Comment les fondements du libéralisme individualiste ont ouvert une boîte de Pandore




    Michéa sur le libéralisme


Lorsqu’on se penche un peu sur le libéralisme, on s’ aperçoit d’ abord qu’il a des origines lointaines, qu’ ensuite il est difficile de le reconduire à un théoricien en particulier, puisque le libéralisme, c’est un ensemble d’ auteurs. Les choses se compliquent encore dans la mesure où on a pris l’ habitude de distinguer le libéralisme philosophique, le libéralisme politique, le libéralisme économique que les italiens appellent le « libérisme » , et évidemment, le libéralisme sociétal.

Quand on essaye de trouver quel est le point commun de toutes ces formes de libéralisme, l’ unité profonde du libéralisme, il faut aller au-delà du politique, au-delà de l’ économique, et il faut rechercher ce qu’on peut appeler l’ anthropologie libérale. Car, le libéralisme part avant tout d’une certaine conception de l’ homme et par suite, évidemment, de la société.

On peut dire que le libéralisme , c’est la doctrine qui pose l’ individu et sa liberté sensée être naturelle comme les seules instances normatives de la vie. C’est-à-dire que c’est la doctrine qui fait de l’ individu la seule et unique source des valeurs et des finalités qu’il s’est choisies.

Donc, au départ, vous avez cette pulsion individualiste. Quand on veut l’ analyser, il ne faut pas s’ orienter vers la psychologie ou la sociologie, mais véritablement vers la théorie politique. L’ individualisme libéral comporte deux volets :

Un volet, qui pose l’ individu comme premier, non pas seulement comme premier au sens où c’est le plus important mais également comme premier chronologiquement . Dans la doctrine libérale, l’ individu existe avant la société. Un point tout à fait caractéristique qui spécifie cette doctrine puisque on imagine que l’ homme a préexisté à la société, ce qui est évidemment une absurdité. Il n’ y a pas d’ hommes sans sociétés humaines.

Cette conception de l’ homme, permet d’ affirmer essentiellement son caractère non-social. L’ homme n’ est pas un être fondamentalement social puisque il hérite d’ une période où l’ individu préexistait à la société.

Il s’ ensuit que la société se laisse analyser comme une simple somme, une simple addition d’ individus. Vous retrouvez là, l’idée que le Tout n’est rien d’ autre que la somme , l’addition de ses parties. Alors que dans une conception non individualiste, c’est-à-dire dans une conception holiste, au contraire, le tout est toujours quelque chose de plus que l’ addition de ses parties, de ses composantes, et c’est la raison pour laquelle, il en en tant que tout , en tant qu’ ensemble, des propriétés que des individus isolés n’ont pas !
 
[Un organisme n' est pas seulement la collection de tous les éléments qui le composent, c' est plus encore la fusion de ces éléments en un tout, en un seul et même être, qui aboutit à créer une forme de vie plus élevée que celle des composants.Ces composants peuvent être des individus indépendants, comme les abeilles d'une ruche. Dans ce cas, l' unité organique est créée par l' essaim tout entier, en vue duquel vivent les individus. l' essaim dans son ensemble exprime un " organisme clos ".Goethe a déjà eu cette idée. Il l' exprime dans sa " métamorphose des plantes". Pour lui, le tout coordonne les divers éléments de l' être : LA LOI MORPHOLOGIQUE DE L'ENSEMBLE SE RETROUVE DANS CHACUNE DES PARTIES ; CHACUNE D'ELLES EST UNE METAMORPHOSE DU PRINCIPE QUI  IMPOSE à L'ENSEMBLE SA FORME.] (E.Pfeiffer )

Alors le deuxième volet, c’est une conception , une définition économique de cet individu. L’ individu est posé sur la base même de ce que l’ on appelle « l’ homo oeconomicus ». Essentiellement comme un producteur et un consommateur qui oriente sa vie de façon à toujours maximiser son utilité qui est son intérêt personnel en toute circonstances. Du point de vue moral, ça porte un nom, c’est la conduite égoïste. La doctrine libérale est une doctrine qui définit l’ individu comme un être fondamentalement égoïste, toujours à la recherche de son meilleur intérêt, matériel si possible, et qui non seulement le décrit comme tel, mais d’un point de vue normatif approuve cette définition, c’est-à-dire que l’ individu est effectivement fondé et doit être laissé libre de rechercher en permanence son meilleur intérêt.

Ces deux idées de l’ homme comme un être non fondamentalement social et comme un être qui se définit comme recherchant toujours son meilleur intérêt, s’ articulent l’ une à l’ autre, en ce sens que étant donné que l’ homo oeconomicus , l’individu, préexiste à la société, il faut expliquer comment il est rentré en société. Ce sont toutes les théories du contrat social, qui expliquent que l’ homme est rentré en société précisément, parce qu’il y trouvait un intérêt, il y trouvait un avantage. Dans les théories de Hobbes par exemple, son intérêt est sensé d’ échapper à une guerre de tous contre tous, qui est la caractéristique de l’ état de nature. Chez un auteur comme John Locke, l’ homme est entré en société parce que la société lui donnait les moyens de protéger son droit de propriété individuel.

L’ homme se comporte donc comme un être social, non pas du tout parce que cela est dans sa nature. Aristote dit : « l’ homme est un être social et politique »; le libéralisme dit le contraire d’Aristote, l’ homme n’est pas un être social et politique, il se comporte comme un être social parce qu’il est sensé y trouver un avantage.

Alors, l’individu n’ étant pas fondamentalement un être social, il s’ en déduit tout naturellement qu’il est considéré en soi, abstraction faite de tout contexte social ou culturel ( l’ héritage, l’ appartenance sont tenus comme quantités négligeables par rapport au libre-arbitre de l’ individu).

Dans le libéralisme, l’ homme peut donc s’ appréhender comme individu sans avoir à penser sa relation avec d’ autres hommes, sans même une socialité qui peut paraître primaire ou secondaire. C’est un sujet autonome, posé comme propriétaire de lui-même et mû par son seul intérêt particulier.

La conception de la liberté que va défendre le libéralisme à partir de là, je dirai qu’ elle est une conception dévoyée de la liberté. Benjamin Constant avait opposé au XVIII e siècle, la liberté des anciens à celle des modernes : la liberté des anciens telle qu’elle s’ exprimait durant l’antiquité est une liberté pour faire quelque chose, c’est-à-dire une liberté de participer. Pour les anciens, par rapport à la vie politique, par exemple, la liberté s’ était de pouvoir participer à la vie publique. Cette idée d’ une liberté pour faire, n’ est pas du tout la liberté des modernes, sous-entendue :
la liberté libérale qui est une liberté de faire ou de ne pas faire ! Et le " ne pas faire " est sans doute ce qui compte le plus ! C’est-à-dire que on légitime en quelque sorte le droit d’ indépendance et donc de sécession.

L’ article 4 de la déclaration des Droits de l’ homme et du citoyen du 26 août 1789 définit la liberté de la manière suivante :

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ».

La liberté entendue de cette manière-là déconnecte totalement l’ homme de toute obligation d’ agir pour le Bien. On ne s’ occupe plus de savoir si l’ homme vit bien ou mal, si il agit pour le Bien ou pour le Mal, l’essentiel c’est que tant qu’ il n’antagonise pas la liberté des autres, il peut faire tout ce qu’il veut. Il y a une absolue indifférence quant au bien ou au mal. La liberté est ainsi assimilée au gouvernement autonome de soi-même, ce qui implique que l’ individu puisse faire ses choix sans en déterminer quoi que ce soit d’ autre que sa volonté, ses besoins ou son désir.

Par conséquent, rien en amont de lui-même ne contribue à déterminer ses préférences ou ses choix.

La liberté libérale implique que l’ individu soit toujours antérieur à ses fins, par conséquent qu’il n’ est rien qui soit en amont de lui, qui puisse le prédéterminer, modeler ses orientations et ses choix.

Lorsqu’on remonte aux origines du libéralisme, on ne peut pas s’épargner à corps défendant de porter un regard sur la Révolution qu’ a représentée l’ introduction du christianisme en Europe. Car il y a là incontestablement quelque chose qui va pouvoir se mouler en individualisme. Le Christianisme est une religion de salut et de salut individuel, ce qui signifie que ce n’ est pas une religion de la Patrie. Lorsque le grec rendait un culte au dieu grec, il rendait un culte au dieu de leur peuple. Lorsqu’on rend un culte au dieu unique, on rend un culte au dieu de toute l’ humanité, et on voit par là que l’ individualisme a en quelque sorte partie liée avec l’universalisme. Cette individualisation va se trouver accentuée encore chez st Augustin. Il insiste énormément sur la notion de for intérieur individuel. C’est dans la contemplation de son âme que l’ homme se met en relation avec Dieu grâce à sa transcendance personnelle.


Guillaume d' Occam


Un autre courant religieux qui va jouer au Moyen-Âge un rôle très important dans l’ émergence de l’ individualisme, c’est le nominalisme. Illustré notamment au XIV e siècle par Guillaume d’ Ockham et la querelle des universaux. Le nominalisme est une doctrine qui déclare selon la formulation canonique « qu’il n’y a pas d’ être au-delà de l’ être singulier » !

Et par conséquent les collectivités ( les peuples,les cultures, les civilisations) représentent quelque chose d’ au-delà de l’ individu, de l’ être au singulier, et n’ont pas d’ existence véritable. On retrouve là ce que le libéralisme va développer : les collectivités ne sont que des additions d’ êtres au singulier, c’est-à-dire précisément, d’ individus.

J’ ai évoqué tout à l’ heure l’égoïsme, le caractère fondamental de l’ égoïsme de l’ homme selon la doctrine libérale. C’est une véritable révolution morale qui s’ opère. De manière traditionnelle, païenne ou chrétienne, on sait bien que l’ homme est mû par ses passions, par sa convoitise, par le désir d’augmenter son intérêt. La règle morale jusque-là était de dire : il n’ y a pas que ça dans la vie ! Ce n’est pas par cela qu’on atteint son « télos » , c’est-à-dire le sens même, la plénitude de son existence. Donc, on apprenait aux gens à ne pas être égoïste. On apprenait à se soucier des autres et de ce qui est au-delà de soi , des idéaux et tout ce qui permettait de dépasser son égoïsme. Or, avec le libéralisme, nous nous trouvons dans un renversement brutal qui fait de l’ égoïsme au contraire le moteur le plus naturel du comportement humain.

Et c’ est très intéressant de voir quelle est la justification que le libéralisme va donner de cet égoïsme ! L’ égoïsme : c’est l’ altruisme ! C’est en étant égoïste qu’on sert le mieux l’intérêt général de la société !!!

Adam Smith qui est un des pères fondateurs de la pensée libérale dit ceci : « Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, l’ homme travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’ intérêt de la société que s’il avait réellement pour but d’ y travailler ».

Cette idée-là va être développée par des auteurs libéraux et principalement par Bernard de Mandeville, qui en 1714, explique dans son livre ( la fable des abeilles ) que :  
« l’ égoïsme c’est l’ altruisme ». 
http://www.phi2080.uqam.ca/node/186 

Par une alchimie miraculeuse attribuable éventuellement à une main invisible, les comportements égoïstes des individus vont s’ harmoniser convenablement et parvenir à faire le bonheur de tous !

Il est évident que ce thème de la main invisible qui joue un rôle très important dans le libéralisme économique puisque c’est le ressort qui permettrait l’ ajustement spontané de l’ offre et de la demande , la détermination optimale du niveau des prix, l’ ajustement du marché dans ce qu’il peut avoir d’auto-régulateur, cette main invisible n’ est en réalité qu’une version séculière de la Providence qui postule elle-même l’ harmonisation naturelle et spontanée des intérêts particuliers. Vous remarquerez que ce que l’ on appelle l’axiomatique de l’ intérêt n’ est rien d’autre en terme philosophique de cette disposition naturelle de l’ être humain à l’ égoïsme.

Dans la mesure où le règne du libéralisme s’est confondu avec la modernité, on comprend mieux du même coup que l’ idéologie fondamentale de la modernité telle que définie par Heidegger est ce qu’il appelle la métaphysique de la subjectivité, cette dernière devient une loi générale des choses, puisqu’il n’y a plus de détermination objective de la réalité ; tout passe par la médiation de la pulsion individuelle et par conséquent elle est dans le règne total de la subjectivité.


Karl Polanyi

Sur le plan économique, l’ idée centrale qui est développée c’est l’ idée d’ une supériorité d’une régulation par le marché qui serait le moyen le plus efficace, le plus rationnel et le plus juste pour harmoniser les échanges. Mais cette idée a été battue en brèche par Karl Polanyi qui montre bien dans son livre « la grande transformation » (1940 ) que la forme naturelle de l’ échange dans les sociétés traditionnelles, ce n’ est pas le marché , c’est quelque chose qui a à voir avec la logique du Don et du contre-don. L’ échange marchand n’ étant qu’ un aspect des choses qui évidemment va prendre de plus en plus d’ importance.

Mais pour que le marché soit particulièrement prédominant, c’est paradoxalement l’ Etat qui va l’ instituer comme tel. D’autres auteur tels Serge Latouche montre à l’ évidence que dans l’ histoire, l’ institution du marché et le développement de l’ Etat marche rigoureusement main dans la main.

Quant au fonctionnement optimal du marché, il implique le nécessaire Laissez-passer. Vous connaissez ce vieux slogan libéral qui correspond à la libre-circulation des biens et des marchandises, des hommes et des capitaux. Qu’est-ce que cela signifie ?

Les frontières ne représentent rien ! Tout au plus doivent-elles être supprimées dans la mesure où elles font obstacle au développement des échanges marchands. Vous retrouvez-là une thématique qui est celle-là même que celle de la mondialisation du commerce et de toute la propagande que l’ on entend dans toutes les institutions acquises à la doctrine libérale.


Adam Smith

Cette insistance sur la nécessaire dissolution des frontières entraîne que soit également tenu pour transitoire, secondaire voire nuisible toutes les formes d’ appartenance, de vivre ensemble, de valeurs partagées qui étaient rendues possibles dans le passé par l’ existence de ces frontières. Adam Smith encore lui précise : « un marchand n’ est nécessairement citoyen d’ aucun pays en particulier . Il lui est en grande partie indifférent auquel il tienne son commerce, et il ne faut que le plus léger dégoût pour qu’il décide d’ emporter son capital ailleurs et avec lui toute l’ industrie qu’ il avait en activité ».

Le résultat de cette façon de voir comme l’ écrit Polanyi, c’est que toute société est désormais gérée en tant qu’ auxiliaire du marché. Au lieu que l’ économie soit encastrée dans les relations sociales, ce sont ces dernières qui sont encastrées dans les relations économiques. Pour Polanyi, l’ économie dans le passé n’était pas spécialement valorisée. Pour Aristote par exemple, l’ économie ressortait du domaine de la nécessité et non de la liberté ! Là encore, le libéralisme inverse les choses, car il place dans l’ économie le domaine de la liberté. L’échange marchand qui n’ était autrefois qu’une valeur peu valorisée. Au sein du schéma tripartite des Indo-Européens, l’ activité économique ressortait clairement à la troisième fonction, c’est-à-dire celle qui est étroitement subordonnée aux deux autres que sont la fonction guerrière et la fonction souveraine ( politique et sacerdotale ). L’ économie est devenue à notre époque le fondement et la règle générale de la société civile. Le libéralisme pose la société comme marché et ensuite le monde lui-même comme un grand marché planétaire .

Tout cela serait à mettre en relation avec ce qu’en ont dit d’ autres auteurs et de la sacralisation de la modernité par le règne de la quantité ( Guénon ). La modernité, c’est de l’ ordre du comptable, du calculable, de l’ efficient. Les valeurs marchandes se substituent à toutes les autres valeurs puisque toute valeur qui ne peut se réduire à du quantifiable, de l’ argent donc, n'est que transitoire, secondaire voire inexistante.



Péguy


C’est ce que disait Péguy lorsqu’il écrit: « Tout l’ avilissement du monde moderne , toute la mise à bas prix du monde moderne, vient de ce que le monde moderne a considéré comme négociable des valeurs que le monde antique et le monde chrétien considéraient comme non-négociables ».

Le sport, la culture, l’ art à leur tour rentrent comme des valeurs négociables, et la marchandisation du corps humain montrent bien que ce processus de marchandisation n’ a pas cessé de s’ étendre !

Passons maintenant au libéralisme politique.

C’est une formule qui ressemble à un oxymore. Il y a une contradiction dans les termes. Dans la mesure où le libéralisme pose l’ individu comme un être finalement commerçant, un homo oeconomicus, il est évident par là même qu’il pose l’ économique comme prioritaire par rapport au politique. Un auteur comme Karl Schmidt écrit qu’il ne peut y avoir de libéralisme politique, car le libéralisme par nature est antagoniste des postulats fondateurs du politique.

Ce qu’on appelle libéralisme politique n’ est rien de plus que du libéralisme appliqué à la politique ; il tend au contraire à le destituer ( l’ Etat ) de ses prérogatives. Il tend à déplacer les choix politiques vers des problèmes techniques dont seule l’ approche libérale fournirait la solution. C’est toute l’ approche amorcée dans les années 80 par Margaret Thatcher. Il n’ y a pas d’ alternative consiste à affirmer de façon péremptoire qu’ il n’ y a pas de pluralités de choix possibles en fonction de critères différents. Le libéralisme tend à substituer le gouvernement des hommes par l’ administration des choses.

Par ailleurs, le libéralisme privilégie le domaine du privé au public, car l’ Etat c’est le politique, donc pour lui c’est le domaine de la nécessité, et l’ économique est pour le libéral le domaine de la liberté ! D’où l’ impérieuse nécessité de contraindre les Etats à privatiser le plus possible. Dans ces conditions, le seul rôle que les libéraux consentent à attribuer à l’ Etat est de garantir les conditions nécessaires au libre-jeu de la rationalité économique à l’œuvre sur le marché. C’est l’ Etat-intendant qui ne saurait avoir de finalités qui lui soit propres mais qui se contente de surveiller la population, récolter les impôts et de faire régner l’ ordre et la sûreté.

L’ Etat n’est là que pour garantir les droits individuels, les échanges, le respect des lois et affaires judiciaires. Dans tous les autres domaines, il doit renoncer à proposer le moindre modèle. Il est devenu l’ auxiliaire actif du Marché. Le surendettement sur les marchés privés le démontre amplement.

Il faut ajouter cet aspect de neutralité dont se prévalent les Etats depuis les XVI e siècle, XVII e après les terribles guerres de religion. Le libéralisme se présente alors comme une solution pour ramener la paix civile. Par rapport aux guerres qui mettaient en jeu des factions religieuses, le libéralisme propose un Etat qui serait neutre. Un Etat qui s’ inspirerait de principes ne proposant la supériorité d’ aucuns principes du bien commun. Chaque individu étant posé comme libre, de vivre selon les propositions privées du bonheur et de la vie bonne au sens aristotélicien en théorie tout au moins.

Aujourd’ hui le libéralisme économique et le libéralisme sociétal sont les deux faces d’une même nature. Si historiquement, le premier était de droite , le second de gauche, les deux tendent à fusionner par une double logique : du côté du libéralisme économique, la gauche considérait la droite comme conservatrice, ce qui était une erreur, ce que Marx avait bien identifié : le " progressisme " inhérent au libéralisme et à la social-démocratie ( que dénonça en son temps Rudolf Steiner ) tout comme l' idée de croissance infinie sont des valeurs partagées de nos jours par tous les sociaux démocrates . Du côté sociétal, l’ individualisme égoïste était la meilleur façon de jouir sans entrave comme le clamait la jeunesse estudiantine en mai 68 : « Il est interdit d’ interdire » est le type même du slogan libéral.

Toutes les formes de libéralisme sont foncièrement destructrices car anthropologiquement fausses. L’ homme peut être individu et tourné vers autrui ( c' est toute la grandeur du message chrétien ! ), c’est en cela qu’il n’ est pas totalement déterminé mais il doit trouver au fonds de lui-même ce qui fait l’ essence de sa liberté ( cf. Philosophie de la liberté )
 tiré d' une conférence de Alain de Benoist de novembre 2014

à lire aussi ( très proche de cette conférence ) :
http://files.alaindebenoist.com/alaindebenoist/pdf/critique_de_l_ideologie_liberale.pdf

Pour analyser les conséquences de la mondialisation qui complètent cet article:




http://www.youscribe.com/catalogue/presentations/actualite-et-debat-de-societe/politique/face-a-la-mondialisation-alain-de-benoist-tout-le-monde-parle-359657

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Mich%C3%A9a 

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