4 - Quelles lectures anthroposophiques ? - Les quatre courants de Mystères en Europe


Tout comme la symbolique du labyrinthe , il n'est pas facile de s'orienter sur la voie offerte par Rudolf Steiner.

Pourquoi la démarche de Steiner serait-elle préférable à d'autres voies initiatiques traditionnelles ?


Poser la question dans ce sens serait proposer d'entrée une démarche biaisée.Bien au contraire , l'étude de maximums de courants , de voies diverses : orientales , occidentales par la Grèce , Rome ou la Renaissance trouvent leur place au sein d'une immense sagesse remontant à la nuit des temps .
Seulement , les dispositions psycho-spirituelles de l'homme évoluent .Et vouloir figer à tout jamais des connaissances spirituelles qui relèvent de l' Être , de l'Essence seraient vouées à rendre ces connaissances vivantes figées à tout jamais telles les filles de Loth et les victimes de Méduse !


I. Rudolf Steiner, sa vie , son oeuvre :

 

Quelles lectures anthroposophiques ?

C'est pour bon nombre de gens novices ou étudiants assidus de longue date une interrogation qui fait débat. Peut-on faire croire qu'il est possible avec la vie effrénée que nous menons , de lire de façon méditative les 6000 conférences et la trentaine d'ouvrages écrits durant cette courte vie ?
Aussi, indiquerai-je de par mon expérience une trame possible parmi d'autres mais qui me semble-t-il reste assez harmonieuse et indépendante de toutes formes d' allégeance à une stricte observance !

Rencontre avec l'auteur de par les éléments de sa biographie :

Aller à la rencontre d'un écrivain c'est déjà un premier pas et une instauration empathique avant d'aller à la rencontre de ses oeuvres personnelles, surtout lorsqu'il s'agit comme en spiritualité de personnages qui ont marqué l'histoire de la pensée. Mais, mais me rétorquera-t-on que cette initiative regorge malgré tout quelques écueils possibles : Selon qu'ils soient autobiographiques ou rapportés par des proches , ces témoignages prennent dans tous les cas de figure un caractère nécessairement partial. Et en ce qui concerne RS, un caractère testamentaire, car rédigés de sa main vers la toute fin de sa vie (1924). Cette autobiographie dans son ensemble ne tend pas à dévoiler tous les moindres faits et gestes qui prendraient 5000 pages au bas mots , mais bien plutôt d'insister sur les rencontres importantes et décisives , qui influenceront tout son cheminement et préciser certains aspects visant à dissiper certains malentendus. En langue française, il est intéressant de s'appuyer sur les personnes qui de leur vivant ont croisé malgré tout la vie de ce penseur , dévoilant leurs sentiments et impressions à partir de leurs observations à son contact. Certaines approches toutefois, pourraient être assimilées à des hagiographies partisanes ! C'est donc avec circonspection et croisement de nombreuses sources que cette formidable biographie prendra tout son intérêt !

http://users.belgacom.net/unautreregard/page431PDF.pdf

Citons toutes celles traduites en français de ses sympathisants:

Steiner Rudolf, Autobiographie, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève 1979
Steiner Rudolf, Textes autobiographiques - Document de Barr, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève 1988
Diet, Irène, Jules et Alice Sauerwein et l’anthroposophie en France, livre PDF gratuit
Rihouët-Coroze Simone, Biographie de Rudolf Steiner, Éditions Triades, Paris 1973
Rittelmeyer, Friedrich, J'ai rencontré Rudolf Steiner..., Éditions Triades, Paris 1980
Samweber, Anna, Rudolf Steiner - Récit d'une collaboratrice, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève 1993
Gary Lachman, Rudolf Steiner, une biographie, Éditions Actes Sud, Arles, 2009 ( Excellent !)
Biély, André, Souvenirs sur Rudolf Steiner, Éditions l'Age d'Homme, Lausanne 1996
Bideau, Geneviève et Paul-Henri, Rudolf Steiner, une vie pour l'anthroposophie, Éditions Novalis, Montesson 2001
Bideau, Geneviève et Paul-Henri, Une biographie de Rudolf Steiner, Éditions Novalis, Montesson 1997
Heriard-Dubreuil,Une introduction à l'anthroposophie,EAR,2011
Meyer Thomas, Repères dans la vie de Rudolf Steiner,Triades,2013
Prokofieff Sergei, Qu'est-ce que l'anthroposophie ?,Novalis

Celles de ses détracteurs :

Lévy, Eugène, Le Dr R. Rudolf Steiner et ses détracteurs, G. Dussardier et P. Frank, Editeurs, Paris 1914
Guénon, René, Le Théosophisme, Histoire d'une pseudo-religion, Éditions traditionnelles, Paris 1986
Dupré, José, Rudolf Steiner, l'anthroposophie et la liberté : étude et témoignage. Chancelade : la Clavellerie, 2004.


II. Les oeuvres-clés de Rudolf Steiner , les conférences et les ouvrages complémentaires synthétiques


A moins d' être rentier ou moine, l'être humain en 2014 vit une vie effrénée. Sollicité de toutes parts par les technologies envahissantes, le divertissement et la culture cinématographique , la fatigue engendrée par la survie économique pour certains et pour peu qu'il soit en couple et avec des enfants , responsable des activités de ceux-ci, ont comme incidence que le temps libre qu'il peut consacrer à soi-même et à l'étude livresque n'en demeure que très limité ! Les oeuvres-clefs écrites de Steiner avant tout philosophiques , permettent de par leur élaboration idéelle qu'elles nécessitent , une exigence , un effort de pensée certain assez inhabituel il faut le reconnaître qui peut devenir féconds pour la vie de l' âme, si le travail est poussée à son terme.
 L'attention ou la concentration s'en trouveront renforcées ! Ces oeuvres de jeunesse de Steiner - mais d'une maturité impressionnante - s'adressent aussi bien au novice qu'à l'étudiant-chercheur de longue date , car il est révélateur que les efforts de pensée critique à fournir sont bien plus importants que la mise en relation des descriptions à caractère suprasensible significatif du reste de l'oeuvre ! Or, force est de reconnaître, que les milieux anthroposophiques ne proposent systématiquement jamais ce travail d'initiation par l' outil philosophique-épistémologique très singulier mais pas si difficile d'accès en regard des travaux de philosophes contemporains reconnus par leurs pairs au style assez souvent abscons ! Certains puristes feignent d'ignorer que Steiner n'élabora que pas à pas , au fil du temps et de ses rencontres que l'on pourrait qualifier de karmique, les liens entre la matière inerte ou organique et les mondes de l'esprit , jusqu'à son dernier souffle. Laisser à penser que la description de l'homme , des mondes spirituels et de l'évolution de la Terre , la christologie , sont entièrement condensées à tout jamais dans l'ouvrage Théosophie ou la science de l'occulte parce que constituant deux piliers centraux , sans tenir compte de l'enrichissement de ces ouvrages par tout un ensemble de cycles de conférences jusqu'aux dernières années de sa vie, serait totalement malhonnête et réducteur ! D'ailleurs, toutes les applications pratiques et qui feront la renommée du legs de cette science qui se veut tournée vers le spirituel en l'homme ne feront point l'objet d'ouvrages écrits mais tirées essentiellement de conférences qui nous sont parvenues grâce aux sténographes de l'époque qui suivaient le Docteur partout où il était quémandé. C'est la raison à mon sens qui explique le fait qu'à l'origine les conférences sténographiées qui n'étaient pas accessibles mais réservées aux seuls membres, ont été rendues publiques (avec l'approbation de Steiner sous la seule condition qu'il pouvait s'y trouver des imperfections du fait de l'impossibilité de tout vérifier) afin d'élargir et approfondir ce qu'il avait figé lui-même par écrit quelques années plus tôt.

Doit-on hiérarchiser, catégoriser et figer de fait rigoureusement l' étude de l'anthroposophie sans tomber dans une forme de pétrification et d'élitisme en réservant notamment les leçons de classe uniquement aux membres même s'ils n'ont pas le niveau d'étude adéquat ? Le reproche que j'entends le plus souvent tel un vieux disque rayé est qu'il est de bon ton d'étudier d'abord une littérature de base ( logique certes !), puis un élargissement par des milliers de conférences sténographiées de Rudolf Steiner si tant est qu'on puisse y accéder financièrement parlant (!) et enfin , attitude plus problématique, éviter si possible une littérature compilatoire totalement secondaire et minorée rassemblée par de vieux anthroposophes tronquant la pensée et les intentions de Steiner , car incapables semblent-t-ils de conceptualiser et synthétiser dans une vue d'ensemble pourtant fort pratique et constamment référencée ( on est en plein paradoxe ! ) l'ensemble éparpillée par les milliers de conférences! Si on dénie que la pensée ne puisse comprendre et harmoniser de façon juste les concepts spirituels quant bien même l'observation et la perception suprasensible de ces descriptions ferait défaut , sans pouvoir se détacher du style, donc de la mise en forme conceptuelle développée librement et artistiquement par Rudolf Steiner , alors une science de l'esprit est-elle encore recevable tout simplement ? La pensée est-elle alors capable de prétendre de par sa véritable nature être pouvoir capable encore de se frayer un chemin vers l'esprit ? Je considère pour ma part que depuis la crise de l'entre-deux guerres qui a frappé la société anthroposophique : guerre d'égos avant tout , que toute une littérature déjà existante puis nouvelle avec le renouveau des années 60 est à reconsidérer plus que jamais. Qui donc mets encore en avant des auteurs tels que Guenther Waschmuth, Ita Wegman ,O.J Hartmann, Sergei Prokofiev , Paul Emberson, Bernard Lievegoed sur les questions karmiques, Pierre Feschotte , Xavier Florin, E. Pfeiffer, Elisabeth Vreede pour la cosmologie, Thomas Meyer pour les travaux biographiques d'un Von Moltke ou d'un Dunlop, Walter J Stein ou Greüb pour la question historique du courant du Graal, Hans E Lauer , Terry Boardmann et bien d'autres , qu'ils m'en excusent ??? Que seraient devenus les biodynamistes enfin, sans les apports extraordinaires de Maria Thun , les écrits de François Bouchet en France ou la médecine sans Victor Bott ,Ita Wegman ou E.Pfeiffer à la suite certes des incontournables cycles de conférence regroupés sous les noms : fondements spirituels de l'agriculture et les données de base pour un élargissement de l'art de guérir ? La science matérialiste n'attends pas l'université de science libre de l'esprit pour avancer. Mais si l'anthroposophie n'est pas capable de réactualiser , de coordonner et rendre accessible ses travaux et observations à partir des concepts essentiels ( de base certes !) au sens propre du terme donnés par Rudolf Steiner mais initiés par ses proches, puis élaborés de manière pratiques par les générations suivantes, alors l'attention qu'elle peut susciter se flétrira. Ne peut-on à ce point envisager que des ouvrages dits de vulgarisation dès lors qu'ils s'appuient avec précision et ne trahissent aucunement la pensée et les propos de Steiner ou d'autres , ne puissent susciter en retour pour les plus exigeants d'entre les chercheurs un intérêt certain à retourner vers les ouvrages dits de base, puis les compléter par les cycles de conférence ?

Avant de parler de ces ouvrages d'auteurs, débutons par les oeuvres dites initiatiques après un premier contact par l'étude biographique. Succinctement, 3 grandes périodes permettent de comprendre l'édification du travail donné par Steiner :
- une période dite philosophique jusqu'en 1902 lui permettant de retranscrire philosophiquement le contact avec les perceptions suprasensibles qui l'animaient dès son plus jeune âge grâce à une théorie de la connaissance ou la pensée demeure le point nodal entre le concept et la perception, ce qu'affirmait déjà Socrate ou Platon.
- Une deuxième période dite théosophique et initiatique jusqu'en 1912 au sein de laquelle sa propre démarche spirituelle trouvera un écho dans certains cercles inscrivant l'importance de l'étude des grands penseurs idéalistes et romantiques de culture allemande tels Goethe et les philosophies des Lumières, accentuant l'importance de la culture occidentale.
- Une troisième s'ouvrira en 1913 en se dissociant naturellement avec la théosophie anglo-indienne devenu théosophisme et ouvrant les vannes vers un New-Age dont Nicolas Roerich ou Alice Bailey deviendront des personnes influentes jusque dans les sphères de Pouvoir anglo-saxon tels Gerald Wallace et Franklin Roosevelt : maçons du 33ème degré ! La scission d'avec la théosophie d'Annie Besant se produira sur la question de la nature spirituelle du Christ.


Approche bibliographique :

Etudes biographiques dans leur ensemble ( permettent d'appréhender chaque étude thématique en fonction de leur apparition chronologique ! Voir lien plus bas)
Philosophie de la Liberté ( 1894) constitue indéniablement la pierre de fondation de tout le reste, mais aussi la plus ardue sur laquelle il est nécessaire d'étudier laborieusement afin d'en dégager toute la substance !
Le christianisme et les mystères antiques (1902)
Théosophie (1904)
l'initiation ou comment acquérir des connaissances des mondes supérieurs (1904)
Science de l'occulte ( 1910)
Anthroposophie,un fragment suivi de Anthroposophie, psychosophie, pneumatosophie ( 1910-1911) trop rarement cité !
Des énigmes de l'âme (1917)
Les lignes directrices de l'anthroposophie (1924-1925 et qui ont valeur de testament)

Entre les premiers ouvrages cités et les lignes directrices : http://www.editions-triades.com/les-ga-art1041.html (liste des GA)



III. L'anthroposophie : au confluent de 4 grands courants spirituels 

 


Cette sagesse contemporaine se veut être au carrefour de 4 grands courants spirituels :

1- Oriental par les Mystères du Graal ( Zoroastre et Mani )
2- Occidental par les Mystères d'Hibernie ou le christianisme celtique ( Scythianos )
3- Nordique par les Mystères des peuples germaniques ( Widar )
4- Sud par l'Egypte et Rome ( Hermès - Christian Rose-Croix )

Le courant spirituel porté par Rudolf Steiner s'inscrit dans les Nouveaux Mystères du Graal présent et à venir. Vous pourrez explorer bien au-delà de cette affirmation gratuite en étudiant l'ouvrage de Bernard Lievegoed : "Les 4 courants d'initiation " (editions Tryskel ).








La rencontre de quatre courants de Mystères en Europe



Le développement de l'Europe est une partie du développement de l'humanité, beaucoup plus vaste dans son ensemble. Sa tâche est, comme nous venons de le voir, de refléter le cheminement de la « Terre» partant de Saturne, en passant par le Soleil et la Lune, via la phase terrestre proprement dite, suivi de Jupiter, Vénus et finalement Vulcain. La phase médiane, celle de la Terre, apporte la révélation du Christ qui dès lors accompagnera la suite du chemin avec l'humanité. Le lien que le Christ a tissé par sa mort et sa résurrection avec le cheminement de l'humanité constitue le véritable sens de la phase terrestre. La résurrection du Christ s'est accomplie dans le monde physique, terrestre, lors de la quatrième période de culture post-atlantéenne. Pendant la cinquième période post-atlantéenne, le lien du Christ avec la terre entre dans une phase nouvelle. L'événement central de cette cinquième période s'est produit pendant notre vingtième siècle: il s'agit de la résurrection du Christ dans le monde éthérique. Un jour il pénétrera aussi le monde astral et celui du Je de ses forces de résurrection. Ce fait s'est accompli. Mais pour que la conscience de l'humanité se développe jusqu'au point d'être capable d'éprouver cet événement crucial, la réunion de quatre grands courants de Mystères du passé est nécessaire. La confluence de ces courants de Mystères, qu'il s'agit encore de décrire plus précisément, est nécessaire parce que les hommes doivent développer les organes permettant d'accueillir le rayonnement du Christ depuis le monde éthérique et de l'intégrer dans leur propre développement. Les quatre courants des Mystères mentionnés forment une croix. À leur point de rencontre, au centre de cette croix, se trouve l'endroit où les nouveaux Mystères trouvent la tâche qui les unit. Le fondement de ces nouveaux Mystères a été posé par Rudolf Steiner en 1923 lors du « Congrès de Noël » (Weihnachtstagung), où il déposa avec les personnes présentes, la pierre de fondation spirituelle d'une école des Mystères du futur. Nous reviendrons sur cet acte innovateur de Rudolf Steiner à la fin du livre, après avoir d'abord clairement présenté le contexte de son acte, le développement des quatre courants historiques et leurs effets jusqu'à notre époque. Le bras horizontal de la croix est formé par les Mystères postatlantéens de l'Est qui cherchaient à confluer et les Mystères atlantéens d'Hibernie de l'Ouest. Le courant oriental est le représentant de la sagesse qui naît grâce à l'épuration de la sagesse offerte par le corps astral. Le courant occidental est le porteur des forces éthériques solaires pures, préservé et protégé dans l'oracle solaire atlantéen central.
Après la naissance du Christ, le courant de la sagesse de l'Est s'est uni au soi-esprit, le corps astral purifié du Christ ; le courant de l'Ouest, à l'esprit de vie, le corps éthérique rayonnant du Christ. Cela devait se passer dans les Mystères avec de petits groupes d'hommes qui mettaient leur vie au service d'une telle tâche.


En ce qui concerne les Mystères pré-chrétiens de l'Est, il s'agissait du courant du Graal ; pour ceux de l'Ouest, de l'église chrétienne irlandaise. En 869 ils se réunirent sur terre grâce l'exploit de Perceval qui, de chevalier du roi Arthur, est devenu roi du Graal. Depuis lors, ce « courant du Graal de Perceval » espère la réunion avec les autres courants ; les hommes qui en faisaient partie s'y sont préparés ensemble dans la sphère solaire sous la direction de l'archange solaire Michaël, durant la vie entre mort et une nouvelle naissance. Le bras vertical de la croix est formé par les deux courants de Mystères du Nord et du Sud qui s'entrechoquent. Il s'agit ici d'une confrontation beaucoup plus ancienne que celle d'Est et d'Ouest. Il s'agit de l'opposition des plus anciens Mystères de l'humanité, tirés des forces de l'époque hyperboréenne et de ceux de l'époque suivante, la lémurienne. Les Mystères du Nord sont des Mystères( hyperboréens qui datent de l'époque où le soleil était encore uni à la terre; ceux du Sud viennent de ce qui s'est écoulé du développement lémurien, lorsque le corps astral de l'être humain fut formé. Les Grecs ont connu cette opposition sous les traits d'Apollon et de Dionysos. On peut parler de Mystères apolliniens et de Mystères dionysiaques. Les Mystères apolliniens étaient dans des centres de Mystères ultra-secrets dans le Grand Nord et avaient la mission, d'où ils étaient, de guérir la nature humaine de la corruption intervenue au milieu de la période atlantéenne et introduite par les peuples touraniens. Les Mystères dionysiaques étaient chargés d'apprendre aux hommes le maniement des forces souvent secrètes, puissantes, du métabolisme et de les pénétrer des forces du Je en train de s'éveiller. Rudolf Steiner a dit lors d'une conversation privée que la dernière sagesse secrète des Mystères grecs était la suivante : Apollon et Dionysos ne faisaient qu'un ! Car l'homme doit lier entre elles et en lui-même, les forces apolliniennes de la tête et les forces dionysiaques du métabolisme, en développant la nouvelle force solaire médiane, en christifiant le cœur.

Les Mystères du Nord sont des Mystères du Je, offerts par les Elohim solaires. Les Mystères du Sud sont des Mystères du corps physique qui a subi la « chute » de l'incarnation terrestre et a reçu, grâce à la force du Christ, la possibilité de la résurrection. Ce sont les Mystères de la mort et de la résurrection du corps physique. Ce qui précède ressort clairement dans la culture égyptienne qui, en tant que troisième culture postatlantéenne a dû dépasser la troisième grande période de civilisation, c'est-à-dire la lémurienne: à cette époque, on se préoccupait intensément de la mort, on embaumait les corps pour que le mort puisse trouver le chemin vers le monde de l'esprit dans la barque solaire d'Osiris.


La différenciation entre ces quatre courants de Mystères reposait surtout sur les qualités spirituelles des planètes, représentées par les Elohim et les Exousiaï. Chaque courant était donc guidé par un des Elohim, ce qui n'empêche pas qu'il y ait aussi toujours eu de grands initiés humains actifs dans les Mystères, Dans les Mystères du Nord, c'était le grand initié atlantéen Sig, des Mystères de Mercure, qui accompagnait les peuples germaniques. En ce qui concerne les Mystères de l'Ouest, il s'agissait de l'initié atlantéen Scythianos, venant des Mystères solaires centraux ; c'est grâce à lui que le courant des Mystères d'Hibernie agit jusqu'en Europe du Nord-Est et c'est lui qui inspira les peuples Slaves de l'Est (russes). Dans le courant des Mystères du Sud, c'est Hermès « trois fois le plus grand », représentant des forces lémuriennes de Mercure, qui inaugura les Mystères hermétiques égyptiens et ainsi posa les fondements de ce qui sera ultérieurement l'esprit égyptien, les structures sociales hiérarchiques égyptiennes introduites à Rome puis en Europe. Quant aux Mystères de l'Est, c'étaient les sept saints Rishis qui agissaient au sein de la culture de l'ancienne Inde, Zoroastre dans la culture Perse, et le Bouddha, rénovateur des Mystères de l'Inde, plus tardivement. Tous étaient des envoyés de la Loge Solaire de l'humanité, le Bouddha représentant plutôt les forces de guérison mercurielles. C'est en passant par la Grèce et ses Mystères tardifs que ce courant spirituel arriva en Europe, porteur du « christianisme ésotérique », visible plus particulièrement dans le courant du Graal.

Pour ceux qui ne sont pas très familiarisés avec ces courants de Mystères, cette présentation succincte peut être déconcertante et paraître complexe ; mais le schéma ci-après aidera peut-être à se faire une idée générale du devenir spirituel de l'Europe. Les Mystères qui ont pris naissance dans les cultures orientales étaient des Mystères de la sagesse. Les grands maîtres initiateurs de l'humanité de l'époque atlantéenne s'étaient retirés de la terre dans la sphère spirituelle de la lune, d'où ils ont inspiré la suite de l'évolution culturelle. Cela signifie que toute la sagesse cosmique a été révélée de façon reflétée depuis la sphère lunaire





Lucifer


Dans ce contexte, Lucifer a été d'une grande aide pour les hommes. Lucifer a présenté cette sagesse pour la première fois sous forme de pensées (GA 193). À ce point, il se passe quelque chose que Rudolf Steiner tient clairement à nous faire comprendre. La sagesse des anciens Mystères orientaux avait une coloration luciférienne. Ce qui ne signifie pas qu'ils n'étaient pas vrais ! Lucifer et Ahriman disent chacun la vérité à leur façon, mais ils la disent à un certain moment, dans une intention bien précise. Dans le cas présent, Lucifer avait l'intention de détourner les hommes de leur développement terrestre et d'éveiller en eux, au stade imparfait où ils étaient, le désir de vivre en tant que pur esprit dans un monde spirituel, dans un Nirvana. Si cela réussissait, l'évolution ultérieure de l'humanité serait exclue. Et pour accentuer encore ce processus, Lucifer s'est incarné environ 3000 ans avant J.-C. (au début de la période de culture égypto-chaldéenne) dans une école de Mystères en Chine. Il y était un penseur brillant et transforma la sagesse cosmique qui régnait jusque-là dans l'humanité sous forme d'images eidétiques en images-pensées. Cette incarnation a permis à l'humanité d'accéder aux contenus spirituels par la pensé, Les Mystères ultérieurs se sont saisis de cette tâche et deviennent de ce fait lucifériens tout en restant néanmoins porteurs de la plus grande sagesse ! Ainsi il devint de plus en plus difficile de parvenir à une véritable initiation, car le Je individuel s'est éveillé dans le penser avant qu'il ait reçu, par l'impulsion du Christ, l'altruisme et l'amour. Le chemin des Mystères devint peu à peu traditionnel et le prêtre dut alors suggérer les images transmises lors de l'initiation au candidat à l'initiation. Même les Mystères deviennent des reflets des anciens contenus. Dans Le Cinquième Evangile, Rudolf Steiner décrit ces faits comme faisant partie d'une des épreuves de Jésus de Nazareth ; il a dû faire l'expérience que les autels des anciens Mystères étaient « vides », et qu'alors des démons s'adressaient aux hommes. Bien qu'il subsiste encore quelques Mystères tardifs en Grèce, c'est le dernier stade où de vraies initiations étaient encore possibles (Ephèse, Samothrace et Eleusis). Ce processus se reflète dans le peuple juif avec les érudits qui ont remplacé les prophètes ; ils se mirent à discourir intellectuellement sur les paroles d'autrefois. La gnose était pour le Proche-Orient la forme dans laquelle a pu être conservée la sagesse Perse surtout, constituée d'imaginations, d'images et de récits. Grâce à la gnose, de nombreuses personnes ont tout de même pu saisir le sens cosmique du Mystère du Golgotha, notamment grâce à la façon dont Mani a présenté au troisième siècle après J.-C. un christianisme issu de sa propre expérience, dans lequel l'ancienne sagesse Perse et le christianisme formaient un grand tout. Le développement des peuples du Nord, germaniques, ainsi que de l'Irlande et de l'Angleterre primitives s'est passé très différemment. Rudolf Steiner appelle la première culture d'Europe du Nord une « culture en attente », une culture qui a dû attendre des milliers d'années le moment venu pour qu'elle puisse jouer un rôle. Dans tous les Mystères de l'Est, avant que le Je spirituel puisse s'éveiller lors de l'initiation, il s'agissait de purifier et d'ennoblir le corps astral par toutes sortes d'exercices et de cérémonies. Dans les Mystères des Germains, le Je s'éveillait dans un corps astral indompté. Un de mes amis a appelé ce genre d'initiation « une opération sans narcose ».



Le but de cette initiation était de développer le courage, nécessaire pour la culture suivante, celle de l'âme de conscience. Ce chemin initiatique est décrit dans l'Edda, dans toutes les épreuves de courage auxquelles Odin a dû se soumettre. Les Mystères de l'Est étaient des Mystères de la sagesse, Mystères Germaniques, des Mystères du courage. Dans les Mystères de l'Est, beaucoup de choses dépendaient de l'hérédité (une force lunaire) ; dans certaines familles, les initiations héréditaires étaient déjà déterminées d'avance. Les Germains n'avaient pas de guide héréditaire – lorsqu'un chef mourait, celui qui faisait preuve du plus grand courage était choisi comme successeur et hissé sur un bouclier. Dans les temps les plus reculés, l'usage était m^me que le premier enfant né au temps de Noël revête par la suite entre ses trente et trente-trois ans le rôle de roi. L'expérience de la sauvagerie du corps astral fait sous la forme du dragon, raison pour laquelle le motif du héros qui doit vaincre le dragon revient toujours dans les contes. Il peut le faire parce qu'il n'a pas peur du dragon, et qu'il est non seulement sage mais également capable de prouver que le Je est toujours plus fort que le corps astral. Du fait que ces peuples ont vécu plusieurs millénaires dans la sphère de l'ancienne Hyperborée, des forces de lumière se sont tout de même ajoutées à la sauvagerie et ainsi les Mystères ont reçu un aspect apollinien. C'est l'origine de la force qui a permis de donner forme à la vie sociale que possédèrent par la suite les Germains et les Vikings. Les Mystères de l'Ouest se sont manifestés lors de la période de la troisième culture postatlantéenne. Alors qu'en Egypte l'art atteignait son apogée, les monuments mégalithiques firent leur apparition en Europe de l'Ouest : des pierres dressées, des cercles de pierres, des routes en pierres (alignements), des cromlechs et des dolmens, tous extérieurement très primitifs et, pour autant qu'ils aient été travaillés, ils n'étaient gravés que d'interminables motifs, linéaires et entrelacés de formes éthériques. Mais tous étaient dirigés avec une extrême précision astronomique d'après certains points à l'horizon, par exemple celui où le soleil se levait au point vernal et à l'équinoxe d'automne. Face aux Mystères de la sagesse de l'Est, Rudolf Steiner caractérise les Mystères du Nord de Mystères de la terre ou Mystères de la volonté, qui ont préparé la vie sociale et économique de l'âme de conscience. C'est durant des milliers d'années qu'il a fallu développer les forces permettant de rencontrer courageusement le mal, de le surmonter et même de le délivrer – ce qui constitue la tâche développement de l'âme de conscience.

Les Mystères de la terre nordiques exigent la force de la présence d'esprit, de l'intrépidité, pour être capable de faire ce qui est juste au moment critique. Dans ce cas, c'est en tout premier lieu la force d'intuition spirituelle qui est exercée, indispensable pour être en mesure d'agir avant qu'il ne soit t tard dans une situation concrète. Solitaires, dans des territoires complètement, oubliés, c'est ainsi que les « grands Mystères d’Hyperborée » ont continué à exister en Irlande en tant que Mystères solaires profondément secrets, une continuation de l'oracle solaire central de l'Atlantide. Rudolf Steiner a expliqué que ces Mystères étaient extrêmement difficiles à approcher pour le chercheur spirituel. Peu avant le « Congrès de Noël » en 1923, il a enfin décrit en détail comment les élèves étaient conduits, après de longues années de préparation, dans une pièce sombre, dans laquelle il y avait grandes statues. C'est là qu'ils faisaient connaissance avec les arrière-plans de l'hiver et de l'été, du masculin et du féminin, du soleil et de la lune, de la science et de l'art. Ils apprenaient aussi comment celui qui avait traversé ces Mystères avait acquis la possibilité de travailler la terre en rapport avec les forces solaires dispensatrices de vie, dans l'agriculture et l'élevé C'était les Mystères des trois forces soleil, lune et terre, actives dans les éléments et dans les saison. Les Mystères d'Hibernie ont cultivé les véritables forces solaires sur terre, de telle manière qu'ils ont été en mesure de se relier à la terre entière avec l'acte du Christ en Palestine. Mais en tant que Mystères, ils disparurent ensuite sans laisser de traces sinon leurs actes.

Nous verrons dans les chapitres suivants que ce sont ces Mystères d'Hibernie qui ont donné au peuple Celte la force, indispensable pour l'évolution spirituelle de l'Europe, de développer en eux-mêmes le christianisme solaire. Rudolf Steiner appelle le quatrième courant de Mystères du Sud, les Mystères de l'être humain. Ce sont des Mystères du corps physique, devenu visible au fil de l'évolution dans des formes végétales, animales et pour finir dans la forme humaine, telle qu'elle est apparue durant la Lémurie et l'Atlantide précoce. Ce courant va de l'Egypte (en tant que répétition et métamorphose de l'ancienne Lémurie) en passant par la culture romaine jusqu'à la culture bourgeoise du Moyen Âge et des temps qui suivirent. C'est dans ce courant que le matérialisme s'introduit peu à peu (facteur nécessaire au développement de l'âme de conscience) et s'y développe. Ce processus commence en Egypte avec le culte des momies, continue par Rome et sa culture juridique basée sur la propriété personnelle, pour se retrouver ensuite dans l'église romaine. Là il conduit à une culture bourgeoise avec un matérialisme scientifique et au protestantisme pour finir à l'agnosticisme.

Nous indiquons ici le développement exotérique de ce courant. Ce développement exotérique avait la mission désagréable de créer les conditions préliminaires afin que la situation spirituelle puisse être le point de départ de la culture de l'âme de conscience. Il y avait également un développement ésotérique qui accompagnait ce courant et surgissait au moment opportun ; il s'agit là du courant du christianisme johannique et plus tard du mouvement des Rose-Croix. Les Grecs connaissaient ces Mystères du Sud dans leur forme pré-chrétienne en tant que Mystères de Dionysos. Pour les premiers chrétiens issus de la culture grecque, Dionysos représentait un pont vers le Mystère christique de la mort et de la résurrection. L'évolution solaire – l'impact des Mystères chrétiens – dans tous ces courants eut pour conséquence qu'il invitait à transformer la sagesse sur terre en amour. Le chemin qui y mène passe par l'apprentissage du bien. Car l'amour n'est pas de savoir ce que c'est, mais d'agir dans son sens. Et pour agir, le chemin de la connaissance est évidemment nécessaire, mais la connaissance seule n'arrive pas à faire le bien.

« En fin de compte, tout doit encore être fait » disait Rudolf Steiner.
" Car l'avenir n'est pas un chemin à suivre, mais une voie qu'on ouvre ! "


Extrait de « Les quatre courants d’initiation – Des anciens Mystères à la culture de l’Avenir » de Bernard Lievegoed-Editions « Les Trois Arches »


Liens utiles :
http://www.editions-triades.com/les-ga-art1041.html
http://conscience.33.free.fr/rudolf_steiner_collection_des_oeuvres_publiees_en_francais.htm
http://www.defendingsteiner.com/index.php

Voici enfin pour les moins fortunés , quelques liens vers des ouvrages majeurs :
http://anthroposophie.doc.pagesperso-orange.fr/
http://www.histoireebook.com/index.php?tag/Anthroposophie
http://www.rsarchive.org/Lectures/

Pour toutes celles et ceux désirant posséder le livre physiquement

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

52 - Pourquoi l' Ordre des jésuites s'est-il vu expulsé autant de fois à travers l' Europe et le monde ?

25 - La Triple Entente et les Loges noires furent-elles responsables du déclenchement de la Première Guerre Mondiale ?

9 - De Zoroastre à Jésus de la lignée de Salomon et la visite des Rois-Mages (épiphanie)