21 - La Première Guerre mondiale et la formidable idée d’Europe selon les Jésuites et l'oligarchie mondialiste !

 


Avant-propos


Formidable panégyrique d'un historien grec dont la conclusion rejoint les faveurs de la doxa euro-lâtre dominante, et qui démontre , de toute évidence, que l'idée bien implantée de régionalisation européenne amorcée depuis la fin de la Seconde guerre Mondiale , s'accélérant depuis la chute de l' URSS ,  passe nécessairement  par une déconstruction étatique à l'échelle européenne - la Russie étant hors-jeu ! - pour un projet fédéraliste supra-étatique , une sorte de Chrysalide rêvée par nos anciens après les deux grandes guerres ! Le vrai idéal européen souhaité : une Pax Europaea ! En fait, une Pax Europaea sous-influence (Vaticana-Americana) !
Il sera tenté d'apporter -  grâce à l'ouvrage " Mapping the millenium " de l'historien anglais et anthroposophe , Terry Boardman , le dévoilement des intentions cachées, complétées par les travaux exotériques sourcés de Pierre Hillard, ( bien qu'étant farouchement catholique mais conscient du rôle ambigu de l' Eglise...conciliaire  au mondialisme ! ) .

Ceci afin d'apporter la nuance à cet auteur grec, en tout cas un recadrage plus qu'indispensable sur les conclusions de cet article, qui a reçu un écho étrangement favorable dans les milieux anthroposophiques !


I. Vers Une nouvelle ère !



Alors même que l’Allemagne n’avait pas plus de culpabilité dans le déclenchement de la guerre que
les autres participants, c’était pourtant depuis le Moyen-Âge à la « question allemande », que l’avenir de l’Europe devait se décider, telle est la thèse de l’historien Konstantin Sakkas. L’Allemagne prit sur elle le fardeau de la culpabilité historique dans un aveuglément naïf et en même temps violent. En se laissant aller dans cette guerre dépourvue de sens, celle-ci en arriva d’abord aux « derniers jours de l’humanité » (Karl Kraus). Et nourrie à partir des vécus de cette guerre, se présente devant les peuples l’idée d’une Europe sans États, apolitique, l’Europe des régions.
" Voici bientôt cent ans éclatait la première Guerre mondiale, et avec elle prit fin, non seulement une époque, mais encore une ère. Ce qui vint après, ainsi l’écrivait Christian Comte de Krockow dans son étude très remarquée La décision de 1954(1), est encore nouveau, inconnu et innommé.

Aujourd’hui nous regardons en arrière sur ces cent ans, comme le premier siècle légitime d’une époque nouvelle, d’une nouvelle ère."

La division canonique de l’histoire du monde en Antiquité, Moyen-Âge et Temps modernes, était
alors comparativement un jeune topos. Ce n’est qu’en 1702 que l’érudit de Halle, Christoph Martin Keller (« Cellarius »), l’introduisit dans la connaissance ; auparavant on avait partagé l’histoire— pour la Terre elle-même, on admettait alors qu’elle consistât en 6000 ans — selon ce qu’on appelait les quatre grands empires : l’Assyrien, le Perse, le Grec et le Romain. Le pont qu’on jetait à partir de l’Empire romain, qui sombra en 476 ap. J.-C. par la seconde prise de Rome par Odoacre et la chute du dernier empereur Romulus, on le réalisait à partir de la figure du penser dite de la « translatio imperii : la remise (spirituelle) de la notion d’empire de Rome aux Francs, dont l’État, au 8ème siècle, en tant que Grand Empire d’Europe, commença à s’établir de la Bretagne à l’Italie centrale et des Pyrénées à la Saxe orientale— avec l’apogée impressionnant du sacre impérial de Charlemagne, à la Noël de l’année 800. L’idée de ne plus se trouver au Moyen-Âge, mais au contraire dans une autre époque, « nouvelle » justement, surgit il est vrai, tôt déjà dans les têtes des êtres humains. Jacob Burkhardt en data justement l’apparition, dans son ouvrage canonique La culture de la Renaissance en Italie, à l’aube du 14ème siècle, et dans la science historique, les courants spirituel, juridique et économique qui avaient fait irruption depuis l’époque des Hohenstaufen, depuis le début du 12ème siècle, depuis longtemps tel un signe annonciateur évident des Temps modernes (« Renaissance du 12ème siècle » est ici, par exemple, un slogan courant). Il est vrai que le sentiment d’être des « Temps modernes », était encore vraiment jeune en 1914 — malgré cela ces Temps modernes prirent déjà fin, justement en cette année-là, comme outre le Comte de Krockow, des penseurs comme Martin Heidegger, Hannah Arendt et Hans Blumenberg devaient aussi le voir.
Pour comprendre cela, il vaut la peine de jeter un coup d’oeil sur les constellations politiques qui
avaient précédé l’éclatement de la guerre. La guerre eut lieu entre les cinq grandes puissances européennes. Depuis le 18ème siècle, celles-ci étaient l’Angleterre, la France, la Russie, l’Autriche
(depuis 1867 en union réelle au sein de la Double Monarchie austro-hongroise) et l’Empire allemand, qui avait pris naissance en 1871, quasiment à partir du royaume de Prusse ; on parlait aussi de « pentarchie européenne ». S’y étaient adjoints les Etats-Unis d’Amérique, en tant que concurrent silencieux sur le champ économique mondial, avec leur déclaration d’indépendance de 1776, et selon le cas, avec leur union politique définitive de 1865. Ils ne jouèrent pourtant un «véritable » [en français dans le texte, ndt] rôle politique qu’à partir de leur entrée en guerre, en 1917.

Nous avons donc au plan de la constellation à faire d’abord, en ce début de la première Guerre mondiale, à rien d’autre qu’à une réédition de l’immémorial motif européen de la guerre fratricide. Quelques dimensions essentielles on veuille aussi lui accorder, en 1914, celles-ci étaient, pour le moins au premier plan, d’ordre économique et territorial et aussi spirituelles, d’une manière certainement indéterminée. On peut dire, que toutes les commotions depuis l’époque carolingienne, et donc depuis le temps de Charlemagne, sont à ramener au fait que ce grand empire-là— auquel on s’est efforcé et qui s’est réalisé pour un temps bref— se décomposa rien qu’en États indépendants qui s’efforcèrent, à partir environ du premier millénaire après le Christ, à se développer par la force, d’abord politiquement, puis économiquement et plus tard aussi par leurs religions et idéologies.


Le jeu de quilles européen



Cette tendance devint particulièrement sensible à partir du commencement des Temps modernes, qui fut en même temps le début de ce qu’on a appelé l’inimitié germano-française. Elle commença avec la campagne italienne du roi Charles VIII de France en 1494, et s’acheva avec le Traité d’amitié franco-allemande, qu’on appelle le Traité de l’Élysée, le 22 janvier 1963(2) — une date vraiment récente, si l’on pense que la majorité de la population actuelle l’a encore vécue (il y a 50 ans).
L’inimitié franco-allemande commença par la lutte pour la domination de cette partie de l’ancien empire de Charlemagne qui, après la mort de son fils Louis le pieux, en 840, prit naissance au Traité de Verdun en 843, comme la partie centrale de l’empire (appelée Lotharingie, à partir de 855, ndt). Elle s’étendait alors, en gros, depuis les Pays-Bas actuels — des côtes de la Mer du Nord, au travers de la Lorraine, la Bourgogne et la Provence, jusqu’au Nord de l’Italie, Milan et la Lombardie, et de là aussi, jusqu’à Rome— et cette partie centrale de l’héritage de Charlemagne, — et même en fait depuis sa conquête par les Goths au 5ème siècle —, n’avait plus jamais retrouvé de tranquillité politique.
C’est exactement dans et autour de cette bande de régions du Nord au Sud — que les médiévistes raillent volontiers en la qualifiant de « jeu de quilles »—qu’on dut au total se battre lors de la première Guerre mondiale. Le plan de bataille allemand, qui avait été projeté, au plus tard dés les années 1890, par le feld-maréchal Alfred comte de Schlieffen, s’orientait très exactement sur ce scénario territorial : La masse de l’armée allemande était censée comprimer l’armée française dans un puissant mouvement d’encerclement en arc, de « droite » à « gauche » et donc du Nord vers le Sud, et de « la broyer » en tenaille à la frontière suisse (D’où le slogan connu, que dut avoir prononcé Schlieffen tandis qu’il agonisait dans le délire de sa fièvre : « Renforcez-moi donc l’aile droite ! »).

L’arc du front à l’Ouest s’étendait de la Belgique, dont la neutralité, garantie par le droit international, fut violée d’une manière funeste par le gouvernement de l’empire (ce qui fit entrer l’Angleterre en lice, laquelle autrement serait restée très vraisemblablement neutre ; mais elle avait garanti la Belgique, réfrénant ainsi des désirs insensés d’annexion allemande), au travers des Flandres, les Vosges, la Champagne et l’ancien duché de Bourgogne (ainsi s’était appelé autrefois l’ensemble de l’empire franc médian entre l’Ouest et l’Est) jusque vers Pontarlier et la frontière suisse. En 1915, la triple alliance se décomposa— c’était une construction boiteuse d’alliance remontant aux années 1880 entre l’Empire fédéral d’Allemagne, fidèle aux « Nibelungen » et l’Autriche d’une part, et le jeune royaume d’Italie, d’autre part — et un nouveau front s’ouvrit donc directement au travers des Alpes, cette fois entre l’Autriche et l’Italie, que les Habsbourg n’avaient pas oublié depuis longtemps, puisque leur secondo- et tertio-génitures, leurs vices-rois et gouverneurs militaires, en dominaient autrefois les deux-tiers du pays. La guerre s’étendit donc passablement exactement sur la bande de ces régions, depuis les côtes flamandes de la Mer du Nord en haut, jusqu’en Lombardie en bas et les côtes de l’Adriatique, pour la possession desquelles on avait combattu de haute lutte, non seulement le petit-fils de Charlemagne au 9ème siècle ; mais encore, au tout début des Temps modernes, d’abord ce qu’on a appelé les Guerres d’Italie (1494- 1558), puis les « guerres de rapine » de Louis XIV et la Guerre de succession d’Espagne (1701-1714), jusqu’aux guerres de coalition, comme on les a appelées, entre la France révolutionnaire et les vieilles monarchies européennes coalisées (1792-1814).

Considérées au plan purement territorial et au plan purement européen, c’était donc en définitive l’héritage de Charlemagne, pour lequel combattirent les cinq grandes puissances européennes de 1914 à 1919.



L’homme malade sur le Bosphore 




Considéré autrement, il s’agissait à vrai dire de vraiment beaucoup plus. En 1814, au moment où Napoléon, à la bataille d’Arcis-sur-Aube, fut battu par le duc autrichien Schwarzenberg et hissa le drapeau blanc, quelques semaines plus tard à Paris [à Fontainebleau, plus précisément, ndt], l’Europe se trouvait encore structurellement profondément enfoncée dans le Moyen-Âge. Il n’y avait pas d’électricité, ni de mobilité sur rail, ni d’aviation. Par contre, en 1914, l’Europe se trouve pleinement dans le modernisme. Dans aucun siècle précédent le 19ème, il n’ y eut autant d’inventions et découvertes ouvrant autant de perspectives. Quantitativement, celles des 20ème et 21ème sont largement supérieures, mais qualitativement, dans le laps de temps entre 1814 et 1914 elles sont bien plus nombreuses et importantes qu’entre 1914 et 1963, ou bien entre 1963 et 2013. Les technologies de l’information et les structures de la redistribution du bien-être se sont en partie radicalement modifiées ; mais au plan de la mentalité, l’Europe se trouva à partir de 1945 à « l’heure zéro », dans une telle sorte de choc de stupéfaction, un sentiment de ne-plus-être-de-droit, de dépolitisation, qu’ensuite, en 1992, alors que la Guerre froide faisait désormais partie de l’histoire, Francis Fukuyama dut mettre à l’ordre du jour son fameux slogan de « la Fin de l’histoire ».

Winston Churchill considérait, comme on le sait, l’époque qui va de 1914 à 1945, comme une seconde Guerre européenne de trente ans, lors de laquelle tout fut tourneboulé. Cette guerre de trente ans eut deux conséquences immédiates : premièrement, elle fit entrer les USA en lice, lesquels, sous peu, tant au point de vue économique que militaire, se démasquèrent vis-à-vis de l’Europe comme nettement supérieurs. Et deuxièmement, elle alla chercher l’Orient, et avec elle l’Islam, sur la scène du théâtre politique mondial. Depuis l’époque des Croisades, l’Empire turc qui devait plus tard porter le nom de son fondateur dynastique, Ottoman, s’était clandestinement préparé comme une puissance dans un ordre secret, certes selon les apparences, dirigée contre l’Europe, mais qui veillait en vérité sans cesse au moyen d’une pression extérieure à ce que l’Europe restât ensemble. Ceci se manifesta une dernière fois par cette clause de l’acte fondateur de Vienne de la Sainte Alliance, par laquelle le Sultan à Constantinople excluait son adhésion, puisqu’en effet, il n’était pas chrétien. La totalité du pouvoir politique au 19ème siècle tourna donc autour du maintien de la Turquie, « l’homme malade sur le Bosphore. Si les Turcs s’étaient trouvés, en 1683 encore, aux portes de Vienne, et avaient alors passé pour la terreur du monde civilisé, ils se retrouvèrent alors tout d’un coup carrément sous les petits soins affectueux de la diplomatie européenne. La grande peur, qui ôtait alors le repos à tout le monde, c’était, pour préciser, qu’au Moyen-Orient, l’ancienne région géographique clef de l’Europe, les deux grands adversaires en lutte pour le « partage du monde » en vinssent à un conflit sanglant : Angleterre et Russie. Au début du 20ème siècle encore, c’était la grande peur de l’Europe cultivée qu’ont pût en venir à une « guerre mondiale » entre les deux puissances : l’Angleterre— la mère patrie du colonialisme et à l’époque dominatrice sur le quart de la surface de la Terre— et la Russie— d’apport récent au concert des puissances européennes, qui avait élaboré son rôle de puissance secrètement protectrice de la Prusse entre 1763 et 1871.

Cette dernière ne surgissait plus seulement, alors, comme protectrice du mouvement de libération panslave dans une Europe de l’Est gérée par l’Autriche, mais au contraire, elle manigançait en même temps la « libération » de ses coreligionnaires orthodoxes dans les Balkans et dans le Caucase, ce qui ne revenait à rien d’autre qu’à une expansion dans le proche et le Moyen-Orient et la Perse, précisément aux frontières de l’Inde, laquelle était la colonie royale britannique, depuis 1876, avec le statut d’Empire en titre. Ici, comme sur les Océans — la marine militaire passait alors pour une partie d’avenir de la force militaire—on attendait le grand abordage entre l’Ours et la Baleine, entre la Russie et l’Angleterre. L’autre conflit, qui semblait quant à lui comparablement insignifiant à côté de cela, dominait l’événement politique depuis 1871. Quand bien même violente, l’opposition germano-française semblait de ce fait résolue, de sorte que l’Allemagne sous la « conduite » de la Prusse et d’Otto von Bismarck, était parvenue à s’unifier et à défendre avec cela les régions sur la rive gauche du Rhin [l’Alsace-Lorraine¸ ndt]. Une seule et unique épine dans le pied : les nouvelles régions du Reich, que le vainqueur de 1871 s’était réservées — une région, qui certes depuis des siècles avait été allemande, mais qui était à présent française depuis Louis XVI ; dont la population pensait et se sentait majoritairement française et, aussi malgré le traitement le plus bienveillant que lui avaient réservé les autorités allemandes, songeait à peine renoncer à sa véritable identité nationale profonde.


Ici reposait la cellule souche du revanchisme français depuis 1871, et la raison pour laquelle tout simplement l’Allemagne et la France n’étaient jamais entrées dans une alliance.



De l’enclume au marteau — et alors ?



Au moyen de l’unification du Reich, mais aussi par le potentiel économique et militaire ainsi libéré, — l’Allemagne était, autour de 1900, la seconde puissance mondiale derrière les Etats-Unis mais devant l’Angleterre— l’Allemagne était devenue l’aiguille de la balance ; elle était devenue de facto, comme le constata Sébastien Haffner, la plus grosse puissance de l’Europe,5 et — qu’on y pense un peu !— ceci pour ainsi dire à partir du néant, sans avoir eu le parcours historique des siècles que les autres puissances disposaient derrière elles. En 1866, il y avait encore la vieille confédération allemande, une sorte de cæcum du Saint Empire romain, avec une constitution de république princière et, par moment, 39 États membres. Cinq ans plus tard, il y eut un empire allemand. Tout un chacun, sauf la France bien sûr, voulut être associé à cet empire allemand, pour mener à bien ces objectifs respectifs. Seule l’Allemagne elle-même— et c’est ce qu’avait étonnamment et sincèrement mis en place son fondateur Bismarck — n’avait plus aucun objectif de politique extérieure ; en tout cas, du point de vue territorial, elle était effectivement « rassasiée », voire « saturée ». Des critiques de l’Allemagne, c’est-à-dire de la Prusse, reprochaient à Bismarck, le « barbare de génie » et on lui en fait encore le reproche aujourd’hui, d’avoir été un fondateur d’agitation et d’avoir détruit l’ancien équilibre européen.

Le fait est que Bismarck lui-même connaissait au mieux l’instabilité de sa construction de puissance politique : la formule proverbiale de « cauchemar des coalitions » ne devait jamais le quitter jusqu’à la fin de sa vie. Que l’ancien prince de Bismarck fut renversé en 1890, au moyen d’une intrigue de cour et avec la connaissance et la volonté du jeune empereur Guillaume II, cela est considérée aujourd’hui chez les profanes comme chez le public spécialisé, comme une grave erreur et comme la πςώτου ψεύδοζ, qui finalement, 24 ans plus tard, mena à l’éclatement de la guerre mondiale.
Ce n’est que durant ces dix dernières années que fut prudemment corrigé le jugement de condamnation, autrefois déjà canonique, visant le dernier empereur allemand, entre autres par Christopher Clark et Eberhard Straub, après que déjà dans les années 1990, l’essayiste berlinois Nicolaus Sombart avait entrepris une avancée ingénieuse dans cette direction. Le fait est qu’au plan de la politique fédérale, l’Allemagne se retrouva en plein dilemme en 1890. Cela ne pouvait qu’aller de travers, en effet, n’était-ce avec la Russie (comme du temps de Bismarck) ou bien avec l’Angleterre (comme cela fut sans cesse favorisée par la politique anglaise avant et après Édouard VII, qui régna de 1901 à 1910). L’Allemagne était, pour la première fois dans son histoire, pour parler dans le jargon du temps de Bismarck, « d’enclume devenue marteau » — mais elle ne sut rien entreprendre avec ce marteau. Ce n’est pas l’Angleterre, mais l’Allemagne qui choisit, avec l’arrivée au pouvoir de Guillaume II, en 1888, la splendide isolation [ splendide isolement, ndt] ; elle ne pouvait pas intervenir de manière judicieuse dans les conjectures de politique mondiale de l’Angleterre et de la Russie.



Encerclement

 

Ainsi en vint-on, en 1907, à l’événement diplomatique que personne n’eût tenu alors pour possible : l’Angleterre et la Russie conclurent donc une alliance l’une avec l’autre, tout en étant idéologiquement aussi éloignées l’une de l’autre qu’il est pensable (l’une, une monarchie parlementaire très industrialisée ; l’autre, un état agraire autocratique, dont la révolution n’est plus qu’une question de temps). Comme toutes deux étaient séparément alliées à la France, il y eut donc la « triple Entente ». L’encerclement de l’Allemagne était achevé, ses alliés — Autriche-Hongrie, Bulgarie et l’Empire ottoman (l’Italie, neutre changea les fronts en 1915) — n’étaient pas autour d’elle des soutiens, mais au contraire une décharge stratégique militaire durable. Lorsqu’au 28 juin 1914, le successeur au trône de la Monarchie k.u.k. [prononcez s.v.p. : ka:’|unt’|ka :] [kaiserlich und königlich : à savoir, qui concerne la Double Monarchie austro-hongroise, ndt], le Grand duc François-Ferdinand, lors d’une visite de manoeuvre à Sarajevo, fut assassiné par un des nationalistes serbes, il ne fallut que cinq semaines pour que l’Europe fût en guerre. La Bosnie et l’Herzégovine étaient, en 1908, placée sous le protectorat autrichien par décision internationale, en tout cas avec la désapprobation de la Russie qui, depuis les jours de Catherine la Grande, avait toujours considéré les Balkans comme sa sphère d’hégémonie.

La Russie était la puissance protectrice de la Serbie, cette dernière prit les dispositions nécessaires pour aller au devant de la population nationale autrichienne indignée, mais cela n’aida en rien : parmi les 26 points de l’ultimatum autrichien, adressé au gouvernement monarchique serbe, il s’en trouvait aussi deux, qu’aucun gouvernement au monde ne pût jamais accepter, sans discréditer son État. Le refus partiel et, avec cela, l’entrée en vigueur du casus belli, avait été planifié par le parti autrichien favorable à la guerre, autour du général en chef, le Feldmarschal Conrad von Hötzendorf.

Comme il fallait s’y attendre, immédiatement là-dessus, la Russie s’immisça en disant qu’une intervention militaire autrichienne contre la Serbie ne pourrait être tolérée. La saillie de la Russie fit entrer en lice l’Empire allemand, lequel s’était allié à la vie et à la mort à l’Autriche et avait délivré au gouvernement autrichien les pleins pouvoirs illimités (le fameux chèque en blanc) pour une intervention contre la Serbie— car c’est seulement avec la puissante Allemagne, économiquement forte et hautement armée, sur ses arrières que l’Autriche, démodée et arriérée, pouvait principalement oser une passe d’armes. « En larmes », comme il est rapporté, l’ambassadeur allemand à Saint-pétersbourg, Frédéric Comte de Pourtalès, transmis la déclaration du guerre allemande, le 1er août (40 jours auparavant, la Russie— qui était alors gouvernée par la dynastie allemande Schleswig-Holstein-Gottorf—et la Prusse, étaient encore des amies proches. Étant donné qu’entre la Russie et la France était en vigueur, depuis 1894, une alliance offensive et défensive, l’Allemagne prit les devants et déclara la guerre à la France le 3 août. Car on s’était déjà placé dans ce conflit insensé et cela depuis vingt ans. Ici, l’approche de cet éclatement de la guerre devient tout à fait inconcevable. Le conflit dans les Balkans — lequel, quatre ans plus tard du reste, s’achèvera avec, comme on pouvait s’y attendre, la dislocation des deux empires du Sud de l’Europe restés multinationaux : la Double Monarchie austro-hongroise et l’Empire ottoman — s’avère une simple voie détournée, afin de laisser de nouveau renaître le conflit originel France- Allemagne. Le danger du « rouleau compresseur russe », qui fut beaucoup exorcisé (de fait l’armée russe est à peine plus moderne que celle autrichienne ; en outre, le moral au combat des recrues qui souffrent beaucoup du régime tsariste, est misérable) sera stoppé à la bataille près de Tannenberg et aux lacs Masures, par la huitième armée allemande sous les ordres du Général en chef von Hindenburg, par la suite Reichpräsident. Par contre, les sept armées allemandes, qui avaient espéré prendre Paris, dont elles avaient approché de 100 km suite à une avancée fébrile, restèrent bloquées en septembre sur la Marne (« miracle de la Marne »). Avec cela, la guerre à l’Ouest, pour les deux adversaires en était arrivée au point stratégique zéro, avant même qu’elle eût correctement commencée. Il en ira ainsi quatre années durant : parfois les Français enregistrent un gain de terrain minimum, parfois ce sont les Allemands. Mais on reste pat.(a)


La catastrophe primordiale du 20ème siècle

 




Toujours est-il que ce qui est décisif c’est que, depuis le 4 août, la Grande-Bretagne se trouve aussi en guerre avec l’Allemagne. Le commandement en chef des armées allemandes, pour des raisons purement stratégiques — ainsi que le prévoyait d’ailleurs le plan Schlieffen des années 1890, qui écrasait par la force la neutralité belge—a ainsi violé la condition de l’ultimatum de la Grande- Bretagne, sous laquelle elle n’eût pas intervenu dans la guerre à l’Ouest (ce par quoi celle-ci eût été décisive pour l’Allemagne en quelques semaines(b). Mais les cent mille soldats britanniques qui intervinrent déplacèrent naturellement l’équilibre des forces naturellement aux détriments de l’Allemagne(c).
a )Certes, mais il faut dire quand même qu’en attendant, l’ensemble du Nord de la France est désormais sous occupation allemande, pour préciser avec un soldat prussien logeant dans chaque ferme, et le pillage soigneusement organisé surtout le territoire (p.ex. forêt de Raismes Vicoigne-Saint Amand rasée), un territoire dont les villes principales (Lille,Valenciennes, Douai, etc.) sont rasées, alors que pas une tuile d’un toit allemand ne fût encore tombée à cette date…ndt.

b) Ce n’est pas ce qui est arrivé. ndt

c) Non sans enregistrer au passage des pertes effroyables en hommes, les pires de son histoire, au début de leur intervention dans la Somme (il suffit d’aller visiter les cimetières britanniques, c’est épouvantable !

d), faute, en effet,d’avoir estimé la technologie des mitrailleuses allemandes qui obligeait à un changement de stratégie radical, qu’inaugurera, 16 ans plus tard, le Capitaine De Gaule à Montcornet. ndt

Tout le comportement de l’Allemagne dans cette guerre indique des traits d’auto-destruction : depuis le fait de prendre — sans restriction mais pas du tout nécessairement —fait et cause pour l’Autriche et sa politique d’expansion dévastatrice dans les Balkans, en passant par la violation de neutralité, l’ouverture de la guerre sous-marine illimitée en 1917 (ce par quoi les USA entreront en lice aux côtés de l’entente, jusqu’aux conditions éhontées de la paix de Brest-Litovsk, en mars 1918, par lesquelles un empire colonial est-européen était censé se créer sous la direction allemande. Un acte de brutalité, dont on interpréta la punition légitime en retour, un an plus tard à Versailles (d), entre temps aussi dans la recherche. Parmi toutes les puissances participantes, le Reich allemand avait la moindre raison d’être dans la guerre et parmi tous les objectifs de guerre, les siens étaient les moins honorés par la raison et la logique. La question de la culpabilité dans la guerre a été posée depuis la guerre elle-même, et avec insistance, comme autrement dans aucune autre guerre dans l’histoire. La première Guerre mondiale éclata, la seconde fut déchaînée— sur cette formulation l’union règne depuis longtemps dans la recherche comme dans l’opinion publique et de récentes contributions au point de vue renforcé sorties de la littérature n’y ont rien changé. La « catastrophe archétype du 20ème siècle », comme George F. Kennan caractérisa la guerre mondiale, dans une tournure fameuse, est dans sa genèse, aujourd’hui, comme il y a cent ans, un objet de fascination. Il est vrai que tout dans l’histoire suit une logique interne conforme à l’être et d’un autre côté aussi au-delà du temps. Il ne s’agissait pas pourtant d’une « revendication à la puissance mondiale », comme l’historien Fritz Fischer voulut le faire croire, dans son ouvrage éponyme très controversé de 1961 ;6 mais au contraire, il s’agissait de cette logique. Selon elle, l’époque européenne aurait fait son temps. Mille cinq cent ans après la chute de Rome, les puissances européennes auraient sondé le politique dans sa pratique territoriale dans toutes les directions ; en 1914, elles se heurtaient finalement à leurs limites et il n’était que logique que la population de l’Europe du centre avec la défaite de 1918, se débarrassât de ses monarques — rien qu’en Allemagne ceux-ci étaient au nombre de 20 princes régnants — ; car c’est le principe d’Abraham, selon lequel le prince est le berger de son peuple et s’il le mène assurément dans l’inconnu, c’est qu’il a perdu sa légitimité historique. Que les Allemands dussent se sentir dupés par leur épopée héroïque historique ; que la perte de l’empire dût activer dans les couches profondes de l’âme du peuple, un complexe du père, cela c’est une autre question.



Europe des régions 



Peut-être comprenons-nous mieux le phénomène de cette guerre, qui surpasse sa propre tradition comme insensée et étrangère, si nous l’observons à partir d’une perspective d’avenir. Cent ans ne sont pas écoulés depuis, que le visage de l’Europe et du monde s’est complètement modifié. La puissance politique classique, sous le modus de son outrance erratique et infernale par le Reich allemand et deux guerres mondiales, a disparu du répertoire de la politique européenne ; et de plus, nous sommes tous entrés dans l’époque de l’économie, après qu’elle s’était déjà annoncé à l’époque de l’empire, par sa politique sociale et certes, sa circonspection pour le bien-être de ses sujets, mais tout en s’améliorant constamment même pour les classes inférieures et cela signifiait donc aussi l’exigence de prospérité et de bien-être que nous partageons désormais en Europe. Les USA et la Chine ont repris le rôle qui avait été réservé jusqu’en 1914 aux cinq grandes puissances européennes : tous deux pensent en grands projets territoriaux globaux, et activent ce qu’on caractérisait, dans les années 1850 en Europe, une « real ou Machtpolitik » [politique réaliste ou de puissance, ndt]

L’Europe, au lieu de cela, revient à ses anciennes racines enfouies sous le désert de mille ans d’une évolution compliquée et entortillée ; elle redevient lentement une Europe des régions.
d) La paix de Brest-Litovsk est annulée lors de la capitulation allemande, par l’armistice signé le 11 novembre 1918, mesure confirmée par le gouvernement soviétique deux jours plus tard. ndt
e) Des indices laissent à penser que cela ne durera guère, bien sûr nettement en Grèce, Espagne Italie et déjà en France, mais y compris aussi en Allemagne, avec désormais aussi ses poor workers, puisque c’est d’elle qu’il s’agit bien ici.ndt

Le caractère régional est la racine de l’élément européen. L’État universel, territorial, qui « met en caisse » [vereinnahmende] vers l’intérieur et « fait des projets à longue portée » [ausgreifende] vers l’extérieur, fut toujours quelque chose d’étranger à l’Europe, un octroi oriental, contre lequel les Grecs se sont défendus 100 ans durant, jusqu’à ce qu’Alexandre le Grand importât, dans sa méditerranée natale, l’idée d’un empire universel, dans le cadre d’une entreprise géniale, aventurière et nonobstant démentielle. De la Grèce, qui devint tout à coup la région-mère des monarchies modernes, — Alexandre Demandt y fait très récemment allusion dans son ouvrage brillant sur Alexandre7 —, cette idée passa par Rome, dont l’empire se forma en ne se groupant pas tout autour d’une région, mais au contraire, tout autour d’une seule et unique et superbe ville (Qui cela étonne-t-il aujourd’hui que c’est là, en Italie et en Allemagne que le régionalisme est particulièrement perceptible ?), pour se perdre ensuite dans le grouillement des grandes invasions. Charles le Grand/Charlemagne, dont se réclament les deux nations-mères de l’Europe postmoderne, la France et l’Allemagne, en tant qu’identité fondatrice, restaure de nouveau l’empire, non pas originellement politique, mais au contraire bien plus comme une unité-souche d’origine. La charge nationale, politique, ne vint que se rajouter après ; depuis que chacun de ses successeurs se crut devoir, à partir de sa nationalité propre, instituer l’Europe en tant qu’État d’ensemble. L’idée archétype de l’Europe— une libre vie ensemble, les uns avec les autres, de « tribus » et avec cela aussi, de régions diverses — est tombée dans l’oubli. Elle fut revendiquée, arrondie, dérobée et de nouveau enlevée(f), 1000 ans durant. En 1914, le château de cartes du nationalisme européen s’effondra finalement sur lui-même. Avec la première Guerre mondiale, à vrai dire, la chose n’était pas faite ; il y fallut encore des évolutions beaucoup plus épouvantables, tout au long de ce continuum de 1914 à 1945, jusqu’à ce que l’Europe martiale y épuisât enfin ses énergies autodestructrices.

Mais en 1914, ce fut la première lueur, la première détonation évidente, que les peuples de l’Europe étaient sommés par le fait qu’ils sont frères, et non pas concurrents et que l’époque de la guerre fratricide touchait à sa fin. Aussi n’est-ce pas un hasard — comme d’ailleurs principalement rien n’est « fortuit » dans le grand arc du temps que nous avons coutume d’appeler « histoire », — que cette « grande guerre », comme l’appellent toujours et encore Français et Anglais, avec une clairvoyance pathétique, se déroula principalement sur des champs de bataille(g) de cette bande des régions qui s’étendent d’Ostende aux Alpes ; entre la Belgique, le plus jeune, et la Suisse, le plus ancien État neutre en Europe du Centre, dont le second devint, après la première Guerre, le Siège de la SDN, tandis que dans le premier, après une seconde Guerre encore bien pire, siégea l’Union Européenne.

L’idée européenne— l’éloignement du national, l’atténuation du politique, la cession à l’individu de l’idéal d’unité centrale et d’unité, de la totalité : sur les champs arrosés de sang de la première Guerre mondiale, qui révéla au grand jour toute la barbarie et toute l’absurdité de la guerre dans son aveuglante absence de fioritures, cet idéal entama sa métamorphose en chrysalide, au milieu des peines et des convulsions. Le rôle double que l’Allemagne y joua ici n’est pas étonnant, mais au contraire, conséquent. Quoique formellement — c’est ce qu’a montré d’une manière impressionnante la recherche des années passées — l’Allemagne n’a ni plus ni moins de culpabilité que les autres participants dans le déclenchement de la guerre (et avait nonobstant elle-même la moindre raison pour cela) ce fut pourtant la « question allemande », celle qui remontait au moyen-âge, voire en effet déjà au temps des Romains, à laquelle dut se décider l’avenir de l’Europe.

L’Allemagne prit sur elle le fardeau de la culpabilité historique avec un aveuglement funeste, puéril et en même temps brutal : se laisser aller à cette guerre la plus dépourvue de sens de toutes les guerres, à en faire d’abord ce qu’elle devint : à savoir les « derniers jours de l’humanité » (Karl Kraus). Au point qu’à la fin, se trouve seulement désormais devant ses peuples, sans autre alternative, l’idée d’une Europe sans états, apolitique, l’Europe des régions, l’Europe de la fraternité, comme seule l’expérience de cette guerre a pu l’imprégner dans les esprits. La fausse forme dut être brisée avec violence, pour que la bonne forme intérieure, la pure matière, en vint à se déployer ; l’idée archétype mythique de la Pax Europaea, de la paix européenne."


Die Drei, n°10/2013.(Traduction Daniel Kmiecik)


f )L’auteur fait ici directement allusion au mythe grec de l’Europe.ndt
g) Le recours systématique à l’artillerie pilonnante réduisit de toute manière les villes à l’état de champs de décombres.ndt

Konstantin Sakkas M.A. étudia la science juridique, la philosophie et l’histoire à l’Université libre de Berlin et acheva ses études en 2009 avec un travail de magister : La théorie du sociel d’Anna Arendt. Il vit et travail en auteur libre à Berlin : Contact : konstantin.sakkas@google-mail.com



Notes :


(1) Christian Compte de Krockow : La décision. Une investigation sur Ernst Jünger, Carl Schmitt, Martin Heidegger (Thèse 1954, Stuttgart 1958.
(2) Le traité de Locarno, que Gustave Stresemann et Aristide Briand signèrent en 1935, ne compte pas ici, car l’atmosphère fondamentale de revanche entre les deux nations en resta intact.
(3) Francis Fukuyama : La fin de l’histoire. Où nous trouvons-nous ? Munich 1992. Il se peut qu’on rétorque que l’époque de la Guerre froide était une moment d’extrême charge politique et fut bel et bien politique avec cela ; nonobstant, l’atmosphère fondamentale en Europe occidentale, en particulier depuis l’apparition de la culture pop moderne, dans les années 50 et 60, de décennie en décennie plus impolitique.
(4) Une anecdote illustre très joliment cela de l’époque impériale. Guillaume II se laissa coiffer par un barbier alsacien, à l’occasion d’une manoeuvre. L’empereur fut très satisfait du travail de cet homme et lui dit qu’il pouvait exprimer un voeu. Le coiffeur rétorqua, dans une attitude militaire et comme sous la menace d’un pistolet : « Majesté, rendez-nous l’Alsace-Lorraine ! »
(5) Sébastien Haffner : Remarques au sujet d’Hitler, Francfort sur le Main 1978.
(6) Fritz Fischer : Revendication à la puissance mondiale. L’objectif politique de guerre de l’Allemagne impériale 1917/1918, Düsseldorf 1961, 2009.
(7) Alexander Demandt : Alexandre le Grand, Munich 1913.

traductions de Daniel Kmiecik - www.triarticulation.fr/AtelierTrad


II. Retour aux sources !

 

Tout un symbole !!!

Pour paraphraser Pierre Hillard reprenant le journaliste Jean Quatremer, les deux guerres mondiales ont été d'abord et avant tout des confrontations d'Empire, et je rajouterai : sur fond d'une politique occulte au service d'une métaphysique noire ! L'empire anglo-saxon maritime s'est opposé à la mainmise ( aux ambitions ? ) germanique, puissance terrestre, sur toute l' Europe et projetant de doubler les anglo-saxons , en ouvrant une voie de Berlin à Bagdad pour les ressources pétrolières considérables !
Mais aussi, on l'a vu précédemment, de couper l' Empire germanique de son cousin russe et chaotiser l'Allemagne et la Russie , ce qu' ils ont réussi à faire jusqu'à la chute du mur de Berlin !

 ORDO AB CHAOS !


Londres et Washington n'acceptent la tutelle allemande sur l' Europe qu'à la condition de voir Berlin soumis à leurs ordres. Les règles du jeu ayant été fixées depuis 1945 ( pour le moment), il est possible à l' Allemagne de remodeler l' Europe selon les principes fédératifs et régionalistes germaniques en accord avec ses supérieurs anglo-saxons. Cela passe par la destruction des etats plus digestes à la sauce du libre-échange, principe qui ne gêne pas l' Allemagne car la nation allemande a préexisté à sa création étatique. C'est tout l'inverse pour la France. Comme l'atteste cet article du Herald Tribune du 16 septembre 1974 (a), la régionalisation est un ancien idéal à atteindre !

http://cdn.bvoltaire.fr/media/2013/11/Herald-Tribune-Regions.pdf

Il faut aussi rappeler que la plus haute distinction accordée, depuis 1950, aux personnes agissant en faveur de la construction européenne, le Prix Charlemagne, a été accordé à des américains : le Général George C. Marshall ( 1959), Henry Kissinger ( 1987), et le Président Bill Clinton ( 2000). Depuis 1950 donc, date de la première attribution du Prix Charlemagne, nous pouvons relever des noms bien connus. Sans les citer tous, on peut nommer : Richard Coudenhove-Kalergi (1950, fondateur de la Paneurope), Alcide de Gasperi (1952), Jean Monnet (1953), Konrad Adenauer (1954), Winston Churchill (1955), Robert Schuman (1958), George C. Marshall (1959), Simone Veil (1981), Juan Carlos (1982), Henry Kissinger (1987), Helmut Kohl et François Mitterand (1988), Jacques Delors (1992), Tony Blair (1999), Bill Clinton (2000) et bien sûr Valéry Giscard d’Estaing (2003).

Déclaration de Clinton à la remise de son Prix :
" L'unité de l' Europe est en train d'engendrer quelque chose de véritablement neuf sous le soleil : des institutions communes plus vastes que l' Emanation, parallèlement à la délégation de l'autorité démocratique aux échelons inférieurs. L' Ecosse et le pays de galles ont leurs propres parlements. L' Irlande du Nord, dont ma famille tire son origine, a retrouvé son nouveau gouvernement. L' Europe est pleine de vie et résonne à nouveau des noms d'anciennes régions dont on reparle - la Catalogne, le Piémont, la Lombardie, la Silésie, la Transylvanie ...- non pas au nom d'un quelconque séparatisme ( ndlr : quel humour !), mais dans un élan de saine fierté et de respect de la tradition. La souveraineté nationale est enrichie des voix régionales pleines de vie qui font de  l' Europe un lieu garantissant mieux l'existence de la diversité (...) "

Dans son désir d'aboutir à une Europe des régions à base technocratique et ethnolinguistique, l' Union européenne exerce une pression permanente ! Ce projet qui remonte au XIXe verra apparaître en 1919 au Traité de Versailles un programme complet porté par le " B'nai Brith " ( la franc-maçonnerie juive américaine ) sous la forme d'un Mémorandum, en liaison avec le Président Wilson, le Président de la Cour Suprême des USA, Louis Brandeis et léo Matzkin, secrétaire général du comité des délégations juives à Versailles comme le relate la thèse de Nathan Feinberg.




Pour l'instant, cette impulsion est confinée au renforcement des échanges transfrontaliers, mais jusqu'à quand ? N' y a-t-il pas le risque de voir surgir au nom de la non-discrimination, des revendications régionalistes , extra-européennes minoritaires, revendiquer les mêmes droits et pour aboutir au final à une balkanisation ? le lobbying étant constant à Bruxelles ( cf. à l'ouvrage de José Bové ! ), c'est au nom de ce même droit , que certaines minorités sexuelles promouvant l'idéal de Simone de Beauvoir , que des associations LGBT importées des USA, dont les pseudo-féministes connues comme les harpies ukrainiennes autrement nommées FEMEN, appuyées financièrement , médiatiquement et politiquement par des ultra-mondialistes , Georges Soros en tête, peuvent faire irruption dans des Eglises vociférant des insanités et arracher des Croix en toute impunité !

Bruxelles, acquis à la cause régionaliste, veut affaiblir les Etats afin d'être seul maître à bord et réussir ainsi la création d'un bloc européen composé d'une myriade de régions soumises à sa seule autorité. Il est vrai aussi qu'une telle évolution permettrait l'instauration d'un marché transatlantique où seuls deux interlocuteurs - l'administration américaine et la commission européenne - se feraient vis-à-vis. Ainsi, le principe régionaliste mettant à mort les nations permettrait l'émergence de cités-Etats et de régions dans le cadre d'une Europe fédérale et farouchement technocratique. C'est l'idée soutenue entre autres par un autrichien rallié à l'ultra-libéralisme Léopold Kohr. Dans son ouvrage-clef The Breakdown of nations ( la décomposition des nations ), paru en 1957, il exprime l'idée d'un retour à une forme de féodalisme propre à l'organisation du Saint Empire romain germanique ! Ce doux rêve, cet espoir secret aurait-il des fondements occultes ? Il est remarquable de constater que des figures telle que Robert Schumann, activiste catholique et qui donnera son nom au plan européen avec Monnet , ainsi que Adenauer - fervent catholique - vont discuter à propos de la lorraine redevenue Moselle ( ex-Lotharingia ) , faisant originellement parti du socle de l'Etat Carolingien ancien ( long des Pays-Bas à l' Italie) , et qui sera après la mort de Charlemagne, divisé en trois après le Traité de Verdun en 843 , entre ses trois petits- fils : Charles , Ludwig et Lothaire, faisant apparaître trois grandes cultures européennes : Germanie , France et Italie. Derrière ce vieux projet, se tient l'Eglise catholique romaine, qui rêve à nouveau d'une Europe unifiée - d'un Imperium romanum ! Ce n'est pas pour rien si la couleur du drapeau européen assorti des 12 étoiles rappelle l' héritage chrétien : La Vierge de l' Apocalypse de Jean ! ( http://www.cvce.eu/education/unit-content/-/unit/eeacde09-add1-4ba1-ba5b-dcd2597a81d0/2b4e569f-9aa3-48dd-b877-13d0d5f1d177#c0e88f08-81df-47ff-9d03-38d4a06e12d7_fr&overlay )


La signification de l'année 869


Rudolf Steiner a a indiqué qu'il y a des années-clefs dans l'histoire qui constituent des axes centraux. Par exemple, avec 1879 comme axe, les évènements spirituels qui se sont produits en 1878 se sont reflétées l'année suivante, en 1880. L'année 1413, début de la cinquième époque post-atlantéennes consitue un autre axe . De 1413 à 1957 = 544 années, et 1413 - 544 = 869 !


Monnet et Schumann

L'année 1957 fût celle où fût signé le Traité de Rome qui établit les bases de l' EEC ( European Economic Community ) grace à Jean Monnet et Joseph Retinger (1), ainsi que les relations amicales entre Adenauer et De Gaulle qui entretenaient entre eux la nostalgie de l' Empire de Charlemagne lors de fréquentes discussions. Du point de vue économique, il faut flatter l' UPR de s'être fait l'écho de la réunion secrète du 11 juin 1965 au département d'état américain sur l'union monétaire européenne :

http://www.upr.fr/dossiers-de-fond/reunion-secrete-11-juin-1965-departement-etat-americain-union-monetaire-europeenne

Nota bene : Consulter aussi l'article 20 ( " Contre-Histoire de l' Union européenne " ) !

Charlemagne a été sacré Empereur par le Pape Léon III en 800 à Rome. Autour de l'axe de 1413, 800 correspond en miroir à l'année 2026, alors que l'accession de Charlemagne comme roi des francs en 771 correspond à 2055. La décomposition de l' Empire carolingien arrive à son terme en 887 avec la démission de Charles le Gros, ce qui correspond à 1939. De 1939 jusqu'à 2026 voire 2055, constitue une période contemporaine qui entre en résonance avec les évènements passés sous l' Empire Carolingien !




L'année 869 a une haute signification car Steiner a attiré plus d'une fois l'attention sur le 8e Concile oecuménique qui se tint dans l' Eglise Hagia Sophia ( du St Esprit ) où une partie de la délégation papale imposa de force au reste de l' Eglise, l'anathème jeté contre l'enseignement des " Deux âmes " du patriarche Photius de Constantinople . Par l'une des deux, Photius voulait parler de l' Esprit immortel qui réside en chaque individu. Le 11e Canon de ce Concile décréta qu'il n'y avait qu'une seule âme, qui possède vaguement des qualités spirituelles et réduisait de fait l' être humain constitué d'un corps, d'une âme et d'un esprit à une raison et un corps ou une âme psychique et un corps physique. Ce concept a toujours valeur aujourd'hui à l' Ouest. En déniant l'existence des qualités propres au spirituel, l' Eglise à l' Ouest s'est fermé la possibilité et aux individus de développer l'esprit en chacun comme le font les asiatiques par la méditation. Il faut noter que le travail méditatif incluant une activité pensante libérée des sens est proposée à travers certains exercices donnés par Steiner ! D'ailleurs, l' Eglise orthodoxe peu de temps après refusa d'accepter la validité de ce 8e Concile ).

La conséquence parmi d'autres fut que les hommes continuèrent à chercher le divin, l'esprit, non-plus en eux-mêmes mais dans la nature extérieure. Cela produisit irrémédiablement, la prépondérance de la science à l' Ouest, qui introduisit le divorce d'avec l'esprit et entraîna la chute dans le matérialisme le plus absolu. Et tous les " -ismes " n'en sont que les conséquences qui verront leur culmination dans la folie des deux Grandes Guerres au 20e siècle.

Pour Pierre Hillard, l' Eglise conciliaire depuis Vatican II et même avant avec Pie XII, a joint ses forces et son influence au service du nouvel ordre mondial. En 2009, la publication de l'encyclique de Benoit XVI, Caritas in Veritate, appelle à l'instauration d'une véritable autorité politique mondiale travaillant en liaison avec les Nations-Unies , animées de principes maçonniques. Cette encyclique a reçu le soutien complet d'une étude du KDUN ( comité siégeant à Berlin qui pilote les développements favorisant l'assemblée parlementaire mondiale, l' APNU ), estimant que " ses principes sont pleinement en harmonie avec la doctrine papale " !

Les appuis jésuites de la catholicité depuis la Renaissance et l'influence de la franc-maçonnerie dans leurs efforts temporels conjoints

Il serait trop fastidieux dans le cadre présent de s'étendre sur l'histoire de ce mouvement inspiré par Ignace de Loyola. Steiner indique que spirituellement la vieille bataille que se mène Franc-maçons et Jésuites remonte à deux courants culturels primordiaux de l'humanité incarné par Abel et Caïn. Alors que le courant de prêtres d'Abel incarné par l' Eglise a combattu ce qu' elle considérait comme hérésie, l' autre courant a vu naître au début du XVIIe, le courant maçonnique, des hommes d'action, dont James Ier sera une figure décisive dans la société anglaise. Au XVIIe, la grande Loge s'associera et s'alignera avec les intérêts politiques britanniques, les Protestants, Libéraux et Hanovriens. Par la suite, la franc-maçonnerie prendra pied sur le Continent, ce qui sera très vite ressenti comme une intrusion intolérable aux yeux de la curie romaine. Les Francs-maçons seront excommuniés par le Pape en 1738 et les catholiques interdits de se joindre à eux. Les Jésuites seront implacables contre eux depuis les mouvements de Contre- réforme.


Joseph de Maistre
Le conflit entre les deux atteindra son apogée en 1773, 35 ans après l'excommunication Papale. Ils réussiront auprès du Pape Clément XIV à faire interdire l'Ordre. les Jésuites entrent alors dans la clandestinité et trouvent le réconfort en Russie auprès de Catherine II où les services d'éducateurs étaient forts appréciés. La-bas, leur élève Joseph de Maistre, ambassadeur de France à St Petersbourg, sera très actif pour répandre leurs idées et combattre l'influence européenne centrale rosicrucienne en Russie ! Après la levée de leur prescription par le Vatican, les Jésuites décident de faire une sorte de compromis avec les Maçons  et, dès 1802 , cité par Steiner, pour faire une alliance dans la création de très Hauts-Grades ( lecture of 3 july 1920, GA 198 )http://fvn-archiv.net/PDF/GA/GA198.pdf







Pie VII

Après que la Maçonnerie anglaise ait connu sa division entre anciens et réformistes durant la période 1751 - 1813, et que l'accalmie soit revenue, le Pape Pie VII réhabilitera l' Ordre et le Saint-Office hérité de l' Inquisition. Kaspar Hauser était né en 1812. Le scandale de la Loge P2 en Italie, au début des années 80, apportera l' évidence de l'infiltration Vaticane par la Maçonnerie. Dans leur ouvrage : Le KGB au coeur du Vatican , p.105 à 111 , aux editions de Paris, Pierre et Danièle de Villemarest délivrent l'information suivante :

"...Notre autre référence majeure est le R.P Malachi Martin, théologien de renom, auteur de plusieurs ouvrages qui, malgré leur parution aux Etats-Unis, n'a jamais trouvé d'éditeur en traduction française, du fait des pressions, de l' Ordre des jésuites comme de l 'Internationale des compagnons de route de Moscou ."

Elève des universités d' Oxford et de Jérusalem, lontemps collaborateur au Vatican du Cardinal Béa, puis de Jean XXIII ( 1958-1963 ), issu de l' Ordre des Jésuites, Malachi Martin dut s'exiler aux Etats-Unis où Jean-Paul II utilisa discrètement ses compétences. Qui mieux que lui pouvait révéler la façon, quasiment inconnue en France, dont une fraction de son Ordre installait elle-même la subversion dans l' Eglise ? Il fallait du courage pour le dire. Malachi Martin a vécu la déception de Jean XXIII qui s'aperçut trop tard de la façon dont certains utilisaient sa fameuse Encyclique Pacem in Terris , pour n'en extraire que ce qui semblait soutenir leurs efforts de "réconciliation" avec Moscou. Il a vécu ensuite les dérobades et les faiblesses de Paul VI ( 1963-1978 ) face à un Ordre des Jésuites qui, après plusieurs siècles d'obéissance, voulait échapper à l'autorité papale, sous prétexte que l' Eglise devait s'adapter au siècle. Pour éviter une crise, Paul VI exigea en 1978 du R.P Pedro Arrupe qu'il démissionnât de ses fonctions de Général de l'Ordre, afin de lui permettre de remanier son commandement, et de rendre l'Ordre à sa vocation. Pedro Arrupe refusa de se soumettre. Pour la première fois, depuis 1540, le Général des Jésuites se rebellait contre l'autorité papale. Il fit seulement savoir à Paul VI, qu'il allait réunir au mois de septembre un conclave...et verrait alors les mesures qui seraient éventuellement à prendre. C'est à ce moment, en cette fin d'été 1978, que survint la mort de Paul VI, suivie de l'élection du Cardinal de Venise, Albino Luciani, qui prit le nom de Jean-Paul Ier.
A peine intronisé, Jean-Paul Ier découvrit à la fois le rapport secret qui avait saisi son prédécesseur des déviations de l'Ordre, sinon de tous ses membres ( environ 25000 ) dans le monde, du moins les plus élevés dans la hiérarchie. Jean-Paul Ier bondit d'indignation. Il fit savoir qu'il allait en priorité rédiger un texte qui mettrait fin aux déviations de l' ordre et à son refus d'obéir aux injonctions de Paul VI. Il devait se rendre le 30 septembre devant le conclace des Jésuites réuni à Rome, pour faire connaître ses décisions.

D'étranges comportements autour d'une mort subite

 

Jean-Paul Ier n'est pas intervenu devant l' Assemblée générale des Jésuites. Le 29 septembre 1978 au matin, il fut trouvé mort dans son lit. Les circonstances exactes de ce brutal décès n'ont jamais été vraiment éclaircies. Dès le premier jour, ont été relevées des étrangetés, à commencer par le comportement des cardinaux et du personnel attaché à sa personne. De santé fragile, on avait installé au chevet de son lit un bouton qui alertait, en cas de malaise, la soeur dormant dans la chambre voisine. L'appel n'a pas fonctionné. Et c'est au matin que son second, le Cardinal secrétaire d' Etat, Mgr Villot, l'aurait découvert inanimé. Près du lit, furent trouvées des traces de vomissures. Des traces seulement, car quelqu'un aurait nettoyé le sol, et même emporté ses mules. Quelqu'un mais qui ? Et dans quel but ? Les intérimaires du pouvoir ont clos dans l'urgence une enquête éventuelle. " On" savait que Jean-Paul Ier avait travaillé tard, le 28 septembre, afin de mettre la dernière main à l'allocution qu'il devait prononcer devant les Jésuites. Le matin de sa mort, le Révérend Père Arrupe fit irruption dans la salle où le cardinal Villot et ses adjoints s'occupaient de la prochaine élection. Il demanda qu'on lui fît connaître le texte préparé par Jean-Paul Ier. Peut-être que Mgr Villot aurait-il aimé satisfaire Arrupe, mais deux ou trois cardinaux présents ont élevé des objections : il fallait réserver ce texte, que le Pape voulait secret, à son successeur. " Le temps est de toute façon venu, dit un des cardinaux, pour que les Jésuites remettent leurs affaires en ordre." Arrupe, furieux, rétorqua qu'il s'en occupait.

 Après quoi, tout reste dans le flou jusqu'à l'ouverture du conclave d'où sortit l'inattendu. Le 16 octobre 1978, au 8ème tour, fut désigné le nouveau pape, Karol Wojtyla, venu de l'Est, un Polonais connu pour être un protégé du cardinal Wyszynski. Un choc pour nombre de prélats partisans, avec Mgr Casaroli, de l'ouverture en direction de Moscou, ou encore affiliés dans le plus grand secret à une Loge activée dans l'ombre de Paul VI, à laquelle appartenait, assure-t-on, Pedro Arrupe, et contre laquelle Paul VI lui-même avait mis en garde dès 1965 le général des Jésuites.  le père jésuite Malachi Martin a évoqué l'existence de cette Loge, le comportement de Pedro Arrupe, et dit " qu'environ une vingtaine de prélats " y appartenait. Des listes ont circulé, assorties dans certains cas de précisions concernant les dates d'initiation à la franc-maçonnerie. 
Le cardinal Ratzinger, chargé au Vatican de la Défense de la Foi n'a pas manqué , de rappeler avec vigueur,que la Franc-Maçonnerie était et resté condamné. Avec l'élection de Jean-Paul II, une autre ère s'ouvrait. La Pologne ouvrière grondait, s'organisait, donnait naissance à ce qui désormais s'appellerait Solidarnosc...Mais , dans une autre partie du monde, en Amérique centrale, surgissait une bande armée qui ne cachait pas son désir d'imposer au Nicaragua ( 91,5 % de catholiques) un régime marxiste. Des jésuites participaient à cette lutte armée, puis au nouveau pouvoir, avec une dizaine de ministres et sous-ministres venus de la Compagnie de jésus. L'Ordre des Jésuites comptait 17000 prêtres en 1917 ; 35000 en 1964, 36000 en 1965. Il retombait à environ 27000 au début des années 80. Au Nicaragua, près de 200 jésuites participaient à des degrés divers au gouvernement sandiniste ( marxiste ), plus deux ou trois douzaines de franciscains, Dominicains...

 Aux Etats-Unis, apparaissaient dans le gouvernement Carter des personnalités qui favorisaient l'utopie d'un Nouvel Ordre Mondial organisé de concert avec l' URSS, en commençant par une cogestion des pays en voie de développement. Tant et si bien, qu'un des adjoints de Jimmy Carter, le diplomate Andrew Young, déclarait positive l'intrusion du marxisme dans plusieurs pays d' Afrique noire. Jean- Paul II n'avait pas fini de se heurter à ceux qui voulaient prendre possession de l' Eglise au nom d'un nouvel humanisme ou bien la détruire. Fermons cette parenthèse pour en revenir à ma conversation avec Tadeusz en cette fin janvier 1979, juste après la première visite à Jean-Paul II d' Andrei Gromyko, alors influent au politburo soviétique et ministre des Affaires étrangères de l' URSS :
" Puisez dans mes propos, mais n'en révélez pas la source, me dit Feldhuysen. Je viens de m'entretenir longuement la semaine dernière avec Jean-Paul II. Nous sommes intimes depuis nos années d'étude. Voici les confidences qu'il m'a faites. Il faut d'abord savoir qu'il a été élu sur un terrain miné. Mis à part ceux qu'il a imposés autour de lui, il ne sait sur qui compter concernant les problèmes les plus sensibles. Une crise épouvantable détruit l' Eglise de l'intérieur, non seulement parce que depuis la mort de Pie XII, Moscou est parvenu à infiltrer le personnel laïque et religieux du Vatican. J'insiste : à l'intérieur , mais parce que pour la première fois dans l'Histoire, l'Ordre des Jésuites, devient une tumeur aux métastases incontrôlables, sur le plan doctrinal et dans son comportement. Jean-Paul II lui déclara : " Ou bien j'arriverai à progressivement désarmer , neutraliser ou écarter, nous dirons certains personnels ancrés dans l'administration du Vatican, ou bien ils auront ma peau. Le plus urgent pour l'instant est de reprendre la main sur les jésuites ! "

 Il est indéniable que les jésuites ont eu et possèdent encore une influence considérable sur tous les continents et  notamment aux USA , en Europe et en Amérique Centrale. D'ailleurs beaucoup d'activistes politiques en Europe parmi les dirigeants ont été façonnés par d'un côté, les mains des Jésuites, et le Libéralisme Social-Démocrate de l'autre, et intronisés en Maçonnerie ! Ce qui sera confirmé par les auteurs des ouvrages : La clef d' Hiram et le Second Messie  , C. Knight et R. Lomas , anciens Maçons !


NOTE :


(1) Joseph Retinger est une figure hautement emblématique.Né en 1888 et mort en 1960 d'un cancer, il demeure l' un des pères de L' Europe technocratique travaillant dans l'ombre du Vatican et des think-tanks. D'origine polonaise, il bénéficiera de l'appui du Comte Zamoyski proche de sa famille paternelle.Il fait des études à la Sorbonne, et décroche un doctorat de lettres. Sa fréquentation de l'intelligentsia polonaise au début du XXe siècle à Paris, lui permet d'entrer en contact avec le gratin littéraire et politique de Paris.Il intègre la London Schools of Economics ( LSE ). Créée en 1895 par la Fabian Society, cette école prône la synthèse de l'economie de marché et de l'économie planifiée . De nombreux travaillistes tels Tony Blair en sont membres.Il noue des liens durables avec les fils spirituels de Cecil Rhodes, Chaïm Weizman ( sioniste ), ou encore Winston Churchill. Véritable acrobate politique, cet internationaliste passe la décennie 1920 au Mexique, où il contribue à la promotion de politiciens mexicains tels que Morones et Calles. Ce dernier, Président du Mexique jouera un rôle infernal et sanguinaire lors de la guerre des Cristeros ( les Vendéens mexicains ).

Au lendemain de la Seconde guerre Mondiale, il devient par la suite le bras droit du gouvernement polonais en exil à Londres, dirigé par le Général Sikorski, qui meurt fort opportunément, en juillet 1943, dans un accident d'avion à Gibraltar. En effet, des bruits couraient sur la volonté de ce Général de prouver que les véritables auteurs du massacre des officiers polonais à Katyn étaient les Soviets et non les nazis. Mais le jour de gloire de Retinger prend forme lors d'un discours prononcé le 7 mai 1946 à Chatam House, think-tank de la politique étrangère britannique, créé par son ami Lionel Curtis. Il défend le principe de l'unification politique du vieux continent. Dès lors, tout se précipite. En 1946, il est l'initiateur, selon les termes officiels, de la Ligue Européenne de Coopération Economique ( LECE ) se définissant comme un groupe de pression intellectuelle, réunissant de nombreux responsables industriels et financiers, promettant l'intégration monétaire à une Europe fédérée.En France, la LECE fut présidée par...Edmond Giscard d' Estaing !




Dans Les conspirations de notre temps, Romin Nolan nous indique que Retinger fut une personnalité trés importante dans la création de sociétés telles que les Bilderbergs. Il était connu comme l'éminence grise du gouvernement américain. A son enterrement en 1960, Edward Bedington-Behrens déclara :

" Je me souviens de Retinger aux Etats-Unis, il lui suffisait d'un simple coup de téléphone pour obtenir un rendez-vous avec le Président. En Europe, il avait ses entrées dans chaque cercle politique, il avait la confiance de chacun, son dévouement et sa loyauté avait inspiré tout le monde. "


Retinger était un fervent catholique. Il a été envisagé par beaucoup comme étant un agent du Vatican, un suppléant et un agent de liaison entre le Pape et le père de l' Ordre des Jésuites. Un des exploits les plus renommés de Retinger dans la politique européenne, fut la Fondation du Mouvement Européen, principal établissement du Conseil d' Europe le 5 mai 1949. Avec son quartier général à Strasbourg, le Conseil du Comité exécutif a fourni à Retinger sa première plate-forme majeure pour son idéologie expansive et mondialiste. Dès ses premiers jours à la Sorbonne, Retinger a cru dans une plus grande unité européenne, aussi bien en termes militaires qu'économiques.Mais il n'oublia jamais qu'il était aussi dans le Conseil de l'Ordre des Jésuites. Il a dépensé beaucoup d'énergies dans un ambitieux projet en soumettant à Georges Clémenceau son projet d'union d' Europe de l' Est. Il prévoyait la fusion de l' Autriche-Hongrie avec la Pologne, il la voyait comme une monarchie tripartite régit sous le Conseil de l'Ordre des Jésuites !


LIENS UTILES :

http://www.amazon.fr/Mapping-Millennium-Behind-Plans-World/dp/090469397X

http://threeman.org/

http://www.bvoltaire.fr/aristideleucate/livre-chroniques-du-mondialisme-pierre-hillard,87696

http://www.franceculture.fr/oeuvre-la-d%C3%A9composition-des-nations-europ%C3%A9ennes-de-l-union-euro-atlantique-%C3%A0-l-etat-mondial-g%C3%A9opolit

http://www.editions-novalis.com/Catalogue/Clivres/verites-evolution.html

http://www.editions-triades.com/rudolf-steiner-art765.html


Commentaires

  1. Tout un symbole?
    https://esslavyangrad.files.wordpress.com/2016/05/himler-galychyna.jpg

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