35 - Sur la mobilité de la fête de Pâques et sa signification ésotérique




"Je vis bientôt Jésus resplendissant s'élever à travers le rocher. La terre trembla ; un ange, semblable à un guerrier, se précipita comme un éclair du ciel dans le tombeau, mit la pierre à droite et s'assit dessus. La secousse fut telle que les lanternes s'agitèrent violemment et que la flamme jaillit de tous les côtés. A cette vue, les gardes tombèrent comme atteints de paralysie ; ils restèrent étendus par terre, les membres contournés et ne donnant plus signe de vie. Cassius, ébloui d'abord par l'éclat de la lumière, revint promptement à lui et s'approcha du tombeau : il entrouvrit la porte, toucha les linges vides, et se retira dans le dessein d'annoncer à Pilate ce qui était arrivé. Toutefois il attendit encore un peu, dans l'espoir de voir quelque chose de plus ; car il avait senti le tremblement de terre, il avait vu la pierre jetée de côté, l'ange assis dessus et le tombeau vide, mais il n'avait pas aperçu Jésus. Ces premiers événements furent racontés aux disciples soit par Cassius, soit par les gardes.
Au moment où l'ange entra dans le tombeau et où la terre trembla. Je vis le Sauveur ressuscité apparaître à sa Mère près du Calvaire. Il était merveilleusement beau et radieux. Son vêtement, semblable à un manteau, flottait derrière lui, et semblait d'un blanc bleuâtre, comme la fumée vue au soleil. Ses blessures étaient larges et resplendissantes ; on pouvait passer le doigt dans celles des mains. Des rayons allaient du milieu des mains au bout des doigts. Les âmes des patriarches s'inclinèrent devant la Mère de Jésus à laquelle le Sauveur adressa quelques mots que j'ai oubliés pour lui dire qu'elle le reverrait. Il lui montra ses blessures, et, comme elle se prosternait à terre pour baiser ses pieds, il la prit par la main, la releva et disparut. Les lanternes brillaient prés du tombeau dans le lointain, et l'horizon blanchissait à l'orient au-dessus de Jérusalem."   
Bienheureuse Anne- Catherine Emmerich,
      
La Douloureuse Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.


3 brèves allocutions pour introduire l' évènement Pascal...

" De bons esprits matérialistes bien organisés souhaiteraient, surtout pour des raisons économiques, que la fête de Pâques soit à date fixe. Les participants du Concile de Nicée, en l'an 325 de notre ère, étaient sûrement mieux informés sur la nature de l'Invisible que nos modernes penseurs. La détermination de la fête de Pâques tient compte à la fois des énergies solaires et des énergies lunaires. Tentons d'expliquer simplement et de justifier ce qui a été dit à Nicée.

Ne tenant pas compte des petites variations de l'instant du passage du Soleil sur le point vernal, le Concile de Nicée a fixé à travers le comput la date de l'équinoxe au 21 mars. La montée de l'énergie solaire étant progressive, les petites erreurs résultant de cette décision sont négligeables. Il est d'abord dit que la Pâque se fera un dimanche, c'est-à-dire un jour solaire où les énergies de l'astre seront particulièrement actives, ce dimanche étant forcément situé après l'équinoxe.Mais les Pâques durent deux jours : le dimanche solaire et le lundi lunaire. Il est donc nécessaire de tenir compte du cycle lunaire dans la détermination de la date.

L'influence lunaire étant maximale dans la zone de la pleine lune, le Concile a décidé que la fête serait située dans la lunaison aussitôt après la pleine lune, mais le plus tôt possible, donc après la quatorzième nuit de la lunaison. Les lunaisons où la fête est possible sont dites " lunaisons pascales " et elles ne peuvent commencer avant l'équinoxe, l'important étant que la 14ème nuit (pleine lune après le début de la lunaison) soit située après l'équinoxe.

Ainsi, une lunaison pascale peut commencer dès le 8 mars, mais si l'équinoxe tombe avant la 14ème nuit de la lunaison, la lunaison pascale sera la lunaison suivante et pourra commencer au plus tard le 5 avril.

D'un autre côté, la journée qui suit la 14ème nuit peut être un lundi. Toutes les conditions peuvent se retrancher ou s'ajouter mais en n'importe quel cas, les dates limites de Pâques seront le 22 mars et le 25 avril. Autrement dit, Pâques a lieu le premier dimanche qui suit la première pleine lune après l'équinoxe de printemps. Pourquoi respecter à la fois le cycle solaire et le cycle lunaire pour cette fête ? C'est pour profiter au mieux des instants favorables liés au cycle des Génies Planétaires. Il est utile de préciser que les modifications des calendriers ont respecté ces cycles et que, de ce point de vue, les jours de la semaine n'ont jamais été décalés. Ainsi, quand à Rome le Pape a recalé le calendrier, il a été dit que "le jeudi 4 octobre 1582 est suivi du vendredi 15 octobre 1582". Le roi de France respectera la règle et, à Paris, le dimanche 9 décembre sera suivi du lundi 20 décembre 1582. Ajoutons à ceci que le symbole de l'oeuf de Pâques est celui du Feu Secret animateur de la Nature, Feu dont le fonctionnement est particulièrement lumineux dans le processus de couvaison de l'oeuf.

Durant le dimanche de Pâques, nous devons nous efforcer de rétablir notre contact solaire intérieur, écouter notre Maître Intérieur, notre Coeur Invisible. Par contre, le lundi, la méditation sur les symboles du Sentier 32(*) sera particulièrement favorable à un contact avec l'Invisible."


                                                                                                            Jean DUBUIS

(*) http://www.portaelucis.fr/html/textes/notions.htm


 Ce qu' en dit Rudolf Steiner :

" l ' image du Saint Graal apparaît au ciel juste au moment de la fête de Pâques. Il faut qu'il en soit ainsi pour qu' à Pâques chacun puisse contempler au ciel l' image du Graal. C'est pourquoi la date de Pâques a été fixée de cette façon, d' après une tradition des plus anciennes. Il y a  réellement au ciel une écriture, qui n'est pas elle-même le Graal, ne représente même pas le Graal. Ce n' est pas le Graal même, - j' y insiste expressément - qui se voit dans l 'écriture du ciel mais seulement son nom. En parlant du croissant doré de la lune d' où sort, comme chacun peut l' observer avec un peu d' attention, la partie sombre de l' astre bien distincte du croissant lumineux, je vous ai dit que le nom de Parsifal s'y trouve inscrit en lettres occultes (...) La force spirituelle du soleil n' est ni arrêtée ni réfléchie par la matière physique ( de la Terre qui fait ombre sur la Lune ) comme l' est un rayon physique. Elle passe à travers, si bien que le disque sombre qui repose sur la coupe d' or contient réellement la force spirituelle du soleil. On peut donc voir dans la partie sombre de la Lune la force spirituelle du Soleil, tandis que le croissant lumineux, c'est sa force physique que les rayons réfléchis rendent visibles. " ( " le Christ et le monde spirituel " - 6 ème conférence )


                                                           
jean Dubuis

" Nous allons essayer de découvrir le symbolisme de cette légende. La version la plus connue raconte que le Graal était le Vase dans lequel Joseph d'Arimathie avait recueilli le sang du Christ. Le roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde avaient, dit-on, le privilège de la garde du Vase. On raconte aussi que le Vase avait été taillé dans l'émeraude que Lucifer portait au front lors de sa descente dans les mondes denses.




Plusieurs interprétations de la légende sont envisageables, mais celles de la Qabal et de l'Alchimie nous semblent à la fois intéressantes et cohérentes.La première chose à examiner paraît être la suivante : quelles pourraient être la ou les qualités spécifiques du Christ ?
En tant que Qabaliste et Alchimiste, nous n'aborderons ni l'aspect historique, ni les raisons qui ont incité la Chrétienté à faire de Jésus-Christ un être unique, en confondant le nom “Jésus” et la qualité “Christ”. D'un point de vue qabalistique, un être incarné sur terre ne peut, en permanence, avoir le niveau de conscience d'une des trois Sephiroth supérieurs.
Tout être incarné sur cette terre possède un certain degré de réalisation intérieure, mais en aucun cas cette réalisation ne peut dépasser le monde qabalistique de Briah, le deuxième monde de la manifestation. Sur ce point, la Bible est très explicite. Elle dit : “Enoch vit Dieu face à face et ne revint pas”, ce qui signifie que Enoch était parvenu au monde divin d'Atziluth. Le voile des Abysses, qui sépare le monde divin (les trois Sephiroth supérieurs) du monde de Briah (les trois Sephiroth suivants), ne peut être franchi qu'une fois, dans chaque sens. On peut donc en conclure que Jésus, manifesté comme Christ, était un adepte du niveau de Tiphereth, Geburah et Chesed.
La notion de l'équilibre, la colonne centrale de l'Arbre, a donc conduit à attribuer à Jésus la Sephiroth Tiphereth. Dans la Qabal, les attributions de cette Sephiroth sont l'or, comme métal, et le Soleil, comme planète. Cette dernière attribution est certainement la raison et l'origine du symbolisme solaire de la religion catholique. De même que l'enseignement complémentaire du symbolisme lunaire a été apporté ensuite, probablement par un adepte du niveau de Yesod, la Sephiroth lunaire. L'incompréhension, vis-à-vis des femmes, de cette religion, est probablement générée par la mauvaise interprétation du Sentier supérieur de Yesod, la Tempérance. Si les dirigeants des religions du passé avaient eu quelques notions d'ésotérisme, ils auraient compris que ces deux enseignements ne devaient pas s'opposer mais se compléter (islamisme et christianisme).

Mais arrêtons cette digression et revenons au Graal. Dans le sentier initiatique, c'est-à-dire dans la remontée des niveaux de conscience, les modifications se produisent à la fois dans le psychisme et dans le physique de l'adepte. En particulier, les propriétés du sang changent. Il est dit dans la Bible que “l'Esprit est dans le sang”. Le mot Esprit ne doit pas être confondu avec le mot Âme.
Dans les anciens textes chimiques et alchimiques, le passage des esprits dans la distillation est le passage du Mercure philosophique.

Cet Esprit dote le sang d'un pouvoir régénérateur élevé qui ouvre les centres correspondant à des niveaux élevés. Ce sang acquiert des pouvoirs alchimiques proportionnés au niveau atteint par l'adepte. Dans le cas de l'adepte au niveau de Tiphereth, le sang acquiert les propriétés de la semence de l'or. La poudre de ce sang séché transmute les métaux cuivre, mercure, argent en or ; cependant
l'étain, le fer et le plomb ne lui sont pas accessibles. Cette même poudre élève au niveau de Tiphereth tous les êtres déjà sur le Chemin qui la consomment.

La légende du roi Arthur et de ses douze Compagnons ne concernait donc pas uniquement la garde du Vase mais la recherche mystique de ce même niveau de conscience. Les douze Compagnons du Roi symbolisent les douze phases évolutives nécessaires pour ce travail. Le symbolisme contenu dans la Communion de l'Eglise catholique est une occultation de la possibilité de rachat de l'homme par le sang transmuté. Une étude approfondie de cette question nous a conduit aux conclusions suivantes : la poudre de sang séché d'un adepte peut réaliser une transmutation, même dans des mains inexpertes, quelques connaissances élémentaires étant suffisantes. Par contre, nous pensons que l'éveil de l'adepte ne peut se faire qu'au moyen de son propre sang.

La Société Rosicrucienne Bacstrom a publié, il y a environ deux siècles, un manuscrit qui décrit ce travail, avec toutes les précisions nécessaires. Avec une couveuse à oeufs, un simple ballon en verre, un morceau de chêne et 500 grammes de son sang, une personne peut tenter la réalisation de l'adeptat. En fait, nous pensons qu'il faut une assez longue préparation ainsi que beaucoup de soins et pas mal de patience.
Le document en question donne les divers processus accessoires pour multiplier la Pierre en quantité et qualité et pour la spécifier, soit sur la guérison physique, soit sur la régénération spirituelle, ou encore sur la transmutation métallique. La pierre au blanc ouvre la porte du premier Ordre de l'Empire Invisible, le monde de Yetzirah ; la pierre au rouge ouvre la porte du second Ordre de l'Empire Invisible, le monde de Briah. Pour les Qabalistes, la pierre au blanc donne la la maîtrise de Yesod, Netzach et Hod et la pierre au rouge de Tiphereth, Chesed et Geburah.

Pourquoi est-il dit que ce Vase était taillé dans l'émeraude de Lucifer ? Tout d'abord, il faut éliminer la confusion entretenue par les religions chrétiennes entre Satan, Chef des forces d'opposition et des ténèbres de l'ignorance, et le porteur de la lumière de la connaissance ésotérique, comme l'indique son nom. Dans le domaine de l'ésotérisme occulte, aucun nom n'est gratuit et Lucifer = porteur de la lumière.

Donc, du travail dans le Vase en émeraude résultera la lumière. De plus, il est probable que dans les temps anciens, le verre n'aurait pas eu la résistance nécessaire pour ce travail et que l'émeraude ou les dérivés du quartz étaient seuls satisfaisants.

L'autre aspect symbolique de l'émeraude est son attribution séphirotique, Netzach, dont la couleur verte est celle de ce minéral. Le symbole essentiel de Netzach est la génération dans la nature, spécialement dans la nature végétale. Le travail intérieur du compost alchimique est analogue au travail de la Nature et n'est, en somme, que la transposition de la vitesse de transformation d’un règne à l’autre.

La légende du Graal peut donc s'interpréter comme étant porteuse d’un symbolisme qui voile la voie alchimique, la plus simple et la moins coûteuse, bien que n'étant pas la plus facile.


                                                                                                                 Jean DUBUIS


Et encore :

" (...) Notre regard se tourne donc vers une antique époque où la naissance lunaire de l' homme était la création de l' homme par le Père. Quant à la naissance solaire, on savait clairement que la force du Christ, du fils, agit dans les rayons spirituels du Soleil, et que cette force est une force libératrice pour l' homme. Elle permet à l' homme de faire sur Terre quelque chose de lui-même. Si les forces solaires libératrices, si les impulsions désagrégeant la nécessité ne venaient pas à nous, nous serions sérieusement déterminés et placés non dans une nécessité du destin, mais dans la nécessité de la nature.(...) Ces forces solaires, ces forces du Christ, font qu'au cours de ma vie terrestre, je peux , par ma liberté intérieure, faire quelque chose de moi-même, quelque chose que je n' ai pas pu être au moment où j' ai été placé dans cette vie terrestre par les seules forces lunaires. On voyait dans les forces solaires, la conscience permettant à l' être humain de se transformer.
Pour compléter, j' aimerais mentionner qu' ensuite, on dirigeait le regard vers les forces saturniennes. on voyait dans les forces de Saturne tout ce qui conserve l' homme quand il passe par la porte de la mort, c' est-à-dire lorsqu'il réalise la troisième métamorphose terre
                                            

Naissance : naissance lunaire

Deuxième naissance : naissance solaire

Troisième naissance : naissance saturnienne, mort terrestre




 La fête de Pâques était une initiation dans les temps anciens. Elle s' opérait en plusieurs degrés.

Au point de départ de l' initiation, c' était la modestie à l' égard des connaissances qui étaient exigée. De cette notion portait l' initiation ; l' intéressé devait se rendre compte qu'il ignorait tout de l' homme. Il devait apprendre de ses sens pour regarder au dedans, de même que par-ailleurs il regarde au dehors. Lorsqu' on était instruit de cette science de la matière basée sur la connaissance de ce qu'on avait vu avant de descendre sur terre, on était admis au second degré. A ce deuxième degré, on apprenait la musique, l' architecture, la géométrie, l' arpentage d' autrefois etc...Que contenait ce second degré ? Tout ce que l' homme perçoit lorsqu'il entre vraiment en lui-même ; il apprenait à connaître ce temple qu' est l' homme, cette grotte humaine. Et cette grotte compte trois " chapelles " : la pensée, le sentiment et la volonté. Au troisième degré, on découvrait l' homme non plus en plongeant en soi-même mais à connaître grâce à cet esprit ce qu'est le corps . C'est pourquoi, dans tous les Mystères antiques, ce troisième degré était appelé la porte de la mort. On prenait conscience de ce qu'on est après avoir déposé son corps terrestre. Or, il existe un différence entre la vraie mort et la mort initiatique.




Cependant, un quatrième degré plus élevé correspondait à prendre en soi ce que les forces solaires dispensent spirituellement. Un tel être était appelé à être un porteur de forces solaires , un Christophorus. Il apprenait ainsi, que des forces spirituelles agissent même dans les substances de la Terre, sans toutefois être visibles à la perception terrestre. l' homme était à ce moment mûr pour devenir Astronome ( " astrosophe " ) dans le sens spirituel, un degré supérieur. Il apprenait à connaître de façon suprasensible les entités , les êtres spirituels qui vivent " dans " les astres ; alors l' homme était un Ressuscité. Il voyait vraiment comment les forces lunaires et les forces solaires agissent dans l' homme terrestre.

C'est ainsi qu' était vécu le mystère de la Résurrection dans les mystères antiques.

Au moment où a eu lieu le Mystère du Golgotha, tout cela s' était évanoui et oublié. L' humanité aurait alors sombré dans la décadence si la Puissance vers laquelle s' étaient élevés les initiés aux mystères alors qu'ils étaient devenus des Christophorus, n'était descendu dans un être, dans Jésus de Nazareth, si depuis ce moment, cette force n' était présente sur la Terre.

De ce fait, tout homme peut, grâce au Christ Jésus, être lié à cette force.


Devant le porche de la vie humaine, arrête :
A son fronton lis la parole des mondes

Au coeur profond de l' âme, pénètre :
Sens poindre en elle un univers naissant

A la fin terrestre de l' homme, réfléchis :
Là tu trouveras le tournant de l' esprit



( tiré de Pâques, mystère de l' humanité (EAR) )

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