'environnement sur ses sens récepteurs. Nous pouvons donc supposer que les hommes primitifs avaient peu tendance à recourir à la contemplation.
Les forces de la nature s'imposant à l'homme, sa constatation de son incapacité à se mesurer avec elles provoqua la peur et un sentiment personnel de finitude. Psychologiquement, ce que l'homme craint lui suggère l'existence d'une condition, d'un pouvoir, qui lui sont supérieurs. Par comparaison avec la cause de ses craintes — c'est-à-dire avec le phénomène de la nature — l'homme apparut comme fini.
C'est pourquoi la première, des deux expériences de l'homme d'où émergea graduellement la conception de l'âme fut la réalisation de la majesté et du pouvoir du phénomène naturel. L'homme est conscient d'être causatif. Il peut décider de ses actes. Il peut rendre les choses et les conditions conformes à sa volonté et il peut exercer un pouvoir qui affecte son environnement. Mais les forces de la nature dépassaient les premiers efforts de l'homme pour les contrôler. Par suite, nos lointains ancêtres attribuèrent à la nature une Force Vitale. La nature fut considérée comme vivante, et, de plus, téléologique, c'est-à-dire intentionnée ou causative, tout comme l'homme.
L'autre élément important de cette dualité d'expérience qui conduisit à l'établissement de la notion de l'âme fut un élément beaucoup plus lent à germer dans la conscience humaine. Ce fut la réalisation du phénomène du Soi. Elle consista en l'introversion de la conscience de l'homme et en l'expérience d'une conscience intérieure.


Une entité intérieure

Très tôt dans son développement, l'homme découvrit que ce moi était une dichotomie, autrement dit, qu'une partie était composée de l'être physique qui pouvait être perçu aussi facilement que le monde extérieur qui l'entourait. L'autre partie du moi était plus mystérieuse. En fait, l'homme primitif y pensa comme à quelque chose d'incorporé en lui. Cette étrange partie résidant à l'intérieur de lui-même semblait le motiver ; à certains moments, elle lui donnait du courage, à d'autres moments il la craignait ou elle suscitait la curiosité. Dans son sommeil, ce «quelque chose» ressortait et chassait, combattait, s'enfuyait, mais revenait toujours a lui quand il s'éveillait.
Les anthropologues et les archéologues ont avancé certaines théories concernant la conception de ces sentiments et sensations intérieurs par l'homme primitif. Il apparaît fondamentalement que l'homme primitif pensait qu'un autre être, un double de lui-même, un esprit, était implanté en lui. Certaines civilisations croyaient que sa nature devait être seulement individuelle, c'est-à-dire qu'elle n'avait rien de commun avec les autres êtres humains. D'autres civilisations encore pensaient que cet esprit devait être de nature universelle, qu'il était une émanation du pouvoir et de la volonté des forces de la nature. Par suite, ce quelque chose, en essence, était supposé devoir être le même dans tous les hommes.
À partir de cette conception surgit l'idée que tous les hommes sont fondamentalement unis par cette entité intérieure dans leur être. Cette entité intérieure est intangible et aussi indestructible que l'air que les hommes respirent. Dans différentes anciennes civilisations, le mot qui servait pour désigner l'air (tel que pneuma chez les Grecs) était généralement employé pour désigner l'âme.
L'air est indestructible et il entre dans le corps à la naissance et en part à la mort. Mais, où va-t-il ? De plus, retient-il quelques-unes des caractéristiques du corps qu'il quitte ? L'homme nota dans sa lente montée dans la connaissance que les saisons avaient des cycles et que certains phénomènes célestes se répétaient régulièrement. Le soleil se lève, ou naît, chaque matin à l'Est et il meurt quand il se couche à l'Ouest ; puis il se lève à nouveau à l'Est le jour suivant. La vie intérieure de l'homme, son esprit ne doit-il pas être également immortel ? De plus, ne devrait-il pas revenir à nouveau dans un corps à un certain moment dans l'avenir ?
Beaucoup de peuples primitifs crurent que la mort n'interrompait pas la relation entre les hommes. Cette idée engendra alors le culte des ancêtres. Dans certaines civilisations c'est une idée courante de croire que l'enfant n'est rien de plus ou de moins qu'un «ancêtre qui naît à nouveau sur terre». Dans une tribu d'Australie centrale, les aborigènes croient que chaque enfant est la réincarnation des enfants de l'esprit laissé par les ancêtres.
Dans une tribu Indienne d'Amérique du Nord, on croyait que l'esprit avait le choix de retourner à cette vie et d'entrer dans le corps d'une femme de la famille pour former l'âme d'un enfant non encore né. Après la naissance, s'il y avait une ressemblance avec un ami ou un parent défunt, le nom de la personne morte était donné à l'enfant.
Parmi certaines civilisations européennes primitives, on pensait que «À la fin d'une certaine période, ou, en tant que résultat de rites particuliers, l'âme s'incarnait, ou plus fréquemment prenait le départ vers un autre monde, en dessous de la terre, au-delà du soleil, au sommet d'une montagne, ou au-dessous de la voûte des cieux, dans les étoiles».


La Transmigration

La doctrine de la transmigration diffère de celle de la réincarnation en ce que la migration de l'âme ne s'accomplit pas nécessairement dans une autre forme humaine. L'âme peut assumer une forme animale de manière permanente ou seulement comme un prélude à une autre incarnation. On relie à cette doctrine ce qu'on appelle les «existences simultanées». C'est la croyance selon laquelle l'homme est double, il a une contrepartie dans un autre monde qui correspond au corps terrestre et à l'âme qui y est incarnée. Ce double recevra son âme quand elle quittera le corps terrestre.
Les idées qui évoluaient lentement d'une survie après la mort, d'une existence immortelle dans un autre monde, de la réincarnation et du retour de l'âme dans un autre corps terrestre, furent graduellement incorporées dans la théologie des anciennes religions.







Les points de vue des Égyptiens sur la réincarnation

Dans les religions de l'ancienne Égypte, trois idées différentes se rapportaient aux changements de la personnalité.

1°L'union de l'âme avec le dieu. Dans le Livre des Morts qui est un ensemble de textes et de liturgies funéraires destinés à guider l'Âme dans l’après vie, nous trouvons la déclaration : «Je suis Ra», ou «Je suis Thot», par laquelle la personne affirmait son union avec le dieu. Ce fut certainement le début de la manifestation d'un principe de base du mysticisme, l'union du moi avec un dieu. C'était l'assurance que la personne avait ainsi acquis le «pouvoir de son dieu». Autrement dit, cette unité avait pour résultat une absorption des qualités divines.
2°La seconde sorte de changement de la personnalité était la transmigration dans un animal pour le temps de sa vie. Comme nous le noterons plus tard, ceci était surtout considéré comme nécessaire en tant que châtiment pour une mauvaise conduite.
3°Un troisième type de changement de la personnalité consistait en une métamorphose temporaire sous une autre forme pour le bien de l'âme de l'individu.

On notera qu'il y avait une hiérarchie de croyances en ce qui concernait les changements de la personnalité ; certaines étaient très primitives tandis que d'autres se développaient en conceptions hautement éclairées qui eurent une grande influence au cours des siècles, à la fois sur la religion et la philosophie.


Les croyances Hindoues

La réincarnation est acceptée de manière presque universelle aux Indes. En conséquence, ses philosophes et ses instructeurs religieux n’ont jamais éprouvé le besoin de justifier cette doctrine. Les principaux livres sacrés et autres qui traitent de cette doctrine sont : les Veda, les Upanishad, la Bhagavad Gita, l’Anugitâ, les Purâna, les Lois de Manu, l’Hitopadesha, Kapila, Shankarâchârya, et l’Hindouisme moderne.
Le Rig-Veda est le plus ancien et le plus important des écrits sacrés hindous. À cette ancienne période, le peuple de l'Inde était plein d'un vif plaisir de vivre et il y avait de l'exubérance dans la pensée d'une existence vertueuse et éternelle qui suivrait l'existence présente. Il y avait cependant l'idée d'un jugement cosmique, d'une décision établissant si la vie sur terre avait été une vie vertueuse qui méritait une récompense ou si l'âme devait être punie et devait recevoir un châtiment pour une mauvaise vie. Fondamentalement, les enseignements Indiens sur ce sujet expliquaient que l'âme se réincarnerait à nouveau dans un corps, de sorte qu'elle ferait des expériences qui, finalement, la purifieraient en vue d'une libération éternelle des renaissances. Nous notons ici la genèse de la doctrine du Karma.



La réincarnation dans le Judaïsme



La Réincarnation, en tant que cycle ou rotation de l'âme, était une doctrine qui formait une partie d'un système de mysticisme ésotérique dans le Judaïsme. Cependant l’orthodoxie avait tendance à la rejeter et à lui refuser une place dans la philosophie juive originelle. D’autres, y compris certains rabbis orthodoxes, acceptèrent cependant la réincarnation comme faisant partie intégrante du judaïsme. Au I° siècle, l’historien juif Flavius Josèphe parle très clairement de la réincarnation dans son célèbre ouvrage «La Guerre des Juifs». Le philosophe d’Alexandrie, Philon le Juif pénétra également l’ésotérisme des enseignements judaïques anciens et en fit des rapprochements avec la philosophie platonicienne, notamment dans ses ouvrages «De Somniis» et dans «De Gigantibus» ; Rabbi Moïse GASTER examine les croyances judaïques sur la réincarnation dans son article «transmigration», publié dans l’Encyclopædia of Religion and Ethics : «Il ne fait aucun doute que ces théories sont extrêmement anciennes dans le judaïsme. Simon le Magicien prétendait avoir connu des vies antérieures, son âme étant passée par de nombreux corps avant d’atteindre celui de Simon. La doctrine samaritaine du Taheb enseigne qu’une âme préexistante fut donnée à Adam et que, par des incarnations successives en Seth, Noé et Abraham, elle se retrouva en Moïse…».
Le Zohar (Le Livre des splendeurs) comprend cinq sections, dont l’une s’intitule «Le Livre de la Transmigration des Âmes». En voici un extrait : «Toutes les âmes sont soumises à la transmigration, mais les hommes ignorent les desseins du Très-Haut qui les regarde ; ils ignorent qu’ils sont jugés à chaque heure, au moment de venir en ce monde et de la quitter. Ils ignorent combien de nombreuses transformations et de mystérieuses épreuves ils doivent traverser et comment de nombreuses âmes et de nombreux esprits errent en ce monde, faute de pouvoir retourner au palais du Roi divin. Les âmes doivent retourner dans la substance absolue d’où elles sont issues. Mais pour y parvenir, elles doivent développer toutes les perfections dont elles portent le germe en elles ; et si elles n’ont pas rempli cette condition au cours d’une vie, elles doivent recommencer une deuxième, une troisième, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’elles aient atteint à cette condition qui leur permet de retourner s’unir à Dieu».

La réincarnation est dans le Hassidisme une croyance universelle.


La conception Bouddhiste

Théoriquement, le Bouddhisme n'enseigne ni l'existence de l'âme, ni sa transmigration. Le Bouddhisme explique qu'il y a un «cours d'existence» pour la personnalité. Cette croyance inspira l'assurance d'une continuité de la vie. Pour la personnalité, il y avait une relation à travers ses différentes existences. Dans le «vaste océan des naissances renouvelées, il y a d'innombrables cours d'existence. Les groupes d'existence sont divisés en degrés (cours ou modes de vie) les existences célestes, humaines, animales et la classification de l'être». Cette dernière classification concerne trois domaines : le monde céleste, sans forme ; le monde céleste avec formes et les mondes matériels avec leurs désirs et leur avidité.


Les idées grecques

Les Grecs reconnaissaient l'âme comme immortelle et ils reconnaissaient, qu'après la mort, elle pouvait passer dans une nouvelle Incarnation, soit dans un corps humain, soit dans un corps animal. On attribue à Pythagore l'introduction en Grèce de ce qui peut être appelé la doctrine de réincarnation. Cependant, l'historien Hérodote dit qu'elle fut inventée par les Égyptiens et que ce fut la source de la croyance des Grecs.
La réincarnation tint une place importante dans les Écoles des Mystères Orphiques, en Grèce. Les doctrines Orphiques rapportaient que l'âme de l'homme était emprisonnée dans le corps en châtiment de mauvaises actions passées. Nous voyons là conception du Karma exposée dans l'ancienne philosophie Indienne. De plus, il était déclaré que l'âme ne pouvait pas trouver la libération de la chaîne d'incarnations terrestres avant qu'elle ait acquis la lustration, c'est-à-dire qu'elle soit parvenue à la purification. Le châtiment consistait en une série de renaissances avant que la libération finale puisse avoir lieu.
Bien que la conception fondamentale selon laquelle l'âme après la mort se réincarne finalement dans un autre corps soit reconnue par tous les adeptes de cette doctrine, il existe cependant différents désaccords sur les aspects qui y sont liés. En général, l'idée des anciennes écoles Orphiques et Pythagoriciennes selon laquelle l'âme a besoin de se réincarner prédomine dans la version moderne de la réincarnation. Autrement dit, l'âme doit progresser par une série d'ajustements, de leçons spirituelles, avant qu'elle atteigne la perfection. Ces leçons sont apprises au moyen des incarnations de l'âme sur terre.
Les principaux personnages qui ont traité de la réincarnation sont les suivants : PHÉRÉCYDE DE SCYROS (philosophe grec, VI° siècle av JC) ; PYTHAGORE (philosophe et mathématicien grec, vers 582-507 av J.C.) ; HÉRACLITE D’ÉPHÈSE (philosophe grec, vers 540-480 av JC) ; PINDARE (poète lyrique grec, 522-443 av. JC) ; HÉRODOTE (historien grec, 484-425 av. JC) ; EMPÉDOCLE (philosophe et homme politique grec, 490-430 av. JC) ; SOCRATE (philosophe grec, 469-399 av. JC) ; PLATON (philosophe grec, 427-347 av. JC) ; ARISTOTE (philosophe grec, 384-322 av. JC). Il apparaît que ce dernier a accepté la préexistence et la réincarnation dans son premier dialogue EUDÈME ou de l’Âme, idée qu’il rejeta avec force dans des œuvres plus tardives.


La réincarnation durant les six premiers siècles du Christianisme naissant

La réincarnation fut enseignée par un grand nombre des Pères de l’Église et choyée par les gnostiques chrétiens, un mouvement de la tradition apostolique dédié à la préservation et à la promulgation des enseignements ésotériques de Jésus-Christ. La réincarnation était considérée fidèle à l’Ancien et au Nouveau Testament, et complémentaire à la notion de salut personnel à travers Jésus-Christ. Depuis les premiers jours du christianisme primitif, les existences terrestres répétées étaient un fait pour beaucoup de fidèles, à condition qu’elles s’inscrivent dans le cadre de la quête d’édification. Le principal architecte de cet édifice théologique fut Origène, surnommé «le prince de l’apprentissage chrétien au III° siècle» par saint Grégoire de Nysse et décrit par l’Encyclopædia Britannica comme «le plus éminent des Pères de l’Église à l’exception possible de saint Augustin». Origène se disait absolument d’accord avec Platon, pour qui l’âme divine et éternelle revêtait un corps corruptible pour surmonter les faiblesses de la chair. Cependant, la dimension visionnaire de la théologie cosmique d’Origène n’était pas toujours appréciée, les fondamentalistes préféraient une interprétation étroite et littérale des Écritures. Mais la plus forte opposition à la doctrine de la réincarnation dans la théologie chrétienne ne s’est développée qu’au IV° siècle, alors que l’Église était passée de bandes secrètes de disciples pour devenir une institution pouvant être exploitée à des fins politiques. Ce fut le passage du spirituel au temporel sur tous les plans. Les germes du bannissement de la réincarnation furent semés au moment où Constantin le Grand prit la maîtrise de l’Église en la faisant la religion d’État. Eu égard aux dons et faveurs consentis par Constantin à l’Église, les ecclésiastiques n’étaient nommés que conformément aux desseins politiques de l’empereur. L’éthique, la foi et la dévotion étaient subordonnées aux intérêts personnels et au pouvoir politique. Pour la première fois dans l’histoire de la jeune religion, l’Église se mit à attirer des Chrétiens motivés par des objectifs sociaux, économiques et politiques plutôt que désireux d’aller vers la vérité. Pour exprimer cette politique, Constantin réunit en 325 le concile de Nicée qui définira l’orthodoxie chrétienne. À partir de ce moment, la puissante union de l’Église et de l’État, constamment sous la domination de l’empereur, allait décréter ce qui était acceptable et ce qui était hérétique. L’orthodoxie reconnaissait l’existence de deux vies seulement : une vie corporelle et une autre succédant à la résurrection. Les évêques qui n’acceptèrent pas les résultats du concile, et il en eut de notables, furent rapidement écartés.
Cette scission de l’Église du début s’accentua en l’an 380 quand les autorités décidèrent de poursuivre les chrétiens insoumis et de sévir à leur encontre. L’édit de Thessalonique, décrété par l’empereur Théodose sans consultation avec les autorités ecclésiastiques, stipulait ceci : «Tous les peuples bénéficiant de notre clémence impériale doivent embrasser la foi qui, à ce que nous croyons, a été communiquée par l’apôtre Pierre aux Romains et a conservé sa forme traditionnelle jusqu’à nos jours»… «Et nous exigeons que tous ceux qui suivent cette règle de foi adoptent le nom de chrétiens catholiques, tous les autres étant considérés comme des fous hérétiques et étant condamnés comme tels à subi le châtiment divin et, par conséquent, la vengeance de ce pouvoir que l’autorité céleste nous a conféré». En d’autres termes, l’hérésie n’était plus désormais un simple péché ; elle était un crime, punissable par la mort. En l’an 385, les premiers d’une longue série de martyrs de la réincarnation furent victimes de la barbarie de l’alliance Église-État. Pourtant, pendant les 150 années qui suivirent, aucun édit officiel n’a condamné la réincarnation dans l’empire.
Ensuite, les choses s’accélérèrent au VI° siècle, sous l’emprise de l’empereur Justinien, en réponse à une demande d’interdiction de l’enseignement d’Origène par certaines factions de l’Église. Cet enseignement fut condamné en 543 lors d’un synode à Constantinople. L’empereur édicta par la suite 15 «anathèmes», ou interdictions ecclésiastiques susceptibles d’excommunication contre Origène, dont quatre traitaient directement de «préexistence» ou de réincarnation. Ensuite, il semble que Justinien ait soumis ces condamnations préliminaires à l’attention du second concile de Constantinople, concile non constitutionnel, en 553. Le pape Vigile, prisonnier de Justinien pendant huit ans, refusa de participer aux délibérations et ce sont les évêques présents (qui représentaient très majoritairement l’Église orientale) qui sanctionnèrent les exigences autocratiques de l’empereur. Bien que rien n’indique que les édits condamnant la réincarnation aient été discutés par l’assemblée œcuménique, les historiens ont présumé à tort pendant des siècles que le second concile de Constantinople les avait adoptés. En un certain sens toutefois, peu importe qu’ils aient été ratifiés ou non. Ce qui importe à savoir, c’est que depuis l’an 553, l’Église a rejeté le concept de réincarnation.
Pourquoi au juste la croyance en la réincarnation a-t-elle soulevé l’ire des autorités. Plusieurs interprétations sont possibles, mais il semble que les tenants de la réincarnation dérangeaient surtout par leur autonomie, qui avait pour résultat de réduire le pouvoir des dirigeants autoritaires de l’époque. Les tenants de la réincarnation n’étaient pas sensibles aux promesses de béatitude céleste et aux menaces de l’enfer ; ils n’avaient pas besoin de prêtres et d’objets rituels comme les guides spirituels pour les conduire sur la voie de Dieu. Œuvrant à leur propre salut, ils ne croyaient pas aux nécessités de dépendre de l’Église. Pour cela, au cours des siècles suivants, il furent pourchassés, torturés et brûlés en place publique et des communautés entières furent massacrées. Les sectes chrétiennes étaient principalement regroupées sous le nom de Cathares (de «catharsis» ou purification). Appellation utilisée pour la première fois par saint Augustin pour désigner les manichéens de Mésopotamie, tenant de la réincarnation, les cathares, qui sont toujours considérés comme de véritables chrétiens, incluaient les pauliniens de Thraces, les bogomiles de Bulgarie, les patarins des Balkans et les Albigeois du Sud de la France, et autres.


La doctrine Orthodoxe

Le Chrétien orthodoxe courant est peut-être l'objecteur le plus acharné de la doctrine de la réincarnation. Il prétend qu'elle est contraire aux doctrines et croyances chrétiennes. Il ne réalise pas qu'il n'y a rien dans la Bible, que ce soit dans les versions courantes ou révisées qui s'oppose à la doctrine de la réincarnation ou qui soit incompatible avec les principes religieux révélés. Cette doctrine peut être incompatible avec certaines croyances et certains principes théologiques propres aux églises chrétiennes, mais ces croyances et ces doctrines furent adoptées par les Pères de l'Église et les Conciles après que la Bible ait été écrite. Ce sont des postulats théologiques et non des principes chrétiens fondamentaux tels qu'ils furent révélés par Jésus ou enseignés par ses disciples.
D'un point de vue purement orthodoxe et dialectique donc, ce n'est pas la doctrine de la réincarnation qui est en position désavantageuse, mais plutôt ces croyances et doctrines qui furent ajoutées après l'époque de Jésus. Si le chrétien dévot souhaite appuyer sa foi sur la base d'une stricte orthodoxie, il constatera qu'il est plus facile d'accepter la doctrine de la réincarnation en se basant sur l'autorité des écritures, que de la rejeter en se basant sur la doctrine théologique. Ceci s'applique aussi au juif dévot en ce qui concerne la forme moderne de sa religion.
Par égard pour ceux qui peuvent demander ou trouver dans la Bible, des textes à l'appui de l'affirmation que les Chrétiens et les Juifs d'avant l'ère chrétienne croyaient à la doctrine de la réincarnation, nous attirons l'attention sur quelques points saillants et sur quelques citations, et nous suggérons qu'on leur accorde la même considération et la même analyse qu'aux doctrines théologiques qui sont considérées comme incompatibles avec cette doctrine. S'ils veulent bien être aussi tolérants et analytiques dans leur examen des quelques citations suivantes, tirées de l'Écriture, qu'ils le sont dans leurs essais de réfuter la doctrine de la réincarnation ils s'apercevront que seule la doctrine de la réincarnation peut expliquer ces passages.
Par exemple, dans les écrits pré-chrétiens, nous trouvons, dans le Livre de Job, chapitre XIV, un certain nombre de proverbes et de commentaires sur la naissance la vie et la transition de l'homme. Dans les 12 versets de ce chapitre, une déclaration est faite concernant le corps physique de l'homme et la soi-disant mort, le corps va dans la tombe et y reste jusqu'à ce qu'il «n'y ait plus de cieux». Il y est dit, ce corps ne s'éveillera jamais de son sommeil. Cependant, au 14° verset une autre déclaration est faite concernant l'homme réel, la partie qui vit réellement. Là, il est dit que l'homme réel attend qu'un changement se produise pendant les jours fixés qui suivent sa transition.
Ce chapitre entier du Livre de Job devrait être étudié et analysé, afin de comprendre le divin message qui est y contenu. Il est certain que le 12° verset ne permet pas une interprétation, qui puisse être considérée comme compatible avec la doctrine théologique de la résurrection du corps de la tombe et la vie sur terre à nouveau, dans le même corps. Le 14° verset ne permet pas d'autre interprétation que celle, que l'âme de l'homme attend le moment fixé pour le changement qui doit venir.
Maintenant poursuivons par le 33° chapitre de Job. Le chapitre entier est éclairant et en particulier la dernière moitié. Dans le verset 28 nous lisons que Dieu délivrera l'âme de l'homme de la tombe et que cette âme à nouveau verra la lumière. Dans le 29° verset, nous lisons que ces choses, Dieu «les fit souvent pour l'homme». Dans quel autre sens que celui de la réincarnation ces versets peuvent-ils être interprétés ? Si l'âme de l'homme laisse la fosse et revient à la lumière de la vie — et que ceci arrive souvent — nous n'avons pas à chercher d'autres déclarations pour soutenir la doctrine de la réincarnation.
Ces passages sont tirés des écrits Juifs et aucune attention ne leur est accordée. On n'essaie pas de les faire apparaître comme la base d'importantes doctrines religieuses, pourtant ils sont cités et l'on s'y réfère parfois comme aux autres événements complexes de la vie, parce que la doctrine de la réincarnation était alors universellement admise et comprise comme une loi physique, biologique et scientifique de l'univers.
Pour voir comment la croyance universelle en la réincarnation était considérée par les juifs durant l'époque de la mission de Jésus, tournons-nous maintenant vers les Évangiles chrétiens et considérons l'un des nombreux incidents qui révèle une parfaite compréhension de la croyance en la réincarnation. Nous attirons votre attention sur le récit où Jésus se tourna vers ses disciples, et leur posa une question qui semblerait étrange si nous ne savions rien de la doctrine de la réincarnation. Jésus demanda : «Qui dit-on que je suis ?»,. Ce que Jésus demandait ne pouvait pas avoir d'importance pour lui, à moins, qu'il ne le relie à quelque chose qui révélerait la compréhension et la perception spirituelles, qu'il espérait voir développées dans la foule. Il ne posait pas la question pour solliciter des compliments ou des louanges.
Jésus voulait voir si la foule reliait son travail à celui des prophètes qui l'avaient précédé et si elle réalisait qu'il était l'un, des anciens prophètes, revenu sur terre, comme cela avait été prédit et comme cela était attendu. Que telle était son intention est pleinement indiquée par les réponses données par ses disciples. Ils dirent que le peuple croyait qu'il était tel ou tel qui avait jadis vécu.
Puis, quand il leur demanda, qui ils croyaient qu'il était, leur réponse indiqua qu'ils savaient la raison de sa question qu'ils savaient qu'il désirait voir s'ils comprenaient, qu'il n'était pas seulement la réincarnation d'un grand prophète, mais aussi l'esprit infini de la plus haute réalisation de la filiation divine. En lisant cet incident de la vie de Jésus et en l'associant aux déclarations de Jean-Baptiste et d'autres prophètes concernant celui qui devait naître, nous pouvons réaliser que seule la doctrine de la réincarnation peut expliquer ces passages.

«Tant que vous n’avez pas conscience de la loi continue de la mort et de la renaissance, vous n’êtes qu’un vague invité sur une terre obscure» GŒTHE
 

Depuis l’origine des temps non seulement les religions orientales mais aussi les plus grands penseurs de l’humanité, les courants gnostiques, ont témoigné du fait que notre vie n’était pas une seule. En effet, une sorte de justice immanente qui nous réincarne un peu plus haut ou un peu plus bas implique que nous ayons vécu avant notre propre vie et que nous revenions demain dans une nouvelle existence à l’image de ce que nous fûmes. Ce collier dont chaque vie est une perle finit par aboutir enfin à la vie éternelle sur d’autres plans. Cette croyance qui veut que l’homme avance dans une succession de réincarnations est apaisante face à la brutalité d’une mort unique mais aussi un appel vers la perfection et justifie ainsi l’ascension de l’humanité. Aujourd’hui la gnose scientifique se rapproche de plus en plus des anciennes croyances et le mouvement de la théosophie a su divulguer et se mettre au diapason de notre temps ces thématiques millénaires.
Nous continuons dans cette deuxième partie l’analyse du sujet au travers de l’Islam, des Évangiles, des Druides, des mouvements philosophiques et initiatiques, etc.

Dans l’Islam

Certaines allusions claires à la réincarnation se trouvent dans le Coran, auxquelles l’Islam orthodoxe attribue cependant une signification différente… On y trouve les versets suivants  «Et vous étiez morts, et Il vous ramena à la vie ; Et Il vous fera mourir, et vous rendra à la vie, et à la fin, Il vous réunira en Lui» (Surate 2.28). L’expression  «Et vous étiez morts» signifie qu’ils avaient vécu avant de mourir. C’est une implication claire dans ce texte. La citation, dans sa totalité, indiquerait donc qu’il s’agit de plus d’une vie et de plus d’une mort.
«Ceux qui doutent de l’immortalité sont morts et ils ne savent pas quand ils renaîtront. Votre Dieu est incomparable et ceux qui n’ont pas la foi dans l’Ultime ont des cœurs pervers et ils veulent se montrer comme de grands hommes» (chapitre 14, Sura Nahel, versets 2-12-8).
«Comme l’herbe des champs, j’ai poussé maintes fois sur les berges des cours d’eau. Depuis cent mille ans, j’ai vécu, œuvré et fait des efforts dans toutes sortes de corps». MANSUR AL-HALLAJ (X° siècle, Prince des Maîtres soufis)


Dans les Evangiles

Que peut-on trouver dans les Évangiles qui s’oppose à la doctrine de la réincarnation ? Des personnes irréfléchies peuvent soutenir que les doctrines chrétiennes affirment, que l'âme de l'individu au moment de la transition, passe par une période de suspension de conscience pour attendre le jour du jugement ; lorsque tous nous aurons atteint le royaume spirituel et demeurerons dans la conscience et la présence de Dieu. Elles peuvent également soutenir que cette doctrine s'oppose aux possibilités de renaissance et à la doctrine de réincarnation.
Mais, le fait-elle ? Y a-t-il quelque chose dans la doctrine chrétienne qui s'oppose aux fréquents changements dont parle le Livre de Job ? La véritable doctrine de la réincarnation nous assure, que nous aurons beaucoup d'incarnations sur terre mais, que finalement, après beaucoup d'occasions d'apprendre les leçons de la vie et de compenser pour nos mauvaises actions, nous arriverons au jour du jugement. À ce moment, il sera déterminé si nous sommes devenus purs d'esprit, divins et dignes de demeurer éternellement dans la conscience et à la vue de Dieu.
Chaque nuit, quand nous fermons les yeux pour nous endormir, nous terminons une période de vie qui a été remplie, d'occasions de faire le bien et le mal, et de leçons destinées à nous écarter de nos mauvaises manières de vivre. Chaque éveil est comme une nouvelle naissance à la lumière comme le dit le 28° verset du 33° chapitre du livre de Job. Chaque jour est une nouvelle période d'existence incarnée, pour corriger le mal du jour précédent et nous racheter avant que vienne le jour du jugement. Si nous comparons chaque période d'incarnation sur cette terre à un jour de nos vies, nous voyons que l'ultime et complète suspension de la vie terrestre, précédant l'heure du jugement, n'empêche pas la possibilité d'incarnations dans l'intervalle, et de périodes de préparation en prévision du jour du jugement final.
Parmi beaucoup d'autres choses merveilleuses, trop nombreuses et étendues pour les citer ici, la doctrine de la réincarnation enseigne, que le but de la vie et de ses périodes d'incarnation est de nous permettre de travailler à notre salut. Nous devons nous attendre à effectuer des compensations pour le mal que nous avons commis, jusqu'à ce que, finalement, nous puissions être absorbés dans la conscience de Dieu et y demeurer éternellement.
Est-ce incompatible avec les principes mystiques et spirituels enseignés par Jésus et ses disciples ? Bien que la doctrine de la réincarnation puisse paraître incompatible avec certaines doctrines théologiques, qui furent ajoutées plus tard aux enseignements chrétiens, elle n'est pas incompatible avec ce que Jésus enseigna et révéla.

Une citation biblique parmi tant d’autres

Après quelques vérifications dans les chapitres et les versets de la Bible, on peut estimer qu’il est question de la réincarnation en maints passages de celle-ci, soit directement, soit indirectement, et Jésus-Lui-même en a parlé en des termes qui ne laissent aucun doute sur la connaissance qu’Il avait de cette doctrine et sur Sa croyance à ce sujet. Et si elle n’est pas développée dans tous les détails, ni expliquée dans la Bible, ce n’est pas une raison pour conclure qu’elle n’était pas répandue à l’époque et qu’elle n’était pas admise par Jésus et Ses disciples.
Il faut admettre franchement que les doctrines chrétiennes actuelles, enseignées par la plupart des églises de cette dénomination, ne permettent pas d’accepter la croyance en la réincarnation, mais elles ne sont pas les doctrines originales de Jésus-Christ. Il n’est pas question ici de critiquer l’opportunité ou la solidité des arguments de ces doctrines. Nous nous bornerons à constater qu’on a inclus, dans quelques passages de la Bible, certaines croyances qui sont maintenant contraires à la réincarnation.
Il n’est pas question dans ce modeste addenda à mon exposé sur la réincarnation de citer toutes les parties de la Bible et du Nouveau Testament qui traitent de manière claire ou voilée de la réincarnation. Je me contenterai de reproduire un passage de l’évangile selon Saint Jean, chapitre IX, du second au quatrième verset, où j’ai relevé un rapport clair avec la réincarnation et la loi du karma. Jésus passant sur le chemin avec ses disciples, rencontre un aveugle de naissance. Les disciples de Jésus pensèrent qu’ils avaient là une occasion d’en apprendre davantage sur la loi du karma et sur les causes des souffrances humaines. Ils attirèrent donc l’attention de Jésus sur l’aveugle et demandèrent  «Maître, est-ce le péché de cet homme ou celui de son père et de sa mère, qui est cause de sa cécité ?». Jésus leur répondit  «Ce n’est point qu’il ait péché ni ceux qui l’ont mis au monde, mais c’est afin que les œuvres de Dieu paraissent en lui».
Vous noterez que les disciples indiquèrent nettement que cet homme était né aveugle et ils se demandaient donc quelle était la cause de sa cécité. S’il était devenu aveugle plus tard dans le courant de sa vie, par accident, blessure, maladie, manque de soins ou par une cause quelconque, le problème ne se serait pas posé. Remarquez bien que les disciples demandaient  si l’aveugle lui-même avait péché,ou bien ses parents. Si les parents avaient péché, il aurait pu en résulter une maladie ou un accident qui aurait causé la cécité de cet homme, dès sa naissance, mais comment cet homme aurait-il pu pécher dès avant sa naissance, pour s’attirer cette punition et naître aveugle ? Ce ne pouvait être que pour avoir péché dans une vie antérieure, qu’il était frappé de cécité, comme conséquence karmique. Aucune autre interprétation ne peut être donnée à cette question posée par les disciples, mais remarquez également qu’ils faisaient cette demande sans la moindre hésitation ni timidité apparente. La question est posée d’une manière tout à fait courante et naturelle, et sa nature même indique que les disciples étaient parfaitement au courant des lois du karma et de la renaissance et savaient aussi que ces lois universelles étaient connues de Jésus.
Il faut aussi noter que, dans sa réponse, Jésus ne s’étonne pas de cette question et que Sa réponse n’est pas une critique des croyances des disciples, de même qu’elle tient compte des pensées qui, dans l’esprit des disciples, les ont poussés à poser cette question ; ce qu’elle impliquait était accepté de Jésus, et Il répondit que ni l’homme lui-même ni ses parents n’avaient péché, mais que cet état lui avait été imposé, afin que Dieu puisse donner une leçon et manifester la force de Sa loi. Il est certain que ce seul incident devrait suffire à montrer que Jésus et Ses disciples connaissaient parfaitement la doctrine de la réincarnation, ou des renaissances du karma, et qu’il n’y avait rien en elle qui fut contraire ou incompatible avec l’enseignement de Jésus. S’il en avait été autrement, Il aurait immédiatement redressé l’erreur de Ses disciples et les aurait blâmés de leur fausse croyance.


Les druides (extrait Druides et Mages du XXIe siècle. Éditions l'Or du Temps)



Les Druides enseignaient la réincarnation. L'accès à GWENWED, homologue du Paradis des Chrétiens, n'était envisageable qu'après la purification de l'âme par les épreuves de la vie terrestre. Cela n'était possible qu'après un minimum de 9 incarnations. Au-delà, le nombre des renaissances sur terre n'était pas déterminé ; il dépendait de la rapidité avec laquelle l'âme-personnalité se débarrassait de ses tares.
Quoique immatérielle, l'âme n'en est pas moins une modalité de l'unique substance, dont toutes les formes sont constituées. Elle est différenciée par son taux de vibrations. Elle peut vivre, sans être emprisonnée, dans la matière organique ; Elle s'incarne pour faire évoluer le champ de conscience de l'âme-personnalité
La réincarnation accepte le postulat que l'âme survit à la décomposition du corps physique. Elle est donc immortelle et éternelle, même si on considère qu'elle est une parcelle divine, incarnée. Si elle perdure après la mort, rien ne s'oppose à ce qu'elle existât avant la naissance. Il le faut bien pour se réincarner.
Les Druides admettaient que l'âme, dont l'imperfection du véhicule où elle avait vécu était trop grande, pour se réincarner dans un corps animal, végétal ou minéral ; c'était, en réalité, une manière de symboliser le purgatoire et l'enfer, ces termes et le symbolisme exprimé ne devant pas être pris à la lettre, car la réincarnation repose sur l'optique d'une marche en avant plus ou moins rapide, mais sans régression.
En Druidisme, l'âme n'est pas une émanation directe de OIW. Elle appartient à la Grande Âme Universelle nommée MENW ou MENWED, laquelle est animée par le souffle divin.
Du fait de sa pérennité post-mortem et pré-naissance, l'âme est l'être réel ; le corps humain, n'étant que temporaire et périssable, est l'être apparent périssable et illusoire. Il n'est qu'un support, un habitacle pour l'âme, le soi réel.
La réincarnation regarde devant, vers le futur, pousse l'âme-personnalité vers plus de perfection, vers de nouvelles expériences ou épreuves. Le souvenir des choses passées n'est plus nécessaire pour les nouveautés devant être affrontées. On les oublie pour ne pas surcharger la mémoire humaine objective ; elles demeurent cependant dans la mémoire de l'âme.

La vie post-mortem

Trois jours après sa mort, le défunt reprend ses esprits dans une enveloppe identique à celle qu'il a quittée et qui est plus subtile. Il croit avoir les anciennes perceptions matérielles. Pourtant, elles sont d'une autre nature, sans qu'il s'en rende compte.
Toutefois, il rencontre des personnes décédées avant lui, parents, amis et connaissances. Il peut en déduire son propre trépas. D'autre part, s'il porte ses regards vers la Divinité et l'Amour, les Maîtres lui apparaîtront. Si au contraire, il se tourne vers la vie terrestre, il voit les vivants, les biens matériels. L'impossibilité de pouvoir les contacter qu'il éprouve, lui fait comprendre qu'il n'est plus des leurs.
Il vit dans la pénombre, dans un monde d'illusion où rien n'est net, où les formes prennent des aspects terrifiants. Cependant, les âmes suffisamment évoluées sont exemptes de telles visions.
Les morts subissent dans la subtilité de leur corps éthérique des épreuves analogues à celles des vivants. Elles amènent l'âme-personnalité à réfléchir sur les expériences du passé. Après un certain temps, le Jugement Divin intervient, auquel procèdent GWEON et SAMANN. GWEON est bienveillant ; il fait valoir les mérites. SAMANN met en relief les fautes commises, les expériences incomprises. En fait, c'est l'âme-personnalité, elle-même, qui choisit le genre d'existence qu'elle mènera en se réincarnant, ou en GWENWED, si elle est évoluée pour y être admise.
Puis vient le temps où les âmes sont conduites vers l'Ouest, par conséquent, sur les côtes du Finistère. Là, elles s'embarquent pour une contrée mystérieuse, probablement l’Atlantide.
Une fois par an, le défunt pourra reprendre la barque pour revenir vers l'Est, au milieu des siens. Cela a lieu dans la nuit du premier au deux de notre mois de novembre. En prévision d'une telle visite, les vivants, avant de se coucher, préparent un repas et dressent le couvert à l'intention des morts.
Pour l'âme-personnalité destinée à revenir à la vie terrestre, les fantasmes de la terreur recommencent. Le corps éthérique achève sa désintégration. Il s'ensuit une seconde perte de conscience. C'est l'oubli précurseur de la renaissance.
L'âme-personnalité qui passe en GWENWED n'est soumise à aucune frayeur. Elle garde sa pleine conscience. Elle a fait le bon choix, elle est sauvée.
GWENWED signifie  le Monde Blanc. GWENWED est délimité graphiquement, dans la Croix Celtique, par la sphère intérieure la plus petite. Il est le terminus de la chaîne des réincarnations successives. L'homme y retrouve sa personnalité permanente. Il est réintégré, redevenu immortel. Il possède le souvenir de toutes les incarnations qu'il a vécues et le bénéfice de toutes les leçons qu'il a apprises.
C'est là que se trouvent les Maîtres. C'est de là qu'ils partent pour les réincarnations volontaires qu'ils opèrent en vue de servir l'humanité, en aidant les humbles mortels en difficulté par l'apport de l'AWEN ou Inspiration Salvatrice.
Parvenu en GWENWED, le moi n'est plus tenu à se réincarner. Il peut cependant le faire volontairement pour servir sous les auspices d'un Maître. S'il le fait, en aucun cas, il ne rétrogradera en ANWN. Le Celtique rejette l'éventualité d'une chute pareille. L'âme est trop libérée pour que cela lui arrive.
Il sait que tous les hommes ne forment qu'une seule famille, composée de réalisés vivant en GWENWED, de ceux accomplissant leur période terrestre, de ceux qui sont en instance de réincarnation.
Il deviendra lui aussi un Maître. Ses pérégrinations dans la vie incarnée cesseront lorsque toutes les formes en péril dans ANWN auront été sauvées.


La loi de Karma

L'idée de la loi de compensation (l'ancienne doctrine du Karma) qui réclame que le mal commis sur terre soit puni par un retour à une vie de souffrance personnelle, prédomine dans la conception moderne de la réincarnation. De bonnes actions méritent une libération finale des renaissances. Il en découle alors que dans une vie de bonheur et d'illumination, l'âme est libérée de la nécessité de l'existence terrestre. Cette conception implique que ce n'est pas l'âme qui fait le choix de l'existence terrestre, c'est plutôt une loi cosmique immuable qui établit l'attraction entre l'âme et un corps particulier en vue des expériences de la vie dont elle a besoin.
Une autre conception met en avant le cycle du temps dans la renaissance. Elle stipule que le temps combiné de la résidence de l'âme dans le domaine cosmique et sur la terre ne peut pas dépasser une période précise.


La conception moderne de la réincarnation

Dans la version moderne communément acceptée de la réincarnation, l'âme et la personnalité ne font qu'une. Disons simplement que l'âme a une mémoire innée de sa vie passée qui affirme-t-on, peut-être rappelée.
Fondamentalement, la plupart des fervents adeptes de la réincarnation acceptent l'idée que l'âme est une substance, une sorte de segment divin qui est implanté dans le corps. Cette notion implique, en plus, que chaque âme est qualitativement différente bien qu'elle provienne de la même source divine. Philosophiquement et métaphysiquement, ceci semblerait s'opposer à la croyance en l'unité cosmique de toutes les âmes.
Aujourd'hui, l'acceptation courante de la réincarnation doit faire face à plusieurs questions qui la mettent au défi. Pourquoi l'homme est la seule créature vivante à avoir une âme si tous les êtres et les choses ont été divinement créés ? Pourquoi l'homme doit renaître seulement sur terre ? Devons-nous supposer que la connaissance spirituelle ne peut pas être acquise ailleurs dans le vaste Cosmos ? La terre est-elle la seule école où les êtres intelligents puissent apprendre ? Le Divin ne reconnaît-il comme lui étant reliés que les êtres créés sur terre ?
Une variante de ces idées, exposée par certains, affirme que l'âme accomplit des «migrations» d'un monde à un autre dans son cycle de progression ; autrement dit, il y a-t-il une hiérarchie des mondes à travers lesquels l'âme doit s'élever pour parvenir à la perfection ?
Il existe une manière philosophique et mystique d'aborder la réincarnation, et ses principes sont plus rationnels. Ce système, comme celui de l'ancienne croyance Indienne, préconise qu'il y a une force cosmique universelle de l'âme qui a une intelligence innée, pénétrant toutes choses. Cette intelligence est nettement liée à la Force Vitale.
Puisque cette Force Cosmique, ou Force Vitale, est reliée au phénomène de la vie, alors, tous les êtres vivants la possèdent ainsi que son intelligence innée. Par conséquent, les animaux aussi ont potentiellement ce que l'homme réalise comme étant l'âme. Cependant, étant des êtres moins complexes au sens organique, ils n'ont pas la réalisation personnelle de leur double nature. Une telle réalisation doit être acquise par l'évolution. L'homme doit évoluer jusqu'à cet état de conscience où il fait l'expérience de la «qualité de l'âme» qui réside dans tout son être.
Selon cette conception, il n'y a pas d'âmes individuelles séparées. Après la mort, la force de l'âme retourne à son unité universelle. Elle emporte avec elle l'impression du moi, de la personnalité qu'elle a acquise. Celle-ci alors est immortalisée dans l'âme universelle. La force vitale entrant dans un corps avec l'âme qui l'accompagne peut garder la mémoire de sa vie, ceci après sa mort, comme un parfum qui persiste dans une pièce après que la fleur ait été enlevée.
À la différence d'autres croyances en la réincarnation, cette conception métaphysique et mystique n'affirme pas que l'âme peut être, soit corrompue, soit perfectionnée, par l'homme. Elle affirme plutôt que l'âme humaine, étant une infusion de l'âme cosmique universelle, est divine, et qu'il dépasse les possibilités de l'homme de modifier son état. Du fait qu'il n'y a pas de variation de la qualité de l'âme, tous les hommes sont égaux dans l'essence de l'âme.
Il est également expliqué que les différences dans la conduite morale du genre humain sont dues aux différences de réactions des individus à l'essence divine, à la force universelle de l'âme qui est en eux. Donc, c'est la personnalité qui doit être perfectionnée et qui doit évoluer pour refléter et manifester la qualité de la force divine de l'âme affluant à travers le moi physique. C'est à cet égard, figurativement parlant, qu'il existe une différence entre un saint et une personne malveillante. L'âme de chacun d'eux est cosmique et divinement parfaite et exempte des variations de la conduite humaine. Plus l'individu répond à la direction intuitive de cette intelligence divine, plus son être entier devient en accord avec elle.
L'homme peut-il prouver la réincarnation, c'est-à-dire l'établir d'une manière objective et empirique qui soit acceptable pour tous les autres hommes ? On pourrait tout aussi bien demander . « Jusqu'à présent, l'homme a-t-il prouvé l'existence de Dieu d'une manière qui soit objectivement acceptable pour tous les hommes ?» En ce qui concerne de tels sujets, le recours à la perception objective de l'homme est sans efficacité du fait que le phénomène en question transcende les sens récepteurs des hommes. L'expérience mystique de ces phénomènes comporte des impressions de réalité qui sont seulement personnelles à l'individu. Il est difficile de donner de ces phénomènes une description qui soit universellement réalisée et qui soit acceptée par tous les hommes.
C'est pourquoi la réincarnation doit toujours être une vérité relative à l'état de conscience de l'individu. Cependant, l'idée de la réincarnation a tout autant de solidité que tout autre conception ou croyance traditionnelle sur la vie de l'âme après la mort et la continuation de son existence. Il existe aussi des écrits sacrés anciens et vénérés qui soutiennent cette doctrine. La différence de leur origine ou de l'époque à laquelle ils furent écrits ne leur enlève aucune valeur.
La croyance — que nous ne pouvons ni prouver ni réfuter objectivement — est pour nous une alternative de vérité.


Quelques hommes célèbres

«Le génie, c'est l'expérience. Certains semblent croire que c'est un don ou un talent, mais c'est le fruit de la longue expérience de plusieurs vies. Certaines âmes sont plus vieilles que d'autres, et elles en savent plus long». Henry Ford (industriel américain (1863-1947).

Nous citons ci-dessous quelques hommes célèbres qui ont abordé la réincarnation dans leurs œuvres
DANTE, poète italien (1265-1321) — LÉONARD DE VINCI, peintre, sculpteur, architecte, musicien, inventeur, mathématicien, anatomiste (1452-1519) — PARACELSE, médecin et alchimiste suisse, (1493-1541) — GIORDANO BRUNO, philosophe, poète et dramaturge italien (1548-1600) — WILLIAM SHAKESPEARE, poète dramatique anglais (1564-1616). — SPINOZA, philosophe hollandais (1632-1677) — LEIBNIZ, philosophe et savant allemand (1646-1716) — VOLTAIRE, écrivain français (1694-1778) — BENJAMIN FRANKLIN, homme politique, savant et philosophe américain (1706-1790) — DAVID HUME, philosophe écossais (1711-1776) — FRÉDÉRIC LE GRAND, Roi de Prusse (1712-1786) — EMMANUEL KANT, philosophe allemand (1724-1804). — J.W. VON GOETHE, écrivain allemand (1749-1832) — FRIEDRICH VON SCHILLER, poète et dramaturge allemand (1759-1805) — G.W.F. HEGEL, philosophe allemand (1770-1831) — ARTHUR SCHOPENHAUER, philosophe allemand (1788-1860) — NAPOLÉON BONAPARTE, Empereur des Français (1769-1821) — CHARLES FOURRIER, philosophe et économiste français (1772-1837). — PIERRE LEROUX, philosophe, publiciste et homme politique français (1797-1871) — HONORÉ DE BALZAC, écrivain français (1799-1850) — GÉRARD DE NERVAL, poète et écrivain français (1808-1855) — THÉOPHILE GAUTIER, poète et écrivain français (1811-1872) — GUSTAVE FLAUBERT, écrivain français (1821-1880) —ERNEST RENAN, écrivain français (1823-1892) — RALPH WALDO EMERSON, essayiste et philosophe américain (1803-1882) — EDGAR ALLAN POE, poète, conteur et critique américain (1809-1849). — FRANCIS BOWEN, philosophe américain (1811-1890) — CHARLES DICKENS, romancier anglais (1812-1870) — RICHARD WAGNER, compositeur allemand (1813-1883) — SOREN KIERKEGAARD, théologien et penseur danois (1813-1855) — LÉON TOLSTOÏ, romancier, conteur et auteur dramatique russe (1828-1910). — GEORGE BERNARD SHAW, écrivain et dramaturge irlandais (1856-1950) — ARTHUR CONAN DOYLE, romancier et auteur dramatique écossais (1859-1930) — GUSTAV MAHLER, compositeur et chef d’orchestre autrichien (1860-1911) — MAURICE MAETERLINCK, écrivain belge (1862-1949) — DAVID LLOYD GEORGE, homme politique britannique, Premier Ministre (1916-1922), (1863-1945) — RUDYARD KIPLING, romancier et poète anglais (1865-1936) — ALDOUS HUXLEY, poète, journaliste et romancier anglais (1894-1963) — J.D. SALINGER, romancier américain (né en 1919) — NORMAN MAILER, romancier américain (né en 1923) — THOMAS H. HUXLEY, naturaliste anglais (1825-1895). — THOMAS EDISON, inventeur américain (1847-1931) — J.B. RHINE, parapsychologue américain (né en 1895) — JOHN WHEELER, physicien américain (né en 1911) — WILLIAM JAMES, philosophe américain (1842-1910) — SIGMUND FREUD, neurologue et psychiatre autrichien (1856-1939) — CARL G. JUNG, psychologue et psychiatre suisse (1875-1961), etc., etc.


Études de l’A.M.O.R.C. (Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix)

L’A.M.O.R.C. est un mouvement philosophique, initiatique et traditionnel mondial, non religieux, non sectaire et apolitique, ouvert aux hommes et femmes sans distinction de race, de religion ou de position sociale. Traditionnellement, ses membres, appelés Rosicruciens, ont exploré les idées sur la réincarnation et les cycles de conscience. Comme beaucoup d'autres mystiques et philosophes mondiaux, ils s'efforcent d'expliquer leurs expériences personnelles au moyen de théories qui donnent une signification à leurs expériences et fournissent un plan de travail pour de plus amples études. Bien que la théorie de la réincarnation soit ouvertement acceptée par la majorité de l'humanité, il n'est pas possible de prouver avec certitude qu'elle est vraie. Même les plus attentives recherches sur un cas donné semblent seulement prouver la possibilité de la réincarnation dans ce cas. La réincarnation en tant que «fait généralement accepté» peut donc dépasser le domaine de la preuve empirique qui serait acceptable à chacun.
Parmi un certain nombre de critiques contre la théorie de la réincarnation, nous relevons les suivantes

Des gens raisonnables ont l'impression qu'eux-mêmes ou d'autres peuvent avoir simplement «construit» ou «imaginé» l'expérience de réincarnation. La plupart des gens n'ont pas confiance en leur moi intérieur avec ses attributs d'imagination créatrice (Mémoire complète plus Intuition). Ceci est dû surtout à la civilisation dans laquelle nous vivons. L'imagination est souvent associée à l'irrationnel et à l'absurde, c'est pourquoi beaucoup de personnes raisonnables répugnent à faire confiance à leur propre imagination créatrice.
Souvent nous n'avons pas de données historiques ou d'autres méthodes scientifiques pour valider l'expérience. De plus, beaucoup de personnes font simplement l'expérience de ce phénomène sans essayer de vérifier les images qui se sont présentées, se refusant ainsi à elles-mêmes l'expérience infiniment plus riche de Savoir.
Des sceptiques ont tendance à accorder peu de foi à cette théorie parce qu'il y a trop de personnes qui prétendent avoir été d'importants personnages comme Cléopâtre ou Alexandre le Grand. On a aussi suggéré que les personnages importants dont les individus normaux par ailleurs faisaient l'expérience pouvaient être dus au fait que ces grandes personnalités étaient inséparables des motifs archétypes sous-jacents qui sont l'héritage commun de tous les êtres humains. À cet égard, la teneur impersonnelle du subconscient de chacun possède le type de Cléopâtre ou d’Alexandre. L'expérience, de ces images archétypes internes, pourrait alors être émise comme une explication de rechange pour les expériences sur les vies passées.
Une critique souvent entendue est que des professionnels bien intentionnés employant la régression dans les vies passées peuvent inconsciemment imprimer leurs propres images dans le subconscient d'une autre personne. Les sujets peuvent aussi réagir à des suggestions subconscientes provenant de l'histoire, des livres, des romans, des spectacles et d'autres aspects de la culture dont ils sont entourés.
Une difficulté majeure pour ceux qui ont l'esprit ouvert à la théorie de la réincarnation est celle de la différenciation des «souvenirs de vies passées» des produits de la clairvoyance et de la rétrocognition (la capacité de retrouver l'information d'un passé lointain, la psychométrie, etc.).

En dépit de ces critiques, ceci ne signifie pas, comme beaucoup en on conclu, qu'un individu se voit interdit pour toujours de découvrir par lui-même s'il a ou non vécu auparavant. Bien au contraire. Aujourd'hui il y a un grand intérêt scientifique pour le travail qui est fait dans le domaine de la réincarnation et de la thérapie des vies passées. Les techniques scientifiques employées vont de l'hypnose à la visualisation guidée et à la méditation — ces dernières pratiques depuis longtemps enseignées par les Rosicruciens.


Recherches en psychologie

Une étude entreprise par la psychologue Helen Wambach 1 défie plusieurs critiques contre la théorie de la réincarnation. Elle analysa 800 expériences de vies passées provoquées par hypnotisme chez 230 personnes. Bien qu'elle n'ait pas pu prouver la réincarnation de manière certaine, elle croit qu'il devient de plus en plus difficile de refuser le souvenir des vies passées au fur et à mesure que les données s'accumulent. Des sujets se plaçaient eux-mêmes dans des décors géographiques, historiques, sociologiques appropriés, ce qui est une découverte qui suggère un autre élément que le simple hasard ou la chance dans le travail.

Dans un autre aspect de cette recherche, des périodes de temps particulières furent assignées pour voir si les individus auraient tendance à faire des associations évidentes avec des époques célèbres. Une petite minorité seulement, de sujets Américains rapportèrent avoir vécu dans l'Ouest de l'Amérique ou dans les États de la Prairie lorsqu'on leur demanda de remonter vers 1850. La grande majorité des sujets qui se rappelaient leurs vies vers 1700 ne se trouvaient pas alors dans l'Amérique Coloniale et le rappel de la période aux environs de 25 après J.C. ne produisit pas un nombre inhabituel de rapports de vies à Rome ou en Terre Sainte. Wambach conclut que, si les gens rapportaient des histoires qu'ils avaient lues, ce n'étaient pas des histoires courantes de notre culture. Les sujets étaient soit très raffinés et se dirigeaient personnellement sans consultation pour rejoindre des vies nettement dispersées au hasard des périodes historiques, ou bien le rappel du passé pouvait se brancher sur des souvenirs réels du passé.

La possibilité de la négation de la rétrocognition et de la clairvoyance, etc. vient du fait que très peu de sujets se retrouvent comme importants socialement. Wambach définissait la «classe supérieure» comme une classe mangeant bien et s'habillant bien (12 %). Ceux qui étaient habiles ou avaient un commerce étaient la «classe moyenne» (20 %). «La classe inférieure» était formée des paysans, des esclaves et des autres durs métiers dans le cadre de leur époque (68 %). Avant 1700, très peu rapportaient avoir vécu dans la classe supérieure (3 à 5 %). Les sujets rapportant avoir vécu des vies humbles vivaient sans prendre conscience ou sans s'intéresser aux affaires des rois et des cours, aux batailles et aux explorations (tels que nous trouvons ces événements dans les livres d'histoire). Les sujets disaient qu'ils savaient peu de choses des systèmes religieux. Ils étaient très sensibles à ce qui touchait leurs familles et leurs cercles immédiats et le grand événement dans leurs communautés était l'apparition d'étrangers. La plupart de ceux qui moururent dans des guerres furent tués dans des escarmouches et par des bandes de brigands, et non pas dans de grandes batailles entre armées. La viande était rare. La plupart des sujets rapportaient avoir mangé des céréales et des fruits étranges. Avant 1500, le mouton était la seule viande mentionnée. Ceux qui rapportaient avoir vécu des vies tribales disaient avoir mangé de petits animaux, pas de gros gibier. Le rapport montrait aussi que 59 % rapportaient être morts de mort naturelle due à la maladie, 21 % ne pouvaient pas être classés ou étaient morts accidentellement, 18 % de mort violente, 2 % par suicide. Les expériences sur la mort avaient tendance à être en corrélation avec de récentes recherches sur des rapports suivant le réveil après la «mort clinique».2

La théorie psychiatrique traditionnelle a supposé que les expériences de réincarnation étaient le produit d'esprits dérangés, mais une étude expérimentale dirigée en Finlande a démontré que ce n'est pas nécessairement le cas. Le psychiatre Reima Kampman a ramené les «personnalités passées» évoquées par la régression hypnotique au déploiement d'une «personnalité multiple». Le Dr. Kampman découvrit que les personnes qui étaient capables d'avoir des expériences de vies passées étaient en réalité en meilleure santé que celles qui ne pouvaient pas en avoir. 3

À partir d'une équipe de 450 adolescents volontaires auxquels furent attribuées des évaluations psychiatriques et des tests de diffusion d'identité, Kampman fut capable d'induire un profond état hypnotique chez 78 de ces adolescents. 32 d'entre eux, ou 7 % des 450 furent capables de répondre à la suggestion  «Vous remontez» une époque précédent votre naissance. Vous êtes quelqu'un d'autre, «quelque part ailleurs», en donnant les noms, les lieux et la description générale des autres personnalités enfermées dans leurs psychés. Un des sujets de Kampman, une femme de 20 ans révéla 8 personnalités différentes dans un ordre chronologique progressif allant d'une jeune femme qui vécut en Russie durant la Révolution Bolchevique (et qui s'excusait craintivement d'employer le nom pré-révolutionnaire de Pétrograd pour Léningrad) jusqu'à une Lady anglaise du XVIIIe siècle qui donnait les distances en miles plutôt qu'en kilomètres, et à une petite fille nommée Bessina qui disait avoir vécu à Babylone juste avant l'ère chrétienne.

Contrairement à ce que la littérature psychiatrique officielle voudrait laisser croire, il ne s'agissait pas d'esprits troublés, au bord de la fragmentation. Comparés à ceux qui n'ont pas eu d'expériences de réincarnation, les individus du groupe de réincarnation, ou à personnalités multiples, ont une plus grande tolérance au stress, une plus grande faculté d'adaptation et un sentiment de culpabilité bien moins grand. La diffusion de l'identité interne (une qualité névrotique définie comme un désaccord entre ce que l'individu sent de lui-même et la matière dont il sent que les autres le perçoivent) fut également plus grande dans le groupe sans réaction. Kampman suggère que dans la situation menaçant l'ego, induite par la requête hypnotique de recherche d'autres personnalités, seul l'individu en bonne santé peut répondre de façon créative et imaginative.

La recherche scientifique sur le phénomène de la réincarnation ne se limite pas seulement aux études sur la régression hypnotique. Des techniques de visualisation et de méditation guidée ont aussi été employées efficacement par des psychiatres et des psychologues.


Conclusion

Le point le plus important à rappeler c'est que, au niveau individuel, la réincarnation n'est plus une question de preuve ou de foi, mais d'expériences personnelles qui donnent un sens et une dimension à notre vie présente. Toutes les fois que nous nous tournons délibérément vers l'intérieur avec confiance, nous sommes récompensés par une expérience initiatique. Pour faire l'expérience des vies passées, il est seulement nécessaire d'avoir le courage et la force de se relaxer et de poser à son moi intérieur des questions significatives, puis de permettre à l'imagination (avec son double aspect de mémoire complète et d'intuition) de nous montrer ce que nous sommes réellement.

«Les partisans de la réincarnation ne disent pas que c’est parce qu’elles se sont lassées de la contemplation divine, ou parce qu’elles se sont détachées de Dieu, que les âmes retournent sur la terre. Bien au contraire. Ils ne disent pas non plus que ce retour est un châtiment. Ils pensent que la vie sur terre nous est imposée pour que nous puissions progresser et devenir les maîtres de la matière, de laquelle, par sa chute, Adam nous a rendu esclaves. La vie sur terre ne pourrait être prolongée sans inconvénients pendant plus d’une centaines d’années, pour des raisons qu’il n’est pas nécessaire de mentionner ici. Cent années, cependant ne sont pas suffisantes pour gagner la victoire finale, et il était donc nécessaire qu’une plus longue période de temps nous soit accordée, coupée, cependant par des intervalles d’un plus profond sommeil que notre sommeil quotidien. Chacun de ces sommeils est appelé mort. Il est vrai que chaque existence est accompagnée de l’oubli de celles qui l’ont précédée, mais cette perte de mémoire est providentielle et facilite l’évolution. Si nous devions nous souvenir de nos vies précédentes, il nous serait difficile de changer nos plans de vie. Quand finalement, nous nous sommes éveillés un nombre suffisant de fois pour atteindre le but de nos efforts, qui est la spiritualité, nous mourrons pour la dernière fois et ne revenons plus sur terre». PAPUS (Dr. GÉRARD D’ENCAUSSE) 1865-1916

Autres liens :

La Naissance Du Moi - Origène Et La Genèse De L'idée Chrétienne De Réincarnation Dans Le Courant De Pensée De Pythagore À Lessing Manfred Krüger


                      http://www.phosphenisme.com/z-reincarnation.html

                      https://www.bouddhismeaufeminin.org/ian-stevenson-travaux-sur-la-reincarnation/

                      http://www.cultura.com/une-vie-avant-la-vie-des-enfants-racontent-leurs-vies-anterieures-9791024201184.html

                      http://www.philippedelyon.org/ouvrages/papus-ce-que-deviennent-nos-morts.pdf

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